AccueilEntreprises, État et risques géopolitiques : quelques exemples historiques

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Publié le mercredi 04 novembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

La journée d’étude que nous proposons se veut d’abord une mise en perspective de la notion de « risque politique » telle qu’elle est apparue dans l’entre-deux-guerres et telle qu'elle a été prise en charge par les systèmes naissants d’assurance-crédit. Sa définition a considérablement évolué : qu’est-ce aujourd’hui qu’un risque politique ou géopolitique pour une entreprise ? A quand remonte l’adoption de la notion actuelle de « risque-pays » et recouvre-t-elle le risque politique traditionnel ? La fin de la guerre froide a-t-elle été le grand tournant ou bien faut-il remonter à la fin des années 1970 et aux prémices de la mondialisation de l’économie ? L’internationalisation accélérée des sociétés industrielles et commerciales dans un monde de plus en plus ouvert constitue-t-elle un danger supplémentaire, un signe de leur fragilisation ?

Annonce

Lors du Forum mondial de Davos qui s'était tenu du 23 au 27 janvier 2008, les experts du monde entier s’étaient exprimés sur l’ensemble des risques qui pouvaient menacer la planète : risques politiques et risques transnationaux ou géopolitiques (montée de l'islamisme radical, actes de piraterie guerres civiles, conflits interétatiques). Le risque « extraordinaire », international, géopolitique, quel que soit le nom qui lui est donné aujourd’hui ou hier, existe depuis longtemps pour les entreprises. Le renversement d'un régime, une intervention militaire, une décision politique peuvent engendrer des dommages directs et indirects, sans parler de la dimension politique de certaines crises financières.

La Journée d’étude que nous proposons se veut d’abord une mise en perspective de la notion de « risque politique » telle qu’elle est apparue dans l’entre-deux-guerres et été prise en charge par les systèmes naissants d’assurance-crédit. Sa définition a considérablement évolué : qu’est-ce aujourd’hui qu’un risque politique ou géopolitique pour une entreprise ? A quand remonte l’adoption de la notion actuelle de « risque-pays » et recouvre-t-elle le risque politique traditionnel ? La fin de la guerre froide a-t-elle été le grand tournant ou bien faut-il remonter à la fin des années 1970 et aux prémices de la mondialisation de l’économie ? L’internationalisation accélérée des sociétés industrielles et commerciales dans un monde de plus en plus ouvert constitue-t-elle un danger supplémentaire, un signe de leur fragilisation ?

Les données géopolitiques sont entrées dans les préoccupations des entreprises du fait de la mondialisation et d’une information qui circule de façon instantanée. C’est quelquefois sur les marchés les plus risqués que les entreprises peuvent faire les plus belles opérations. Toutefois, investir dans des zones instables, s’intégrer dans des marchés à risque face à des gouvernements ou des sociétés qui n’ont pas toujours les mêmes critères de fonctionnement que dans les pays les plus anciennement industrialisés, ceci demande mûre réflexion. Certaines entreprises s’y refusent, d’autres cherchent des appuis politiques.

La grande entreprise qui se projette par définition au-delà des frontières n’est pas vraiment « apatride » comme on pourrait le penser de prime abord. BP, Renault ou Mac Donald sont aussi des symboles de la Grande-Bretagne, de la France et des Etats-Unis. Et, à ce titre, elles peuvent être attaquées, menacées, boycottées pour ce qu’elles représentent. Elles doivent donc rester en alerte. La communication de crise, les cellules de crise ou de veille font partie désormais de la panoplie des multinationales et des entreprises exportatrices en général.

Cet atelier entend étudier, d’un point de vue sectoriel et chronologique, les réponses données par les grandes entreprises publiques ou privées (essentiellement françaises mais pas uniquement) et les multinationales aux risques géopolitiques depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Quelle fut leur perception du risque politique et de son évolution et comment y répondirent-elles ? Quelles furent leurs attentes vis-à-vis des réponses que les Etats étaient susceptibles de leur apporter ? L’Etat peut-il intervenir lorsque les intérêts stratégiques des grandes entreprises nationales sont menacés (matières premières, énergie, flux de circulation etc.) ? Quelles sont les interventions possibles quand les grandes entreprises sont confrontées à un éventail élargi d’agressions ?

Dans le cadre de cette Journée exploratoire destinée à poser de premiers jalons pour de futures recherches historiques, témoignages et analyses historiques seront croisés dans une perspective d’histoire du temps présent. Les actes feront l’objet d’une édition courant 2010.

La Journée prend la forme d’un atelier fermé qui réunira un public de chercheurs et de praticiens.

Programme

9 h — Introduction par Eric Bussière, directeur-adjoint de l’UMR IRICE, et Alain Beltran, directeur de recherche au CNRS, UMR IRICE

Matinée.

Entreprises et risques géopolitiques : quelques exemples historiques

Modérateur : Alain Beltran, directeur de recherche au CNRS

9h 30

Hubert Bonin, professeur à l’Institut d’études politiques de Bordeaux
L’épargne française exposée aux risques russes dans les années1880/1920 : la réalité d’actifs mobiles

9h 50

Agnès d’Angio, chef du Service des archives économiques et financières de Savigny-le-Temple, chercheuse associée au Centre Roland Mousnier, Université de Paris IV-Sorbonne
La société Schneider et Cie face aux risques géopolitiques en Europe centrale et orientale (1918-1939)

10h 10

Jean-Paul Calon, direction financière, Compagnie du canal de Suez (témoignage)

10h 30 — Débats

10h 50 — Pause

11h 10

Jean-Louis Moreau, historien,
De la décolonisation à la zaïrianisation. Le capital belge bouté hors du Congo.

11h 30

Hervé L’Huillier, Direction de la stratégie et de l’intelligence économique, Total
Avancées et limites dans la perception du risque pays par la Compagnie française des pétroles pendant les « Trente Glorieuses »

11h 50

Sylvie Matelly (IRIS)
Un code de conduite européen pour sécuriser les exportations? Le cas des exportations d'armes en Europe

12h 10 — Débats

Un déjeuner réunira les participants à 12 h 30

Après-midi

Le rôle de l’Etat face au risque politique aujourd’hui

Modérateur : Eric Bussière, professeur à l’Université de Paris IV

14 h 30

Laurence Badel, professeur à l’Université de Strasbourg
L’Etat face au risque politique dans les années 1970 : les cas iranien, polonais et sud-africain

14 h 50

Eric David, chef du Bureau Assurance-Crédit, DGTPE, MINEFE
Le ministère de l’économie face au risque politique aujourd’hui

15 h 10 — Pause

15 h 30 — Table ronde

Guy de Panafieu, conseiller à la présidence de la République (1978-1981)

Bertrand Larrera de Morel, directeur des relations économiques extérieures (1972-1978), ministère de l’Economie

François David, président du conseil d’administration de COFACE SA.

Christian Masset, directeur général de la mondialisation, des partenariats et des développements, MAEE

17 h 00

Marc Lebailly, ACG Consultants
Différences culturelles et risques géopolitiques : Esquisses de réflexion à partir de l'exemple coréen

Conclusions — Laurence Badel, professeur à l’Université de Strasbourg

Organisation scientifique

Laurence Badel (Professeur à l’Université de Strasbourg, Institut universitaire de France, FARE) ; Alain Beltran (directeur de recherche au CNRS, UMR IRICE)

Lieu

salle 1, 1er étage, Université de Paris 1, 12, place du Panthéon (Ve)

Contact

Josette Mattesco, Institut Pierre Renouvin, jmatees@univ-paris1.fr, 01 40462790

Lieux

  • 12 place du Panthéon, salle 1, premier étage
    Paris, France

Dates

  • vendredi 04 décembre 2009

Mots-clés

  • entreprise, État, risque, géopolitique

Contacts

  • Beltran Alain, Badel Laurence ~
    courriel : beltran [at] univ-paris1 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Alain Beltran
    courriel : beltran [at] univ-paris1 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Entreprises, État et risques géopolitiques : quelques exemples historiques », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 04 novembre 2009, http://calenda.org/199407