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Être historien de l’art aujourd’hui

Being an Art Historian today

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Publié le mercredi 18 novembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

En tant que science humaine, l’histoire de l’art ne peut rester figée dans un schéma de pensée, se devant de se renouveler en se confrontant aux propres évolutions de son sujet d’étude. Ainsi, alors que les révolutions artistiques de ces dernières décennies ont profondément transformé le champ de la création, il apparaît nécessaire de s’interroger sur la manière dont ces bouleversements ont modifié, ou non, les réflexions et les modes de recherches de l’historien de l’art, ainsi que les applications de son travail. Ce colloque s’articulera autour de trois problématiques principales qui interrogeront le réaménagement des cadres traditionnels dans lesquels l’histoire de l’art est née.

Annonce

Colloque international organisé par THES-ARTS, association des doctorants et post-doctorants d’histoire de l’art XIXèmistes et XXèmistes de Paris-Sorbonne

L’association THES-ARTS instituera, à l’occasion du premier anniversaire de sa création au mois de juin 2010, un cycle de colloques internationaux destiné à promouvoir le travail de jeunes historiens de l’art.

En guise de préambule, THES-ARTS a choisi de consacrer son premier colloque au rôle de l’historien de l’art aujourd’hui. Cet événement sera donc l’occasion de se situer au sein de cette discipline mais également de faire le point sur son évolution.

En tant que science humaine, l’histoire de l’art ne peut rester figée dans un schéma de pensée, se devant de se renouveler en se confrontant aux propres évolutions de son sujet d’étude. Ainsi, alors que les révolutions artistiques de ces dernières décennies ont profondément transformé le champ de la création, il apparaît nécessaire de s’interroger sur la manière dont ces bouleversements ont modifié, ou non, les réflexions et les modes de recherches de l’historien de l’art, ainsi que les applications de son travail.

Ce colloque s’articulera autour de trois problématiques principales qui interrogeront le réaménagement des cadres traditionnels dans lesquels l’histoire de l’art est née.

Nouveaux outils d’étude/nouvelles œuvres/nouvelles histoires de l’art ? :

Au cours de ces dernières années, la nouvelle matérialité de l’œuvre ainsi que les nouveaux outils d’étude ont réinventé l’approche et le discours de l’historien de l’art.

A travers les expérimentations artistiques qui ont émergé dès l’aube du XXe siècle, la matérialité de l’œuvre a changé. L’artiste a fait sien tout élément de la vie, de l’objet quotidien à l’objet précieux, de l’organique aux nouvelles technologies, du tangible à l’intangible. L’absence de limites que rencontre cette matière première a enrichi le vocabulaire artistique qui a lui-même contribué à l’évolution du vocabulaire théorique de l’historien de l’art.

Le travail de ce dernier a également été renouvelé par la création d’outils innovants qui l’ont amené à reconsidérer son approche des œuvres nouvelles comme anciennes. Grâce à la technologie, et notamment l’informatique, des outils ont été mis à la disposition des chercheurs. Des bases de données ont été construites, les musées ont numérisé leurs collections et leurs archives, dorénavant consultables à distance. Un véritable arsenal est mis à la disposition des historiens de l’art. Le déplacement et le contact direct avec les œuvres serait-il devenu dispensable ?

Ce colloque sera l’occasion d’étudier comment l’historien de l’art réinvente son mode de recherche et son discours face à ces nouveaux enjeux.

L’histoire de l’art d’aujourd’hui : en quête de recul critique

Ce renouvellement de la matérialité de l’œuvre et de la méthodologie de l’historien de l’art pose la question du recul dont il dispose pour appréhender la création de son temps. Sans cesse sollicité pour donner son point de vue dans les différents médias et non seulement pour une communauté de spécialistes, l’historien de l’art ne joue-t-il pas aujourd’hui autant le rôle d’un critique que d’un scientifique ? Revendiquant, par sa capacité d’expertise, une légitimité particulière à énoncer des jugements de goût, ne tente-il pas aujourd’hui aussi de se faire une place parmi l’écrivain, le journaliste ou le philosophe ? Peut-on vraiment considérer que ce glissement médiatique d’une partie des historiens de l’art remet en cause les fondements théoriques de la discipline ?
Des contributions devront tenter de répondre à ces questions en retraçant les continuités et discontinuités épistémologiques propres à la discipline. Cela, en plaçant au centre des débats, la manière dont l’histoire de l’art d’hier influence l’histoire de l’art d’aujourd’hui.

L’histoire de l’art comme art appliqué

De la bibliothèque au musée, en passant par la galerie, l’historien de l’art se trouve à la croisée de différents champs d’application, qui font de son savoir, un savoir-faire qui prend tout son sens dans son interaction avec d’autres disciplines et d’autres métiers. A travers cette mutualisation des connaissances, qui a également nourri ses théories, l’historien de l’art ne se révèle-t-il pas autant comme un scientifique que comme un professionnel de la conservation et de la diffusion du patrimoine ?

A partir de ces trois problématiques principales des interventions transversales permettront d’enrichir la réflexion. Ainsi, alors que sont apparues ces dernières années des interrogations quant à la survie de l’histoire de l’art, chez Hervé Fischer (1) et Hans Belting (2) notamment, ce colloque rappellera que l’historien de l’art a su, à chaque époque, inventer une méthodologie inédite, une approche de l’art nouvelle, métamorphosant son champ de réflexion et ses domaines d’application, comme porté par le propre élan créatif et transformatif de l’art.

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1- L’artiste et philosophe français Hervé Fischer coupa symboliquement le fil de l’histoire linéaire de l’art le 15 février 1979 lors d’une performance au Centre Pompidou. Il est également l’auteur de l’essai L’histoire de l’art est terminée publié en 1981.
2- L’historien de l’art allemand Hans Belting poursuit la réflexion de Fischer en 1983 dans son ouvrage L’histoire de l’art est-elle finie ?
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Comité scientifique (en cours de constitution)

Comité d’organisation : Association THES-ARTS

Date et lieu : Le vendredi 18 et le samedi 19 juin 2010 à l’Institut National d’Histoire de l’Art à Paris

Modalités pour les propositions d’intervention :

La proposition (500 mots maximum) est à envoyer accompagnée d’un CV à : thesarts.sorbonne@gmail.com

Date limite d’envoi : 25 janvier 2010

Langues d’intervention : français, anglais

Les postulants seront avisés de la sélection de leur proposition avant la fin du mois de janvier 2010.

Pour les participants certains frais de déplacement et de logement pourront être pris en charge.

Publication :

Les interventions seront publiées sur le site Internet de l’association (www.thes-arts.com)

Pour toutes informations complémentaires :
www.thes-arts.com / thesarts.sorbonne@gmail.com

English version

International symposium organized by THES-ARTS, association of PhD students and PhD’s in 19th and 20th Century Art, at the Paris-Sorbonne University

For its first anniversary in June 2010, the THES-ARTS Association will initiate a series of symposiums in order to promote the work of young Art Historians.

As preamble THES-ARTS decided to dedicate its first symposium to today’s role of the Art Historian. This event will be the occasion to place ourselves in relation to this discipline and also to statue on its evolution.

Being a social science, Art History cannot afford a fixed way of looking at things, but needs constant renewal by confronting itself to the evolution of its proper subject of research. While the artistic revolutions of the last decades have deeply transformed the process of creation, it has become inevitable to question the way these disruptions have, or have not changed the thoughts and researches of the Art Historian, as well as the applications of his work.

This symposium will be organized around three main problematics, which will question the rearrangement of traditional settings in which Art History is born.

New researching tools/new art forms/new Art Histories?

In the last few years, the new materialities of the work as the new researching tools have reinvented the approach and the speech of the art historian.

Through the artistic experimentations, which have emerged at the dawn of the Twentieth Century, the materiality of the work has changed. The artist has appropriated every single element of life from the usual objects to the precious ones, from the organic to the new technologies, from tangible to the immaterial. The lack of boundaries of these raw materials has enriched the artistic vocabulary that has in its turn contributed to the evolution of the art historian’s theoretical vocabulary.

The Art Historian’s work has been revitalized by the creation of innovative tools, which brought him to reconsider his approach towards new and old works. Thanks to technology and especially to computer science, many tools are now accessible to the researcher. Databases have been created, museums have digitized their collections and archives are now widely available by remote access. Is travelling and facing the original works getting superfluous?

This symposium will be the occasion to study how Art Historians reinvent their way of researching and their speech face with these new stakes.

Art History today: in search of critical detachment

The renewal of the work materiality and the methodology of the Art Historian raise the question of the detachment he uses to understand the works of his time. Constantly assailed by requests to give his point of view in the various medias, isn’t he playing both roles, the one of critics and of scientifics?

His ability to expertise gives him a specific legitimacy to express his judgments of taste. But at the same time, he might try to find his place amongst writers, journalists or even philosophers? Is this mediatic shift shattering the theoretical foundations of Art History?

Some studies will have to answer these questions by recounting the epistemological continuities and discontinuities which characterize Art History and by analyzing how the past’s Art History influences today’s Art History.

Art History as applied art

From the library to the museum via the gallery, Art Historian have to face different scopes of application that turned his knowledge into a "savoir-faire" making sense in its interaction with other subjects and jobs. Through this gathering of knowledge which has also nourished other theories, doesn’t the Art Historian appear as much as a scientific and a professional of conservation and circulation of cultural inheritance?

From these three problematics, transverse studies will contribute to improve the thought. Thus, while questions have appeared in recent years concerning the survival of Art History (in Hervé Fischer (1) and Hans Belting works’ for example), this upcoming symposium will remind us how the Art Historian has always been able to invent a totally new methodology, a new approach of art, metamorphosing his fields of thinking and his areas of applications, as he was carried by the creative impetus of art.

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1- The French artist and philosopher Hervé Fischer symbolically cut the the string of linear Art History on 15 February 1979 during a performance in the Centre Pompidou Museum. He is also the author of the essay L’histoire de l’art est terminée published in 1981.
2- The German Art Historian Hans Belting continues Fischer reflexion’s in 1983, in L’histoire de l’art est-elle finie ?
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Scientific committee (selection in progress)

Organizing board : THES-ARTS Association

Date and location: The symposium will be held in 2010 on June 18 and 19 at the National Institute of Art History (Institut National d’Histoire de l’Art) in Paris

Submission :

The abstract – in French or English - should not be more than 500 words. Please submit the abstract and a short CV,

before the 25th January 2010

by email to: thesarts.sorbonne@gmail.com
Replies will be sent at the end of January 2010. For the participants, the costs of travel and lodging will be paid for in full or in part.

Editing :

Articles will be published after the conference on the THES-ARTS website (www.thes-arts.com)

For more information:
www.thes-arts.com / thesarts.sorbonne@gmail.com

Lieux

  • Institut National d’Histoire de l’Art, 2 rue Vivienne
    Paris, France

Dates

  • lundi 25 janvier 2010

Mots-clés

  • Histoire de l'art, science humaine, recherche, réflexion, expérimentation, nouveaux outils, nouvelles oeuvres, art appliqué, théorie, discipline, scientifique, patrimoine

Contacts

  • Anastasia Simoniello
    courriel : thesarts [dot] sorbonne [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Anastasia Simoniello
    courriel : thesarts [dot] sorbonne [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Être historien de l’art aujourd’hui », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 18 novembre 2009, http://calenda.org/199559