AccueilPeut-on encore faire de l'histoire économique et sociale aujourd'hui ?

Peut-on encore faire de l'histoire économique et sociale aujourd'hui ?

Journée d'étude organisée par l'équipe « Économie et société : territoires, activités et relations sociales » du laboratoire IRHIS (UMR 8529)

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Publié le mercredi 02 septembre 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Le constat, déjà ancien, d'un éclatement de l'historie économique et sociale se heurte néanmoins à une réalité assez triviale. Il n'est pas rare, en effet, de faire encore référence à une « histoire économique et sociale », ne serait-ce que pour désigner des cours ou des postes. Quand on sait combien les pratiques du et dans le métier influent sur l'« opération historiographique », on ne peut que s'interroger sur le sens et la portée de cette survivance. En bref, peut-on encore parler d' « histoire économique et sociale » aujourd'hui ? Cette terminologie ne relève-t-elle que d'une pure catégorisation institutionnelle dont on aurait perdu le sens ou conserve-t-elle, au contraire, une certaine pertinence scientifique ?

Annonce

Présentation

L'histoire économique et sociale en France a longtemps été caractérisée par le choix du groupe social comme unité d'analyse et par l'idée d'un primat des facteurs économiques dans la dynamique des sociétés. Cette histoire, rapidement qualifiée de « labroussienne », a subi depuis une trentaine d'années bon nombre de coups de boutoir : le « retour de l'acteur », le « tournant linguistique », le « tournant culturel » ont été autant de remises en cause d'un modèle historiographique dominant lors des Trente glorieuses. Sur le plan méthodologique, l'approche quantitative a été délaissée pour des méthodes qualitatives encouragées par l'essor de la micro-histoire. L'histoire économique a perdu son caractère d'évidence, tandis que l'histoire sociale s'est trouvée confrontée aux développements récents d'une sociologie ou d'une anthropologie remettant en cause l'idée même de société. Aussi a-t-on constaté une parcellisation du territoire de l'historien : l'histoire économique et sociale fait place désormais à l'histoire urbaine, à l'histoire des femmes, à celle du genre, à l'histoire des migrations, à l'histoire du sport, ... La liste, inépuisable, traduit à la fois une diversité des objets et un éclatement d'une introuvable communauté des historiens.

Ce constat, déjà ancien, se heurte néanmoins à une réalité assez triviale. Il n'est pas rare, en effet, de faire encore référence à une « histoire économique et sociale », ne serait-ce que pour désigner des cours ou des postes. Quand on sait combien les pratiques du et dans le métier influent sur l'« opération historiographique », on ne peut que s'interroger sur le sens et la portée de cette survivance. En bref, peut-on encore parler d' « histoire économique et sociale » aujourd'hui ? Cette terminologie ne relève-t-elle que d'une pure catégorisation institutionnelle dont on aurait perdu le sens ou conserve-t-elle, au contraire, une certaine pertinence scientifique ? Ce sont ces questions qui seront au cœur de notre journée d'étude du 6 octobre 2009 qui réunira plusieurs historiens du PRES Université Lille-Nord-de-France. Une exposition consacrée à Georges Lefebvre sera inaugurée à la fin de cette rencontre.

 

Programme

 

9h00-9h15. Accueil.

La fin d'un paradigme ?

9h15-10h00. Gabriel Galvez-Behar  : L'histoire économique à bout de souffle ? Entre crise de l'histoire et déni de l'économique.

10h00-10h45. Didier Terrier : « La « révolution industrieuse » des XVIIIe et XIXe siècles au carrefour de l'économique et du social.

10h45-11h00. Pause.

Changements de perspectives

11h00-11h45. Thibault Tellier : de l'histoire sociale à l'histoire urbaine ? Les enjeux d'une histoire territorialisée

11h45-12h30. Jean-Paul Barrière : Normes juridiques et histoire économique et sociale

12h30-14h00. Repas

Le nombre en histoire

14h00-14h45. Louis Hincker et Didier Terrier : "Le Nom et le Nombre", bilan d'un atelier d'historiens sur l'emploi des sources nominatives en grande quantité.

14h45-15h30. Matthieu de Oliveira et Carole Christen : vers un quantitatif du quatrième niveau. De l'usage des chiffres en histoire économique et sociale.

15h30-15h45. Pause

Retour aux classiques

15h45-16h30. Jean-Pierre Jessenne – Hervé Leuwers : G. Lefebvre et l'histoire économique et sociale : apports et dépassements.

A partir 16h30 : exposition.

Lieux

  • Université Lille 3 - Laboratoire IRHiS - salle de séminaire
    Villeneuve-d'Ascq, France

Dates

  • mardi 06 octobre 2009

Mots-clés

  • histoire économique, histoire sociale

Contacts

  • Gabriel Galvez-Behar
    courriel : gabriel [dot] galvez-behar [at] univ-lille3 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Gabriel Galvez-Behar
    courriel : gabriel [dot] galvez-behar [at] univ-lille3 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Peut-on encore faire de l'histoire économique et sociale aujourd'hui ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 02 septembre 2009, http://calenda.org/198804