AccueilAu chevet de l'enfance irrégulière : vocations, métiers, professions (XIXe-XXe siècles)

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Publié le mercredi 28 octobre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Appel à contributions pour le dossier du n°12 de la Revue d'histoire de l'enfance irrégulière, devant paraître en 2010 aux Presses universitaires de Rennes. Ce numéro retiendra les études monographiques sur une profession ou un métier, en s’attachant par exemple aux conditions de son émergence, à la référence aux modèles offerts par des professions connexes ou par des circulations internationales, aux représentations. Mais il prêtera aussi une attention à des lectures plus transversales, par exemple autour des concepts de profession, métier ou vocation, mais aussi à l’aune des problématiques de genre ou encore du point de vue de la formation.

Annonce

Un des trais marquants de l’enfance irrégulière et de son traitement depuis le XIXe siècle est la progressive agrégation de nombreux acteurs qui surveillent, jugent, soignent, pansent, observent, rapportent, instruisent, éduquent… Partant du constat qu’il n’existe pas de travaux qui relient ces différentes professions, ce numéro de la Revue d’histoire de l’enfance irrégulière se propose de confronter un ensemble d’études sur quelques unes d’entre elles. Il sera l’occasion de faire un état des connaissances, de lancer des pistes de recherche, de questionner des professions moins ou pas étudiées jusque-là, mais aussi de comparer entre elles des dynamiques professionnelles, parfois convergentes, parfois concurrentes, ainsi que des modes de professionnalisation qui varient d’un pays l’autre.

Dans cette ronde des professions, certaines sont plus visibles, parce que plus prestigieuses, mieux instituées et détenant le pouvoir conféré par leur position dans la chaîne du traitement de l’enfance irrégulière : juges des enfants et psychiatres. Si les premiers occupent une place de choix, auxquels, à partir des années 1940, en France, se sont greffer d’autres professionnels, les seconds ont construit leur spécialité au cœur de l’entre-deux-guerres, avant que leur expertise ne soit réinjectée dans de nombreuses instances administratives et associatives, dans la direction de la plupart des centres d’observation, où ils côtoient les psychologues chargés des tests, ou des centres de formation d’éducateurs. Les assistantes sociales bénéficient pour leur part de leur position ancienne au cœur de la protection de l’enfance, dans l’élan de la loi du 22 juillet 1912.

Qu’ils aient exercé dans les établissements habilités ou de l’Education surveillée, les éducateurs sont les fruits d’une dynamique enclenchée depuis l’entre-deux-guerres, visant à installer un nouveau personnel éducatif dans les établissements de rééducation afin de faire oublier les anciens surveillants. Pour autant, loin d’être un groupe homogène, ils offrent en fait plusieurs déclinaisons, qui pourraient être autant de pistes à suivre. Selon le genre d’abord, parce que les femmes occupent une place spécifique dans la rééducation (de l’éducatrice à la « femme de l’éducateur »), tandis que l’on oublie souvent qu’une grande partie du personnel des établissements pour filles était constituée de religieuses jusqu’aux années 1960. Ensuite, selon les modes d’intervention : internat, milieu ouvert, prévention, etc. Enfin, les éducateurs ont aussi fait de l’ombre à d’autres catégories de personnel des établissements dont il est rarement fait mention. A titre d’exemple, pendant longtemps, les dénominations fluctuantes de ceux qui ont en charge la classe et l’atelier ont pu révéler une certaine indétermination des rôles et des qualifications, l’incertitude du statut et les ambiguïtés de leur parcours : instituteurs, éducateurs chargés de classe, puis éducateurs scolaires d’un côté ; moniteurs techniques ou professionnels, professeurs ou instructeurs techniques, plus tard éducateurs techniques de l’autre. Et puis, quid des infirmières, des aumôniers, des hommes à tout faire…

Restent aussi une foule de métiers ou de professions qui sont encore autant d’angles morts, soit qu’elles évoluent sans doute dans l’ombre de professions de plus haut statut, soit qu’elles interviennent plus en aval de la chaîne des spécialistes ou de manière plus décalée : délégués à la liberté surveillée, avocats, instituteurs spécialisés, moniteurs etc., mais aussi policiers, gendarmes, etc. On pourra porter une attention particulière aux délégués à la liberté surveillée, apparus comme bénévoles dans le giron des sociétés de patronage, avant qu’ils ne deviennent des délégués permanents. Quelles sont leurs origines sociales et professionnelles ? Comment a évolué leur statut ? Comment sont-ils choisis ? Un même intérêt pourrait concerner les avocats, dont l’ordonnance de 1945 semble avoir indirectement masqué le rôle dans les procédures pour mineurs. Pour autant, certains avocats se sont-ils spécialisés dans les affaires de mineurs, à l’instar des magistrats pour enfants ? Comment est conçu leur rôle ? De la même manière, on oublie trop souvent le rôle joué par la police dans la protection des mineurs - pensons à la fameuse brigade des mineurs -, ainsi que dans la prévention, surtout dans les années 1960. 

Ce numéro retiendra les études monographiques sur une profession ou un métier, en s’attachant par exemple aux conditions de son émergence, à la référence aux modèles offerts par des professions connexes ou par des circulations internationales, aux représentations. Mais il prêtera aussi une attention à des lectures plus transversales, par exemple autour des concepts de profession, métier ou vocation, mais aussi à l’aune des problématiques de genre ou encore du point de vue de la formation. L’étude de ces professions devrait ainsi pouvoir enrichir les recherches actuelles sur l’histoire de l’enfance irrégulière, notamment en éclairant les chronologies propres à chacune, ainsi que les évolutions des savoirs, des techniques et des pratiques qui les sous-tendent. De ce point de vue, il s’agit aussi de mettre en évidence les différents processus de professionnalisation ; les groupements professionnels, de type syndical ou associatif, pourraient être par exemple des opérateurs intéressants de cette compréhension. 

Les propositions d'articles (synopsis de 2000 signes maximum) doivent être adressées, avant le 20 novembre 2009

Par messagerie à Samuel Boussion : samuelboussion@hotmail.com

Les propositions retenues (les auteurs en seront informés dès la fin novembre) pourront devenir un article de 50.000 signes maximum qui devra être rendu impérativement fin février 2010 par messagerie à Samuel Boussion : samuelboussion@hotmail.com, le numéro 12 de la revue RHEI devant paraître à la rentrée 2010, aux Presses universitaires de Rennes.

Dates

  • vendredi 20 novembre 2009

Mots-clés

  • enfance, social, professions, métiers

Contacts

  • Samuel Boussion
    courriel : boussion [at] bule [dot] univ-angers [dot] fr

Source de l'information

  • Samuel Boussion
    courriel : boussion [at] bule [dot] univ-angers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Au chevet de l'enfance irrégulière : vocations, métiers, professions (XIXe-XXe siècles) », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 28 octobre 2009, http://calenda.org/199331