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Les lettres et les sciences humaines et sociales face aux jeux vidéo

Laboratoire junior « Jeux vidéo : pratiques, contenus, discours »

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Publié le jeudi 12 novembre 2009 par Marie Pellen

Résumé

Appel à communications en vue de la journée d'études « Les lettres et les sciences humaines et sociales face aux jeux vidéo », organisée par le laboratoire junior « Jeux vidéo : pratiques, contenus, discours », qui se tiendra le mercredi 26 mai 2010 à Lyon (ENS LSH).

Annonce

 Depuis les années 1990, les approches de l’étude des jeux vidéo, issues de toutes les disciplines des lettres et des sciences humaines et sociales, se sont multipliées. Ces différentes approches ont tour à tour transposé des problématiques et des méthodologies stabilisées à partir d’autres objets de recherche, ou bien réclamé l’émergence d’une discipline à part. La recherche anglophone s'est peu à peu structurée en game studies, avec des colloques et publications internationales spécialisées, mais la controverse entre « narratologistes » et « ludologistes » témoigne du foisonnement des positionnements théoriques. Malgré des tentatives récentes de concilier ces deux positions, leur objectif initial, qui était de légitimer la recherche sur les jeux vidéo, n’est pas complètement atteint. A l’inverse, ce choix de construire une discipline spécifique, à part, soulève de nombreuses questions.

 Le laboratoire junior « Jeux vidéo : pratiques, contenus, discours » a fait le choix de favoriser des réflexions plus interdisciplinaires en France, en organisant en mai 2009 une journée d’études sur la construction d’un objet et de méthodologies de recherche. Dans la continuité de ces réflexions, le laboratoire junior souhaite approfondir les relations des jeux vidéo avec les lettres et les sciences humaines et sociales, en particulier avec leurs autres objets et champs de recherche. Dans quelle mesure les jeux vidéo éclairent-ils les problématiques, les concepts et les méthodes « classiques » ? Comment cet objet s’intègre-t-il dans des champs disciplinaires déjà bien constitués ? A-t-on vraiment besoin d’une discipline à part pour impulser la recherche sur les jeux vidéo ?

 Pour apporter des éléments de réponse à ces questions théoriques et épistémologiques, le laboratoire junior « Jeux vidéo : pratiques, contenus, discours » organise sa seconde journée d’études le mercredi 26 mai 2010, sur le thème : « Les lettres et les sciences humaines et sociales face aux jeux vidéo ». Jeunes chercheurs et chercheurs confirmés, spécialistes de jeux vidéo ou non, sont invités à réfléchir ensemble sur la manière dont les jeux vidéo interpellent leurs disciplines respectives. L’étude des jeux vidéo montre une tension entre la nécessité d’approches ancrées disciplinairement et l’objectif de cerner les jeux vidéo dans toute leur spécificité. Les interventions et les débats pourront s’organiser autour des trois axes suivants :

 1. Qu’apportent les lettres et les sciences humaines et sociales à l’étude des jeux vidéo ?

Malgré la multiplication des discours sur les jeux vidéo, ceux-ci ont longtemps été négligés par les travaux universitaires. Récemment, de nombreuses disciplines se sont penchées au moins ponctuellement sur les jeux vidéo, de l’anthropologie à l’économie, en passant par l’histoire de l’art, la sociologie ou la géographie. Dans quelle mesure les problématiques, les concepts et les méthodes classiques forgés sur d’autres terrains ou à partir d’autres objets de recherche sont-ils adaptables aux jeux vidéo ? Les théories économiques fonctionnent-elles dans l’univers des jeux vidéo ? L’espace dans les jeux vidéo remet-il en cause la définition de l’espace géographique ? Les définitions classiques d’identité et d’altérité sont-elles mobilisables ? En quoi la sous-culture vidéoludique éclaire-t-elle la sociologie des pratiques culturelles ? Quels sont les rapports des jeux vidéo avec d’autres objets transdisciplinaires comme la ville et l’urbain ?

 2. À quoi servent les game studies ?

Les concepts et les méthodes « classiques » peuvent-ils être adaptés aux jeux vidéo ? À l’inverse faut-il encourager l’émergence de nouveaux outils, voire la constitution d’une discipline à part entière ? C’est la position adoptée par une partie des chercheurs, avec l’émergence des game studies, mais elle est loin de faire consensus. Elle participe d’un processus de légitimation de la recherche sur les jeux vidéo, comme si l’objet ne se suffisait pas à lui-même. Mais doit-on encore justifier toute recherche sur un objet culturel parfois considéré comme illégitime, comme ce fut le cas pour tous les médias de masse, ou être au contraire interpellé par les discours parfois irrationnels qu’il suscite ? Et peut-on faire un premier bilan critique des game studies ?

 3. Les jeux vidéo sont-ils porteurs de renouvellement pour les lettres et les sciences humaines et sociales?

Dans quelle mesure les recherches sur les jeux vidéo en viennent-elles à modifier les problématiques, les concepts et les méthodes classiques forgés sur d’autres terrains ou à partir d’autres objets de recherche ? La journée d’étude de mai 2009 avait montré les adaptations méthodologiques qu’entraîne l’étude des jeux vidéo, avec les problèmes de convergence de méthodes ancrées disciplinairement sur un objet commun, sans avoir fait le tour de la question. Les chercheurs doivent faire appel à des méthodologies issues de leurs propres disciplines, pas toujours complètement satisfaisantes dans le cas des jeux vidéo  et les univers dits « virtuels » posent des problèmes de méthodes de terrain particuliers. Mais au-delà de l'adaptation des méthodes, les jeux vidéo sont-ils porteurs de nouvelles perspectives, de nouvelles interrogations ? Certaines disciplines comme la microéconomie ou l’épidémiologie commencent à utiliser les jeux vidéo dans le cadre d’expérimentations ou de simulations, est-ce un simple effet de mode ? Par ailleurs, les jeux vidéo ne conduisent-ils pas à réinterroger certains fondamentaux comme le temps ou l’espace?

Les propositions de communication sont attendues pour le 29 janvier 2010 (entre 2000 et 4000 signes, espaces compris et hors bibliographie éventuelle). Elles seront accompagnées d’un titre et préciseront les coordonnées de l’auteur. Elles sont à envoyer à l’adresse suivante : hterminassian@gmail.com

 

Une réponse parviendra aux auteurs le 15 février 2010, après sélection anonyme des propositions retenues par les membres du comité scientifique. Les textes des communications finales (30 000 signes, espaces compris) seront à envoyer pour le 3 mai 2010.

 

La journée d’étude sera organisée le mercredi 26 mai 2010 dans les locaux de l’Ecole Normale Supérieure Lettres et Sciences Humaine à Lyon. Le laboratoire s’engage à prendre en charge une partie des frais de déplacement et d’hébergement des intervenants. Les interventions et les débats seront enregistrés et les vidéo mises en ligne comme l’année précédente sur le site du laboratoire junior « Jeux vidéo : pratiques, contenus, discours » : http://jeuxvideo.ens-lsh.fr/

Les actes pourront éventuellement faire l’objet d’une publication.

 Comité scientifique :

Il est composé des membres du laboratoire junior ainsi que de trois personnalités extérieures :

  • Mathieu Triclot, maître de conférences en philosophie
  • Emmanuel Guardiola, game designer et enseignant
  • Igor Moullier, maître de conférences en histoire

Lieux

  • ENS LSH, 15 parvis René Descartes
    Lyon, France

Dates

  • vendredi 29 janvier 2010

Mots-clés

  • jeux vidéo, game studies, problématiques, méthodes, épistémologie, laboratoire junior

Contacts

  • Laboratoire junior "Jeux vidéo : pratiques, contenus, discours" ~
    courriel : jeuxvideo [at] ens-lsh [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Hovig Ter Minassian
    courriel : hovigterminassian [at] univ-tours [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les lettres et les sciences humaines et sociales face aux jeux vidéo », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 12 novembre 2009, http://calenda.org/199520