AccueilApprentissages et patrimoines de savoirs locaux pour innover en Afrique

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Publié le vendredi 16 octobre 2009 par Delphine Cavallo

Résumé

Le paradigme d’une société de la connaissance intervient aujourd’hui dans toutes les analyses des ressources à mobiliser pour le développement. Il est présent dans les textes de politique générale comme dans de nombreux travaux scientifiques. Il interroge l’ensemble des acteurs de nos sociétés (politiques, chercheurs, entrepreneurs, usagers..) d’autant plus en Afrique, où il s’inscrit désormais comme cadre programmatique de projets qui visent à valoriser la production et la qualification de savoirs et de savoir-faire. Dans ce nouveau contexte, la construction des innovations ne relève donc plus seulement de situations volontaristes de transferts ou d’échanges de connaissances mais constitue bien un phénomène complexe, historique, social et cognitif, reposant d’abord sur des apprentissages. Ces derniers mobilisent différents savoirs et savoir-faire mais aussi différentes formes de relations, d’organisations et d’institutions qui définissent des patrimoines et qui délimitent des cadres normatifs de qualification et d’aptitudes.

Annonce

Séminaire international / International Seminar
du 15 au 17 Octobre 2009 / October 15th to 17th  Lomé (Togo) 

Organisateurs / Organizers

  • Komi Kossi-Titrikou (université de Lomé)
  • Pascale Moity – Maïzi (Montpellier Supagro)
  • Bruno Martinelli (Université de Provence)

Organisations / Institutions

  • Université de Provence / Provence University
  • Université de Lomé / Lomé University
  • CEMAf-Aix (UMR CNRS 8171)
  • Sysav (ANR Program) / Research Project
  • AUF Agence Universitaire de la Francophonie
  • AFD – Ambassade de France au Togo

Le paradigme d’une société de la connaissance intervient aujourd’hui dans toutes les analyses des ressources à mobiliser pour le développement. Il est présent dans les textes de politique générale comme dans de nombreux travaux scientifiques.  Il interroge l’ensemble des acteurs de nos sociétés (politiques, chercheurs, entrepreneurs, usagers..) d’autant plus en Afrique, où il s’inscrit désormais comme cadre programmatique de projets qui visent à valoriser la production et la qualification de savoirs et de savoir-faire.   Dans ce nouveau contexte, la construction des innovations ne relève donc plus seulement de situations volontaristes de transferts ou d’échanges de connaissances mais constitue bien un phénomène complexe, historique, social et cognitif, reposant d’abord sur des apprentissages. Ces derniers mobilisent différents savoirs et savoir-faire mais aussi différentes formes de relations, d’organisations et d’institutions qui définissent des patrimoines  et qui délimitent des cadres normatifs de qualification et d’aptitudes. L’apprentissage apparaît de plus en plus comme un espace-temps stratégique de la dynamique des savoirs. Comprendre ou promouvoir l’innovation locale passe donc nécessairement par l’examen rigoureux des processus de transmission, patrimonialisation et circulation de savoir et de savoir-faire ainsi que par une attention accrue aux conceptions locales du savoir.  Les thèmes directeurs du séminaire seront :

  • les savoirs et savoir-faire locaux 
  • les apprentissages comme système de transmission et de circulation des savoirs
  • les processus de patrimonialisation en relation avec l’innovation.

Les domaines de recherche intéressés sont les secteurs de la production et de la consommation, agriculture, élevage, pêche, artisanat, petite entreprise, entreprises de service public, l’éducation, le développement, la santé, l’environnement.  Le séminaire mettra l’accent sur les savoirs faire locaux, leurs apprentissages comme cadre cognitif, normatif et social de leur transmission, les processus de leur patrimonialisation en relation avec l’innovation. Cette problématique vise à mettre en évidence les capacités locales d’innovation, de promotion et d’échanges de nouvelles solutions dans le contexte des crises et des défis économiques, environnementaux, alimentaires de l’Afrique d’aujourd’hui. 

Les principaux niveaux  d’interrogation seront :  

1/ La définition, la reconnaissance et la mobilisation de savoirs et savoir-faire « locaux » : quels sont les présupposés, les supports théoriques autour de l’affirmation généralisée (et institutionnalisée) que les savoirs locaux constituent des ressources pour innover et des leviers du développement ? Quelles sont les controverses actuelles en Afrique portant sur les conditions de leur reconnaissance et de leur transmission dans de nouvelles situations d’apprentissages ? 

2/ L’apprentissage est le point critique non seulement de la transmission du savoir, mais du savoir lui-même c'est-à-dire de son statut, de son état présent, de la confrontation entre savoirs concurrents, de son rapport à l’innovation. Le séminaire examinera les définitions actuelles de l’apprentissage en l’élargissant à diverses formes de transmission de savoir ou de savoir-faire dans des cadres formels ou informels d’inculcation implicite ou explicite. En se fondant sur des exemples africains, le séminaire visera à faire avancer la réflexion sur les formes d’organisation sociale, les conceptions locales et les systèmes de qualification de l’apprentissage à travers codes, normes, chartes et théories d’acteurs. 

3/ La patrimonialisation sera moins saisie sous l’angle de la conservation que de l’innovation. Elle concernera la gestion locale des savoir-faire au sein de collectifs organisés (réseaux, associations, coopératives, entreprises, ONG, institutions) pour exercer un contrôle et une évaluation, produire normes et théories. On se demandera dans chaque cas, de quel  patrimoine il s’agit et comment il est perçu, identifié et approprié par les acteurs. On cherchera à mettre en évidence polémiques et controverses. Ces formes de patrimonialisation plus ou moins nouvelles mettent en jeu des collectifs qui ont à s’organiser autour d’intérêts communs et contradictoires de producteurs et de consommateurs. Le séminaire s’inspirera de problématiques comme celle de C. Jacob (2007, Lieux de savoir – Espaces et communautés, Paris, Albin Michel) pour développer le questionnement sur le terrain africain et déterminer comment s’y sont constituées des collectivités de savoir selon les époques, les lieux et les milieux ?  

4/ L’innovation et le développement par la mobilisation des savoirs et des savoir-faire: quelles sont les conditions politiques, sociales et scientifiques pour que les orientations politiques actuelles ne se traduisent pas en de nouvelles formes de transferts et de dépendance entre l'Afrique et l’Occident mais permettent une pleine reconnaissance des conceptions et dynamiques locales de la connaissance, des compétences, des potentialités innovatives. 

Organisation / Organization 

Le CEMAf, le programme SYSAV et le département d’Anthropologie de l’Université de Lomé assurent l’organisation de cette rencontre scientifique avec l’appui de l’AUF et de l’Université de Provence Aix-Marseille1.
Ce séminaire doit être un lieu de réflexion scientifique ainsi que de débat entre chercheurs Africains et Européens. Il sera structuré en plusieurs sessions, conférences et ateliers thématiques. 
Nous souhaitons déveloper des partenariat internationaux incluant plusieurs cercles de scientifiques intéressés à l’issue de cette rencontre. Nous proposerons de publier les textes tirés des communications de ce séminaire dans des revues africaines et européennes et d’éditer un ouvrage dédié à cette rencontre. Les communications seront présentées en Français ou en anglais. 

The CEMAf, SYSAV program Unit and the Anthropology Department of the Lome University share the organization of this scientific event supported by the AUF organization and the Provence Aix-Marseille1 University.  This event must be a space for scientific reflection but also for debate between African and European researchers. It will be structured around plenary sessions, conferences and thematic workshops.
We hope to develop international partnerships to involve many African circles of scientific interested in the issues of the meeting. We will propose to publish the communications in African and French reviews and to edit a book specially dedicated to this event. The communications will be presented in French or in English.

Contacts :

  • Komi Kossi-Titrikou, maître de conférence à l’université de Lomé : e_tikoss@yahoo.fr
  • Bruno Martinelli, professeur à l’université de Provence Aix-Marseille1, CEMAf, responsable du programme SYSAV  : bruno.martinelli@univ-provence.fr
  • Pascale Moity-Maïzi, maître de conférence à Montpellier Supagro, Institut des régions chaudes, UMR Innovation : pascalemoity@hotmail.com

Programme du colloque

Jeudi 15 octobre: 

Matinée :

-    séance d’ouverture
-    Présentation de la problématique générale: Société et connaissance

Problématique générale du colloque

-    P. Maïzi : Points de vue et controverses sur les savoirs locaux
-    B. Martinelli : Savoir-faire, état des lieux

Après-midi :

Séance 1 :  Connaissances, savoirs et savoir-faire locaux (1ère partie)

-    P. Maïzi : La qualification des savoirs locaux en Afrique
-    M. Djonoukou : Savoir de l’environnement chez les populations Ewe du Togo
-    O. Njoya : Savoirs locaux et développement communautaire au Cameroun
-    Aholou-Coralli : Initiatives associatives urbaines au Bénin
-    H. Kakai : La décentralisation vue par les acteurs
-    K. Kossi-Titrikou : Décentralisation et gouvernance
-    J. Bouju : Mise en perspective des contributions de la séance

Vendredi 16 octobre

Matinée :

Séance 2 :  Connaissances, savoirs et savoir-faire locaux (2ème partie)

-    Goeh-Akue : Savoirs locaux et maladies « tropicales »
-    J. Baliguini : Apprentissage, transmission et circulation des savoirs médicaux traditionnels et modernes
-    L. Baïnilago : Devenir des savoirs locaux des tradipraticiens de Bangui et Bangassou (Centrafrique)
-    A. Ceriana : Savoir biomédical et médecine traditionnelle : formation des étudiants en médecine à Bangui (Centrafrique)
-    I. Medah : Anthropologie économique de l’artefact technique de co-conception
-    Nenonene & alii : Outillages agricoles au Sud-Togo

Après-midi :

Séance 3 : Apprentissages : organisations, pratiques et normes

-    B. Martinelli : Ethnothéories de l’apprentissage dans les métiers du métal
-    B. Ngouflo : Savoir-faire dans les grands services publics : la production d’électricité en Centrafrique
-    F. Viti : Rapports sociaux et systèmes d’apprentissage
-    Aguegue & alii :Apprentissage et protection de l’enfance au Bénin
-    S. Bilabena : Stéréotypes sexués de l’apprentissage féminin au Togo
-    M. Quashie : Langues africaines et innovation dans les systèmes scolaires
-    J.B. Ouedraogo : Mise en perspective des contributions de la séance

Samedi 17 octobre

Matinée :

Séance 4 : Patrimonialisation des savoirs et innovation

-    H. Kienon-Kabore : Patrimoine archéologique et développement durable en Côte d’Ivoire
-    P. Konga : Transmission des savoirs et savoir-faire locaux rituels. Pays Kabye Togo
-    M. Tublu : L’art de la Takienta chez les Betammariba du Togo
-    Film : La patrimonialisation du Nguon chez les Bamoun du Cameroun
-    O. Njoya : La patrimonialisation dans la royauté Bamoum du Cameroun

Après-midi :   

Séance 5 : Rapports et conclusions du colloque

-    Rapports
-    Débat général de synthèse

Lieux

  • Université de Lomé
    Lomé, République Togolaise

Dates

  • samedi 17 octobre 2009
  • jeudi 15 octobre 2009
  • vendredi 16 octobre 2009

Mots-clés

  • apprentissage, savoir-faire, savoir local, patrimoine, développement, innovation

Contacts

  • Pascale Maizi
    courriel : maizi [at] supagro [dot] inra [dot] fr
  • Bruno Martinelli
    courriel : bruno [dot] martinelli [at] univ-amu [dot] fr
  • Komi Kossi-Titrikou
    courriel : e_tikoss [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Bruno Martinelli
    courriel : bruno [dot] martinelli [at] univ-amu [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Apprentissages et patrimoines de savoirs locaux pour innover en Afrique », Colloque, Calenda, Publié le vendredi 16 octobre 2009, http://calenda.org/199140