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Publié le mardi 20 octobre 2009 par Marie Pellen

Résumé

Les journées de Tours 2009 auront pour thème l'hospitalité. Nous explorerons cette question aussi ancienne qu'actuelle en la soumettant aux éclairages de personnalités issues de domaines différents - religion, philosophie, psychanalyse, architecture,…

Annonce

L’hospitalité, qu’elle soit donnée ou reçue, suppose un lieu. Lieu de l’hôte, lieu de l’autre, lieu sacré au lieu de l’Autre toujours en défaut, toujours marqué du défaut, d’une certaine absence (personne n’est là pour répondre d’autrui, ni de moi-même, mais, l’un comme l’autre, nous nous fondons dans ce rapport au tiers que constitue le langage). Est-ce à partir de cette absence, de ce « silence » que s’accomplit l’accueil hospitalier ? En serait-ce la condition, intime, voire secrète, celle d’une certaine intériorité, d’une certaine intimité que Levinas rassemblera sous l’effigie du féminin, de la Femme, condition du recueillement, de la Maison et de l’habitation ? Si l’hospitalité se « donne », elle se reçoit en se donnant, on ne peut véritablement l’habiter qu’à être habité par elle, qu’à se convaincre d’être « chez soi » chez l’autre, toujours étranger en soi-même. Ainsi, comme l’écrit Derrida1, l’invitant devient-il l’invité de l’invité, l’hôte devient-il l’hôte de l’hôte, l’un et l’autre étant alors dans un rapport paradoxal et complexe d’appropriation et d’expropriation, dans un rapport d’altération réciproque dans lequel chacun serait tout à la fois hôte et otage de l’autre. Telle serait peut-être la condition de l’aporie désignée sous le vocable d’« l’hospitalité inconditionnelle », condition plus langagière que légalement instituée, l’hospitalité, par l’altération qu’elle provoque dans les rapports entre les hôtes, marquant de fait, un certain rapport à la langue, soulignant un fait de langue tenant lieu du symbolique et de la division du sujet. « Si, on peut se sentir chez soi dans la langue et se considérer (en même temps) l’hôte de la langue, c’est qu’il y a une division essentielle à la démocratie comme il y a une division essentielle du sujet. »2. Si la langue fait lieu, c’est qu’elle est d’abord la langue de l’autre au sein de laquelle chacun s’approprie sa propre grammaire pour échapper à l’emprise de son « origine ». « L’hospitalité de la langue s’étend à la mort qui dénombre nos mots » disait alors Jabès3. La langue comme l’hospitalité, peut-être n’existeraient-elles vivantes, que véritablement déliées, déliées de l’illusion du « propre », du « religieux », de « l’unique », d’une langue « une », d’une « inconditionnalité » sans conditions préalables à la structure qui en accueillerait la possibilité même, que celles-ci soient politiques ou délimitant la souveraineté absolue d’une position subjective ?
« L’obsession » de « l’hospitalité inconditionnelle » vient donc hanter naturellement le discours et la pratique analytique et ce depuis que Freud est venu démontrer que l’inconscient est la demeure de l’esprit. Si l’inconscient est l’ombre de la conscience, sa nuit, comme aurait pu le dire Nietzsche, il offre à penser comme l’hospitalité, ce rapport ambivalent au lieu, d’un lieu n’appartenant ni à l’invitant, ni à l’invité, mais au geste, au mouvement par lequel l’un donne accueil à l’autre. « Où ? » serait donc la question première, celle par laquelle le sujet advient4. Elle conforterait la proposition lacanienne définissant la position de l’analyste en lui faisant partager quelque chose de sa position avec la position féminine.

1. Jacques Derrida, De l'hospitalité, Calmann-Lévy, 1997.
2. René Major, Je veux être chez moi, in La démocratie en cruauté, Galilée, 2003.
3. Edmond Jabès, Le livre de l'hospitalité, Gallimard, 1991.
4. Anne Dufourmantelle, De l'hospitalité, op. cit.

DÉROULEMENT des JOURNÉES de TOURS 2009

Samedi 21 Novembre :

9h : Accueil des participants 9h45 : Ouverture des journées

• 10H – 12H : Laurent LEMOINE : Prêtre, exerçant la psychanalyse à Paris, rédacteur en chef de la revue d’Ethique et de Théologie Morale éditée par Le Cerf.
« L'hospitalité de l'analyste: s'il n'y a d'Autre de l'Autre, peut-il exister l'hôte de l'hôte ? »
Discutante : Yolande Mille, Doctorante en philosophie, membre de la Société Psychanalytique de Tours, exerçant la psychanalyse à Saumur.

• 14H 30 – 16H : Marie GAILLE, Philosophe, chargée de recherche au CERSES (Centre de recherche sens, éthique, et société), CNRS-Université de Paris Descartes.
« La condition de sans patrie »
Discutante : Christine Gutman, exerçant la psychanalyse à Rambouillet, membre de la Société Psychanalytique de Tours.

• 16H30 – 18H30: Anne DUFOURMANTELLE, Docteur en philosophie, exerçant la psychanalyse à Paris, dirige la collection « L’autre pensée » chez Stock.
« L'hospitalité, entre compassion et violence »
Discutant : Francis Capron, exerçant la psychanalyse à Tours, Président de la société psychanalytique de Tours.

19H : Cocktail de bienvenue

Dimanche 22 Novembre :

• 10H – 12H : Jean COOREN, médecin psychiatre, exerçant la psychanalyse à Lille.
« Quand il n’y a plus de lieu où l’autre peut s’inviter » (à propos du drame palestinien)
Discutant : Israël Goldberg, historien, auteur de « Prince d’Israël » et de divers écrits sur le conflit israélo-arabe.

• 14H – 16H : Albert LEVY, architecte urbaniste, chercheur au CNRS, IFU à l’université Paris 8, répondra à Pascal SAMSON, professeur en sémiotique de l’architecture à l’université de Tours, sur le thème de :
« L’accueil de l'autre : hospitalité et espace public »

Catégories

Lieux

  • 2 rue du Panier Fleuri
    Tours, France

Dates

  • samedi 21 novembre 2009
  • dimanche 22 novembre 2009

Contacts

  • Francis Capron
    courriel : francis [dot] capron [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • La société psychanalytique de Tours
    courriel : journeesdetours [at] free [dot] fr

Pour citer cette annonce

« De l'hospitalité », Colloque, Calenda, Publié le mardi 20 octobre 2009, http://calenda.org/199267