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Publié le jeudi 27 août 2009 par Marie Pellen

Résumé

L'enssib organise, le 22 octobre 2009, la journée d'étude « Discours de l'internet » : pourquoi ce discours est-il aujourd'hui presque unanimement favorable ? La journée se propose d’interroger non la réalité ou la réfutation du discours – mais le discours lui-même. Qu’est-ce qui le construit, comment il se construit, comment il se diffuse, comment il s’accepte ou se refuse. Inscription préalable sur le site de l'enssib indispensable (http://www.enssib.fr).

Annonce

Déclaration d’intention

Internet, les services qu’il propose, l’informatique en général, semblent bénéficier d’un impact médiatique largement favorable.

Si certaines évolutions (RFID, respect de la vie privée, droit d’auteur, etc.) appellent parfois certaines résistances, toute nouvelle invention, tout nouveau concept, tout nouveau service, génère a priori un discours dans la presse, dans le monde politique, dans les médias en général, quasi unanimement « enchanté ».

Pourquoi et comment ?

Pourquoi la méfiance à l’égard des discours technicistes, technologiques qui avait cours dans les années soixante et soixante-dix notamment semble largement marginalisée, voire ridiculisée quand il s’agit « d’avancées » informatiques ? Sur quelles théories s’appuie ce discours, quelles figures convoque-t-il, quelles en sont les principales déclinaisons ?

La journée se propose d’interroger non la réalité ou la réfutation du discours – mais le discours lui-même. Qu’est-ce qui le construit, comment il se construit, comment il se diffuse, comment il s’accepte ou se refuse.

On pourra parler, aussi, de bibliothèques, et de ce qu’il en est.

Ce ne sera, cependant, nullement obligatoire.

Et puis il y aura, aussi, une intervention surprise, qui n’aura rien à voir.

Mais qui résumera l’ensemble.

Introduction

Présentation de la journée.

Premier mouvement : Discours fondateurs (et oubliés ?)

Penser et mettre en perspective le discours technique, ou techniciser le discours, ces deux tentations ont traversé l’épistémologie du XXIème siècle. Retour sur deux théories.

10h - 10h30 Norbert Wiener et la cybernétique

Guy Lacroix

La figure de Norbert Wiener, fondateur de la cybernétique, semble aujourd’hui en disgrâce. Mais ce possible oubli ne serait-il pas plutôt la preuve absente de ce que sa théorie de la communication est désormais si intimement intégrée à la sphère Internet qu’elle ne souffre plus ni contestation, ni commentaire ? Pourtant, si on y regarde de près, le discours d’aujourd’hui autour des nouveaux outils communicants n’épouse qu’imparfaitement les postulats, les contours et les enthousiasmes de la cybernétique en tant que science – mais aussi en tant que discours. Il fait, du coup, silence sur les aspects les plus subversifs de la pensée de Wiener (Guy Lacroix, Centre Pierre Naville, Université d’Evry).

10h30 - 11h Jacques Ellul et le bluff technologique

André Vitalis, Université de Bordeaux 3

Dans une série d’ouvrages (Le bluff technologique, Le système technicien) publiés à la naissance du système informatique, Jacques Ellul n’aura eu de cesse de dénoncer le discours techniciste et technologique comme une série de fausses inévitabilités porteuses de dangereuses dérives, en remettant essentiellement en question la notion même de progrès technologique. Forcément daté, son discours conserve-t-il une pertinence dans le tout-numérique du XXIème siècle ? Dans quelles limites ? Quelles inquiétudes ou quelles espérances en préserver ? (André Vitalis, Université De Bordeaux 3).

Deuxième mouvement : Quelques discours remarquables

Le discours autour de l’Internet se construit aussi autour de thèmes ou d’anecdotes qui ont valeur d’exorcisme ou de cristallisation, de stigmatisation ou de détournement. Retour sur deux discours « exemplaires ».

11h - 11h30 Le bogue, dix ans après

Yves Desrichard, enssib

Il y a dix ans tout juste, « l’humanité » s’apprête à vivre, le 31 décembre 1999, la plus grande catastrophe technologique de tous les temps, le « bogue de l’an 2000 ». Cataclysmes divers et catastrophes hétérogènes étaient promis à tous les incrédules non préparés. On sait ce qu’il en advint. Comment s’est construit le discours du bogue ? Quelles en étaient les fondations, les variantes et les avatars ? Qu’en est-il de la postérité de cette imposture ? Etait-ce, d’ailleurs (dans le discours) une imposture ? (Yves Desrichard, enssib).

14h - 14h30 La fracture numérique – dix ans après ?

Eric Guichard, enssib

Posture politique au succès inattendu, la « fracture numérique » a longtemps structuré les discours sur l’extension sociale du domaine informatique en en justifiant les avancées les plus volontaristes. Articulé autour de l’antienne – bien antérieure – du « retard technologique », le discours autour de cette fracture légitime postures sociologiques et formalisations économiques. Mais comment se constitue-t-elle ou plutôt, qui la constitue ? Sous quelles formes ? Et pour quels intérêts ? (Eric Guichard, enssib).

Troisième mouvement : Déclinaisons du discours

Internet s’est pensé comme rupture du discours autour de l’informatique, comme une « nouvelle frontière » technique et sociale. Qu’en est-il exactement ? Au fond, et depuis le début de l’informatique, ne parle-t-on pas toujours de la même chose et toujours de la même manière ?

14h30 - 15h L'impensé informatique, des années 70 à Internet

Pascal Robert, Université d'Aix-Marseille II (Irsic) ; IEP d'Aix-en-Provence (Cherpa)

Les représentations sociales d'Internet ne peuvent être séparées de celles de l'informatique. Lorsqu'on questionne ces représentations en cherchant à comprendre la fonction qu'elles remplissent dans notre société on s'aperçoit qu'il n'en va pas d'un imaginaire mais d'un véritable Impensé. Ces discours ne nous apprennent en définitive pas grand chose mais servent surtout à occuper la place, à éviter de les soumettre aux vraies questions politiques et éthiques (Pascal Robert, Université d'Aix-Marseille II (Irsic) ; IEP d'Aix-en-Provence (Cherpa)).

15h - 15h30 Le web participatif et l'information "citoyenne » : un discours

Franck Rebillard, Université Lumière Lyon 2

Apparue au milieu des années 2000, la formule à succès de web 2.0 évoque un nouvel âge pour les applications et les usages « grand public » de l’Internet, supposant notamment une participation de tous à la création de contenus numériques. A travers l’exemple du « journalisme participatif », il sera démontré qu’un tel discours non seulement n’épouse pas la totalité de la réalité sociale, mais réactive également sous un voile idéologique plus récent correspondant au « nouvel esprit du capitalisme » des visions utopiques que Wiener ou Saint-Simon n’auraient pas forcément reniées en leur temps (Franck Rebillard, Université Lumière Lyon 2).

16h - 16h30 Conclusion qui n’a rien à voir, mais qui résume le tout

Intervention surprise.

Lieux

  • Ecole nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB) 17-21, Boulevard du 11 novembre 1918
    Villeurbanne, France

Dates

  • jeudi 22 octobre 2009

Contacts

  • Yves Desrichard
    courriel : yves [dot] desrichard [at] enssib [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Yves Desrichard
    courriel : yves [dot] desrichard [at] enssib [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Discours de l'internet », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 27 août 2009, http://calenda.org/198792