AccueilLes rapports de sexes sont-ils solubles dans le genre ?

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Publié le mardi 27 octobre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Dans cet appel, nous souhaitons interroger, à partir du terrain, les notions de rapports de sexes et les rapports de genre. Cette notion, qui souligne l’importance d’une approche relationnelle entre le féminin et le masculin, n’est-elle pas devenue, par son usage institutionnel, euphémisante ? Est-elle suffisante pour éclairer les modes de catégorisation hiérarchisante des femmes et des hommes ? Reprendre la notion de sexe qui était à la base des réflexions anthropologiques permet-il d’opérer une redéfinition historicisée entre les sphères du féminin et du masculin qui ne relèvent pas seulement des champs de la reproduction ou de la parenté, mais aussi de l’économique et du social, indissociablement liés aux représentations symboliques participant de la hiérarchisation même ?

Annonce

Appel à contribution proposé par Annie Benveniste et Adelina Miranda

L’anthropologie a mené depuis  les années 1970,  une réflexion sur les formes de domination entre les sexes. Les chercheur.e.s ont commencé à penser la construction de la différence des sexes, les processus de hiérarchisation élaborés à partir de cette différence et à repenser les paradigmes de la connaissance fondés sur le biais du masculin.

Mais une partie des connaissances sur les contraintes – politiques, sociales autant que biologiques – pesant sur les femmes, a été développée par d’autres disciplines. Sans vouloir à tout prix retrouver la spécificité de l’anthropologie dans ce domaine, cet appel à contribution souhaite recueillir des articles montrant comment les études de terrain ethnologiques posent actuellement la question des rapports de sexes.

Dans cet appel, nous souhaitons interroger, à partir du terrain, les notions de rapports de sexes et les rapports de genre. Cette notion, qui souligne l’importance d’une approche relationnelle entre le féminin et le masculin, n’est-elle pas devenue, par son usage institutionnel, euphémisante ? Est-elle suffisante pour éclairer les modes de catégorisation hiérarchisante des femmes et des hommes ? Reprendre la notion de sexe qui était à la base des réflexions anthropologiques permet-il d’opérer une redéfinition historicisée entre les sphères du féminin et du masculin qui ne relèvent pas seulement des champs de la reproduction ou de la parenté, mais aussi de l’économique et du social, indissociablement liés aux représentations symboliques participant de la hiérarchisation même ? 

Trois axes de réflexion seront privilégiés.

  • Comment les ethnologues prennent-ils en compte les rapports de sexes ? Sont-ils au centre ou en marge de leurs recherches ? La question de la légitimité heuristique de l’objet - rapports de sexes - pose celle du statut qui leur est accordé dans les analyses : celui de  l’universalité de leurs manifestations dans l’ensemble des sociétés contre celle d’une spécificité reconnue aux objets secondaires et latéraux, spécificité qui, paradoxalement, tendrait  à essentialiser les différences. En effet, si les rapports de sexes sont au centre des études anthropologiques, ils entrent dans la définition du social, du politique et du culturel que les sujets de ces études construisent. Marginalisées, leurs productions apparaissent comme des rémanences agissant de façon intemporelle. 
  • Quelle est la place donnée à une réflexion sur la production sexuée du savoir dans les études anthropologiques, notamment sur les biais qui président au recueil et à l’analyse des faits concernant les relations entre les sexes ? Comme Evans-Pritchard s’interrogeait sur la façon dont les descriptions de la femme dans les sociétés primitives en disaient plus sur le caractère victorien de la société d’appartenance de leur auteur, on s’interrogera sur la façon dont les études ethnologiques, dépassant la position du relativisme culturel, peuvent se départir d’un point de vue masculin dominant. 
  • Quel peut être l’apport de nouvelles approches et théories aux études anthropologiques sur les rapports de sexes ? D’un côté les « gay and lesbian studies » ainsi que les « queer studies » ont déconstruit les catégories de sexes en partant de la sexualité et des pratiques corporelles ; de l’autre, les « black studies » et les études post-coloniales ont mis la question du genre au centre des processus de racialisation, tout en prenant en compte les différences existant entre les femmes et les multiples formes de domination subies. Ces perspectives permettent-elles de dépasser l’opposition entre une vision binaire biologisante et une vision universaliste ?

Calendrier :

Les intentions d’article sont à envoyer pour la fin décembre 2009

et les articles complets (40 000 signes) avant le 30 juin 2010.

Publication : 1er semestre 2011

Contacts

Annie Benveniste : annie.benveniste@orange.fr
Adelina Miranda : miranda.fiore@wanadoo.fr

Catégories

Dates

  • mercredi 30 décembre 2009

Mots-clés

  • anthropologie, sexe, genre

Contacts

  • Annie Benveniste
    courriel : annie [dot] benveniste [at] orange [dot] fr
  • Adelina Miranda
    courriel : miranda [dot] fiore [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Frédérique Guyader
    courriel : guyader_frederique [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les rapports de sexes sont-ils solubles dans le genre ? », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 27 octobre 2009, http://calenda.org/199319