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Colonialisme et résistances des algériens

Colonialism and algerian resistance

Elmenfiyyun eldjazairiyyun entre déracinement et recontruction identitaire (XIXe-XXIe siècle)

Elmenfiyyun Eldjazairiyyun between uprooting and identity reconstruction (19th-21st centuries)

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Publié le lundi 20 juillet 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Colloque international du 12 au 14 décembre 2009 organisé par le Laboratoire d’histoire sur le colonialisme (LAHISCO) de l'Université d'Alger, autour du thème « colonialisme et résistances des algériens ». Le colloque sera axé sur la question centrale de la déportation des résisitants durant la colonisation française.

Annonce

1- Les Résistants algériens, les Insurgés et ceux qui ont enfreint la législation coloniale (deuxième moitié du XIX siècle), sont des déportés spécifiques, expulsés de leur pays  par les autorités coloniales françaises vers la Nouvelle Calédonie et la Guyane. Continuer à les appeler « déportés », c’est occulter leur statut d’anticolonialiste et reconduire, inconsciemment, les accusations retenues contre eux par les autorités coloniales de « criminels », «d’ assassins », «de brigands » etc. C’est pourquoi, il sera question dans ce qui suivra de Menfiyyûn[1] pour déportés et ennefiyyû pour déportation. Ce qui donne du sens et de la profondeur à ces concepts, que le lexique de l’histoire coloniale n’a pas retenu[2]de Menfiyyûn, est à différencier des Mûhadajarûne, exilés par l’autorité coloniale, mais en terre d’Islam. La sanction et la portée de l’une et l’autre peine, ne sont pas les mêmes. C’est pourquoi un recentrage terminologique, s’impose. , c’est la dimension historico-symbolique de ce drame humain mémorisé par le patrimoine culturel national qui garde à ce jour les traces vivantes de ces départs sans retour. Le concept

2-  La césure par le déracinement est amplifiée par la volonté des autorités coloniales et carcérales, de briser les liens du sang qui unissent les  membres d’une même tribu, puis à œuvrer dans le sens d’une déculturation générationnelle, dont l’aboutissement serait la dissolution des « Arabes » dans une société composite. En somme l’extinction de leur algérianité avec sa dimension culturelle, linguistique et religieuse.

3- En réaction à cette politique d’annihilation, les Menfiyyûn ont mis en place plusieurs mécanismes de défense. Ils ont commencé par  reconstituer  à l’identique, ou presque, l’Algérie qu’ils avaient quitté forcés et contraints, à recomposer le tissus social, culturel, religieux, à développer et cultiver des liens affectifs avec le lointain pays transmis d’une génération à l’autre. Cette résistance immatérielle, tient lieu de repères dans la préservation-reconstruction identitaire des  descendants des  Arabes de Calidoun obligés de porter, jusqu’en 1935, deux prénoms  le premier chrétien, le second musulman.

4- La contre image que nous renvoie cette page d’histoire, sera la révolte des Canaques en 1878 qui verra une partie des déportés Communards et des Menfiyyûnes se ranger du côté de l’administration carcérale contre les insurgés de la Nouvelle-Calédonie. Qu’en est-il au juste ? Comment expliquer ce comportement qui contredit l’histoire anticolonialiste des Menfiyynes ? Ceux qui se sont rangés du côté de la répression, n’ont-ils pas renié leur passé ? Quel regard posent les descendants des Canaques sur les descendants des Menfiyynes ?

5- La déportation coloniale plonge ses racines dans le XV siècle avec la traite des Noirs et l’esclavage. Quelle différence y a-t-il entre l’esclavagisme et la déportation? Quelle différence entre la traite des Noirs et la transportation-exploitation des Menfiyyûnes el djazairiyyûne ? La France qui a proclamé en 2001, « crime contre l’humanité »  l’esclavage et la traite négrière, n’a-t-elle pas commis un crime contre l’humanité, envers les Menfiyyûnes el djazairiyyûne , les Communards et tous les autres ? Ce crime sera  aggravé par l’application sélective de la loi d’amnistie générale de 1880, d’où furent exclus les « Arabes de Calidoun ». Approches historiques et approches juridiques, se conjuguent dans de pareils cas.  

Axes du colloque

1-    Axe historiographique et méthodologique.

2-    Axe historique.

3-    Axe anthropologique.

4-    Axe juridique.

1- Menfiyyûnes et historiographie

  • Terminologie et conceptualisation,
  • Matériaux pour l’étude des Menfiyyûnes,
  • Un intérêt récent pour une histoire oubliée.

2- Résistance armée et déportation coloniale.

  • La déportation coloniale, un objet d’histoire.
  • La Résistance armée, expression d’un combat identitaire,
  • La déportation, une donnée de l’idéologie coloniale.

3-  Acculturation et contre-acculturation.

  • Vivre la déportation,
  • Du déracinement à l’acculturation,
  • Préservation- reconstruction identitaire.

4- Menfiyyûnes et déportés

  • Relations Menfiyyûnes, Communards et autres déportés
  • Les Menfiyyûnes et la révolte des Canaques.                        .

5- Droit humanitaire international et déportation.

  • Déportation et exil forcé à travers le monde (études de cas),
  • Esclavagisme et déportation coloniale : approche comparative,
  • Esclavagisme et déportation coloniale au regard du droit humanitaire   international.

Les personnes désirant présenter une communication à ce colloque  sont priées de de bien vouloir  communiquer l’intitulé de leur  communication ainsi qu’un résumé de 500 mots avant le 10 septembre 2009.

Les communiquants retenus seront informés sur les modalités de prise en charge ultérieurement.

Les communications peuvent être présentées en français, an arabe et en anglais.

Composition du comité scientifique

1-Mohammed El Korso, Professeur à l'université d'Alger, département d'Histoire,

2-. Djilali Sari, Professeur à l'université d'Alger, département de sociologie,

3- Belkacemi Boualem, Professeur des Universités,  doyen de la Faculté des Sciences Humaines et des Sciences Islamiques, université d'Oran es Sénia,

4- Aïssa Kadri,  Professeur à l'université Paris 8, directeur de l'Erasme,

5- Pierre-Philippe Rey, Professeur à l'université Paris 8, département d'anthropologie,

6-. Mustapha Nouicer, Maitre de Conférences à université d'Alger, département d'histoire,

7-  Daho Djerbal, Maitre de Conférences à université d'Alger, département d'histoire, directeur de la revue Naqd,

8-. Djamel Yahyaoui, directeur du Centre d'Etudes et de Recherche sur le Mouvement National et la Révolution du 1er  Novembre. Alger,

9-. Chakib Benafri, Maitre de Conférences à université d'Alger, département d'histoire,

10  Fouad Soufi, Conservateur en Chef aux Archives Nationales, Alger, directeur de la revue Insaniyat du CRASC  


[1] - Nous ferons l’impasse sur les déclinaisons pour ne pas rendre plus compliqué la lecture du texte pour les non initiés. Le singulier de Menfiyyûn ,est menfi avec la particule, il devient el menfi.

[2] - Relevons que l’exode de 1908 et 1912 appelés en arabe elhijra a été adoptée par certains historiens français.

Lieux

  • Alger (Algérie)
    Alger, Algérie

Dates

  • jeudi 10 septembre 2009

Mots-clés

  • historiographie, résistance armée et déportation coloniale, acculturation et contre-acculturation, droit humanitaire international et déportation

Contacts

  • Mohamed El-Korso
    courriel : djamel1000 [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Brahim Benmoussa
    courriel : bramost [at] yahoo [dot] com

Pour citer cette annonce

« Colonialisme et résistances des algériens », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 20 juillet 2009, http://calenda.org/198687