AccueilLes théâtres institutionnels au prisme de leurs querelles (1660-1848)

Les théâtres institutionnels au prisme de leurs querelles (1660-1848)

Theatrical Institutions and their Quarrels (1660-1848)

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Publié le jeudi 05 novembre 2009 par Marie Pellen

Résumé

Le lien des théâtres institutionnels aux régimes monarchiques nous invite à étudier ces questions sur une longue période, de 1669, date de création du premier privilège de l’Opéra, à 1848, où une grave crise des théâtres éclate au moment de la chute de la dernière monarchie. En portant notre attention sur l’intervention structurante des querelles dans les institutions théâtrales et dans l’institutionnalisation des pratiques, et non pas sur les querelles dramatiques déjà étudiées pour elles-mêmes dans de nombreux travaux, nous nous interrogerons sur ce qui peut faire la continuité de cette période, non pour faire un tour exhaustif de la question abordée, mais pour porter notre attention sur des études de cas concrets, susceptibles de dessiner des problématiques stimulantes pour la recherche.

Annonce

PRESENTATION

Il est admis que le XVIIe siècle est marqué par l’institutionnalisation de la vie théâtrale, qui passe par la création de la Comédie-Française et de l’Académie royale de musique, la normalisation progressive des pratiques, la fixation des lieux, et la mise en place d’une esthétique par la hiérarchisation des genres. Cette institutionnalisation est souvent liée à la nécessité, pour le régime absolutiste, de contrôler la production culturelle, dans le cadre d’une construction idéologique. Alors que la pratique théâtrale s’est érigée en valeur, il faut prendre acte pour le siècle suivant du phénomène de diversification et de multiplication des pratiques et des formes théâtrales. Ce nouveau siècle de « théâtromanie » apparaît comme le résultat, ou l’héritage contradictoire, de la coexistence des théâtres institutionnels et de leurs doubles parodiques, antithétiques mais donc aussi complémentaires, comme un contre-modèle est le garant de la légitimité du modèle. À mesure que l’institution se développe, elle permet l’apparition et l’action d’éléments perturbateurs qu’elle rejette ou au contraire intègre en les légitimant : la querelle devient le modèle dynamique par lequel se redéfinissent les valeurs. La Révolution française et la première moitié du XIXe siècle sont marquées par une accélération de cet élargissement paradoxal du théâtre à des lieux et des publics plus divers, élargissement qui s’accompagne d’une uniformisation dramatique des productions. Comme si les institutions, ayant gagné la bataille de la normalisation esthétique de la pièce bien faite (et de l’organisation ordonnée de la séance qui l’accompagne), se dissolvaient en perdant, en retour, leur pouvoir de hiérarchisation des normes et des pratiques.
Le lien des théâtres institutionnels aux régimes monarchiques nous invite à étudier ces questions sur une longue période, de 1669, date de création du premier privilège de l’Opéra, à 1848, où une grave crise des théâtres éclate au moment de la chute de la dernière monarchie.
En portant notre attention sur l’intervention structurante des querelles dans les institutions théâtrales et dans l’institutionnalisation des pratiques, et non pas sur les querelles dramatiques déjà étudiées pour elles-mêmes dans de nombreux travaux, nous nous interrogerons sur ce qui peut faire la continuité de cette période, non pour faire un tour exhaustif de la question abordée, mais pour porter notre attention sur des études de cas concrets, susceptibles de dessiner des problématiques stimulantes pour la recherche. Nous formulerons ainsi quelques problèmes essentiels que nous pourrons aborder au cours des communications et du travail collectif qui les poursuivra :
  • Quel est le rôle du théâtre dans la mise en place d’une culture nationale, monarchique, impériale, étatique ? Comment se constitue un répertoire ?
  • Qu’est-ce qu’une institution théâtrale aux différentes périodes ? Selon quels modes de confrontations la Comédie Française, l’Opéra-Comique et L’Académie royale de musique, puis, plus tard, l’Odéon évoluent-ils ?
  • Quel est le rôle des monopoles et des privilèges dans la gestion des théâtres, leurs conflits, leur liberté, leur libéralisation ?
  • Comment s’articulent les nécessités du lieu institutionnel et les aménagements auxquels il est contraint pour continuer à attirer du public ? Que produit cette liberté dans les contraintes, cette hybridité, dans les lieux, les pratiques et au sein de la séance elle-même ?
  • Que devient le théâtre institutionnel lorsqu’il est sorti de son lieu, déplacé, et confronté à des pratiques non théâtrales, en particulier à la cour ?

PROGRAMME

Journée organisée par
  • Jessica Goodman
  • Jeanne-Marie Hostiou
  • Stéphanie Loncle
  • Marine Roussillon
Avec le soutien de…
  • Besterman Center for the Enlightenment
  • University of Oxford, Subfaculty of French
  • EA 174 – Formes et idées de la Renaissance aux Lumières (Université Paris 3)
  • GRIHL (Université Paris 3 – EHESS – CNRS)
  • EA4414 – Histoire des arts et des représentations (Université Paris 10 – La Défense)
  • Maison Française d’Oxford

13 novembre 2009

à la Maison Française d’Oxford

9h00 – Accueil et café.
9h15 – Mots d’accueil.

9h30 – Institutions et Nations

Présidence : Joe Harris (Royal Holloway, Université de Londres)

-Marine Roussillon (Université Paris 3 – Sorbonne nouvelle)
Le théâtre et la cour : les fêtes à Versailles
-Marion Lafouge (Université d’Aix Marseille, Wadham College, Oxford)
« Le plus superbe monument de la magnificence de Louis XIV » : Saint-Preux et l’Opéra de Paris
-Logan Connors (Paris IV – CELLF, Université de Louisiane)
Enjeux nationaux et théâtraux dans la critique du Siège de Calais (1765)

11h15 – pause

11h30 – Les acteurs de l’institution

Présidence : Alain Viala (Université d’Oxford)

-Jessica Goodman (Worcester College, Oxford)
Auteur, acteurs, texte et scène : jeux de pouvoir au Théâtre Italien, 1762-64
-Agnès Vève (Université Paris 3 – Sorbonne nouvelle)
La Comédie-Française et la bataille des pièces d'agrément: une saison charnière 1753-1754

12h45 – Pause déjeuner

14h15 – Entreprise ou Institution ?

Présidence : Christian Biet (Université Paris 10 – La Défense)

-Stéphanie Loncle (Université Paris 10 – La Défense)
Théâtres royaux et théâtres secondaires sous la Monarchie de Juillet : comment articuler institutions et libéralisme ? Le Théâtre du Gymnase et le Théâtre-Français en 1847
-Jeanne-Marie Hostiou (Université Paris 3 – Sorbonne nouvelle)
« Grand changement d’un temps à l’autre y a » : l’Inconnu et ses deux prologues
-Paul Tillit (Université Paris 10 – La Défense)
1672 - Naissance de l'Académie royale de musique sous une avalanche de procès

16h – Pause

16h15
Mark Darlow (Christ’s College, Cambridge)
La musique vaut mieux qu'une querelle linguistique : dynamiques progressistes et forces d'inertie à l'Académie Royale de Musique, des Bouffons à la Révolution

17h15 – Table ronde
avec Christian Biet, Joe Harris, Mark Darlow et Alain Viala.

Lieux

  • Oxford, Grande-Bretagne

Dates

  • vendredi 13 novembre 2009

Mots-clés

  • théâtre, monarchie, institution, esthétique, politique

Contacts

  • Loncle Stéphanie
    courriel : theatre [dot] institutionnel [at] yahoo [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Stéphanie Loncle
    courriel : stephanie [dot] loncle [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les théâtres institutionnels au prisme de leurs querelles (1660-1848) », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 05 novembre 2009, http://calenda.org/199434