AccueilRapports de domination et inégalités dans le sous-continent indien

Rapports de domination et inégalités dans le sous-continent indien

Neuvième séminaire jeunes chercheurs de l’AJEI

*  *  *

Publié le mercredi 15 juillet 2009 par Marie Pellen

Résumé

L’Association Jeunes Études Indiennes (AJEI) regroupe des étudiant-e-s en sciences sociales, du mastère au post-doctorat, travaillant sur l’Asie du Sud. Chaque année elle organise un atelier d’une semaine en Inde et un séminaire d’une journée en France, qui sont autant d’occasions pour de jeunes chercheurs de présenter leurs travaux, discutés par des chercheurs confirmés. L’édition 2009 du séminaire, qui se tiendra à la Sorbonne le 17 novembre 2009 en collaboration avec le Centre d’Histoire de l’Asie Contemporaine (CHAC), abordera la question de la nature et de la dynamique des rapports de domination en Asie du Sud.

Annonce

L’Association Jeunes Études Indiennes (AJEI) regroupe des étudiant-e-s en sciences sociales, du mastère au post-doctorat, travaillant sur l’Asie du Sud. Chaque année elle organise un atelier d’une semaine en Inde et un séminaire d’une journée en France, qui sont autant d’occasions pour de jeunes chercheurs de présenter leurs travaux, discutés par des chercheurs confirmés. L’édition 2009 du séminaire, qui se tiendra à la Sorbonne le 17 novembre 2009 en collaboration avec le Centre d’Histoire de l’Asie Contemporaine (CHAC), abordera la question de la nature et de la dynamique des rapports de domination en Asie du Sud.

Les sociétés du sous-continent indien sont des mosaïques complexes fortement marquées par la présence d’inégalités de tous ordres, dans un contexte socio-économique caractérisé par un système de castes et une pauvreté de masse. Pour autant, force est de constater que ces relations de subordination jouissent d’une légitimité très relative, constamment remise en question par l’émergence de mouvements de contestation. Aujourd’hui, suite à des changements politiques majeurs qui ont vu la démocratie s’imposer dans la région, la perception critique des relations de domination s’est indéniablement accrue, jusqu’à faire de la question de la justice économique et sociale un enjeu essentiel des dernières élections en Inde.

Dans cette perspective, nous souhaiterions apporter un éclairage sur les transformations manifestes des rapports de domination du sous-continent, mais aussi nous interroger sur leur persistance dans de nombreux domaines de la vie sociale. Par « rapport de domination », nous entendons un double phénomène : d’une part, un processus marqué par une dynamique particulière de contrainte et de consentement, qui entraîne la subordination d’un (ou plusieurs) acteur(s) à un autre ; d’autre part, la relation sociale fortement asymétrique qui en résulte, caractérisée par un accès inégal à certaines ressources socialement valorisées.

Pour examiner cette notion de domination en Asie du Sud, nous proposons trois angles d’analyse non-exhaustifs et non-exclusifs, qui devraient à la fois permettre de réunir des chercheurs venant d’horizons disciplinaires variés, et de multiplier les échelles de lectures (du « local » au « global ») et les types de rapports dissymétriques étudiés (de genre, religieux, économique, spatial, etc.).

Structure des rapports de domination

Présents dans tous les domaines de la vie sociale, les rapports de domination peuvent s’exercer entre individus, entre hommes et femmes, entre groupes majoritaires et minoritaires, entre couches sociales au sein de la société stratifiée, entre Etats-nations au sein de la région, etc. Ils ne sont pas toujours le fait d’un acteur identifiable ni ne se traduisent nécessairement par une violence concrète, mais peuvent prendre la forme d’une contrainte impersonnelle et d’une violence symbolique. Ils se déploient sur différents niveaux qui se superposent bien souvent : social (ex : castes, classes, ethnies/tribus), économique (ex : Monsanto/paysans), religieux (ex : hindous/musulmans), spatial (ex : utilisations discriminantes de l’espace)... L’analyse de la structure du rapport de domination portera sur la manière dont la domination s’exerce (types de contraintes auxquelles sont soumis les acteurs, question de la légitimité et du consentement), sur ses implications concrètes et sur son inscription dans le temps.

Reproduction des rapports de domination

Il s’agit ici d’étudier au travers d’exemples concrets les processus et les mécanismes qui permettent une reproduction des rapports de domination et des inégalités qu’ils engendrent. La violence et l’hégémonie idéologique ou économique ne sont pas les uniques moyens pour un dominant d’asseoir son pouvoir. Des phénomènes de coopération pourront ainsi être observés quand la domination est considérée comme légitime et « intégrée » par les dominés. Par ailleurs, les « dominés » peuvent aussi tirer parti ou trouver quelque intérêt à certaines situations de domination.

Résistances et transformations des rapports de domination

Ce troisième axe porte plus spécifiquement sur les phénomènes de transformation des rapports de domination et des « arts de la résistance ». L’influence de certains facteurs qu’il faudra déterminer, tant à l’échelle locale que nationale ou internationale, conduit à une transformation des structures de domination, qui peuvent se trouver renforcées, atténuées, voire renversées. Les rapports de domination sont également susceptibles d’être mis à mal par une résistance des dominés, qui, de façon dissimulée ou ouverte, remettent en cause les discours et pratiques des dominants. On s’attachera alors à décrire les stratégies mises en œuvre, les moyens employés (résistance passive ou violente), et l’échelle à laquelle les pratiques de résistance se déploient.

Les propositions de communication devront être adressées avant le 14 septembre 2009 à l’adresse suivante : seminaire@ajei.org. Outre un résumé d’une page maximum, elles devront comporter un titre et les informations suivantes concernant l’auteur : coordonnées complètes, discipline, affiliation, sujet et nom du directeur de recherche, niveau d’étude. Après décision du comité d’organisation, il sera demandé aux auteur-e-s retenu-e-s de produire, avant le 19 octobre 2009, un texte de 20 000 signes maximum, destiné aux discutant-e-s de chaque session, et qui pourra par la suite être mis en ligne sur le site de l’AJEI (http://www.ajei.org).

Organisation :

Sarah Benabou et Benoît Cailmail.

Catégories

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • lundi 14 septembre 2009

Mots-clés

  • Asie du Sud, rapports de domination, inégalités, conflits sociaux, résistance

Contacts

  • AJEI #
    courriel : ateliers2008 [at] ajei [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • Benoît Cailmail
    courriel : benoit [dot] cailmail [at] bnf [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Rapports de domination et inégalités dans le sous-continent indien », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 15 juillet 2009, http://calenda.org/198693