AccueilL'orientalisme désorienté ? La Turquie contemporaine au miroir des approches postcoloniales

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Publié le mardi 27 octobre 2009 par Marie Pellen

Résumé

Les études turques se sont-elles entièrement dégagées du paradigme « orientaliste » ? Ce colloque a pour objet de réévaluer le regard porté sur la Turquie par les sciences sociales : les études sur la Turquie, considérées encore trop souvent comme relevant d’une « aire culturelle » irrémédiablement singulière, paraissent relativement hermétiques aux avancées théoriques, notamment vis-à-vis des interrogations induites depuis une trentaine d’années par les apports des différentes branches des postcolonial studies. Dans cette perspective, nous proposons deux axes centraux.

Annonce

Colloque organisé par l’Université de Galatasaray (Turquie), l’IEP de Rennes, l’Université de Rennes 1 et le CRAPE (IEP-Rennes1) dans le cadre de la saison de la Turquie en France (2009-2010)

28-29 janvier 2010, Institut d’Etudes Politiques de Rennes

Les propositions d’environ 3000 signes (e.c.) devront être envoyées au plus tard le 1er décembre 2009 aux adresses suivantes : laurent.mallet@yahoo.fr, btrkmen@yahoo.com, jean-francois.polo@sciencespo-rennes.fr.

La langue de travail du colloque est le français, les propositions en langue anglaise seront acceptées.

Les études turques se sont-elles entièrement dégagées du paradigme « orientaliste » ? Ce colloque a pour objet de réévaluer le regard porté sur la Turquie par les sciences sociales : les études sur la Turquie, considérées encore trop souvent comme relevant d’une « aire culturelle » irrémédiablement singulière, paraissent relativement hermétiques aux avancées théoriques, notamment vis-à-vis des interrogations induites depuis une trentaine d’années par les apports des différentes branches des postcolonial studies. Dans cette perspective, nous proposons deux axes centraux.

En premier lieu, il s’agira de réévaluer, à la lumière des apports théoriques fournis par les études postcoloniales, le regard porté sur la Turquie contemporaine par les sciences sociales en Turquie comme en « Occident ». Il est remarquable de noter qu’hormis quelques auteurs, la critique postcoloniale n’a eu que peu d’écho en Turquie, même si la société turque – que ce soit dans son mode de fonctionnement ou dans son rapport au passé, semble particulièrement éligible à ce questionnement. Du fait de l’héritage de l’Empire ottoman, « colonisateur » dans les Balkans, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, ou encore du fait d’une image de soi blessée par une domination occidentale qui fut mortelle pour l’Empire ottoman, dangereuse et formatrice pour la jeune Turquie républicaine.

Dans cette perspective, il semble particulièrement essentiel de s’interroger sur la notion de « fondation républicaine », comprise comme une rupture avec le passé. Le renouveau des études sur la notion d’Empire, qui se traduit en Turquie notamment par la remise en cause de la discontinuité entre l’ Empire et la République, semble particulièrement opératoire quant à l’analyse des tensions identitaires (ethniques, religieuses et sexuelles) qui animent la société turque contemporaine. De la même manière, l’analyse comparative de l’accueil réservé à la notion de postcolonialité en Turquie et en France paraît particulièrement opératoire dans la mesure où la République française est le modèle fondateur de la République turque, et que ce modèle est précisément remis en question par ces débats postcoloniaux.

Le second axe qui sous-tend cette rencontre est relatif plus précisément à la notion d’Orientalisme et, en contrepoint, au concept d’Occidentalisme. Ce concept semble être heuristiquement riche en offrant des outils d’analyses pour l’étude du rapport complexe à l’Occident, perçu à la fois comme un modèle à suivre et une source de danger. Il permet également de nourrir l’interrogation sur la réinvention de l’Orient (minorité kurde, islam politique, etc.) par une partie des élites turques, mode de représentation que l’on retrouve sous une forme opératoire dans de nombreux contextes, de la candidature turque à l’Union européenne à la question de la « démocratie contrôlée », pour ne citer que quelques exemples, l’articulation de la grille de lecture postcoloniale avec la double notion d’Orient et d’Occident réinventées dans le cadre de la Turquie contemporaine permet de renouveler le regard porté sur la Turquie. De ce point de vue, cette rencontre vise également à réfléchir sur la notion de la modernité en Turquie au prisme des rapports avec l’Occident, notamment à travers le concept de modernité « non occidentale ».

Comité d’organisation :

  • Laurent MALLET (Univ. De Galatasaray / IFEA),
  • Jean-François POLO (IEP Rennes / CRAPE),
  • Buket TÜRKMEN (Univ. De Galatasaray),
  • Claire VISIER (Univ. Rennes 1 / CRAPE).

Comité scientifique :

  • Laurent MALLET (Univ. De Galatasaray / IFEA),
  • Erik NEVEU (IEP Rennes / CRAPE),
  • Nazlı ÖKTEN (Univ. De Galatasaray),
  • Jean-François POLO (IEP Rennes / CRAPE),
  • Buket TÜRKMEN (Univ. De Galatasaray),
  • Claire VISIER (Univ. Rennes 1 / CRAPE).

Le colloque aura lieu à l’IEP de Rennes, 104 bd de la Duchesse Anne, 35700 Rennes.

Lieux

  • IEP de Rennes
    Rennes, France

Dates

  • mardi 01 décembre 2009

Mots-clés

  • Orientalisme, Turquie, Said, Occidentalisme, modernité, postcolonial, post-colonial

Contacts

  • Laurent Mallet
    courriel : laurent [dot] mallet [at] yahoo [dot] fr

Source de l'information

  • Laurent Mallet
    courriel : laurent [dot] mallet [at] yahoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'orientalisme désorienté ? La Turquie contemporaine au miroir des approches postcoloniales », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 27 octobre 2009, http://calenda.org/199332