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Made in Switzerland

Made in Switzerland

Mythes, fonctions, réalités

Myths, functions, realities

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Publié le vendredi 13 novembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Porteur de valeurs multiples, le Made in Switzerland peut être appréhendé comme la marque de fabrique d’un pays neutre qui offre ses « bons offices », le modèle politique d’une des plus vieilles démocraties du monde ou comme un label commercial qui fait valoir une « qualité suisse ». Le colloque a pour but de mener une réflexion sur ce concept qui régit la perception que l’on se fait de la Suisse à l’intérieur comme à l’extérieur du territoire helvétique. Le comité scientifique sera ouvert à des communications couvrant l’ensemble des périodes, du bas moyen-âge à l’époque contemporaine. Pour multiplier les angles d’approche, il souhaite des contributions examinant les différentes facettes politiques, économiques, sociales, culturelles, militaires et savantes du Made in Switzerland. Par ailleurs, les contributions de jeunes chercheurs et doctorants sont les bienvenues.

Annonce

Le Made in Switzerland est depuis longtemps porteur de valeurs multiples. Symbole du modèle politique de l’une des plus anciennes et plus stables démocraties au monde, il représente également la marque de fabrique d’un pays neutre qui offre ses « bons offices », privilégie la diplomatie de la médiation et promeut l’établissement de règles humanitaires. Il est en outre un label commercial qui fait valoir une « qualité suisse », née du mariage d’un savoir-faire et du souci commercial de créer une identité reconnaissable. De plus, le Made in Switzerland illustre la capacité à vivre ensemble, en dépit des différences linguistiques ou religieuses (politische Nation). Il a enfin pu véhiculer l'image d'une nation pour laquelle les profits dessinent les contours de la morale. Dans tous les domaines, le Made in Switzerland est devenu un signe connu et reconnu.

A notre idée, le Made in Switzerland est le dispositif qui régit la perception que l’on se fait de la Suisse à l’intérieur comme à l’extérieur du territoire helvétique. Certains ont pu dire que sa généralisation et sa réappropriation se trouvent à l’origine d’une réduction symbolique et d’une réécriture des concepts et des enjeux. De ce fait, elles ont parfois été qualifiées de mythe lequel serait un récit faux, parce que réducteur, qui vaut pour sa portée sur la définition du réel. D’autres perçoivent le Made in Switzerland au contraire comme une réalité historique, tandis qu’une troisième voie a préféré le considérer comme la mise en pratique d’une idéologie.

Constitutif de l’image et de la réalité de la Suisse, l’appréhension polysémique du Made in Switzerland n’a cependant jamais fait l’objet d’un examen approfondi. Ce colloque se propose de combler cette lacune en se fixant une telle étude pour objectif. Si l’on retrouve ce concept ou cette notion dans la plupart des spécialisations de l’histoire, de l’histoire politique à l’histoire économique, sociale, militaire ou culturelle, il ne s’agit cependant pas uniquement de dresser un catalogue des éléments constitutifs du Made in Switzerland, mais d’en examiner les conditions d’émergence, les modalités de fonctionnement, les conditions de perpétuation et surtout son lien avec la réalité historique. Nous suggérons dès lors d’aborder le Made in Switzerland selon les trois perspectives suivantes. 

Le made in Switzerland : une réalité ? - Le premier axe d'analyse prend le parti d’un Made in Switzerland réel, dans lequel le concept s'efface au profit de l’étude de ses occurrences dans l'histoire de la Suisse et du monde. Dans une perspective comparatiste visant à une épistémologie historique, le comité scientifique sera ouvert à des communications couvrant l’ensemble des périodes, du bas moyen-âge à l’époque contemporaine. Pour multiplier les angles d’approche, il souhaite des contributions examinant les différentes facettes politiques, économiques, sociales, culturelles, militaires et savantes du Made in Switzerland. La mise en place de normes de qualité suisse et leur impact sur les modalités de développement du système de production suisse pourraient ainsi faire l’objet d’une étude. Dans le cadre du mercenariat, le soldat suisse qui est devenu une marchandise hautement valorisée, dont les qualités étaient reconnues, dans la Confédération et au-delà, tant pour leurs apports militaires qu’économiques, mérite également un examen. Il en va de même de l’avènement et de la défense de la liberté et de l’indépendance ou des motifs constituant la neutralité ou le secret bancaire et l’élevant au rang d’axiomes.

Constitution et diffusion du mythe – Le Made in Switzerland  n’est pas donné : il se construit et se redéfinit perpétuellement en fonction de conditions spécifiques qu’il est éclairant d’explorer. Une série de contributions pourrait ainsi retracer les processus qui mènent à la constitution et à l’acceptation du mythe du Made in Switzerland. Quels sont les rôles joués par les conditions politiques, économiques et sociales, et le cadre géopolitique et environnemental dans l’acceptation de sa version imaginée? Selon quelles modalités voit-on émerger un consensus autour des attributs du Made in Switzerland ? Existe-t-il des versions concurrentes de celles qui sont aujourd’hui acceptées et que sont-elles devenues? Quels rôles y jouèrent l’archéologie des concepts, les méandres de la tradition orale et les déformations de l’écrit ? La question des modes de diffusion du Made in Switzerland se pose également. Comment a-t-il pu se développer et se répandre au niveau local, puis dans le Corps helvétique et enfin dans le monde ? Quels rôles ont joué les réseaux politiques, économiques, sociaux, culturels, militaires et savants dans ce processus dont il importe de souligner la dimension micro- et macroscopique ?

Fabula Faber – Les deux pôles du Made in Switzerland ne sont pas indépendants. Ils sont en relation causale réciproque. Il est donc nécessaire de renverser la perspective et de s'interroger sur la manière dont le mythe agit sur la (re)définition de la réalité. Comment et selon quelles modalités une réputation d’excellence devient-elle une exigence à laquelle on ne peut échapper ? Quels sont les processus de constitution et d’application d’une norme ? Etudié sous l’angle d’une self-fulfilling prophecy, l’impact de la représentation sur le réel pourra ouvrir des perspectives enrichissantes sur les rapports qu’entretiennent réalité et représentations. Quelles fonctions se nourrissent d’une communauté imaginée de savoir-faire, de savoirs et d’identité à l’échelle locale, helvétique et mondiale ? Le colloque sera en particulier sensible aux études interrogeant la portée du mythe et sa variabilité selon l’identité de ceux auxquels il s’adresse ou de ceux qui l’expriment.

Nous invitons toutes les personnes intéressées à présenter leurs recherches à remettre un résumé de 250 mots avant le 15 décembre 2009.

Le colloque qui se tiendra les 14 et 15 octobre 2010 à Neuchâtel encourage les interventions de doctorants et jeunes chercheurs.

Lieux

  • Université de Neuchâtel
    Neuchâtel, Confédération Suisse

Dates

  • mardi 15 décembre 2009

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Suisse, histoire, mythe, réalité, image, consrtuction, identité

Contacts

  • RIH #
    courriel : info [dot] rih [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • RIH (Réseau Interuniversitaire d'Historiens) Université de Genève et Neuchâtel ~
    courriel : info [dot] rih [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Made in Switzerland », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 13 novembre 2009, http://calenda.org/199509