AccueilLa domestication du faux : supports et suppôts

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Publié le mercredi 28 octobre 2009 par Marie Pellen

Résumé

Hypothèse-cadre : il existe des dispositifs de faire-apparaître (et disparaître) dont différentes manières de voir, de savoir et de gouverner portent la marque. La question est celle du coefficient de lisibilité et de déchiffrabilité affecté aux objets et aux sujets, plus et moins consciemment, afin de régir des formes de sensibilité, des opérations de savoir ou des arts de gouvernement.

Annonce

Séminaire de recherche à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (Paris), organisé par :

2e et 4e jeudis du mois de 13 h à 15 h (salle 830, 54 bd Raspail 75006 Paris), du 12 novembre 2009 au 27 mai 2010. Une séance supplémentaire aura lieu le 20 mai 2010 (même heure, même salle).

Attention ! la séance initiallement prévue le 28 janvier 2010 se déroulera le 21 janvier 2010, et aura lieu exceptionnellement à l'IISMM, 96 bd Raspail, 1er étage.

http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2009/ue/356/

Argument

Hypothèse-cadre : il existe des dispositifs de faire-apparaître (et disparaître) dont différentes manières de voir, de savoir et de gouverner portent la marque. La question est celle du coefficient de lisibilité et de déchiffrabilité affecté aux objets et aux sujets, plus et moins consciemment, afin de régir des formes de sensibilité, des opérations de savoir ou des arts de gouvernement.

Un exemple : la création d’un « peuple lisible » a pu être considérée comme une matrice essentielle des raisons d’État développées à l’époque moderne. Cette lisibilité s’inscrit dans un paradoxe : tout occupé à créer des sujets déchiffrables, l’État déploie des moyens d’identification-authentification (langages, catégorisations, formatages) ; cependant la reproductibilité technique de ceux-ci fin entache son action d’inauthenticité.

C’est en premier lieu ce cas de figure-là, l’action administrative, qui retiendra notre attention. Nous proposons qu’il peut exister une relation symbiotique entre la formalisation administrative (notamment par le biais d’une mise en papiers) et son parasitage par la falsification — un peu à l’image de phénomènes constatés dans le monde de la recherche scientifique ou des « marchés » de l’art. Explication : les méfaits de ceux-ci mettent celle-là au défi de réviser et d’affiner ses méthodes de contrôle, dont la sérialisation rend simultanément plus aisée la falsification — le tout au prix d’une certaine interchangeabilité des rôles.

Plus généralement, l’idée directrice est ainsi la suivante : le grand cirque du faire-apparaître est régi par des économies du faux qu’il importe de reconstituer. Suivre la circulation des devises mises en jeu, qui font presque aussitôt l’objet de contrefaçons ; et chercher quels processus permettent la domestication des faux jetons au cœur des systèmes collectifs d’interactions qui informent les jugements esthétiques, scientifiques, politiques ou moraux.

Programme

  • 12 novembre 2009 : "Lorsque le faux paraît..." - introduction

  • 26 novembre 2009 : "L'original dans la copie" - avec Christine Jungen (CNRS, Laboratoire d'anthropologie urbaine)

  • 10 décembre  2009 : "Make-Believe : pratiques, espace et matérialité de l'Etat" - avec Yael Navaro-Yashin (University of Cambridge, Department of Social Anthropology)

  • 14 janvier 2010 : "Jurisfiction" - avec Marc Olivier Baruch (EHESS, Approches historiques du monde contemporain)

  • 21 janvier 2010 (séance initialement prévue le 28 janvier 2010) : "Contrefaçons : une économie politique" - avec Béatrice Hibou (CNRS, Centre d'études et de recherches internationales). La séance aura exceptionnellement lieu à l'IISMM, 96 bd. Raspail, 1er étage.

  • 11 février 2010 : "L'authentique en son atelier" - avec Muriel Girard (Université de Tours)

  • 25 février 2010 : "Mettre en circulation" - point d'étape, travaux d'étudiants, discussion, débat

  • 11 mars 2010 : Attention, pas de séance

  • 25 mars 2010 : "Humanities Reloaded : l'avènement de sociologues électroniques, entre logique d'enquête et simulacre" - avec Francis Chateauraynaud (EHESS, Groupe de sociologie pragmatique et réflexive)

  • 8 avril 2010 : "Le culte de l'authentique : reliques des origines et de nos jours" - avec Mickaël Wilmart (EHESS, Centre d'histoire du domaine turc)

  • 20 mai 2010 : "Mots 'controuvés' : les errements d'une bureaucratie glossomane" - avec Emmanuel Szurek (EHESS, Centre d'histoire du domaine turc)

  • 27 mai 2010 : "Figures du faux dans l'histoire russe et soviétique" - avec Isabelle Ohayon (CNRS, Centre d'étude des mondes russe, caucasien et centre-européen)
N.B. : Les titres des séances sont de la responsabilité des organisateurs, ils ont été choisis après discussion préparatoire avec chacun des intervenants, en lien avec leurs champs d'interrogation respectifs.

Lieux

  • Paris, France

Dates

  • jeudi 12 novembre 2009
  • jeudi 26 novembre 2009
  • jeudi 10 décembre 2009
  • jeudi 14 janvier 2010
  • jeudi 21 janvier 2010
  • jeudi 11 février 2010
  • jeudi 25 février 2010
  • jeudi 25 mars 2010
  • jeudi 08 avril 2010
  • jeudi 20 mai 2010
  • jeudi 27 mai 2010

Mots-clés

  • falsification

Contacts

  • Marc Aymes
    courriel : marc [dot] aymes [at] voila [dot] fr
  • Benoit Fliche
    courriel : bfliche [at] hotmail [dot] com

Source de l'information

  • Marc Aymes
    courriel : marc [dot] aymes [at] voila [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La domestication du faux : supports et suppôts », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 28 octobre 2009, http://calenda.org/199340