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Monstre froid et moment de fièvre

Les hommes et femmes de l'État face aux crises en Europe et aux Amériques (fin du XIXe - XXIe siècle)

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Publié le lundi 27 juillet 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Au moment où se pose, de part et d’autre de l’Atlantique, la question des réponses à apporter à une « crise » de grande ampleur, cette journée d’études souhaite s’interroger dans une perspective comparative sur le rôle des fonctionnaires dans le remodelage et les reconfigurations de l’appareil d’État à l’occasion ou à la faveur d’un contexte exceptionnel. Crises politiques, économiques, sociales, diplomatiques et militaires se traduisent à diverses échelles par des modifications des architectures institutionnelles et sont donc autant de moments-clef durant lesquels les routines sont perturbées, les bureaucraties se mettent en place et se réforment et le « monstre froid » wébérien laisse affleurer plus nettement le rôle des individus dans les processus de (re)-(dé)construction de l’État.

Annonce

Journée d’études, EHESS, jeudi 26 novembre

Au moment où se pose, de part et d’autre de l’Atlantique, la question des réponses à apporter à une « crise » de grande ampleur, cette journée d’études souhaite s’interroger dans une perspective comparative sur le rôle des fonctionnaires dans le remodelage et les reconfigurations de l’appareil d’État à l’occasion ou à la faveur d’un contexte exceptionnel. Crises politiques, économiques, sociales, diplomatiques et militaires se traduisent à diverses échelles par des modifications des architectures institutionnelles et sont donc autant de moments-clef durant lesquels les routines sont perturbées, les bureaucraties se mettent en place et se réforment et le « monstre froid » wébérien laisse affleurer plus nettement le rôle des individus dans les processus de (re)-(dé)construction de l’État.

Entre la formidable croissance des bureaucraties sur la longue durée et la tendance contemporaine au démantèlement des moyens de la puissance publique, l’influence de ceux qui sont chargés de l’incarner et d’en assurer le fonctionnement a longtemps été ignorée. Suivant l’exemple précoce de Max Weber, les historiens ont étudié l’Etat moderne en mettant l’accent sur la multiplication et l’imposition des règles bureaucratiques, le rôle de la direction administrative ou les processus de sélection et de formation des fonctionnaires. Mais, depuis une vingtaine d’années, en Europe comme en Amérique, des approches théoriques et historiographiques nouvelles ont émergé qui ont recentré le regard vers ces « serviteurs de l’Etat », vers leurs représentations, leurs pratiques, leurs stratégies, renversant la traditionnelle formule de la doctrine juridique américaine d’un « government of laws, not of men ». C’est dans le sillage de ces études que nous souhaitons placer cette réflexion collective afin d’examiner, au travers d’enquêtes précises, l’influence de ceux à qui sont confiées des institutions publiques dans les moments conçus à divers titres comme dramatiques. Comprendre le rôle de ces individus, c’est en faire des acteurs à part entière, tout à la fois « serviteurs » et « entrepreneurs » de l’Etat, renouveler l’approche des évolutions à l’œuvre dans les Etats modernes, ni simples résultantes de dynamiques strictement fonctionnalistes, ni translations plus ou moins exactes de la volonté de l’autorité politique.

Comment les fonctionnaires se saisissent-ils des crises ? Quels rôles jouent-ils dans la qualification, la désignation, la définition des crises ? Comment cherchent-ils à influer sur les processus décisionnels du changement, afin de promouvoir leurs réponses, leurs objectifs et leurs conceptions ? Quelles ressources (administratives, politiques, sociales, personnelles) mobilisent-ils pour parvenir à établir, à modifier ou à maintenir la légitimité, le territoire et les moyens d’action de leurs institutions ? Quelles stratégies adoptent ces professionnels de l’Etat pour asseoir leur autorité ? Peut-on distinguer, à la suite des travaux récents sur le genre, la coexistence de deux Etats, l’un maternel et protecteur, l’autre viril et régalien, dans la réponse à la crise ?

Nous souhaitons engager la réflexion autour d’une série de portraits individuels et collectifs de professionnels de l’Etat, construits « au ras du sol », quelle que soit leur place dans l’échelle de l’autorité hiérarchique ou leur « corps » d’exercice (agents des bureaucraties centrales comme locales, fonctionnaires civils ou militaires, policiers, magistrats, experts publics, etc.) dans ces instants de construction, d’évolution ou de démantèlement d’institutions publiques. Ce rapprochement d’expériences individuelles au cours du siècle doit mettre en évidence l’écheveau complexe des interrelations, des enjeux, des stratégies de ces hommes et de ces femmes qui incarnent une part du souverain. Il se propose surtout d’appréhender les processus de réformes en période de crise et de déployer les architectures concrètes des pouvoirs dans l’Etat, au-delà des organigrammes officiels.

Les propositions de contributions devront être adressées par courrier électronique avant le 15 septembre 2009 aux organisateurs de la journée d'études.

Contacts:

Lieux

  • 105, boulevard Raspail,
    Paris, France

Dates

  • mardi 15 septembre 2009

Mots-clés

  • État, fonctionnaires, crise, reconfiguration

Contacts

  • Yann Philippe
    courriel : yann [dot] philippe [at] univ-reims [dot] fr
  • Alexandre Rios-Bordes
    courriel : alexandre [dot] rios [at] univ-tours [dot] fr

Source de l'information

  • Yann Philippe
    courriel : yann [dot] philippe [at] univ-reims [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Monstre froid et moment de fièvre », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 27 juillet 2009, http://calenda.org/198739