AccueilMontrer l'invisible. Des pratiques sociales cachées, des méthodes qui les révèlent

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Publié le mercredi 21 octobre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Le séminaire de GTM 2009-2010, dans la continuité du séminaire de l’année précédente, visera à mettre en lumière des réalités habituellement laissées dans l’ombre. Seront ainsi révélés des rapports de pouvoir niés, des pratiques cachées parce que relevant de l’intimité, des pratiques tabou parce que transgressant la norme, des méthodes de recherche privilégiant le petit et l’ordinaire sur la masse et l’exceptionnel.

Annonce

Le séminaire de GTM 2009-2010, dans la continuité du séminaire de l’année précédente, visera à mettre en lumière des réalités habituellement laissées dans l’ombre. Seront ainsi révélés des rapports de pouvoir niés, des pratiques cachées parce que relevant de l’intimité, des pratiques tabou parce que transgressant la norme, des méthodes de recherche privilégiant le petit et l’ordinaire sur la masse et l’exceptionnel. Les travaux présentés par leurs auteur-e-s et discutés collectivement auront en commun non seulement de donner à voir des parts du monde social invisibles ou difficiles d’accès, mais aussi parfois masquées par des approches scientifiques oublieuses de leur existence ou encore dissimulées à des fins idéologiques.

Lieu : site Pouchet, 59-61 rue Pouchet, à Paris, dans le 17ème arrondissement
(métro : ligne 13, arrêts Brochant ou Guy Môquet ; bus 66, arrêt La Jonquière)
Salle 159 (premier étage) 

Programme

Lundi 16 novembre 2009, 14h-16h30 – Site Pouchet

Jane FREEDMAN (sociologue, CRESPPA-GTM) : « Construire la victime idéale : l'utilisation invisible des catégories de genre et de race dans le jugement de l'asile en France »

Discutant : Michel AGIER (anthropologue, IRD, EHESS)

Les procédures mises en place pour juger les demandes d’asile en France (comme dans d’autres pays européens) sont en principe basées sur des critères objectifs pour évaluer l’existence d’une vraie crainte de persécution chez le/la demandeur-euse. Mais en observant ces procédures de plus près, nous pourrions voir l’opération des représentations dominantes de ce que doit être la victime idéale, et la construction de ces représentations chez les juges, mais aussi chez ceux et celles qui aident et soutiennent les demandeur-euses. Ces représentations sont fortement régies par des catégorisations de genre et de race. Cette intervention tentera de montrer l’opération « invisible » de cette catégorisation dans les procédures de jugement de l’asile en France.

A propos de Jane Freedman :

Jane Freedman est professeure de sociologie à l’Université de Paris 8, et membre du CRESPPA-GTM. Elle fait des recherches sur le genre dans les migrations internationales – et en particulier les migrations forcées. Elle a publié Gendering the International Asylum and Refugee Debate (Palgrave Macmillan, 2007) et Persécution des femmes : savoirs, mobilisations et protections (dir avec J. Valluy, Editions du Croquant, 2007)

Lundi 14 décembre 2009, 14h-16h30 – Site Pouchet

Fatiha TALAHITE (économiste, Centre d'économie de l'université Paris nord – CEPN, CNRS, Paris 13) : « Les économies de la grandeur et le genre. Lecture de Boltanski »

Discutante : Michèle FERRAND (sociologue, CRESPPA–CSU, CNRS, Paris 8)

D’abord à la recherche d’un paradigme à travers lequel appréhender la différence de sexe, Boltanski abandonne ce dessein lorsque, dans De la justification (1991), il pose avec Thévenot les fondements théoriques des économies de la grandeur. L’occultation de la question du genre, à un moment où précisément elle s’affirme dans les sciences sociales, marquera le reste de son œuvre. Il tentera par la suite de la réintroduire, mais sans vraiment changer les prémices de son modèle. Avec La condition fœtale (2004) cependant, en traitant de la question de l'avortement, il  est amené à affronter des questions cruciales posées par le féminisme, ce qui va ébranler le modèle des économies de la grandeur.

La séance débutera à 14h (jusqu’à 16h30 environ)
Salle des conférences (rez-de-chaussée)
Lieu : site Pouchet, 59-61 rue Pouchet, à Paris, dans le 17ème arrondissement
(métro : ligne 13, arrêts Brochant ou Guy Môquet ; bus 66, arrêt La Jonquière)

A propos de Fatiha Talahite :

Fatiha TALAHITE est économiste, chargée de recherche au CNRS, Centre d’Économie de Paris Nord de l’université Paris 13. Elle a fait ses premiers travaux de recherche sur « Travail domestique et salariat féminin en Algérie » (1983) et a réalisé de nombreuses publications à partir de ce thème. Elle poursuit aujourd’hui ses recherches sur la transition et les réformes économiques en Algérie.

Parmi ses récentes publications sur le genre : « Mondialisation », in Hirata, Laborie, Le Doaré, Senotier (coord.), Dictionnaire critique du féminisme, Paris, Seuil, 2004  (deuxième édition augmentée et actualisée) ; « Genre, mondialisation et marché du travail », in Hirata et al., Le genre et la mondialisation, Paris, Presses de la Fondation Nationale de Sciences Politiques (à paraître en 2010) ; « Le genre dans la sociologie de Luc Boltanski », in Chabaud-Rychter, Descoutures, Devreux, Varikas (dir.), Questions de genre aux sciences sociales, Paris, La Découverte (à paraître printemps 2010) ; ainsi qu’un article à paraître sur « Algérie : l’emploi féminin en transition ».

Lundi 18 janvier 2010, 14h-16h30 – Site Pouchet

Jean-François LAE (sociologue, CRESPPA-GTM) : « L’institution : un dispositif d’écriture »

Discutant : Jacques RANCIERE (philosophe, Paris 8)

Comment s’écrit une institution sociale lorsqu’elle doit maîtriser une conduite, aider autrui ? Comment les relations de soutien, de soin, d'appui, de réconfort vivent-elles d’écriture à travers des notations en prise et en déprise ? Comment un dispositif d'écritures ponctue le temps de l’institution, incite à informer, agir et à réagir, autrement dit, comment il compose un agencement de lieux, d’emploi du temps et de présences physiques pour noter les conduites à partir des pannes, des empêchements, de nombreux obstacles, de revers et tant d'infortune. 

A partir du modèle de la main courante de police, seront déployées des questions sur d’autres pratiques d’écriture, cette fois plus éparses et invisibles, presque silencieuses. 

A propos de Jean-François Laé :

Jean-François Laé est sociologue. Il travaille depuis plusieurs années sur les écritures ordinaires et a publié plusieurs ouvrages sur ce thème : L'ogre du jugement. Les mots de la jurisprudence, Paris, Stock, 2001 ; avec Philippe Artières, Lettres perdues. Ecriture, amour et solitude. XIXe et XXe siècles. Paris. Hachette vie quotidienne, 2003 ; Les nuits de la main courante. Ecriture au travail, Paris, Stock, 2008. Les documents visuels, en l’occurrence des photos, sur la vie quotidienne oubliée ou mal connue sont encore au centre d’un ouvrage récent, co-dirigé avec Philippe Artières : L’asile aux fous, Presses Universitaires de Vincennes, 2009. Enfin, Jean-François Laé a beaucoup travaillé sur la pauvreté, publiant notamment avec Arlette Farge, Patrick Cingolani, Franck Magloire, Sans visages, L’impossible regard sur la pauvreté, Paris, Bayard, 2004, et avec Robert Castel, Une dette sociale: le Revenu Minimum d’Insertion, Paris, L’Harmattan, 1992. 

Lundi 15 février 2010, 14h-16h30 – Site Pouchet

Coline CARDI (sociologue, Paris 8) : « Au-delà du silence : comment penser la déviance des femmes ? »
Discutant : Guillaume MALOCHET (sociologue, CNAM)

Lundi 1er mars 2010, 14h-16h30 – Site Pouchet

Sébastien CHAUVIN (sociologue, Université d’Amsterdam) : « Sociologie politique du 'dispatcheur' dans les agences de travail journalier aux Etats-Unis »
 Discutante : Danièle LINHART (sociologue, CRESPPA-GTM) 

L’étude de la structure hiérarchique temporelle sur laquelle se positionnent les travailleurs dans les agences de « day labor » américaines amène à se concentrer sur le pivot de cette différenciation : la figure intermédiaire du « dispatcheur », son expérience subjective autant que son existence institutionnelle comme dispositif de marché du travail. Le dispatcheur est la personne chargée de combiner les exigences parfois contradictoires entre des impératifs de discipline qui le dépassent, les urgences économiques qui surgissent en période de forte demande de travail, et les souffrances psychologiques des journaliers – majoritairement des noirs et des sans-papiers hispaniques – en période de pénurie, surtout l’hiver. Il est le point focal sur lequel se projettent les rapports sociaux de temps à l’intérieur de l’agence. « Personne » réelle, il est aussi en retour l’objet d’investissements « personnels » de la part de journaliers cherchant à réduire l’incertitude qui pèse sur eux, au besoin en la transférant sur les autres.  

La séance débutera à 14h (jusqu’à 16h30 environ)
Lieu : site Pouchet, 59-61 rue Pouchet, à Paris, dans le 17ème arrondissement
(métro : ligne 13, arrêts Brochant ou Guy Môquet ; bus 66, arrêt La Jonquière)
Salle des conférences (rez-de-chaussée)

A propos de Sébastien Chauvin :

Sébastien Chauvin est sociologue, professeur assistant à l’université d’Amsterdam, et chercheur à l’Institute for Migration and Ethnic Studies. Il est l’auteur des Agences de la Précarité. Journaliers à Chicago (Le Seuil, Coll. « Liber », à paraître en avril 2010). Ses recherches actuelles portent principalement sur les liens entre illégalité, précarité de l’emploi et incorporation civiques pour les nouveaux migrants en Europe et aux États-Unis. Il est membre du collectif de recherche ASPLAN sur la grève des travailleurs sans papiers en France.

Jeudi 25 mars 2010 (9h-12h15 et 13h30-17h) et vendredi 26 mars 2010 (9h30-12h30 et 14h-17h) – Amphithéâtre Louis Liard, 17 rue de la Sorbonne, Paris

COLLOQUE INTERNATIONAL « Migrations, Travail et Care. Repenser les catégories interprétatives »
Comité d’organisation : Jane Freedman (sociologue, Université Paris 8, CRESPPA-GTM), Helena Hirata (sociologue, CRESPPA-GTM), Ruri Ito (sociologue, Université de Hitotsubashi, Japon), Sara Maria Lara Flores (anthropologue, Instituto de Investigaciones Sociales, UNAM, Mexique), Adelina Miranda (anthropologue, Université de Naples, CRESPPA-GTM), Mirjana Morokvasic (sociologue, ISP-CNRS, Université Paris Ouest Nanterre la Défense), Djaouida Séhili (sociologue, Université Paris 13 – Villetaneuse, CRESPPA-GTM)

Lundi 12 avril 2010, 14h-16h30 – Site Pouchet

Maud SIMONET (sociologue, IDHE, CNRS, Paris 10) : « Du bénévolat au workfare - Le travail invisible et ses usages, derrière le voile de la citoyenneté »
Discutante : Delphine NAUDIER (sociologue, CRESPPA-CSU, CNRS, Paris 8) 

En m’appuyant sur plusieurs enquêtes sur le bénévolat et le volontariat en France et aux Etats-Unis, je montrerai comment l’analyse des dimensions du travail inscrites dans ces pratiques met en lumière à la fois des usages de classe de ces pratiques qui invitent à questionner la rigidité des frontières entre travail libre et travail contraint et un usage politique, une instrumentatlsation par l’Etat de ce travail exercé gratuitement « au nom de la citoyenneté ». 

La séance débutera à 14h (jusqu’à 16h30 environ) 
Lieu : site Pouchet, 59-61 rue Pouchet, à Paris, dans le 17ème arrondissement
(métro : ligne 13, arrêts Brochant ou Guy Môquet ; bus 66, arrêt La Jonquière)
Salle des conférences (rez-de-chaussée) 

A propos de Maud Simonet : 

Maud Simonet est chargée de recherches au CNRS à l’IDHE. Se recherches portent sur le bénévolat et le volontariat associatif en France et aux Etats-Unis et elle mène depuis un an et demie une recherche avec John Krinsky, sociologue américain à City College (City University of New York), sur les différents statuts de travailleurs (employés municipaux, employés associatifs, bénévoles, volontaires, allocataires du Workfare...) chargés de  l’entretien des parcs de la ville de New York.

Lundi 10 mai 2010, 14h-16h30 – Site Pouchet

Anne BERGER (professeure de littérature française et d’études de genre, Centre d’études féminines, Paris 8) : « Le spectacle du genre : les paradoxes de la visibilité »
Discutante : Eleni VARIKAS (sociologue et politiste, CRESPPA-GTM)

Lundi 7 juin 2010, 14h-16h30 – Site Pouchet

Florence BOUILLON (sociologue, Paris 8) : « Espaces privés, problèmes publics. Des contraintes de l'invisibilité aux ressources de la publicisation au sein des squats français »
Discutant : Jean-François LAE (sociologue, CRESPPA-GTM)

Sans inscription

Contacts :

Karima GHEMBAZA : gtm@gtm.cnrs.fr
Sandra NICOLAS : gtm@u-paris10.fr

Site Internet : http://www.gtm.cnrs-bellevue.fr

Lieux

  • CNRS - 59-61 rue Pouchet
    Paris, France

Dates

  • lundi 07 juin 2010
  • lundi 10 mai 2010
  • lundi 12 avril 2010
  • vendredi 26 mars 2010
  • jeudi 25 mars 2010
  • lundi 01 mars 2010
  • lundi 15 février 2010
  • lundi 18 janvier 2010
  • lundi 14 décembre 2009
  • lundi 16 novembre 2009

Mots-clés

  • genre, race, travail

Contacts

  • Isabelle Clair
    courriel : isabelle [dot] clair [at] yahoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Isabelle Clair
    courriel : isabelle [dot] clair [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Montrer l'invisible. Des pratiques sociales cachées, des méthodes qui les révèlent », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 21 octobre 2009, http://calenda.org/199192