AccueilPaysages et sociétés en Europe antique et médiévale à l'est de l'Elbe

Paysages et sociétés en Europe antique et médiévale à l'est de l'Elbe

Landscapes and Societies in Ancient and Medieval Europe East of the Elbe

Interactions entre conditions environnementales et transformations culturelles

Interactions between Environmental Settings and Cultural Transformations

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Publié le mercredi 26 août 2009 par Marie Pellen

Résumé

Appel à contributions pour un atelier international sur l'histoire environnementale de l'Europe du Centre-Est au Moyen Âge, organisé par le départment d'Histoire de l'Université York (Toronto) et la Graduate School « Human Development in Landscapes », Christian-Albrechts-Universität Kiel.

Annonce

On peut comprendre les paysages soit comme les environnements naturels dans lesquels sont intégrées les sociétés, soit comme les paramètres de représentations avec lesquels les membres d’une société observent et décrivent une région en lui donnant un sens. Les conceptions modernes du paysage en tant que sujet esthétique sont le résultat d’une évolution historique particulière qui a débuté lors de la Renaissance, alors que d’autres sociétés ont développé des traditions différentes pour comprendre leur environnement – ainsi, en Europe médiévale, les interprétations symboliques dominaient : la nature était perçue comme un livre dans lequel on pouvait lire le message divin. Les paysages peuvent être définis, dans les mots de Denis E. Cosgrove, comme des « régions visiblement distinctes ». L’idée de paysage dépend donc à la fois de la réalité concrète d’une région donnée et de la signification qu’y attachent les êtres humains qui la contemplent.

La recherche historique et environnementale des dernières décennies a pu démontrer que les paysages sont toujours, bien qu’à des degrés divers, les produits des interactions entre les communautés et leur environnement. Même les régions perçues comme vierges ou intactes ont été modifiées par l’être humain. Ces transformations sont en général dues à l’exploitation des ressources nécessaires à la survie et au développement des sociétés. En Europe pré-industrielle, même ce qui était considéré comme terra inculta – la forêt – était exploité intensivement pour ses ressources. Les observateurs médiévaux avaient d’ailleurs déjà remarqué l’impact des activités humaines sur leur environnement naturel, même s’ils n’étaient pas conscients de la complexité des processus en cours. Mutatis mutandis, il a pu être constaté que la majorité des sociétés elles-mêmes ont été largement influencées par leur environnement et par les ressources disponibles. Les éléments culturels et naturels sont donc interdépendants.

Compte tenu de ces observations, il devient évident que l’étude des paysages historiques doit s’appuyer simultanément sur la reconstruction des spécificités environnementales comme elles existaient et se sont transformées à des époques révolues et sur la compréhension qu’avaient les sociétés de celles-ci, ainsi que sur les systèmes de régulation des ressources disponibles, et comment elles pouvaient changer au fil du temps. Cela ne peut être atteint que par une approche interdisciplinaire. Les nouveaux développements en sciences naturelles et de nouvelles méthodes en archéologie apportent des informations qui n’étaient pas disponibles il n’y a que quelques décennies. De nouveaux questionnements des sources écrites ouvrent de nouveaux horizons. Seule la communication entre les disciplines rendra possible une vue d’ensemble.

L’Europe médiévale à l’est de l’Elbe présente un terrain d’investigation particulièrement intéressant pour l’étude des transformations des paysages. Alors que la Rhénanie était, dès l’Antiquité, fortement influencée par la culture romaine et fut étroitement liée à l’Europe occidentale par les royaumes francs du haut Moyen Age, les régions riveraines de l’Elbe et plus à l’est n’entrèrent que tardivement dans le cours de l’histoire, et dans un contexte entièrement médiéval. L’espace de l’Europe du Centre-Est est caractérisé par plusieurs aspects qui le distinguent de celui de la Méditerranée ou de l’Europe occidentale, et ce pour l’ensemble du Moyen Age. De manière générale, on y retrouve des développements indépendants concernant la société, l’économie et la religion, qui menèrent à la création de traits culturels particuliers. Le fait qu’il n’appartint jamais à l’Empire romain eut des conséquences durables sur les structures de l’habitat. Le mouvement de colonisation du Moyen Age central apporta des transformations rapides dans l’administration des ressources, ce qui contraste avec l’évolution plutôt lente et progressive de l’Europe occidentale. Les traditions culturelles latines eurent un impact très différent sur des régions qui avaient à peine retenu l’attention, voire pas du tout, des auteurs romains. Tout cela fait de cette partie du continent européen – entre l’Elbe à l’est, le Danube au sud et les steppes à l’ouest – un objet d’étude fascinant en ce qui concerne les interactions de longue durée entre les paysages et les sociétés.

L’atelier réunira des chercheurs d’Amérique du Nord et d’Europe avec des contributions en histoire, archéologie, paléobotanique et paléozoologie.

Nous sommes à la recherche de contributions dans les domaines de l’histoire, de l’archéologie et des disciplines connexes. Les propositions doivent être en lien avec des régions hors des limites de l’Empire romain ainsi qu’avec l’histoire environnementale et/ou sociale. L’accent principal sera mis sur la période médiévale, mais des contributions portant sur l’Antiquité seront bienvenues. Doctorants et chercheurs en début de carrière sont spécialement sollicités.

La langue de communication principale sera l’anglais, mais des contributions en français seront acceptées.

Les candidats devront envoyer un résumé de leur contribution (moins d’une page) ainsi que leur curriculum vitae à l’un des organisateurs par courrier électronique avant le 20 octobre 2009.

Les invitations dépendront du financement disponible.

Une publication des actes est prévue.

Lieux

  • Université York, Campus Keele
    Toronto, Canada

Dates

  • mardi 20 octobre 2009

Mots-clés

  • histoire environnementale, Europe du Centre-Est

Contacts

  • Sébastien Rossignol
    courriel : rossigno [at] yorku [dot] ca

Source de l'information

  • Sébastien Rossignol
    courriel : rossigno [at] yorku [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Paysages et sociétés en Europe antique et médiévale à l'est de l'Elbe », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 26 août 2009, http://calenda.org/198789