AccueilGroupe de recherche énergie, technologie, société (2009-2010)

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Publié le lundi 07 septembre 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Le Groupe de recherche énergie, technologie, société (GRETS) de EDF R&D organise mensuellement un séminaire de sciences sociales dont les thèmes entrent en correspondance avec les sujets de recherche actuels du GRETS : environnement, énergie, clientèle, innovation, pratiques de la recherche. A chaque séance, un chercheur invité présente ses travaux et les discute avec les participants. Le séminaire se tient un mardi par mois à la Maison des sciences de l'homme de 9h30 à 12h30. L'entrée est libre dans la limite des places disponibles.

Annonce

Le programme des séminaires du GRETS pour l'année 2010-2011 est également sur Calenda : http://calenda.revues.org/nouvelle17262.html

Le programme 2009-2010 des séminaires du GRETS est le suivant :

  • Mardi 22 septembre 2009, 9h30 à 12h30, salle 015, MSH, 54 bd Raspail, 75006 Paris

Noortje Marres (Oxford University, Institute for Science, Innovation and Society)
Le coût de l’engagement public : expériences de vie à bas carbone

La présentation aura lieu en anglais, suivie d'une discussion en français.  

In this paper, I turn to experiments surrounding the introduction of “personal carbon accounts” in everyday life recently conducted in the UK to explore the forms of public engagement enacted here by empirical means. I discuss how these experiments deploy cost-based understandings of public participation, as they measure involvement in terms of people’s ‘willingness to make an effort,’ and present the visualisation of environmental and monetary costs as critical to bringing it about. However, a pragmatist reading of experiments in ‘carbon-based living’ highlights that engagement also involves the establishment of “relations of relevance” by material means. The paper thus considers whether and how material practices of engagement here involve attempts to make disparate entities relevant to another, such as boiling the kettle and Renewable Energy Obligations. In doing so, it draws on feminist studies of science and technology, and asks how these domestic enactments of involvement result in the proliferation of “hidden costs”, whereby some actors end up doing more work than others, and some run substantial risks of deception. In this respect, I argue, experiments in low-carbon living turn public engagement with the environment into a problem: they disrupts certain preconceptions of the public and the private, but in productive ways. 

  • Mercredi 7 octobre 2009, 9h30 à 12h30, salle 015, MSH, 54 bd Raspail, 75006 Paris

Stéphane La Branche  (PACTE / IEP de Grenoble)
La gouvernance climatique et énergétique face à la «dépendance au sentier».
Attention, exceptionnellement, cette séance aura lieu un mercredi

Outre le consensus de la communauté scientifique internationale quant à l’urgence des actions à mettre en œuvre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la lutte contre le changement climatique fait face à plusieurs obstacles qui pourraient signer son échec. Les instances internationales et nationales postulent une harmonie entre les gouvernances climatique et énergétique et le développement durable et participatif. Or, cette posture fait abstraction des nombreux conflits et contradictions existant entre ces trois formes de gouvernance. A ce titre, tout processus décisionnel, dans le sens large du terme, est affecté par les choix pris au départ ; ce que les sciences politiques désignent par le concept de «dépendance au sentier». En effet, certains de ces choix apparaissent déterminants à long terme et aboutissent à un processus cumulatif de renforcement. Par conséquent, il devient progressivement plus difficile de changer de voie et d’assurer le développement d’alternatives. La compréhension des facteurs influençant les gouvernances climatique et énergétique et des obstacles freinant le passage à une structure énergétique non carbonée, implique de saisir dans toutes leurs interactions les inerties contemporaines issues du passé au vue d’une dépendance au sentier opérant à plusieurs niveaux (conceptuel, théorique, empirique, économique, politique, culturel, comportemental et symbolique).

  • Mardi 1er décembre 2009, 9h30 à 12h30, salle 015, MSH, 54 bd Raspail, 75006 Paris

Alain Desrosières - Centre Alexandre Koyré d’Histoire des Sciences (EHESS)
Gouverner par les nombres. Pour une sociologie historique de la quantification

Le gouvernement des hommes et la mise en scène de la nature par les savants ont l’un et l’autre, beaucoup recours à l’argument statistique. La quantification, signe d’objectivité, de rigueur et d’impartialité, est mobilisée dans des situations très variées, depuis le débat politique jusqu’à la démonstration scientifique, en passant par les indicateurs d’entreprise ou la mesure de l’opinion publique. Pour le sociologue et l’historien des rapports entre science et société, la statistique est un objet original. En effet, la quantification, sous ses différents formats statistiques, ne se contente pas de fournir un reflet du monde, elle crée une nouvelle façon de la penser, de le représenter, de l’exprimer et d’agir sur lui, à la fois par la puissance de ses modèles et de ses procédures, par leur diffusion et par leurs usages argumentatifs. Le travail d’Alain Desrosières montre comment s’est historiquement construit « l’argument statistique », et quels sont aujourd’hui les effets cognitifs et sociaux des dispositifs de quantification.

  • Mardi 8 décembre 2009, 9h30 à 12h30, salle 214, MSH, 54 bd Raspail, 75006 Paris

Alexandre Mallard (Centre de Sociologie de l’Innovation, Mines ParisTech)
Portrait en pied de l’organisation commerciale : le travail de la relation au client à France Télécom

Dans la nouvelle donne économique, les entreprises proposant des biens sur le marché doivent s’efforcer de faire travailler le client : les recherches réalisées au cours des dernières années dans le domaine de la sociologie des services et de la sociologie économique ont permis de mettre en lumière ce fait et, d’une certaine manière, de le rendre banal. A partir de plusieurs enquêtes réalisées ces dernières années dans les services de relation client de l’entreprise France Télécom, cette communication montrera comment ces services parviennent à mettre en forme trois catégories d’opérations centrales pour le commerce moderne : la collecte autonome des biens par le client, le dialogue avec les vendeurs et le traçage des actes de consommation. Il s’agira non seulement ici de décrire la combinaison du travail du client et de celui des agents de l’organisation marchande, mais aussi et surtout de comprendre comment ces opérations contribuent à l’ajustement entre offre et demande sans lequel cette combinaison n’a pas de sens.

  • Mardi 19 janvier 2010, 9h30 à 12h30, salle 214, MSH, 54 bd Raspail, 75006 Paris

Sophie Dubuisson-Quellier (CSO / CNRS - Sciences Po Paris)
La consommation engagée ou la construction du consommateur par les mouvements militants

Les mouvements sociaux ont, de longue date, cherché à solliciter les consommateurs pour les mobiliser autour de causes protestataires. La consommation engagée connaît aujourd’hui un nouvel essor en permettant aux consommateurs d’exprimer leur soutien à la lutte contre les dégradations environnementales, contre l’iniquité des rapports marchands ou l’injustice sociale. Quel rôle les différents mouvements autour de la consommation engagée contribuent-ils à faire jouer aux consommateurs ? Quelles formes prennent ces mobilisations et quels sont les effets produits sur les marchés ? Dans cette communication, la consommation engagée sera saisie à travers la grande diversité des pratiques et outils qui sont aujourd’hui proposées par différents mouvements militants aux consommateurs. Il s’agit de mettre au jour les hypothèses qui sont faites par ces mouvements sur les conditions d’efficacité d’une telle mobilisation des consommateurs. On montrera ainsi que la société civile participe de la construction sociale des fonctionnements marchands en contribuant à définir des rôles pour les consommateurs et des moyens d’action aussi bien politiques qu’économiques. 

  • Mercredi 17 mars 2010, 9h30 à 12h30, salle 214, MSH, 54 bd Raspail, 75006 Paris

Pierre Lascoumes (CEE – Sciences Po)
L'action publique saisie par les instruments

Alors que les institutions, les intérêts des groupes constitués, les croyances constituent les variables explicatives habituelles des sciences politiques, Pierre Lascoumes montrera lors de son intervention au séminaire du GRETS tous les apports d’une approche centrée sur les instruments de l’action publique. En effet, ces instruments sont en général considérés de manière fonctionnaliste comme relevant de simples choix techniques des décideurs entre des instruments réputés axiologiquement neutres et disponibles « sur étagère » ; l'essentiel étant alors de saisir la stratégie des acteurs et leurs objectifs. A rebours de cette approche, et en s’appuyant sur des études de cas variées, Pierre Lascoumes montrera que l’action publique est aussi largement construite par des techniques et des instruments (des indices, des cartographies, des statistiques, etc). Il s’appuiera particulièrement sur les politiques d’environnement (notamment à travers l’exemple de la mesure de la pollution atmosphérique) mais aussi, dans un tout autre domaine, sur la réforme des collectivités locales au Royaume-Uni. Cette approche par les instruments d’action publique (IAP) permet de révéler des dimensions de l’action publique peu visibles autrement, de faire apparaître d’autres chronologies, de mettre en évidence des coalitions d’acteurs inattendues. Un instrument d’action publique constitue ainsi un dispositif à la fois technique et social qui organise des rapports sociaux spécifiques entre la puissance publique et ses destinataires en fonction des représentations et des significations dont il est porteur. En outre dans la durée, ses effets débordent souvent ceux qui étaient attendus par les promoteurs initiaux. 

  • Mardi 6 avril 2010, 9h30 à 12h30, salle 214, MSH, 54 bd Raspail, 75006 Paris

Olivier Guillaume Chercheur à EDF R&D et membre-partenaire du LISE/CNAM/CNRS
Démarches de qualité, renouvellement de la gestion et construction du sens dans les organisations

A partir d’études empiriques menées dans des entreprises soumises à des réorganisations (production d’automobiles, secteur métallurgique et banque), cette conférence présentera un modèle théorique où les finalités des démarches de qualité prennent parfois une tournure insolite. Créées par des acteurs extérieurs aux directions, les démarches de qualité s’apparentent à des innovations. Elles sont utilisées pour recomposer un sens aux organisations et aux situations professionnelles. Grâce à ces démarches, certains acteurs vont tenter de construire un projet et une direction collective pour leur organisation, affirmer leur subjectivité singulière et proroger leur trajectoire professionnelle. La construction du sens organisationnel réside ici dans la capacité des acteurs à harmoniser les registres de leur expérience sociale. Ce modèle théorique illustré de cas empiriques permettra, d’une part, de mettre en lumière certains processus de création, de dissolution et de renouvellement des dispositifs de gestion en organisation. Il participera, d’autre part, à clarifier ce que les individus entendent par «crise du sens» de leur organisation, ainsi que leurs actions pour construire un sens à leur expérience professionnelle.

  • Mardi 15 juin 2010, 9h30 à 12h30, salle 214, MSH, 54 bd Raspail, 75006 Paris

Julien Cayla (Australian School of Business, University of New South Wales)
Que devient l’ethnographie dans le monde de l’entreprise ? Enquête sur les usages de l’ethnographie en marketing

Basée sur des enquêtes de terrain auprès d’usagers finaux « dans leur milieu naturel » et fréquemment outillée de capacités d’enregistrement vidéo, l’ethnographie jouit depuis une quinzaine d’années d’une grande popularité en marketing. Cette communication prend pour objet la rencontre entre l’ethnographie et le marketing en faisant ce que le marketing académique ne fait habituellement pas, c’est-à-dire étudier les pratiques des marketeurs. Elle s’intéressera à la façon dont l’ethnographie vit dans le monde de l’entreprise, s’intègre à des projets marketing mais elle n’oubliera pas, réciproquement, de regarder comment l’ethnographie elle-même est influencée par le marketing. Cette communication s’ancre ainsi dans le mouvement en plein essor des études sociales du marketing qui vise à comprendre le fonctionnement du marketing au concret et ses ressorts en termes de façonnement de la société.

Catégories

Lieux

  • Maison des Sciences de l'Homme, 54, bd Raspail
    Paris, France

Dates

  • mardi 15 juin 2010
  • mardi 22 septembre 2009
  • mercredi 07 octobre 2009
  • mardi 01 décembre 2009
  • mardi 08 décembre 2009
  • mardi 19 janvier 2010
  • mercredi 17 mars 2010
  • mardi 06 avril 2010

Mots-clés

  • énergie, environnement, marchés

Contacts

  • Camille Lonchampt
    courriel : camille [dot] lonchampt [at] edf [dot] fr

Source de l'information

  • Catherine Grandclément
    courriel : grandcle [at] csi [dot] ensmp [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Groupe de recherche énergie, technologie, société (2009-2010) », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 07 septembre 2009, http://calenda.org/198834