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Présence d'enjeux non médicaux dans les questions de santé

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Publié le jeudi 24 septembre 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Énoncer que les découvertes scientifiques en matière de santé et médecine permettent des progrès considérables dans la prise en charge des patients et dans le repérage de nouvelles maladies semble relever du simple truisme. En effet, ces avancées ont permis au fil du temps de modifier les pratiques des soignants. De la même manière, ces progrès ont facilité la définition de nouvelles pathologies, conduisant à ce que l’on traduit bien souvent par le terme de médicalisation. Mais ils ont aussi permis l’approfondissement des connaissances relatives à des maladies plus anciennes. Au point parfois, de considérer, par un processus de dépathologisation, que certaines n’en étaient plus. Par exemple, certains auteurs rappellent combien la décision de prescrire ou non la pratique de la circoncision sur les jeunes Américains repose peu sur des arguments sanitaires.

Annonce

Énoncer que les découvertes scientifiques en matière de santé et médecine permettent des progrès considérables dans la prise en charge des patients et dans le repérage de nouvelles maladies semble relever du simple truisme. En effet, ces avancées ont permis au fil du temps de modifier les pratiques des soignants. De la même manière, ces progrès ont facilité la définition de nouvelles pathologies, conduisant à ce que l’on traduit bien souvent par le terme de médicalisation. Mais ils ont aussi permis l’approfondissement des connaissances relatives à des maladies plus anciennes. Au point parfois, de considérer, par un processus de dépathologisation, que certaines n’en étaient plus. Par exemple, certains auteurs rappellent combien la décision de prescrire ou non la pratique de la circoncision sur les jeunes Américains repose peu sur des arguments sanitaires. De même, de nombreux historiens rappellent que la décision de faire sortir l’homosexualité du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) relève essentiellement d’un vote d’opinion. Perçus ainsi, le savoir médical et la pratique de la médecine relèveraient donc d’un discours scientifique sensible à la connaissance extérieure dont les origines, mais aussi la place, resteraient difficiles à déterminer. On peut, par exemple, interroger les prescriptions et proscriptions « régissant » les conduites alimentaires pour savoir si elles relèvent uniquement de précautions sanitaires ? On peut aussi se demander comment trouvent à s’argumenter les différents positionnements touchant au coucher du bébé ? Ou si les débats et interdits concernant les conduites addictives ne reposent effectivement que sur des arguments médicaux ? Nous proposons de discuter durant cette journée d’étude la manière dont ces changements trouvent parfois à se justifier par des arguments non spécifiques à ces mêmes disciplines. Dit autrement, il est parfois difficile de faire coïncider des décisions de prescription ou de proscription de pratiques ou encore la décision de considérer telle ou telle manifestation comme relevant du pathologique ou non à des légitimations strictement médicales, reposant sur les seuls effets d’amélioration des connaissances.

Programme

23 NOVEMBRE 2009

14 heures - Accueil des participants

14 h 30 - Ouverture

Anne-Chantal HARDY, coordinatrice de Germes-SHS

15 heures - Proscrire, prescrire ou « Les modes médicales », Cédric LE BODIC, docteur en psychologie, chargé de mission réseau GERMES-SHS, ingénieur de recherche

16 heures - Pause

16 h 15

Atelier 1 - Guérir

Président de séance : Frédéric DUBAS

• Le problème des « psychotropes cosmétiques », François SAUVAGNAT, professeur de psychopathologie, université Rennes 2
• Remèdes et cultures, Christian MERLE, professeur de pharmacie galénique, université de Nantes)
• Prescrire dans la parole : la parole et le pharmakon, Yves GUILLERMAIN, psychiatre, doctorant en psychopathologie, Aix-Marseille

Atelier 2 - Le couple médecin/malade

Président de séance : Philippe TESSIER

• Représentations de la sexualité chez les médecins généralistes : l’influence des facteurs psychosociaux, Alain GIAMI, directeur de recherche Inserm U 822, Paris
• Entre marchandisation de la santé et médicalisation du souci de soi : un terreau fertile pour de nouvelles (fausses) maladies. Approche empirique en médecine générale, Jean-Paul CANEVET, médecin généraliste, maître de conférences, département de médecine générale, université de Nantes
• Proscrire l’obésité, prescrire la minceur. Analyse des représentations sociales qui influencent les discours, la prise en charge et la définition de l’obésité, Solenn CAROF, doctorante en sociologie, EHESS, Paris

17 h 45 - Fin de la journée

24 NOVEMBRE 2009

9 heures

Atelier 3 - Politiques thérapeutiques

Président de séance : Christian MERLE

• Proscrire-prescrire, présence d’enjeux non médicaux dans les questions de santé : l’exemple de la pédophilie, Guillaume BRIE, doctorant en sociologie, université Paris Ouest-Nanterre
• Pratiques et appropriations des thérapies cognitivo-comportementales dans un service de psychiatrie adulte hospitalo-universitaire, Elsa FORNER-ORDIONI
• La santé par l’alimentation : le mythe du corps infaillible et de la recette « miracle », Thierry MATHE, chargé de recherche, CREDOC, Paris

Atelier 4 - La relation soignant/patient

Président de séance : Rémy SENAND

• « Le navire laboratoire » : prescriptions et proscriptions médicales d’après les observations cliniques des chirurgiens et médecins embarqués (XVIIIe-XIXe siècles), Grégory BERIET, docteur en histoire moderne et contemporaine, université de La Rochelle
• Expériences de prise en charge des angines par les médecins généralistes après la diffusion du test diagnostique rapide de l’angine (TDR) : étude qualitative, Isabelle CHEMARIN, interne en DES de médecine générale, Henri PARTOUCHE, MCU associé, département de médecine générale, université Paris Descartes
• La fatigue en cancérologie. Normaliser ou traiter ?, Véronique REGNIER-DENOIS, docteur en socio-anthropologie, Institut de cancérologie de la Loire

10 h 30 - Pause

11 heures

Atelier 5 - Prévenir

Président de séance : Stéphane TIRARD

• Entre santé sexuelle et observance : autour de l’agir préventif et thérapeutique des personnes séropositives, Laurent GAISSAD, docteur en sociologie, Laboratoire d’anthropologie des mondes contemporains, université Libre de Bruxelles, Charlotte PEZERIL, docteur en anthropologie, Observatoire du sida et des sexualités, facultés universitaires Saint Louis)
• Proscrire et prescrire la prévention. Une iconographie des sept péchés capitaux, du Moyen-Âge au troisième millénaire, Stéphane TESSIER, médecin de santé publique, Paris, président de REGARDS)
• Des usages sociaux des politiques et des conduites de prévention : un exemple brésilien, Caroline DESPRES, médecin de santé publique, docteur en anthropologie, Paris

Atelier 6 - Discours médicaux, discours sur la santé

Président de séance : Cédric LE BODIC

• Une approche sociohistorique de l’automutilation. Définitions et représentations des blessures auto-infligées, Baptiste BROSSARD, doctorant en sociologie, Centre Maurice Halbwachs, Paris
• Résistances aux contraceptions masculines médicalisées : freins techniques ou socioculturels ?, Cyril DESJEUX, doctorant en sociologie, CADIS, EHESS, Paris
• Le débat sur la gestation pour autrui : analyse du rôle et de l’utilisation du discours médical, Leslie MOHORADE, doctorante en sciences politiques, SPIRIT, Bordeaux

12 h 30 - Déjeuner
14 heures

Atelier 7 - La décision, médicale ?

Président de séance : Sylvie GRUNVALD

• Prescrire ou proscrire : la question du genre, Gérard DABOUIS, chef de service, Pôle médecine-cancer-hématologie, CHU Nantes
• Les enjeux des « enjeux non-médicaux » des questions de santé. À propos des indications de l’interruption de grossesse pour motif médical, Jean-Christophe WEBER, professeur de médecine interne, faculté de médecine de Strasbourg
• Doit-on garantir certaines conditions de naissance aux enfants à naître ? Le cas des refus d’IMG en cas de pronostic vital néonatal très péjoratif, Caroline GUIBET-LAFAYE, chargée de recherche, CNRS, Centre Maurice Halbwachs, Paris

Atelier 8 - Les acteurs de la santé

Président de séance : Anne-Chantal HARDY

• Les infirmières libérales et la délicate question des « toilettes », Alain VILBROD, professeur de sociologie, Atelier de recherche sociologique, université de Bretagne occidentale, Brest
• Introduire les parents à l’hôpital : enjeu thérapeutique ou prise en compte des émotions de l’enfant ?, Sarra MOUGEL, maître de conférences en sciences de l’éducation, Centre d’études et de recherche sur les liens sociaux, Paris Descartes, CNRS, Paris
• La chirurgie plastique : la construction d’un monde social dans l’entre-deux-guerres, Yannick LE HENAFF, doctorant en sociologie, Laboratoire d’anthropologie et de sociologie, université Rennes 2

15 h 30 - Pause

16 heures – Conclusion des deux journées

Catégories

Lieux

  • MSH Ange-Guépin, 5 allée Jacques Berque
    Nantes, France

Dates

  • lundi 23 novembre 2009
  • mardi 24 novembre 2009

Mots-clés

  • médecine, santé, sciences humaines et sociales, discours, pratiques

Contacts

  • Cédric Le Bodic
    courriel : cedric [dot] le-bodic [at] univ-nantes [dot] fr

Source de l'information

  • Cédric Le Bodic
    courriel : cedric [dot] le-bodic [at] univ-nantes [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Proscrire-prescrire », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 24 septembre 2009, http://calenda.org/198891