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Les sources du romantisme français

The sources of French Romanticism

A la croisée des influences italiennes et germaniques (1780-1830)

Italian and Germanic influences (1780-1830)

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Publié le mercredi 16 septembre 2009 par Marie Pellen

Résumé

Le romantisme musical est depuis longtemps perçu comme l’expression sonore des expérimentations littéraires du XVIIIe siècle finissant, exactement concomitante des trouvailles d’un Delacroix en peinture et d’un Hugo en littérature. Loin d’être une période de déni et de rejet du passé (puisqu’on s’intéresse justement à la musique ancienne), le romantisme est celui de l’enrichissement des formes classiques par un décorum tout en extériorité : expression personnelle de l’artiste, virtuosité époustouflante, violente opposition des contraires…

Annonce

11, 12 et 17 octobre 2009

Le romantisme musical est depuis longtemps perçu comme l’expression sonore des expérimentations littéraires du XVIIIe siècle finissant, exactement concomitante des trouvailles d’un Delacroix en peinture et d’un Hugo en littérature. Loin d’être une période de déni et de rejet du passé (puisqu’on s’intéresse justement à la musique ancienne), le romantisme est celui de l’enrichissement des formes classiques par un décorum tout en extériorité : expression personnelle de l’artiste, virtuosité époustouflante, violente opposition des contraires…

Dans un panorama essentiellement jalonné de visages étrangers (Beethoven, Bellini, Donizetti, Schumann, Liszt, Chopin…), le romantisme français fait figure d’exception. Car les spécificités nationales défendues dans l’art lyrique depuis Lully et jusqu’à Gluck perdurent encore dans les années 1800. La sensation d’une « esthétique romantique » ne se fait sentir – dans la musique française – que lorsque celle-ci s’abandonne à la contamination étrangère : le cas du grand opéra meyerbeerien en est le meilleur exemple, qui acclimate la vocalité italienne dans le cadre pompeux de l’ancienne tragédie lyrique. Cherubini puis Spontini (et avec eux Sacchini, Piccinni et Salieri) sont les premiers à remettre en cause le modèle de l’opéra classique imaginé par Gluck. Ce sont donc les italiens qui « inventent » résolument un nouveau style lyrique français. La transmission esthétique se fait ensuite entre les institutions parisiennes, chacune imitant les innovations de l’autre. Pour preuve la nouvelle voie sur laquelle s’engage l’opéra-comique des années 1830, qui résonne d’échos pathétiques – voir lugubres – inattendus entre les mains d’Onslow ou Hérold. Dans le cadre de la musique instrumentale, la notion de romantisme suit le même jeu d’influences, mais cette fois en provenance des pays germaniques. La symphonie ou la musique pour clavier sont ainsi redevables aux expériences beethovéniennes (on pense à Méhul, Steibelt et Onslow) et, en amont, aux séjours à Paris d’étrangers tels que Dussek. Si l’opéra français « devient » romantique grâce aux atours de la virtuosité italienne, la musique instrumentale se pare – elle – des richesses harmoniques de la musique allemande.

Reste que la musique romantique française n’est pas seulement l’assemblage composite de conceptions artistiques étrangères. Les caractéristiques de ce répertoire sont encore à préciser – et c’est là l’enjeu de ce colloque – mais plusieurs pistes de réflexion s’annoncent prometteuses. La première concerne la liberté formelle dont font preuve les auteurs français, de Gossec à Berlioz. La structure des airs et ensembles d’opéras, aussi bien que l’agencement interne des pièces instrumentales laissent songeur. Et plutôt que de considérer ces libertés prises avec la théorie comme une incapacité technique ou une méconnaissance des normes, il faut bien admettre qu’il y a là un témoignage concret d’une vitalité expérimentale de tous les instants. Le rythme est l’autre paramètre crucial auquel semble s’attacher la première génération romantique française. C’est là le point commun entre Cherubini et Berlioz, le trait d’union entre Médée et la Symphonie fantastique. Renonçant à la sérénité de la carrure classique, de nombreux ouvrages assument les sensations de rupture et de déséquilibre avec la même souveraineté que Carl Philip Emanuel Bach ou le dernier Beethoven. Mais avec une originalité qui rend Berlioz immédiatement identifiable parmi ses contemporains.

Comité scientifique :

  • David Charlton (Royal Holloway)
  • Alexandre Dratwicki (Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française)
  • Florence Gétreau (IRPMF / CNRS)
  • Jean Gribenski (Université de Poitiers)
  • Laura Naudeix (Université catholique d’Angers)
  • Patrick Taïeb (Université de Rouen)

Modérateur Venise :

Jean Gribenski

Modérateurs Versailles :

Alexandre Dratwicki et Viviane Niaux

Programme des communications : 

12 octobre 2009, Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française, Venise

La notion de « romantisme »

Alexandre Dratwicki (Palazzetto Bru Zane) et Jean Gribenski (Université de Poitiers)

Accueil des participants

  • Alban Ramaut (Université de Saint-Étienne)

L’idée de « romantisme » avant le romantisme : 1770-1830

  • Julia Lu (Royal Holloway, Londres)

Experimentation and Renewal: The Prix de Rome Libretti (1831-1854) in the Age of Romanticism

  • Jean-Clair Vançon (CFMI d’Orsay)

Les traités de musique en France (1764-1830) : un classicisme italien pour un romantisme français ?

  • Jean-Pierre Bartoli (Université de la Sorbonne – Paris IV)

Paris et le langage de J. L. Dussek

  • Guillaume Bordry (Université de Paris V)

Lire Byron en Italie : les voyages de Berlioz

  • Florence Gétreau (CNRS, Paris)

Le compositeur et son image : sensibilité, inspiration, expression du génie

  • Malou Haine (Université libre de Bruxelles, Belgique)

Romantique: « un mot si dangereux » selon Fétis

13 octobre 2009, Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française, Venise

Les modèles italiens et germaniques

  • Michael Fend (King's College, Londres)

The aftermath of the 'Querelle des Gluckistes et des Piccinnistes': French Opera in the 1780s

  • Joann Elart (Université de Rouen)

Italianismes dans l’opéra de Boieldieu

  • Viviane Niaux (CNRS – chercheur associé, Paris)

George Onslow : le « Beethoven français » ?

  • Patrick Taïeb (Université de Rouen)

La veine germanique des opéras-comiques révolutionnaires : Cherubini, Steibelt, Méhul et Lesueur

  • Louise Bernard de Raymond (Université de la Sorbonne – Paris IV)

Quels modèles pour les quatuors à cordes d'Antoine Reicha

  • Corinne Schneider (Conservatoire à rayonnement régional de Paris)

Beethoven, Schubert et Weber en France

17 octobre 2009, Centre de Musique Baroque de Versailles

Paris et Versailles aux portes du romantisme : rupture ou permanence ?

  • Raphaëlle Legrand (Université de la Sorbonne – Paris IV)

Filiation de la tragédie lyrique de Rameau à Gluck ?

  • David Charlton (Royal Holloway, Londres)

Recognising Musical Romanticism In France

  • Laura Naudeix (Université catholique d’Angers)

Les transformations du livret d’opéra : le cas des reprises de Quinault jusqu’en 1803

  • Marie-Pauline Martin (université de Paris I)

La place de la musique dans la théorie des beaux-arts au tournant du XIXe siècle : Levesque, Révéroni Saint-Cyr, Barthez et Villoteau

  • François Bernard (université de Saint-Étienne)

Le fantasme des musiques du passé dans l’œuvre de Méhul

  • Stéphane Lelièvre (IUFM de Paris)

D’un Don Juan à l’autre (1805-1834) : acclimatation de Mozart en France

Lieux

  • Palazzetto Bru Zane et Centre de musique baroque de Versailles
    Beaumes-de-Venise, France
  • Palazzetto Bru Zane et Centre de musique baroque de Versailles
    Versailles, France

Dates

  • lundi 12 octobre 2009
  • mardi 13 octobre 2009
  • samedi 17 octobre 2009

Fichiers attachés

Mots-clés

  • romantisme, musique, évolution

Contacts

  • Alexandre Dratwicki
    courriel : ad [at] bru-zane [dot] com

Source de l'information

  • Alexandre Dratwicki
    courriel : ad [at] bru-zane [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les sources du romantisme français », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 16 septembre 2009, http://calenda.org/198902