AccueilÉvolutions actuelles des temps verbaux dans les langues romanes

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Publié le jeudi 16 juillet 2009 par Marie Pellen

Résumé

Les formes verbales d’une langue sont traditionnellement présentées comme éléments d’un système aspecto-temporo-modal stable où chaque tiroir remplit des fonctions spécifiques et discriminantes. Eppur si muove…: les pratiques discursives révèlent une réalité plus fluide et une « synchronie dynamique ». Le but du présent colloque est de décrire et d’analyser les changements actuellement en cours, et les lieux où les pratiques discursives actuelles s’avèrent susceptibles de faire évoluer les systèmes verbaux des langues romanes, ainsi que d’évaluer les facteurs déclencheurs du changement. Pour plus d’informations: http://www1.aston.ac.uk/lss/news-events/conferences-seminars/evolutions-romance-tenses/

Annonce

Les formes verbales d’une langue sont traditionnellement présentées comme éléments d’un système aspecto-temporo-modal stable où chaque tiroir remplit des fonctions spécifiques et discriminantes. Eppur si muove…: les pratiques discursives révèlent une réalité plus fluide et une « synchronie dynamique ».
Ainsi, en français, on a beaucoup glosé sur la vitalité du passé simple (Dauzat 1946, Meillet 1948, Van Vliet 1983, Engel 1985, Labeau 2009) et les manières de « combler le vide » (Engel 1998) laissé par son apparente régression. On a invoqué d’une part le remplacement de la marque aspecto-temporelle de passé perfectif par des valeurs stylistiques (Labeau 2008), par exemple de dimensionalisation (Monville-Burston & Waugh 1985). D’autre part, on a suggéré un effet de domino sur la répartition des fonctions des formes verbales. Par exemple, des formes intuitivement peu adaptées comme les futurs simple et périphrastique s’utilisent aussi dans des narrations passées (Labeau 2009). Par ailleurs, le plus-que-parfait théoriquement marqueur de double antériorité se voit souvent employé comme passé perfectif (Majumdar & Morris 1980, Ayres-Bennett & Carruthers 2001, Labeau 2009). Pareillement en italien, la prose littéraire voit se développer des exemples non classiques de ce temps. Des formes intuitivement peu adaptées comme les futurs simple et périphrastique s’utilisent aussi dans des narrations passées (Labeau 2009). En parallèle, et conformément aux conclusions des études typologiques, on voit se développer la fréquence de formes analytiques et des périphrases itives et ventives pour référer au futur et au passé proche, et un élargissement de leurs emplois. En outre, les contours des emplois modaux révèlent un certain flou, que ce soit dans le tracé mouvant du domaine du subjonctif ou dans les emplois du conditionnel. Ainsi, en espagnol, l'emploi journalistique du conditionnel, relativement récent et qui se développe, n'est pas accepté par certaines rédactions.

Le but du présent colloque est de décrire et d’analyser les changements actuellement en cours, et les lieux où les pratiques discursives actuelles s’avèrent susceptibles de faire évoluer les systèmes verbaux des langues romanes, ainsi que d’évaluer les facteurs déclencheurs du changement.
Les organisateurs espèrent que la rencontre sera le point de départ pour un réseau international de recherche sur les sujets abordés.

Organisateurs:

• Jacques Bres, Praxiling UMR 5267 CNRS — Université Paul-Valéry — Montpellier 3.
• Emmanuelle Labeau, School of Languages and Social Sciences, Aston University.
• Inès Saddour, School of Languages and Social Sciences, Aston University.

Comité scientifique:

• Pier Marco Bertinetto (Scuola Normale Superiore, Pisa)
• Olivier Bertrand (Ecole Polytechnique / CNRS-ATILF / Université de Savoie)
• Janice Carruthers (Queen University Belfast)
• Walter de Mulder (Antwerpen Universiteit)
• Patrick Dendaele (Antwerpen Universiteit)
• Richard Ingham (Birmingham City University)
• Anne Judge (Surrey University)
• Laurent Gosselin (Université de Rouen)
• Martin Maiden (Oxford)
• Marie-Eve Ritz (University of Western Australia)
• Carl Vetters (Université du Littoral – Côte d’Opale)
• Marc Wilmet (Université Libre de Bruxelles)

Échéance:  15 septembre 2009

Langue:  français, anglais ou toute langue romane majeure

Format :  résumé anonyme d’environ 400 mots en pièce jointe (document Word) à un message électronique contenant le nom et l’affiliation de l’auteur, ainsi que le titre du résumé.

Courriel: e.labeau@aston.ac.uk

Current Evolutions of Romance Tenses


“Eppur si muove”: discursive practice shows a less constraint state of affairs and reveals a 'dynamic synchrony'.

In French, much has been said about the vitality of the historic past  (Dauzat 1946, Meillet 1948, Van  Vliet 1983, Engel 1985, Labeau 2009) and the ways of 'filling the void' (Engel 1998) left by its seeming regression. On the one hand, it has been argued that its aspecto-temporal values of perfective past had been superseded by stylistic uses (Labeau 2008) for example of dimensionalization (Monville-Burston & Waugh 1985). On the other hand, it has been suggested that the evolution of the past historic has had a domino effect on the distribution of tense functions.  For example, the pluperfect that indicates in principle double anteriority is often used as a perfective past (Majumdar & Morris 1980, Ayres-Bennett & Carruthers 2001, Labeau 2009).

Similarly in Italian, literary writing has been developing non-traditional uses for the pluperfect. It has also been shown that forms intuitively fit to purpose such as the simple and periphrastic futures which are used for past narratives (Labeau 2009). In parallel, and in accordance with typological studies, analytical and periphrastic forms develop to express recent past or future, and see their uses widen. Moreover, modal uses become more blurred as in the uncertainties linked to the uses of both subjunctive and conditional as in Spanish, where journalistic uses of the conditional have been spreading over recent years, but are still banned from some newspapers.

The aims of the colloquium will be to describe and to analyse the places where change is currently happening, and where discursive practices are likely to make the verbal system evolve, as well as to evaluate the factors provoking changes. In addition, it is hoped that the meeting will be the starting point of an international reflection network on the issues covered.

Organisers:

• Jacques Bres, Praxiling UMR 5267 CNRS — Université Paul-Valéry — Montpellier 3.
• Emmanuelle Labeau, School of Languages and Social Sciences, Aston University.
• Inès Saddour, School of Languages and Social Sciences, Aston University.

Scientific committe:

• Pier Marco Bertinetto (Scuola Normale Superiore, Pisa)
• Olivier Bertrand (Ecole Polytechnique / CNRS-ATILF / Université de Savoie)
• Janice Carruthers (Queen University Belfast)
• Walter de Mulder (Antwerpen Universiteit)
• Patrick Dendaele (Antwerpen Universiteit)
• Richard Ingham (Birmingham City University)
• Anne Judge (Surrey University)
• Laurent Gosselin (Université de Rouen)
• Martin Maiden (Oxford)
• Marie-Eve Ritz (University of Western Australia)
• Carl Vetters (Université du Littoral – Côte d’Opale)
• Marc Wilmet (Université Libre de Bruxelles)

Deadline: 15 September 2009

Language: English, French or any major Romance language

Proposal: Abstract of maximum 400 words sent (via email) as an attachment (word document) to an email message containing the author’s name and affiliation and the title

Email: return submissions to e.labeau@aston.ac.uk

Catégories

Lieux

  • School of Languages and Social Sciences - Aston University
    Birmingham, Grande-Bretagne

Dates

  • mardi 15 septembre 2009

Mots-clés

  • évolution, système verbal, langues romanes

Contacts

  • Emmanuelle Labeau
    courriel : e [dot] labeau [at] aston [dot] ac [dot] uk

Source de l'information

  • Emmanuelle Labeau
    courriel : e [dot] labeau [at] aston [dot] ac [dot] uk

Pour citer cette annonce

« Évolutions actuelles des temps verbaux dans les langues romanes », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 16 juillet 2009, http://calenda.org/198701