AccueilFrontières oubliées, frontières retrouvées. Marches et limites anciennes en France et en Europe

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Publié le lundi 14 septembre 2009 par Marie Pellen

Résumé

Colloque international sur les anciennes frontières en Europe, aujourd'hui non étatiques, parfois réemployées sous d'autres formes : l'ancienne frontière constitutive du patrimoine du XXI° siècle, organisé par le Centre de recherches en histoire internationale et atlantique (CRHIA - Université de Nantes), en collaboration avec le CERHIO, dans le cadre de l'opération « Marches de Bretagne » du Conseil général de Loire-Atlantique et du Conseil régional de Bretagne. Trois thèmes seront privilégiés : les aspects historiques et patrimoniaux; les réutilisations politiques et identitaires; les réceptions et perceptions par la société civile, les politiques régionales ou nationales.

Annonce

Dans le cadre du programme de valorisation des « Marches de Bretagne » organisé par le Conseil général de la Loire-Atlantique et le Conseil régional de Bretagne, le Centre de recherche en histoire internationale et atlantique (CRHIA – Université de Nantes), en partenariat avec le Centre de recherches d’histoire de l’Ouest (CERHIO – Universités de Rennes 2, Angers, Le Mans et Bretagne sud) prépare un colloque international consacré à l’histoire, aux métamorphoses et à la perception contemporaine de certaines frontières anciennement délaissées mais qui renaissent aujourd’hui sous des formes nouvelles.

Vingt ans après la chute du Mur et la fin de la guerre froide, à l’heure de la libre circulation des hommes et des marchandises dans le Marché unique et dans l’espace Schengen, les frontières nationales classiques entre pays européens sont souvent réduites à de simples lignes dématérialisées qui semblent n’arrêter plus rien ni personne. Mais l’indépendance de nouveaux Etats et l’affirmation des régions font renaître d’anciennes frontières, redécouvertes et réutilisées différemment, mais qui font à nouveau sens pour de nombreux Européens. La réflexion et les communications porteront sur ces frontières anciennes aujourd’hui non étatiques. Parmi elles, sera examiné le cas de la marche franco-bretonne, mais surtout bien au-delà, ceux d’exemples français et européens. Dans tous les cas, il s’agira de frontières anciennes et oubliées, parfois réemployées sous d’autres formes, et aujourd’hui revivifiées. Périphérie, interface spatial et humain par définition, la frontière offre un point de vue privilégié au chercheur. Sa compréhension nécessite une approche dans le temps long. Pour ces deux raisons, il est souhaité que les communications ne portent pas seulement sur les seuls moments de crise ou de conflit frontaliers, mais qu’elles apportent un éclairage des problèmes dans toute leur épaisseur chronologique.

Pour les mêmes raisons, la frontière ou la marche ne seront pas seulement considérées sous leur seul aspect de front militaire et d’espace de conflit aux seules traductions diplomatiques, architecturales, événementielles. Elles devront aussi être vues comme un espace de porosité, de capillarité, d’échanges, d’influences, dans les domaines les plus variés, qu’ils soient matériels (marchés, commerce, architecture, techniques, matériaux) ou immatériels (échanges matrimoniaux, culture, langue, arts…). « Frontières oubliées, frontières retrouvées », les communications porteront donc sur des frontières dont la réalité institutionnelle et politique a été effacée ou modifiée pendant un temps plus ou moins long, mais qui ont réémergé ou réémergent –hors du cadre étatique- à la faveur d’évolutions ou transformations des politiques et des mentalités. Il a donc été décidé de choisir une approche inter-disciplinaire en faisant appel aux historiens, historiens de l’art, archéologues, géographes, ethnologues, sociologues et chercheurs en sciences politiques.

Enfin, la frontière devra être entendue comme constitutive du patrimoine du XXIe s. Pour cela, certaines communications porteront sur des lieux symboliques, sur des vestiges architecturaux et sur des ensembles urbains ; mais d’autres devront aussi s’attacher à sa réception dans l’opinion, dans la pensée et dans les mentalités contemporaines, ainsi qu’à ses traductions culturelle, politique, institutionnelle.

A partir de ces principes directeurs, trois grands thèmes de communications ont été retenus. Des suggestions de spécialités sont proposées pour chacun d’eux ; mais elles ne sont cependant pas impératives et il pourra être proposé des communications pluridisciplinaires ou croisant deux ou trois thèmes.

1 - le premier permettra de présenter un certain nombre d’exemples de telles frontières sous leurs aspects historiques et patrimoniaux. Au travers de cas bien localisés et représentatifs (comme, par exemple, les cas bretons, picards ou catalans), il est souhaité que les regards se portent sur l’espace européen tout entier. Les cas concerneront des frontières ou marches constituées à des époques diverses, ancienne, médiévale, moderne, oubliées par la suite, mais dans tous les cas réanimées sous d’autres formes à l’époque contemporaine. Leur présentation doit constituer l’assise à partir de laquelle se développeront les deux thèmes suivants. C’est en particulier la vision des historiens (historiens tout court, historiens de l’art, archéologues) qui est ici requise.

2 - un deuxième thème traitera de la manière dont la charge historique et mémorielle dont elles sont porteuses, permet que certaines limites étatiques anciennes soient réutilisées, sous d’autres formes institutionnelles et territoriales. Les exemples traiteront donc des réemplois historiques mais tout autant de délimitations territoriales contemporaines, (les différents cadres régionaux ou fédéraux d’Europe occidentale, mais également les nouvelles divisions administratives dans les anciens pays communistes en Europe centrale et orientale). La réutilisation de ces anciennes frontières dans les discours et dans les politiques est particulièrement à prendre en compte, par exemple dans le cadre des débats successifs sur les autonomies internes, sur les identités locales et nationales ou sur les élargissements de l’Europe. Ce thème s’adresse aux historiens, mais plus encore aux juristes, géographes et chercheurs en sciences politiques…

3 - l’objectif assigné au troisième thème est de porter un regard sur la manière dont ces anciennes frontières maintenant non étatiques, sont aujourd’hui reçues, perçues, imaginées, représentées. Il s’agira donc d’étudier leur place, leur poids, leur fonction et leur traduction identitaire, autant pour les individus que pour les groupes, dans les mentalités, les mouvements culturels, les politiques régionales ou nationales. L’étude des débats identitaires dans les anciennes régions frontalières est donc au cœur de ce troisième thème, par exemple les réactions de l’opinion face aux projets de réorganisations administratives d’hier et d’aujourd’hui, les débats sur l’enseignement des langues régionales, la réception des projets culturels ou patrimoniaux des autorités, l’émergence dans la société civile de mouvements ou d’associations de promotion ou de défense d’une identité locale, l’impact des politiques communautaires. Ici sont alors spécialement sollicités les chercheurs en ethnologie, sociologie, étude des mentalités, sciences politiques…

La date limte de soumission des propositions de communications est fixée au 30 octobre 2009.

Lieux

  • Rennes, France

Dates

  • vendredi 30 octobre 2009

Mots-clés

  • frontières, patrimoine, histoire, représentations, politiques publiques

Contacts

  • Michel Catala
    courriel : crhia [at] univ-nantes [dot] fr
  • Jean-Claude Meuret
    courriel : jean-claude [dot] meuret [at] wanadoo [dot] fr
  • Dominique Le Page
    courriel : do [dot] le-page [at] wanadoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Michel Catala
    courriel : crhia [at] univ-nantes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Frontières oubliées, frontières retrouvées. Marches et limites anciennes en France et en Europe », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 14 septembre 2009, http://calenda.org/198868