AccueilAffranchis et descendants d'affranchis dans le monde atlantique (Europe, Afrique et Amériques) du XVe au XIXe siècle

Affranchis et descendants d'affranchis dans le monde atlantique (Europe, Afrique et Amériques) du XVe au XIXe siècle

Statuts juridiques, insertion sociale et identités culturelles. Deuxièmes rencontres atlantiques du Musée d'Aquitaine

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Publié le vendredi 31 octobre 2008 par Pierre Mercklé

Résumé

Appel à communications, 2èmes rencontres atlantiques du Musée d'Aquitaine, Bordeaux, 13 au 16 mai 2009 Colloque organisé par l'axe « droit et sociétés » du projet EURESCL (Slave Trade, Slavery, Abolitions and their Legacies in European Histories and Identities)-7e PCRD, coordonné par le GDRI-CIRESC (Centre International de Recherches sur les traites et les Esclavages, Acteurs, Systèmes et Représentations), en partenariat avec le Musée d'Aquitaine et le Centre d'Etudes des Mondes Moderne et Contemporain de l'université Michel de Montaigne-Bordeaux III

Annonce

Ce colloque international vise à mettre en évidence et à expliquer la manière dont les États et les sociétés du monde atlantique ont diversement appréhendé la présence en leur sein de populations d’origine servile entre le XVe et le XIXe siècle. Le terme « affranchis » mentionné dans le titre concerne au sens strict la première génération d’hommes libres à la différence des ingénus. Il ne prétend pas limiter le cadre d’analyse, ni même rendre compte de la multiplicité des statuts juridiques intermédiaires que l’on trouve dans les sociétés ayant connu l’esclavage de part et d’autre de l’Atlantique. La terminologie portugaise, qui distingue à côté des libertos, forros ou alforriados, des coartados, l’illustrerait assez bien. L’expression « descendants d’affranchis » vise à introduire la question de la perduration ou de la non-perduration d’un éventuel stigmate servile. Elle englobe tout naturellement des populations de « libres de couleur », c’est-à-dire, dans le contexte impérial français, de personnes « noires » ou « métisses », libres de naissance ou par affranchissement. Néanmoins, les communications portant sur les affranchis amérindiens ou « blancs » et leurs descendants seront les bienvenues, comme celles sur les affranchis des sociétés africaines pré-coloniales, tant la comparaison paraît une approche indispensable pour mettre en évidence l’importance ou la non-importance du facteur chromatique ou de la race dans l’intégration des populations d’origine servile. Depuis les années 1970 et le colloque états-unien « Neither Slave Nor Free » , de très nombreuses rencontres outre-Atlantique ont permis d’analyser la situation originale des affranchis et des descendants d’affranchis des sociétés coloniales américaines. A l’inverse, l’étude des populations d’origine servile en Europe ou en Afrique est longtemps restée plus modeste. L’historiographie récente sur l’Atlantique mettant au centre des outils conceptuels qu’elle utilise la notion de « circulation » des hommes, des biens et des idées entre les trois continents africain, européen et américain, nous souhaitons accueillir des communications de collègues issus et/ ou travaillant sur ces trois espaces. La période d’analyse retenue s’étendra du XVe au XIXe siècle inclus et correspondra donc à la période de formation de l’espace atlantique avec notamment le développement de la traite entre l’Afrique et la péninsule ibérique, puis de la traite atlantique, mais aussi des traites amérindiennes et africaines internes.

Ce colloque s’inscrit dans une double démarche d’histoire comparée et d’histoire croisée. Son objectif est à la fois d’analyser et de comparer la prise en compte juridique, sociale et culturelle des affranchis et des descendants d’affranchis dans les sociétés européennes, africaines et américaines, mais aussi de mettre en évidence la manière dont les sociétés et cultures de part et d’autre de l’Atlantique se sont influencées à cet égard. Il se propose d’explorer tout particulièrement trois hypothèses que nous croyons importantes sur les phénomènes de circulation et de transfert susceptibles d’influer sur la situation des affranchis et de leurs descendants. La première concerne le fait que les premiers affranchis et libres de couleur d’origine africaine ou mixte d’Europe apparaissent au Portugal et en Espagne dès la fin du Moyen Âge, voire avant, et que la question de leur intégration se pose dans des contextes sociaux ibériques, catholiques et musulmans, où d’autres individus d’origine européenne sont aussi esclaves et parfois affranchis. L’influence potentielle de ce modèle sur les systèmes esclavagistes américains qui concernaient parfois aussi des populations non-africaines sous des formes diverses pourra être envisagée.

Le deuxième concerne la culture particulière des captifs africains déportés en Europe ou dans les Amériques. Ceux-ci provenaient de sociétés africaines, dans lesquelles il existait aussi des individus et des catégories sociales issues de l’esclavage. Leurs expériences ont plus que vraisemblablement contribué à informer la manière dont ils ont développé des stratégies de survie, d’adaptation ou de résistance dans leurs nouveaux lieux de vie. Porteurs d’une certaine conception de l’esclavage, ils avaient également certaines idées sur la manière dont les esclaves devaient se comporter, sur ce qu’ils pouvaient attendre et espérer en matière de rachat et d’auto-émancipation, ainsi que sur la manière dont les affranchis pouvaient s’intégrer socialement.

Enfin, les discussions s’attarderont sur le fait que le développement de l’esclavage dans les sociétés coloniales américaines a entraîné la venue de nombreux libres de couleur et esclaves en provenance des Amériques en Europe (on pense bien sûr au cas exemplaire d’Olaudah Equiano, mais Julien Raimond pour Saint-Domingue, le chevalier de Saint-Georges pour la Guadeloupe et tant d’autres moins célèbres pourraient aussi être évoqués). Certains de ces hommes et de ces femmes arrivés dans les métropoles encore esclaves ont ensuite été affranchis soit par leurs maîtres, soit à la suite d’actions en justice (dans le cadre du débat sur la légalité de l’esclavage sur le sol européen). Or, les uns et les autres se sont intégrés de manière très différente selon les sociétés métropolitaines d’Europe, ce que nous essaieront d’expliquer. L’axe « Droit : normes, pratiques et rapports sociaux » du programme EURESCL 7ePCRD fait appel aux chercheurs intéressés pour proposer des interventions ciblées sur ces thématiques et fondées sur des recherches spécifiques et pointues, utilisant les sources primaires, et examinant notamment, mais non exclusivement, les trois hypothèses évoquées plus haut. Les communications d’une durée de 20 à 25 minutes pourront être données en français ou en anglais. Les textes devront être remis avant le 30 mars 2009. Les collègues intéressés sont invités à soumettre une proposition d’intervention, d’une page au maximum, comprenant obligatoirement les titres et qualités des auteurs ainsi que le titre de leur communication et un résumé. Elles doivent être envoyées au plus tard pour le 30 octobre 2008 à la coordination scientifique du colloque : Dominique Rogers (dominique.rogers@wanadoo.fr) et Céline Flory (celineflory@orange.fr)

Le colloque se déroulera à Bordeaux en France dans le cadre des « 2èmes rencontres atlantiques du Musée d’Aquitaine". A l’occasion de cette manifestation, a été organisé un programme plus large de formation pour le public scolaire (élèves et enseignants du primaire et du secondaire), mais aussi de vulgarisation à destination du grand public (festival de films, spectacles et expositions). L’ensemble du programme débutera le 10 mai 2009 avec l’inauguration des nouvelles salles permanentes du Musée d’Aquitaine consacrées à "Bordeaux, le commerce atlantique et l’esclavage". Le détail des activités élaborées en partenariat avec le Musée d’Aquitaine, le Rectorat et l’Inspection Académique sera disponible en ligne sur les sites du musée d’Aquitaine, du projet EURESCL, du GDRI-CIRESC, du Rectorat d’Aquitaine et de l’Inspection Académique de Gironde.

coordination scientifique du colloque :
Dominique Rogers (dominique.rogers@wanadoo.fr)
Céline Flory (celineflory@orange.fr)
Céline Ronsseray (celineronsseray@yahoo.fr)

Lieux

  • Musée d'Aquitaine
    Bordeaux, France

Dates

  • samedi 15 novembre 2008

Mots-clés

  • colonisation

URLS de référence

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Affranchis et descendants d'affranchis dans le monde atlantique (Europe, Afrique et Amériques) du XVe au XIXe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 31 octobre 2008, http://calenda.org/198534