AccueilLes mobilités éprouvantes. (Re)connaître les pénibilités des déplacements ordinaires

Les mobilités éprouvantes. (Re)connaître les pénibilités des déplacements ordinaires

Dixième colloque international du GT23 de l'AISLF « Mobilité spatiale et fluidité sociale »

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Publié le lundi 12 octobre 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Le groupe de travail n°23 « Mobilités spatiales et fluidité sociale » de l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF), dirigé par V. Kaufmann et B. Montulet, a le plaisir de vous informer de l'organisation de son dixième colloque international, qui se tiendra à Bruxelles les 25, 26 et 27 mars 2010, au Centre de recherche METICES de l'Université libre de Bruxelles (ULB).

Annonce

Ce colloque, envisagé comme une rencontre interdisciplinaire visant à faire dialoguer sociologues, géographes, démographes, psychologues, économistes, aménageurs, ainsi que les acteurs en charge des territoires et des transports, portera sur la thématique suivante : « Les mobilités éprouvantes. (Re)connaître les pénibilités des déplacements ordinaires ».

Les propositions de communications sont à envoyer pour le 20 novembre 2009 au plus tard à l'adresse suivante : msfs2010@ulb.ac.be

Dans l’excitation intellectuelle liée à l’émergence, dans les sciences sociales, de ce nouveau et riche champ de recherche qu’est l’étude des mobilités quotidiennes, il est un versant de ce phénomène auquel peu de chercheurs se sont intéressés. Etudiant la multiplication des séries et des formes de déplacements, ethnographiant les ingéniosités tactiques développées par les individus pour assurer leur mobilité, diagnostiquant la transformation des sociétés sous l’effet d’innovantes et multidimensionnelles fluidités, les sciences sociales ont porté peu d’attention aux caractères éprouvants de ces réalités pour celles et ceux qui en sont les acteurs ordinaires. La gouvernementalité nouvelle, fondée sur la symbolique de la mobilité continue, n’engendre-t-elle vraiment que des effets positifs ? Qui sont les groupes qu’elle vise en particulier et ceux qui souffrent le plus de ses injonctions ? Quelles sont les logiques régissant les dispositifs qui se déploient en son nom et quels en sont les effets sur les corps et les esprits ?

Dans un contexte où les formes et les pratiques de mobilité se voient généralisées, les expériences pénibles et éprouvantes dans les déplacements elles aussi se multiplient et se diversifient. Il apparaît alors urgent, pour les sciences humaines et sociales, de proposer des investigations plus explicites et plus fondées de ces épreuves – entendues ici comme l’ensemble des émotions, des sentiments, des images, des pratiques, des lexiques et des configurations dans lesquels se déclinent les pénibilités de ces déplacements ordinaires.

Ce colloque vise à rassembler des chercheurs issus de différentes disciplines et qui s’intéressent aux pénibilités des expériences de mobilité, c’est-à-dire aux aspects éprouvants, pour les individus ou pour les groupes auxquels ils appartiennent, des configurations au sein desquelles s’engendrent et s’expérimentent les circulations quotidiennes. Dans une première approche, on peut penser que ces circulations sont configurées par des contraintes de trois ordres. Premièrement, dans la mesure où la très grande majorité des actifs travaille en dehors de leur domicile, leur mobilité est largement contrainte par l’emploi. Deuxièmement, les rythmes de l’obligation scolaire constituent une autre dimension très contraignante pour de nombreux ménages, et scandent de manière remarquable la circulation dans les espaces publics. Troisièmement, l’accès spatial aux consommations, entendues au sens large comme usages « libres » de fournitures de services (commerces, services administratifs, loisirs, activités culturelles, tourisme, etc.), est également fortement structuré par les localisations et les temporalités de ces services. Ces différentes contraintes (professionnelles, scolaires et consommatoires) placent d’emblée la mobilité quotidienne sous le signe de la pression, du respect d’horaire, des tensions ou tout au moins de l’exigence d’organisation et de coordination. Les formes des pénibilités liées à ces déplacements peuvent alors se différencier par le lieu où leur épreuve se manifeste concrètement : la sphère domestique, la sphère professionnelle et les espaces publics. Ces espaces apparaissent en effet comme les pôles principaux où s’expriment les contraintes et injonctions de mobilité et où se vivent les épreuves de leur confrontation.

Ces trois axes sont évidemment liés les uns aux autres. Le colloque voudrait encourager les chercheurs à les traiter de manière ouverte, en prêtant notamment attention à un certain nombre d’interrogations transversales, parmi lesquelles :

  •  le rôle du corps (et de ses appendices éventuels) et de la dimension « engagée » des actions dans l’émergence et le vécu des sentiments de pénibilité en matière de mobilité ;
  • la question des inégalités (genre, âge, classes sociales, apparences, etc.) et de leurs évolutions sociologiques et biographiques dans l’entrecroisement des logiques sociales et symboliques construisant des expériences de mobilité différenciées et différenciantes ;
  • est-il possible de développer des outils permettant de comprendre, voire de mesurer, la rugosité (par opposition à la fluidité) des espaces, en tant qu’ils sont parcourus quotidiennement ? Parcourir les espaces s’avère plus ou moins difficile selon non seulement les propriétés des espaces circulatoires mais également selon les caractéristiques des personnes qui y circulent. Comment appréhender, au niveau micro ou macro, le caractère éprouvant de ces agencements ?
  • dans un monde valorisant la mobilité, deux défis intellectuels et politiques ne peuvent manquer de se poser. Premièrement, comment (avec quels outils conceptuels et méthodologiques) diagnostiquer le caractère éprouvant des déplacements ? Quelles doivent être les situations de référence dans un exercice aussi périlleux ? Deuxièmement, les souffrances engendrées par les déplacements ordinaires n’amènent-elles pas nécessairement à une critique de la mobilité ? Quels sont les contre-modèles sociaux et psychosociaux qui animent les enquêtes sur les pénibilités des transports ?
  • enfin, un regard qui ne porterait que sur la seule mobilité quotidienne suffit-il à penser ses pénibilités, à saisir les tenants et aboutissants des malaises qu’elle semble générer par elle-même ? Pour formuler autrement la question, est-ce la mobilité qui transforme les expériences et les conditions sociales en les rendant plus pénibles, ou sont-ce ces expériences et ces conditions qui transforment les mobilités en les rendant plus éprouvantes ?

Les réponses à l'appel à communications

Les propositions de communication (fournies au format .doc) comprendront entre 3 et 4 pages dans lesquelles devront figurer :Les coordonnées précises du ou des auteurs,Le titre de la communication,La référence à l’axe thématique visé,Un résumé de la communication comprenant :les références théoriques mobilisées,la méthode utilisée et le corpus de données (s’il y a lieu),les résultats attendus,une courte bibliographie.au plus tard pour le vendredi 20 novembre 2009 à l’adresse suivante : msfs2010@ulb.ac.be.jeudi 24 décembre 2009. Une publication des actes sera assurée après le colloque, sous une forme à déterminer.

Toute proposition ne respectant pas ces critères ne pourra être évaluée. Les propositions pourront relever de différentes perspectives (théorique, qualitative, empirique, quantitative, modélisatrice ou méthodologique) et de différentes disciplines (sociologie, psychologie, géographie, économie, etc.).

Elles seront évaluées par les membres du comité scientifique du colloque.

Les propositions de communication sont à adresser par courriel

L'avis du comité scientifique sera communiqué aux auteurs des propositions retenues au plus tard le

Pour toute information supplémentaire, vous pouvez vous adresser à :
Pierre Lannoy, +32/(0)2/650.33.52, pilannoy@ulb.ac.be

Adresse du colloque :

METICES – Institut de Sociologie – Université libre de Bruxelles – Av. Jeanne 44 – B-1050 Bruxelles.

Site web : http://metices.ulb.ac.be/spip.php?rubrique37

Comité organisateur :

  • Pierre Lannoy, Université libre de Bruxelles
  • Michel Hubert, Facultés universitaires Saint-Louis, Bruxelles
  • Manuela Bruyndonckx, Université libre de Bruxelles
  • Giuseppina Meloni, Université libre de Bruxelles

Comité scientifique :

  • Marcelle Stroobants, Université libre de Bruxelles
  • Thierry Ramadier, Université de Strasbourg / CNRS
  • Greg Nijs, Katholieke Universiteit Leuven
  • Jacques Moriau, Université libre de Bruxelles
  • Bertrand Montulet, Facultés universitaires Saint-Louis, Bruxelles
  • Joël Meissonnier, Université Galatasaray, Istanbul (proch. CETE Lille)
  • Sébastien Lord, CEPS/INSTEAD, Luxembourg
  • Guy Lebeer, Université libre de Bruxelles
  • Christophe Enaux, Université de Strasbourg / CNRS

Lieux

  • Centre METICES – Institut de Sociologie – Université libre de Bruxelles – Av. Jeanne 44
    Bruxelles, Belgique

Dates

  • vendredi 20 novembre 2009

Mots-clés

  • mobilité, transports, espaces, temporalités, santé, genre, travail

Contacts

  • Pierre Lannoy
    courriel : pilannoy [at] ulb [dot] ac [dot] be
  • Manuela Bruyndonckx
    courriel : mbruyndo [at] ulb [dot] ac [dot] be

URLS de référence

Source de l'information

  • Pierre Lannoy
    courriel : pilannoy [at] ulb [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« Les mobilités éprouvantes. (Re)connaître les pénibilités des déplacements ordinaires », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 12 octobre 2009, http://calenda.org/199106