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Climatologie de l'art

Climatology of Art

Arts visuels, architecture et climat

Visual art, architecture and climate

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Publié le jeudi 01 octobre 2009 par Marie Pellen

Résumé

« Climatologie de l’art » est un colloque international de trois journées consacré aux enjeux du changement climatique et à la pratique artistique contemporaine qui s’inscrit dans cette thématique. Les enjeux du colloque visent à analyser les perceptions artistiques et architecturales du climat et de son changement. Les groupes scientifiques et environnementaux comptent de plus en plus sur les arts pour fonder des partenariats, susciter la collaboration et traduire des renseignements vitaux en des formes qui interpellent des humains, des collectivités et des organismes. Dans cette perspective, il s’agit de fournir un aperçu des pratiques de collaboration dans les domaines des arts, de l’architecture et de l’environnement aérien.

Annonce

Le climat, l’air et l’atmosphère constituent les objets d’un souci grandissant pour l’environnement. Pour la première fois, l’humanité prend conscience de son influence sur le climat : les récentes spéculations sur le réchauffement de la planète ont montré, en effet, que les changements climatiques sont d’origine anthropique. Ainsi, jusqu’à la fin du XXe siècle, le ciel et les nuages étaient simplement là. Ils faisaient partie du décor et rien ne justifiait qu’on les considère avec plus d’attention. Avec la constatation contemporaine apparaît l’idée que le ciel est percé, les être humains ne bénéficiant plus d’une protection cosmique sous le firmament. L’émergence de cette nouvelle sphère du visible invite, dès lors, à une réévaluation des cadres culturels dans lesquels se pense l’histoire du regard.

Historique

La gestion de l’atmosphère a toujours été un élément politique de haut niveau pour la pensée judéo-chrétienne. Les exemples de rituels impliquant la manipulation de l’air ne manquent pas : ce sont les processions, les murs de peste, la disposition de cierges autour des villes en période d’épidémie, mais aussi les feux de rues et la «radioactivité» du corps des saints et des reliques qui fondent ces questions en lien direct avec le divin. À la Renaissance, la théorie miasmatique a élaboré une conception de la peste sur le mode de l’invisibilité, suggérant que les miasmes parcourent l’atmosphère et pénètrent les objets et les corps. De nos jours, la modification du climat sert de nouveaux intérêts politiques, économiques et médiatiques, comme l’a révélé le contrôle des conditions météorologiques lors des récents Jeux Olympiques de Pékin.

Dans le domaine des sciences humaines, la représentation de l'atmosphère constitue, par ailleurs, un thème littéraire important, ayant marqué sur plusieurs plans l’historiographie artistique et le discours philosophique. Les écrivains romantiques n'ont pas manqué de vanter les fièvres salutaires de Venise, qui apportaient à l'artiste le souffle de l'inspiration, alors que Giorgio Vasari relatait, pour sa part, le mauvais état de santé des artistes ayant quitté le bon air florentin. Les implications idéologiques véhiculées par le modèle aérien et les valeurs qui lui sont associées (infini, abstraction, invisibilité) ont dessiné des modèles intellectuels et esthétiques qu'il s'agit d'examiner dans le cadre de ce colloque.

Le rôle des arts visuels

Sans tomber dans une naïveté qui nous autoriserait à dire que les arts visuels peuvent changer le monde, nous voudrions saisir la portée de la réflexion qui accompagne le travail des artistes qui s’intéressent à la question du climat et interroger leur capacité à prendre en charge ce phénomène planétaire au-delà d’une attitude de piété envers l’environnement. Qui sont les « élèves de l’air » (Herder) dans le paysage artistique contemporain? Quel est le potentiel esthétique de l’expérience climatique et comment intervenir afin d’en rendre manifestes les multiples variations? L’évidence apparente de l’atmosphère, sa naïveté de chose donnée ne peut-elle devenir flagrante que lorsque son existence se trouve menacée? En somme, de quelle manière l’art peuvent-ils transformer notre perception et notre compréhension de cette réalité tout en donnant une orientation visuelle à la société?

Portée de la réflexion

L’investigation des relations entre les arts visuels et le climat se fera à travers un certain nombre de questions qu’il importe ici de préciser. Parmi les problèmes que pose la théorisation des mutations climatiques, mentionnons ses soubassements théologiques et l’horizon eschatologique dans lequel s’inscrivent certains discours à teneur prophétique ou catastrophique. Le regard que nous portons sur notre environnement atmosphérique renvoie à des éléments philosophiques et religieux, mais aussi politiques, géographiques, sociaux et affectifs. La dimension quasi imperceptible du changement climatique exprime une difficulté que renforce le décalage observé entre notre champ d’expérience et la connaissance scientifique qui nous est transmise de l’extérieur; entre les perceptions individuelles et subjectives d’une part, collectives et objectives, d’autre part. Nous devrons donc nous confronter à des questions épistémologiques essentielles, dans la mesure où la climatologie est une science non exacte. Elle élabore des modèles complexes, mais qui tiennent compte d’approches dont la validité et la qualité prédictive sont limitées. Prévoir le climat suppose, en outre, d’évaluer les conséquences d'activités humaines. Une telle implication a favorisé le développement d’un contexte de difficulté et de refus avec lequel les architectes et les artistes doivent composer. Comment ces derniers ont-ils réussi, néanmoins, à faire entendre le changement climatique en infiltrant ce nouveau champ du savoir? Comment problématiser la dimension hors humanité, les échelles de temps vertigineuses, l’obligation de prendre en compte le passé de la terre et l'avenir sur de longues périodes? Comment sensibiliser l'opinion publique en lui dévoilant la complexité des mécanismes à l’œuvre et l'existence de questions irrésolues?

Articulation

Accorder à l’air l’attention qui lui revient, tel est l’enjeu du colloque, cela, par un nouveau procédé de mise en visibilité de l’atmosphère et dans la perspective d’un dialogue entre l’architecture, les arts visuels et les thèmes associés au climat. Cette mise en relation peut s’effectuer en suivant plusieurs stratégies, notamment à travers ce que nous appellerons une « néo-phénoménologie de l’air ». En vue d’inciter une discussion ouverte et interdisciplinaire, nous retiendrons des contributions provenant de divers horizons de recherche : principalement, de l’architecture, de l’urbanisme l’histoire et des théories de l’art, de la muséologie, de la philosophie et de l’esthétique, de la sémiologie, de la sociologie et de l’anthropologie.

Le chercheur intéressé pourra s’inspirer de cette liste (non-exhaustive) d’axes thématiques et de problématiques :

  • Perceptions de l’environnement aérien et phénomènes urbains
  • L'interprétation visuelle et sensorielle de l'atmosphère
  • L'imaginaire du ciel dans l’histoire de l’art et le discours esthétique
  • La dimension climatique dans le Land Art et les pratiques écologiques
  • La photographie et les explosions atomiques
  • L’anthropologie sensorielle et l’histoire des affects liés aux questions climatiques
  • L’interprétation contemporaine du sublime
  • La question artistique de l'air, le corps et le fantasme de pureté de la société contemporaine
  • La sensibilisation artistique de l'opinion publique face aux changements climatiques
  • Les enjeux des représentations médiatiques
  • La mise en exposition de l’air et les procédés d’immersion
  • L’air comme matériau artistique : la remise en question de l’opticalité et la polysensorialité dans l’art contemporain et l’architecture
  • La transformation artificielle du climat

Comité organisateur :

Florence Chantoury-Lacombe (Post-doctorante - Université de Montréal)
Katrie Chagnon (Doctorante - Université de Montréal)

Le comité scientifique est composé de trois professeurs du département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l’Université de Montréal : Christine Bernier, Johanne Lamoureux et Olivier Asselin

Merci de faire parvenir aux organisatrices un résumé, en français ou en anglais (entre 300 et 500 mots) avant le 10/12/2009, accompagné d'une notice biographique.

  • florence.chantoury@umontreal.ca
  • katrie.chagnon@umontreal.ca
Organisé par le département d'histoire de l'art et d'études cinématographiques Université de Montréal.

Lieu du colloque : HEC Montréal 

Date : 5, 6 et 7 mai 2010

Lieux

  • HEC Montréal Côte-Sainte-Catherine Montréal
    Montréal, Canada

Dates

  • jeudi 10 décembre 2009

Mots-clés

  • arts visuels, climatologie, changement climatique, histoire, représentation, urbanisme, architecture

Contacts

  • Florence Chantoury-Lacombe
    courriel : florence [dot] chantoury [at] umontreal [dot] ca
  • Katrie Chagnon
    courriel : katrie [dot] chagnon [at] umontreal [dot] ca

Source de l'information

  • Florence Chantoury-Lacombe
    courriel : florence [dot] chantoury [at] umontreal [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Climatologie de l'art », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 01 octobre 2009, http://calenda.org/199045