AccueilLa bande dessinée : un « art sans mémoire » ?

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Publié le jeudi 08 octobre 2009 par Marie Pellen

Résumé

Ce colloque international entend interroger la problématique inscription dans le temps d’une bande dessinée volontiers pensée comme une « anti-culture » (Adorno) et souvent perçue sous l’angle du « consommable ». Notre objectif est d’examiner les initiatives et dispositifs permettant à une industrie culturelle de se constituer en patrimoine. Les communications pourront ainsi porter sur la volonté de faire de la bande dessinée le témoin privilégié d’une histoire de l’art et de l’évolution de nos sociétés, sur l’action de professionnels de la chaîne du livre gérant des collections ou catalogues remontant aux origines du « neuvième art », ou encore sur les créations d’auteurs faisant de l’inscription dans le temps l’instrument d’une autre pratique et vision de la bande dessinée.

Annonce

Organisé par le LabSIC (le Laboratoire des Sciences de l’Information et le Communciation de l’université Paris 13) et Médiadix (le centre de formation continue aux carrières des Bibliothèques de l’université Paris Ouest, Nanterre-La Défense) ainsi que par d’autres partenaires (à venir).

Date du colloque : 10-11 juin 2010

Responsable : Benoît Berthou, université Paris 13, LABSIC.

Lieu du colloque : Médiadix (Pôle des Métiers du livre de l’Université Paris Ouest)

 

Quel est le mode d’inscription dans le temps de la bande dessinée ? La question se pose puisque son système éditorial semble privilégier la mise au point de « nouveautés » susceptibles de prendre place dans une véritable “guerre des étals”1 et donner ainsi raison à Thierry Groensteen qui qualifie la bande dessinée d’“art sans mémoire” et affirme : “La bande dessinée est un art qui cultive volontiers l’amnésie et n’a pas grand souci de son patrimoine”2. La série et le personnage, dont la longévité dépasse parfois celle de leur créateur, semblent incarner cette temporalité relevant d’une loi du marché et transformant l’auteur en simple “repreneur”3. La bande dessinée relèverait donc pleinement de la logique d’industries culturelles synonymes, selon Théodor Adorno, d’”anti-culture” car fondées sur la reprise et la mise au goût du jour de choses déjà produites plutôt que sur l’exploration des possibilités artistiques qu’elle offre.

Nous nous proposons d’interroger ce qui fait force de vérité et d’aborder une dimension du “9e art” qui semble tout sauf évidente : quelles valeurs et quelles formes acquièrent pour la bande dessinée l’inscription dans un passé ? Si l’on pose à l’inverse que le « 9e art » ne relève pas seulement du “consommable” et du “jetable”, on peut s’intéresser aux initiatives visant à faire de la bande dessinée le témoin privilégié d’une histoire de l’art et de l’évolution de nos sociétés (comme, par exemple, dans le cadre d’expositions comme Vraoum !), mais également aux efforts de professionnels de la chaîne du livre (éditeurs, libraires ou bibliothécaires) pour administrer des collections ou faire valoir un “fonds” proposant des œuvres remontant aux origines de la “franco-belge” (voire au-delà) ou issues d’autres horizons. On peut aussi citer les créations d’auteurs faisant de l’inscription dans le temps (que celui-ci prenne la forme d’une histoire ou d’une mémoire) l’instrument d’une autre pratique et vision du “9e art”.

L’objet de ce colloque est d’interroger ces actions en accueillant des communications s’inscrivant dans les trois axes suivants (dont la liste ne saurait en aucun cas être considérée comme exhaustive).

  • La bande dessinée : quel héritage ? se propose d’interroger le legs du “9e art”. Peuvent ainsi être abordées tant ses formes (archives susceptibles de permettre des travaux de recherche, planches et dessins originaux) que sa valeur au sein d’une histoire (de l’art ou plus largement, culturelle) et son intégration à des activités d’enseignement (notamment à travers les liens existants entre bande dessinée, école et université) ou de médiation culturelle.
  • Le “fonds” de bande dessinée entend examiner la place faite au passé du “9e art” au sein d’un système de conservation et de publication. Seront ainsi les bienvenues des réflexions portant sur le rôle de la bande dessinée dans un catalogue ou une collection (les liens entre bande dessinée et bibliothèques n’ayant fait l’objet que de peu de travaux), ou plus largement sur la pertinence de la notion de “classique”.
  • Mémoire, histoire et « 9e art » entend interroger la forme et la fonction du passé au sein de la création de bande dessinée. Pourront ainsi être évoqués la valeur documentaire de l’œuvre (comme dans le cas d’une bande dessinée dite “documentaire”), et un passé devenant l’occasion d’une nouvelle pratique du “médium” (comme dans le cas de l’autobiographie), voire d’une nouvelle définition des missions de l’auteur et de l’éditeur.

L’ambition de ce colloque est de se constituer en espace de rencontres interdisciplinaire, interprofessionnel et international (quant à ses intervenants et thèmes d’intervention). Enseignants, chercheurs, bibliothécaires, éditeurs, libraires, scénaristes, dessinateurs ou critiques sont ainsi les bienvenus.

Nous leur proposons de nous soumettre un texte d’environs 2000 signes (espaces compris) exposant : l’objet de l’intervention, le corpus ou le matériau sur lequel elle entend s’appuyer et indiquant les coordonnées de chaque auteur.

Afin de garantir la qualité des débats, ces documents seront par la suite soumis de façon anonyme à un comité de lecture composé de :

  • Bertrand Legendre (professeur des universités à l’université Paris 13, responsable du Master « Politiques éditoriales »).
  • Gilles Ciment (théoricien, directeur de la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image).
  • Christophe Pavlides (bibliothécaire, directeur de Médiadix, Centre de Formation Continue aux Carrières de Bibliothèques).
  • Benoît Peeters (scénariste et critique de bande dessinée).
  • Thierry Smolderen (scénariste et enseignant, responsable du Master « Bande dessinée » au sein de l’ESI d’Angoulême).

Ces propositions doivent être transmises par voie électronique avant le 7 décembre 2009 à l’adresse suivante :

ben.berthou@orange.fr

 

1.Dossier paru dans Livres Hebdo, n°717.

2.Thierry Groensteen, La bande dessinée : un objet culturel non identifié, éditions de l’An 2, 2006, p. 67.

3.Sergio Honorez, « Lifting d’un héros : le cas Spirou », dans L’état de la bande dessinée, Les Impressions Nouvelles, Liège, 2009, p. 120.

Lieux

  • Université Paris Ouest, Pôle des Métiers du livre
    Saint-Cloud, France

Dates

  • lundi 07 décembre 2009

Mots-clés

  • bande dessinée, patrimoine, industries culturelles

Contacts

  • Benoit Berthou
    courriel : benoitberthou [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Benoit Berthou
    courriel : benoitberthou [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« La bande dessinée : un « art sans mémoire » ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 08 octobre 2009, http://calenda.org/199123