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Mouvements sociaux et politiques en Asie du Sud

Social and political movements in South Asia

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Publié le lundi 12 octobre 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

L'Association jeunes études indiennes (AJEI) regroupe des étudiant-e-s en sciences sociales, du mastère au post-doctorat, travaillant sur l’Asie du Sud. Chaque année elle organise un atelier d'une semaine en Inde et un séminaire d'une journée en France, lesquels sont autant d’occasions pour de jeunes chercheurs de présenter leurs travaux, discutés par des chercheurs confirmés. L’édition 2010 des ateliers, qui se tiendra à Nagpur au Maharashtra du 7 au 13 février 2010 en collaboration avec l’Université de Nagpur et le Département d’études sur la pensée d’Ambedkar, abordera la question des mouvements sociaux et politiques en Asie du Sud.

Annonce

13e Ateliers Jeunes Chercheurs de l’AJEI
Nagpur, Inde, 7-13 février 2010

L'Association Jeunes Etudes Indiennes (AJEI) regroupe des étudiant-e-s en sciences sociales, du mastère au post-doctorat, travaillant sur l’Asie du Sud. Chaque année elle organise un atelier d'une semaine en Inde et un séminaire d'une journée en France, lesquels sont autant d’occasions pour de jeunes chercheurs de présenter leurs travaux, discutés par des chercheurs confirmés. L’édition 2010 des ateliers, qui se tiendra à Nagpur au Maharashtra du 7 au 13 février 2010 en collaboration avec l’Université de Nagpur et le Département d’Études sur la pensée d’Ambedkar, abordera la question des mouvements sociaux et politiques en Asie du Sud.   

Dans un contexte international où les approches en sciences sociales multiplient, en les renouvelant, les perspectives sur les organisations politiques et les mouvements sociaux, ce thème générique couvre un grand nombre d’objets d’études de jeunes chercheurs travaillant sur l’Inde ou l’Asie du Sud. Au travers des interventions respectives, la réflexion engagée entend mobiliser l’interdisciplinarité en sciences sociales afin d’intégrer les différents apports issus, entre autres, de l’histoire, de la sociologie, de l’anthropologie, des sciences politiques et de la géographie.

L’Asie du Sud connaît nombre de situations particulièrement complexes ayant fait émerger et/ou (trans)formé des mouvements sociaux et politiques relevant de luttes et d’enjeux spécifiques. Les mouvements sociaux et politiques, quelles que soient leurs formes et leurs manifestations, participent ainsi de la (re)définition des configurations où ils émergent : politiques compensatoires de quotas et place des mouvements catégoriels (castes et tribus), luttes juridiques autour des évènements d’émeutes interconfessionnelles, conflits fonciers et mouvements contre la dépossession, mouvements environnementaux, mouvements populaires de démocratisation, recompositions familiales, etc. ; sont autant de dimensions relatives au thème proposé qu’il serait possible d’investiguer. 

Les interventions pourront s’inscrire dans un ou plusieurs des axes esquissés ci-dessous.

Outils et perspectives théoriques d’appréhension des univers de luttes sociales

Ce premier axe interroge la possibilité, à la fois cumulative et critique, de travailler avec un certain nombre d’outils et de théories en rapport à l’analyse des mouvements sociaux et politiques au-delà du seul contexte de l’Asie du Sud. Sous quelles conditions les catégories mobilisées en Asie du Sud sont-elles opératoires dans l’analyse des contextes sociohistoriques sud-asiatiques ? Par ailleurs, celles produites et utilisées en Europe permettent-elles de saisir les évènements propres à cette région ? Quels sont les paradigmes analytiques dominants considérés comme particulièrement heuristiques dans l’analyse de ces phénomènes sociaux qui, en Asie du Sud, évoluent rapidement tout en témoignant de fortes régularités ? À quels types de tensions (épistémologiques) le chercheur/la chercheuse fait-il/elle face lors d'une étude de mouvements sociaux et politiques, par exemple dans le cas où il/elle prend fait et cause pour ceux et celles qu'il/elle étudie ?

Un enjeu de définition des mouvements sociaux et politiques

Il apparaît nécessaire d’aborder les questions relatives à la définition d’évènements susceptibles de constituer des mouvements sociaux et politiques. Qu’est-ce qu’un mouvement social ou un mouvement politique ? A partir de quels critères peut-on qualifier un fait ou un événement de mouvement social ? Comprendre les transformations sociales et politiques demande de restituer la genèse et la structure contextuelle des lignes de forces qui ont cours dans un espace donné. Ceci implique de revenir sur l’identification des trajectoires historiques des lieux et des personnes ayant entrainé de nouvelles configurations dans l’espace social ou dans le champ politique. Certaines luttes prennent la forme de manifestations virulentes ou de revendications spécifiques, quand d’autres s’inscrivent dans une transformation des modes de faire ou de penser en dépendant d’une réorganisation plus globale de l’espace social. Ces luttes aboutissant ou n’aboutissant pas à l’expression de revendications clairement définies, mais pouvant apparaître telle une transformation soit manifeste, soit latente dans un certain ordre des choses. Enfin, dans quelle mesure ces transformations se pérennisent-elles ? Quelles sont les structures sociales qui favorisent ces évolutions et les inscrivent dans un ensemble de processus de formalisation, de consécration, de ritualisation voire même d’institutionnalisation (par exemple quand un mouvement social se structure en parti politique) ?

Construction symbolique des mouvements sociaux et politiques

La complexité et la diversité des mouvements sociaux et politiques en Asie du Sud appellent à l’examen de leur construction symbolique au sens des pratiques, croyances et rituels instituant culturellement leur existence. Un mouvement social et/ou politique pouvant, rappelons-le, prendre différentes formes : qu’il s’agisse de manifestations, au sens strict, jusqu’à la création de réseaux de pouvoir à différentes échelles et dans divers espaces, en passant par le repositionnement/reclassement d’agents particuliers (telle la position des femmes dans la société indienne, les carrières administratives ascendantes au sein des basses castes et « intouchables », etc.). Dans le cas d’actions à visées contestataires, ce que l’on désigne comme des mouvements sociaux et politiques cristallisent différentes formes de mise en question du monde social. En Asie du Sud, il semble particulièrement important de se pencher sur la question de leur construction symbolique dans la mesure où le rapport au monde se structure selon des catégories et des schèmes de perception spécifiques encore souvent pris dans et par des conceptions religieuses (spécialement les conceptions gandhiennes dans leur diverses déclinaisons, mais aussi les conceptions ambedkaristes bouddhistes, les luttes sociales propres au nationalisme hindou, etc.) qui coexistent néanmoins avec d’autres schémas témoignant de modalités d’action collectives propres au syndicalisme, voire propres aux mouvements armés insurrectionnels : naxalites, talibans ou néo-talibans, milices privées de hautes castes, etc. Il s’agit alors de circonscrire l’ensemble des propriétés distinctives des formes contestataires et militantes en Asie du Sud et d'analyser la circulation des modes ou répertoires d’action et des registres symboliques de mobilisation généralement hérités des luttes contre la tutelle coloniale, mais relevant encore de nouveaux registres plus récents pouvant, entre autres, revêtir certaines formes nouvelles en raison de l’apparition de modes de luttes transnationaux.

L’économie des pratiques militantes

L’appréhension de ces différents phénomènes pouvant être qualifiés de « mouvements sociaux et politiques » ne peut être opérée qu’à moins de porter une attention à l’économie des pratiques militantes relevant non seulement d’une étude des propriétés sociales des groupes pris dans ces restructurations et des agents adhérents à différents mouvements, mais aussi, suivant les cas, en étudiant origine(s) et position(s) des agents-meneurs, c'est-à-dire des divers « leaders » se revendiquant porteurs de salut social et souvent auto-consacrés prophètes dans leurs espaces d’influence. Qu’il s’agisse d’un espace social faiblement structuré ou à proprement parler d’un champ, tel le champ politique, les pratiques des agents-adhérents ou agents-meneurs de mouvements demandent à être décrites puis analysées au prisme d’une économie symbolique des pratiques militantes. Celle-ci implique l’identification des différentes espèces de ressources (culturelles et scolaires, politiques, économiques, sociales, etc.) et d'intérêts mobilisés dans les divers espaces ou sous-espaces des pratiques contestataires, ceci afin de dévoiler les nécessités et logiques expliquant l’investissement plus ou moins fort dans une cause précise ou bien l’inégale propension à pouvoir et à savoir mener un mouvement. Il est par exemple possible de parler de carrières militantes, voire d’un capital militant renvoyant à des espaces de luttes où le savoir protestataire devient un type de ressource spécifique lui-même produit de l’acquisition de savoir-faire antérieurs transposés à d’autres espaces.

Les propositions de contribution (300 mots environ) sont à envoyer avant le 30 novembre 2009 à l’adresse suivante : ateliers@ajei.org. Chaque présentation durera 20 minutes, et sera discutée par un spécialiste. Les textes complets (20 000 signes) devront être envoyés avant le 15 janvier 2010. Merci de joindre à vos propositions votre nom, prénom, niveau d’études et institution de rattachement.

Lieux

  • Nagpur (Maharashtra, Inde)

Dates

  • lundi 30 novembre 2009

Mots-clés

  • mouvements sociaux, mouvements politiques, Inde, Asie du Sud, militantisme, pratiques militantes, champ politique

Contacts

  • Joël Cabalion
    courriel : ateliers [at] ajei [dot] org

URLS de référence

Source de l'information

  • Joël Cabalion
    courriel : ateliers [at] ajei [dot] org

Pour citer cette annonce

« Mouvements sociaux et politiques en Asie du Sud », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 12 octobre 2009, http://calenda.org/199113