AccueilL'expérience de la ville. Les cinq sens du citadin, du Moyen Âge à l'époque contemporaine

L'expérience de la ville. Les cinq sens du citadin, du Moyen Âge à l'époque contemporaine

The Experience of the City. The five senses of the city-dweller, from the Middle Ages to the contemporary period

Contribution à une anthropologie historique

Towards an historical anthropology of urban space

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Publié le mardi 17 novembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Appel à contributions pour une « specialist session » dans le cadre de la conférence internationale d'Histoire urbaine à Gand (Belgique), du 1er au 4 septembre 2010. Cette session cherche à explorer le paysage sensoriel urbain en s'interrogeant surtout sur les critères qui définissent ces sensibilités.

Annonce

L'expérience de la ville

Les cinq sens du citadin, du Moyen Age à l’époque contemporaine. Contribution à une anthropologie historique urbaine

Session

Organisateurs :

Robert Beck et Ulrike Krampl, Université François-Rabelais de Tours/CeRMAHVA (France)

Langues :

Anglais et français

La session « L’expérience de la ville » se propose d’explorer le paysage sensoriel urbain (Alain Corbin) en partant de l’expérience individuelle et collective des citadins, entendue ici comme instance de jugement (Arlette Farge). Il s’agira, en effet, d’historiciser le lien entre l’espace et les sens en tant que ressort essentiel de la construction de la ville comme ensemble signifiant (sociologie urbaine, Jean-François Augoyard). La réalité urbaine est fabriquée à travers des « pratiques d’espace » (Michel de Certeau), au nombre desquelles on peut compter l’expérience sensorielle : la figure du citadin comme acteur sensible sera ainsi placée au centre de la réflexion. 

L’expérience sensorielle du citadin est forgée par une série de filtres de perception, propres au contexte historique donné et à la matérialité spécifique de la ville : la forme urbaine, mais aussi le sexe du citadin, son âge, son appartenance sociale, sa situation économique et son activité professionnelle, ses origines géographiques, culturelles, politiques et ethniques, etc. façonnent les sens. Cette expérience se dit avec des mots, des gestes, des regards, l’expression du visage et des mouvements du corps. Incorporée, elle forge un imaginaire individuel et collectif qui oriente l’action des hommes et des femmes dans la ville, que ce soit le choix d’un itinéraire ou les politiques urbaines menées par les autorités publiques.

En effet, nos expériences sensorielles ont elles-mêmes une histoire. Elles sont modelées par les discours et les représentations que véhiculent les sciences, la religion, la politique, l’art et la littérature : pourquoi, par exemple, la ville du XIXe siècle est-elle représentée dans un cadre bucolique ? Il faudrait aussi analyser la rencontre entre morale, médecine et perceptions sensorielles qui, s’inscrivant dans un même discours, permet d’opérer des distinctions socio-politiques : la perception de quartiers pauvres depuis la fin du XVIIIe siècles, celle d’une ville lointaine par les voyageurs, amateurs ou scientifiques, les « cités » ou « quartiers » de notre époque, etc. Pour les périodes modernes et pré-modernes, d’autres critères devront être pris en compte. Quelles significations un citadin peut-il attribuer à un phénomène sensible, les bruits des rues de Paris évoquent-t-ils en lui les mêmes sensations, affects, images, que ceux de Calcutta, London ou Belgrade, Berlin ou du Caire ? Le mouvement même des corps, itinérant ou sédentaire, affecte-t-il le dispositif sensoriel ? Que veut dire, finalement, « se sentir » chez soi ? Comment saisir l’expérience sensible de l’altérité urbaine ?

Il existe, on le sait, une hiérarchie des sens, la tradition occidentale privilégiant la vue. L’ambition de cette session sera ainsi double : interroger d’une part l’importance, certes inégale, de tous les cinq sens dans la perception et le façonnement de l’espace urbain et d’autre part, croiser les expériences de citadins d’horizons sociaux et culturels différents. Il doit s’agir, autrement dit, d’une analyse des filtres de perception qui régissent nos sens.

S’inscrivant dans une histoire anthropologique de nos sensibilités, cette démarche que l’on pourrait qualifier d’anthropologie urbaine, permettrait de faire apparaître une fonction ‘naturelle’ du corps humain comme un produit historique de paramètres à chaque fois spécifiques et qu’il s’agira d’analyser. L’interrogation sur l’expérience sensorielle de la ville cherche ainsi à contribuer à une compréhension de l’altérité et de ses enjeux, expérience qui, inscrite dans les corps mêmes, anime de manière ‘évidente’ l’action des hommes et des femmes qui, à un moment ou un autre, entrent en contact avec la ville.

Des communications de toutes les disciplines sont les bienvenues tant qu’elles comportent une réflexion à la fois historique et anthropologique, à partir d’analyses d’exemples concrets.

Fin de candidatures : 31 décembre 2009

Call for Papers

The Experience of the City  

The five senses of the city-dweller, from the Middle Ages to the contemporary period. Towards an historical anthropology of urban space.

Organizers:

Robert Beck et Ulrike Krampl, Université François-Rabelais de Tours/CeRMAHVA (France)

Languages :

English and French

The specialist session, “The Experience of the City”, intends to explore the urban “sensorial landscape” (Alain Corbin) by concentrating on the individual and collective experience of urban actors, an experience which can be understood as a resource for sensible expression and action (Arlette Farge). Indeed, we aim to historicize the relationship between space and the senses, for it fundamentally motivates the construction of the city as a signifying entity (Urban sociology, Jean-François Augoyard). Urban reality is produced by “spatial practices” (Michel de Certeau), including sensorial experience which plays a major but invisible role. The main focus of attention will therefore concern the sensitivity of the urban actor.

The sensorial experience of the city-dweller is fashioned by a series of filters of perception which are specific to historical contexts and the particular materiality of a city, i.e. urban forms as well as categories of sex, age, social group, geographical, cultural, political and ethnic origins, etc. Words, gestures, gazes, facial expressions and body movements all reveal the life of the senses. As it is an incorporated experience, it forges individual and collective imaginations that guide men’s and women’s agency in the city, from the simple choice of an itinerary to complex urban policies conceived by public authorities.

Our sensorial experience has a history of its own. Experience and its expression are shaped by discourses and representations that are produced by science, religion, politics, art and literature : Why, for instance, is the 19th century city represented in a bucolic setting ? It is essential to analyze intersections between morality, medicine and sensorial perceptions, which have formed the criteria for socio-political distinctions since the end of the 18th century: the perception of poor neighbourhoods by cultural, economic and political elites, of unfamiliar or ‘exotic’ towns by amateur or scientific travellers, the ‘cités’ and ‘quartiers’ of today’s France, etc. In pre-modern and early modern times, different criteria have to be taken into account. What significations can an urban actor ascribe to a sensorial phenomenon? Does street noise cause the same sensations and feelings whether in Paris or Calcutta, London or Belgrade, Berlin or Cairo? Does an itinerant, moving body have different consequences on the sensorial system than a sedentary, stable one? What does it mean finally « to feel » at home in a specific place? And how can we apprehend the sensitive experience of otherness in the urban context?

The five senses are of unequal importance from one period to another, from one culture to another; in the Western tradition sight is the most central of all. The dual aim of this session is  to consider the importance of all five senses in the perception and fashioning process of urban space, as well as to compare the various experiences of people from different social and cultural backgrounds. In other words, analysis should focus on the filters of perception that organize our senses.

This approach, which we might call urban anthropology, makes it possible to analyze the ‘natural’ function of the human body as the result of specific, and intertwined, historical, cultural and political factors, which themselves change over time. By questioning the sensorial experience of the city we would like to contribute to a broader understanding of otherness, particularly because of its corporeal dimension which informs the everyday existence of men and women who, at one time or another, have contact with the city.

Contributions from all disciplines are welcome as long as they include an historical and anthropological approach, based on specific examples.

Deadline: 31 of december

Lieux

  • Université de Gand
    Gand, Belgique

Dates

  • jeudi 31 décembre 2009

Mots-clés

  • expérience sensorielle, altérité, anthropologie urbaine

Contacts

  • Robert Beck
    courriel : Robert [dot] Beck [at] wanadoo [dot] fr
  • Ulrike Krampl
    courriel : ulrike [dot] krampl [at] univ-tours [dot] fr

Source de l'information

  • Robert Beck
    courriel : Robert [dot] Beck [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'expérience de la ville. Les cinq sens du citadin, du Moyen Âge à l'époque contemporaine », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 17 novembre 2009, http://calenda.org/199548