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Méditerranée(s) du Sud et de l’Est et mondialisation

Mobilisations collectives et nouvelles configurations sociales, politiques et économiques

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Publié le vendredi 04 septembre 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Les multiples projets de partenariats entre l’Europe et la Méditerranée ont contribué à concentrer le regard des chercheurs sur le développement dans la Méditerranée dans le cadre des approches institutionnalistes des rapports nord /sud et de l’aide au développement (Confluences Mediterranée, N° 67, 2008 ; Eurorient, n° 27, 2008, les publications d’Euromesco). Sans nier les apports indispensables de cette démarche, elle contribue toutefois à lisser les différences des multiples espaces méditerranéens, à privilégier les dynamiques « du dehors » sur les dynamiques « du dedans » et enfin et peut être surtout à ne pas tenir suffisamment compte des nouvelles configurations sociales, politiques et économiques (secteur privé interne et international, révolution des moyens de communication, perte d’efficience des Etats, transformations démographiques et des structures familiales, limites des modèles de croissance, etc..) qui informent la problématique du développement dans ces sociétés.

Annonce

Proposition d’un numéro spécial de Tiers Monde consacré à la Méditerranée du Sud et de l’Est (2010).

« Méditerranée(s) du Sud et de l’Est et mondialisation : mobilisations collectives et nouvelles configurations sociales, politiques et économiques »

Les multiples projets de partenariats entre l’Europe et la Méditerranée ont contribué à concentrer le regard des chercheurs sur le développement dans la Méditerranée dans le cadre des approches institutionnalistes des rapports nord /sud et de l’aide au développement (Confluences Mediterranée, N° 67, 2008 ; Eurorient, n° 27, 2008, les publications d’Euromesco). Sans nier les apports indispensables de cette démarche, elle contribue toutefois à lisser les différences des multiples espaces méditerranéens, à privilégier les dynamiques « du dehors » sur les dynamiques « du dedans » et enfin et peut être surtout à ne pas tenir suffisamment compte des nouvelles configurations sociales, politiques et économiques (secteur privé interne et international, révolution des moyens de communication, perte d’efficience des Etats, transformations démographiques et des structures familiales, limites des modèles de croissance, etc..) qui informent la problématique du développement dans ces sociétés.

Ce projet voudrait examiner la contribution des mobilisations collectives au développement et au changement dans les sociétés méditerranéennes (entendues au sens le plus large : non seulement le Maghreb, mais tous celles de l’Est méditerranéen aussi). Il vise, à partir de l’articulation entre le « dedans » et le « dehors », à comprendre et analyser les spécificités actuelles des mobilisations collectives de ces sociétés, qui s’inscrivent de plus en plus en dehors des cadres institutionnels de l’action collective (partis politiques, syndicats, Ongs, etc.) et des enjeux strictement internes des espaces nationaux. Si le terme « mobilisation » met l’accent sur le fait que les sociétés de cette aire géopolitique ne sont pas des sociétés figées et soumises (au marché, à la mondialisation, à l’autoritarisme, à l’islamisme, aux communautarismes et aux conflits régionaux etc.), ce projet de numéro souhaite également dépasser les approches en termes de « protestations et de résistances » (M. Bennani-Chraibi et O. Fillieule (dir), Résistances et Protestations dans les sociétés musulmanes, Presses de Sciences Po, Paris, 2003 ; Alternatives Sud, Etat des résistances dans le sud 2009 face à la crise alimentaire) et ne pas limiter les mobilisations aux thèmes « labélisés » sur le plan international (Altermondialismes oubliés, Cultures et Conflits, 2008, n° 70).

Il cherche à mettre l’accent sur la diversité des acteurs des mobilisations (élites intellectuelles, hommes d’affaires, entrepreneurs, fonctionnaires, travailleurs du privé, internautes, chômeurs, retraités, consommateurs, jeunes, femmes, paysans, notables, habitants de quartiers informels, etc.), des intérêts qu’ils souhaitent promouvoir (économiques, politiques, religieux, confessionnels, identitaires, environnementaux, accès aux services de base, accès à l’eau et à l’électricité, accès à la justice, défense des retraites, défense de la sécurité sociale, droits de l’homme, etc.) et également sur les modalités, formes, durée, ampleur et résultats des mobilisations. Quels changements manifestent-elles, provoquent-elles ?

Si le projet de ce numéro spécial souscrit aux critiques des visions finalistes et causalistes de l’action collective (Cultures et Conflits n° 12 1993, L’action collective : terrains d’analyse) il entend toutefois replacer la question des mobilisations collectives dans le cadre des mutations de tous ordres qui affectent les sociétés méditerranéennes et sur lesquelles existent de solides acquis scientifiques (Y. Courbage, E. Todd, Le rendez vous des civilisations, Seuil, 2007 ; É. Picard (dir.), La Politique dans le monde arabe, Paris, Armand Colin, 2006 ; REMM, n° 105-106, Le travail et la question sociale ; REMM, n° 123, Intellectuels de l’islam contemporain, etc.) : mutations démographiques (structures familiales, jeunesse, l’individu, rapports de genre, migration, éducation, etc.), sociales (chômage, protection sociale, solidarités, transformations des classes moyennes, renouvellement des élites, urbanisation, etc.), économiques (privatisation, secteur informel, secteur privé, appauvrissement), religieuses et, enfin, politiques et institutionnelles (évolutions des formes de gouvernance, diversité des autoritarismes, ouverture des espaces publics, médias, etc.).

Il s’agira d’attirer des articles aussi bien comparatistes portant sur des questions transversales aux pays de la zone que des articles portant sur un pays donné mais dont la problématique est susceptible de renouveler les approches portant sur les autres pays.

Les chercheurs intéressés devront envoyer leurs propositions (une demi page) avant la date limite du 1er octobre 2009. Leurs propositions devront être accompagnées de quelques éléments biographiques et de trois titres (maximum) de publications pertinentes. La date limite de remise des textes est pour le 1er avril 2010. Les textes ne doivent pas dépasser les 49 000 signes.

Les résumés devront être envoyés aux adresses suivantes :

Sarah Ben Néfissa, IRD/UMR 201
Blandine Destremau, CNRS/LISE

Dates

  • jeudi 01 octobre 2009

Mots-clés

  • Maghreb, Moyen-Orient, Méditérranée, politique, économie, mondialisation

Contacts

  • Sarah Ben Nefissa
    courriel : sarah [dot] ben-nefissa [at] orange [dot] fr
  • Blandine Destremau
    courriel : blandine [dot] destremau [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Yann Lézénès
    courriel : tiermond [at] univ-paris1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Méditerranée(s) du Sud et de l’Est et mondialisation », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 04 septembre 2009, http://calenda.org/198818