AccueilOrganisation et communication au sein des systèmes de santé

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Publié le mardi 06 janvier 2009 par Pierre Mercklé

Résumé

Appel à contributions pour un colloque, Ottawa, 11-12 mai 2009

Annonce

Le soin s’organise dans des institutions ou des réseaux que l’on considèrera comme des organisations. On s’intéressera dans ce colloque aux processus de coordination et de communication au sein et entre les organisations qui composent le système de soin. De la qualité de cette communication dépend en effet bien souvent la capacité du système à assurer un soin de qualité et à moindre coût. Le besoin de coordination et ses modalités ne s’expriment pas de la même manière selon les contextes sociaux et les contextes organisationnels. Dans certains contextes, les organisations sont relativement intégrées (cf. par exemple les maisons de santé au Québec), dans d’autres le soin suppose un passage du patient entre différentes organisations. Il sera intéressant de rendre compte des difficultés mais aussi des moyens mis en oeuvre par les acteurs pour améliorer les synergies entre différents professionnels et avec ceux que l’on appelle couramment les aidants (amis ou familles qui interviennent dans le soin).

Les raisons d’une mauvaise coordination peuvent être multiples. Nous indiquons ici quelques pistes ; l’approfondissement des paradigmes et des concepts mais aussi leur illustration seront les bienvenues. Différentes théories nous aident à aborder ces questions, celles‐ci privilégient tantôt une analyse en terme de proximité ou de distance en rapport avec la structure, tantôt analysent les relations en lien avec une réflexion en termes de fréquences ou de contenu des relations. Certains auteurs ont montré que la mauvaise compréhension advient lorsque les appuis conventionnels de l’action des différents acteurs sont insuffisamment partagés (Dodier, 1993). Dans d’autres contextes les problèmes concernent plutôt l’insuffisance de connaissances partagées, comme c’est le cas par exemple entre profanes et experts. Le concept de traduction peut alors nous permettre de rendre compte des difficultés de communication au sens d’intercompréhension (Callon, 1986). L’analyse des formes de la coopération met également en jeu des dimensions telles que la confiance, le secret, les valeurs partagées. On pourra ainsi raisonner en pensant que ces dimensions préexistent à l’action en coopération ou bien qu’elles se créent dans l’action même (J.D. Reynaud et N. Richebé, 2007, Luhmann, 2006). Un raisonnement en termes d’affrontement pour le pouvoir ou la domination peut également nous permettre d’éclairer un certain nombre de situations. Nous proposons donc d’éclairer les modalités de fonctionnement de la coopération en les liant aux enjeux ainsi qu’aux difficultés exprimées par les acteurs.

Axe 1 ‐ Eclairer les enjeux et les pratiques en les rapportant aux politiques de santé Dans les évolutions des systèmes de santé on peut constater des transformations liées aux politiques de santé ou aux dynamiques de la normalisation. On constate en effet un développement des certifications qualités, des règles de sécurité, des dispositifs gestionnaires au plus près de l’activité. Ainsi les politiques publiques de ces dernières décennies ont cherché à introduire progressivement la dimension économique dans la décision de soin. L’instauration d’un système d’information de santé n’a pas seulement une finalité comptable et statistique mais elle tend à évaluer l’efficacité des activités thérapeutiques et soumettre l’activité médicale au contrôle de la représentation nationale et aux services de l’administration. Ces transformations ne sont certainement pas sans effet sur les charges de travail, la répartition des activités et l’échange des informations, notamment parce qu’elles introduisent de nouvelles dépendances entre services. Ce travail d’organisation est d’autant plus complexe, que différentes réformes se succèdent et sédimentent des pratiques, des règles, des habitudes qui se superposent sans toujours permettre le fonctionnement souple et réactif nécessaire aux professionnels. Les politiques de gestion des territoires (par exemple, politique de regroupement des hôpitaux en France) ne sont pas non plus sans effet sur la manière de communiquer ensemble et à distance. Enfin, il existe des interventions règlementaires ou incitatives qui peuvent changer la donne : le partage des informations en temps réel au travers de l’informatique, le développement du dossier patient, sont autant de dimensions qui interfèrent sur les manières de travailler ensemble.

Axe 2‐ Les relations inter organisationnelles La répartition des actes ou des populations à prendre en charge s’appuient parfois sur un partage public/ privé. On constate par exemple en France un clivage entre les interventions courantes, à faibles risques et bien remboursées prises en charge par le privé et celles plus complexes et à risque laissées au secteur public. Qu’en est‐il des autres pays ? Comment se fait le partage entre institutions ? Existe‐t‐il une spécialisation en fonction de critères financiers, sociaux, ou en fonction des types de spécialisation ? La séparation s’accompagne t‐elle de formes de coopérations et lesquelles ? Les réseaux de soin constituent une forme particulière de relations entre institutions. Les établissements doivent progressivement obtenir des autorisations de prise en charge sur certains types et niveaux de pathologie, selon un dispositif qui dessine différents territoires du soin en même temps que des formes de parcours préconisés. Comment peut‐on caractériser les modalités de la coopération dans ces configurations ? Il sera intéressant de montrer comment se construit le fonctionnement des réseaux de soins dans différents pays, comment les différents acteurs s’organisent entre eux. Peut‐on rapporter la forme d’organisation observée à une prise en charge spécifique liée à une pathologie, ou bien ces prises en charges sont‐elles liées à la composition des réseaux et à la diversité professionnelle de leurs membres ?

Axe3‐ Comment se fait la coordination des professionnels au sein d’une même institution ? Les changements dans les modalités de la coordination sont liées aux évolutions des objets techniques (informatique, dossier du patient, fiches de reporting ou d’enregistrement de l’activité), ainsi qu’aux nouvelles taches qui incombent aux personnels soignants. Les transformations des modalités de coordination tiennent également à la formalisation et la standardisation des méthodes et procédures, à travers la protocolisation, les prescriptions de ‘bonne pratique’, et autres recommandations associées à l’évaluation des pratiques professionnelles. Au‐delà des méthodes elles‐mêmes, ce sont aussi les valeurs, les normes professionnelles qui sont travaillées par des référentiels issus du secteur marchand et qui font l’objet de formes diverses d’appropriation (gestion de la qualité, gestion des risques, démarche processus...). La question du temps et des effectifs est aussi un élément important à prendre en compte. On peut s’interroger sur la manière dont s’accroit l’intensité du travail dans un contexte marqué par la pénurie. Comment évoluent les collectifs de travail ? Y a‐t‐il une montée en puissance des fonctions d’encadrement et une transformation de ses missions, des manières de les conduire ? L’accès à ces fonctions est‐ elle liée à la trajectoire de soin ou constate‐t‐on une diversité dans la manière de pourvoir ces fonctions ?

Axe 4‐ Evolution de la place des patients : de leur droit, de leurs attentes et de la participation au dispositif de soin. Une autre dimension importante des transformations en cours a trait aux patients et à la façon dont ils s’inscrivent dans la relation de service qui les lie aux professionnels des établissements de soin. Ces évolutions mettent notamment en jeu les transformations du droit des patients, de leur approche des pratiques de soins et leurs rapports aux professionnels de santé en lien avec des évolutions sociales plus globales. La relation de soin est de plus en plus vue comme une coproduction entre les professionnels et les malades. Les patients cherchent dans les médias et via l’internet des informations sur les pathologies et les thérapies, au risque de s’égarer dans cette profusion de discours. Cette nouvelle posture des patients et de leur environnement familial interroge sur l’évolution des rapports aux soignants, au plan notamment de la nécessaire construction de la confiance qui combine diversement connaissances et croyances (Karpik, 2007). Par ailleurs, le développement des associations de patients, et l’obligation de représentation des usagers au sein de divers conseils et commissions de l’hôpital posent la question de l’effectivité de ce que certains experts appellent la ‘démocratie sanitaire’. En quoi et à quelles conditions cette participation renouvelée des patients contribue‐t‐elle aux transformations des organisations hospitalières ? L’informatisation du dossier de soins soulève de façon renouvelée la question du consentement préalable à l’enregistrement des données, et de leur consultation possible par le patient. Cette accessibilité renforcée combinée aux nouvelles revendications des patients et à la judiciarisation des soins (Barbot, Fillion, 2005) influent‐elles en retour sur les traces enregistrées dans les systèmes d’information par les personnels soignants ?

Conditions de participation

Les auteurs enverront une proposition de communication de 3 000 signes (espaces compris) et un résumé de 10 lignes, en format Times New Roman, caractère 12 et interligne simple, au plus tard le 23 Janvier 2009 délai de rigueur. Ils sont à envoyer à l’adresse électronique suivante : Org.Co.Sante.ACFAS09@free.fr

Les propositions de communication ainsi que les articles feront l’objet d’une évaluation en « double aveugle » par les membres du comité scientifique. Les communications sélectionnées seront réparties en ateliers (voir les thématiques). Il conviendra donc pour les auteurs de rendre leurs propositions d’articles anonymes, en envoyant deux types de documents. 1) Une fiche en format A4 comprenant le titre de la proposition d’article, le nom de l’auteur, son rattachement institutionnel, sa fonction, ses adresses électronique et postale, son numéro de téléphone. 2) En format A4, le titre de la proposition d’article et le texte de l’article. Décision du comité scientifique : 13 Février 2009 Remise des contributions (20 000 à 30 000 signes) : 2 Avril 2009 Publication des actes Les actes seront publiés sur le site de la Maison des Sciences de l’Homme Paris‐Nord. Le colloque est le prolongement d’un séminaire« métiers et hôpital » organisé sur l’année 2008 avec le concours de la MSH et dans ses locaux dans ce cadre. La communication sur le site des différents textes s’intègrera dans l’axe 2 « santé et société » sous le thème 1 « politiques publiques ». Tout participant‐contributeur au colloque doit s’inscrire au congrès de l’ACFAS (http://www.acfas.ca/congres/). L’inscription (1) donne accès à toutes les séances du congrès et (2) donne droit à l’abonnement à la revue Découvrir. Compte tenu des règles de l’ACFAS, les communications seront mises en ligne après inscription au congrès.

Lieux

  • Université d’Ottawa
    Ottawa, Canada

Dates

  • lundi 23 février 2009

Mots-clés

  • sant

Source de l'information

  • Liens socio
    courriel : Pierre [dot] Merckle [at] ens-lsh [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Organisation et communication au sein des systèmes de santé », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 06 janvier 2009, http://calenda.org/198598