AccueilRécit(s), sujet(s) (2009-2010)

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Publié le lundi 23 novembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Dans le cadre du séminaire interdisciplinaire du CIRCPLES, nous proposons de travailler sur le thème Récit(s), sujet(s) ; le choix du pluriel éventuel se justifiant par les croisements interdisciplinaires auxquels cet intitulé invite. En effet, l’usage des termes dans nos disciplines ne recouvre pas toujours la même chose, selon que l’on se place du point de vue des objets, du concept ou de la production épistémologique.

Annonce

Dans le cadre du séminaire interdisciplinaire du CIRCPLES, nous proposons de travailler sur le thème Récit(s), sujet(s) ; le choix du pluriel éventuel se justifiant par les croisements interdisciplinaires auxquels cet intitulé invite.

En effet, l’usage des termes dans nos disciplines ne recouvre pas toujours la même chose, selon que l’on se place du point de vue des objets, du concept ou de la production épistémologique.
Le récit, concept récurrent en LSHS, englobe une multiplicité d’objets empiriques qui sont au centre des recherches menées dans différentes sciences. Le récit littéraire intéresse particulièrement la narratologie bien qu’elle n’en fasse pas une exclusivité, le témoignage oral issu de l’enquête sera le terrain privilégié de l’ethnologue, pour qui le récit articule le social, le culturel et l’individuel.

Cependant, le récit est aussi au cœur de pratiques épistémologiques. L’enquête ethnographique aboutit à un ordonnancement et une explication du terrain d’ordre narratif, elle devient un « récit ethnographique ». Il y a cependant une différence majeure avec la littérature (bien que les frontières ne soient pas toujours strictement établies) : l’ethnologie met en récit du « réel factuel », la littérature du « réel fictionnel ». En psychanalyse, le récit de cure se constitue souvent comme un récit au second degré, à moins qu’il ne soit, selon le point de vue qu’une « mise en récit » d’éléments que le patient n’a pas pu ou pas su narrativiser. On pourrait aussi considérer que certains grands paradigmes de la psychanalyse freudienne sont-eux mêmes des récits fondateurs, empruntés à la culture (complexe dŒdipe, narcissisme...).

Comme le récit, le sujet renvoie à un concept largement partagé, tout en recouvrant cependant une multiplicité de disciplines et d’objets différents. Si pour la psychanalyse, les choses sont claires - pas de sujet en dehors du sujet de l’inconscient - les contours semblent plus indéterminés en narratologie ou en ethnologie.

Dans les sciences littéraires (qui englobent la narratologie), le terme de sujet est souvent double. D’une part, c’est un objet assimilable au sujet grammatical, comme par exemple dans la sémiotique narrative et discursive. Il s’agit dans ce cas d’identifier une grammaire du récit, à l’intérieur d’un texte narratif. D’autre part, depuis le développement des théories de la production et de la réception, le sujet est à la fois dans le récit et hors du récit. De ce point de vue, on pourrait dire que la narratologie s’intéresse aussi au sujet producteur du récit - assimilable au sujet de la connaissance tel que le définit la philosophie - et aux marques qu’il laisse dans le récit produit tout comme aux modalités et au contexte de production de ce même récit. L’ethnologie, sur ce point, possède quelques contiguïtés avec le fait littéraire. Le « terrain » ethnologique est un espace de dialogue, d’interlocution, au sens linguistique et culturel. Ce qui est « dit » dans ce dialogue, dans cette interlocution, les notes de terrain, se transforme en texte, en écriture, en une traduction d’un contexte d’énonciation, d’une situation d’enquête, articulant la nécessité de conserver l’altérité, c’est-à-dire « la saveur du vécu » qui caractérise la personne et la nécessité de reconstruire, d’en produire une intelligibilité. La narration ethnologique, organisent le réel en l’interprétant pour le rendre accessible et le transmettre à des lecteurs. Dans cette perspective, la notion de sujet possède une double dimension : c’est à la fois le sujet parlé (le terrain) et le sujet parlant (l’ethnologue).

Le séminaire nous invite donc à une réflexion interdisciplinaire qui pourrait permettre de préciser les contours des objets, des concepts et des pratiques épistémologiques de nos propres disciplines. Les interventions pourront insister sur :

  • La définition, l’usage et l’intérêt des termes dans une discipline. 
  • La mise en pratique des concepts sur le terrain. 
  • L’analyse historique de l’usage des termes, dans une perspective épistémologique
  • L’usage et l’apport interdisciplinaire autour de ces termes dans une discipline.

Dates :

19 octobre

Gilles Bourlot (Psychologue Clinicien Hôpital Lenval, Doctorant CIRCPLES –
UNSA) : « La théorie freudienne du récit ».

23 novembre

Jean-Michel Vives (Professeur de Psychologie Clinique et Pathologique –
UNSA) : « Le théâtre des psychanalystes ou la catharsis d’Aristote à Lacan en passant par
Freud. ».

7 décembre

Serge Lesourd (Professeur de Psychologie Clinique et Pathologique Université
de Strasbourg) : « Du blabla au récit : subjectivation et transfert ».

11 janvier

Claude Miollan (Professeur émérite de Psychologie Clinique et Pathologique
Université de Nice) : « Perspectives cliniques sur le dessin d’enfant ».

1er février

Christine Di Benedetto (Maître de conférence, Espagnol - UNSA) : « Je comme
sujet : l'introspection dans la littérature espagnole de femmes ».

8 mars

Ines Catao (Pédopsychiatre - Psychanalyste, Professeur associé Université de
Médecine de Brasilia, Docteur en Psychologie de l’Université de Coimbra, Post-Doctorante
CIRCPLES – UNSA) : « Voix, parole, langage: la clinique psychanalytique de ceux qui ne
parlent pas ».

19 avril

Anne Juranville (Professeur de Psychologie Clinique et Pathologique – UNSA)
« Quelques approches du féminin à partir de productions contemporaines (littérature,
cinéma) ».

17 mai

Frédéric Vinot (Maître de Conférences en Psychologie clinique et Pathologique –
UNSA) : « La chose de Perec : entre Jazz et littérature ».

7 juin

Jean-Pierre Klein (Psychiatre honoraire des hôpitaux – HDR en Psychologie –
Directeur de l’Institut National d’Expression, de Création, d’Art et de Thérapie –
Paris/Barcelone) : « L’art-thérapie : accompagner la symbolisation sans l’interpréter ».

Lieux

  • Univesité de Nice Sophia-Antipolis, Pôle Saint Jean d’Angély, 24 Avenue des Diables Bleus, Amphi 6
    Nice, France

Dates

  • lundi 23 novembre 2009
  • lundi 07 décembre 2009
  • lundi 11 janvier 2010
  • lundi 01 février 2010
  • lundi 08 mars 2010
  • lundi 19 avril 2010
  • lundi 17 mai 2010
  • lundi 07 juin 2010

Mots-clés

  • littérature, ethnologie, psychanalyse, récit, sujet, narratologie, épistémologie, mise en abîme, point de vue, interdisciplinarité

Contacts

  • Jean-Michel Vives, Professeur de Psychologie Clinique et Pathologique, Univesité de Nice Sophia-Antipolis ~
    courriel : vives [at] unice [dot] fr

Source de l'information

  • solen cozic
    courriel : cozic [at] unice [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Récit(s), sujet(s) (2009-2010) », Séminaire, Calenda, Publié le lundi 23 novembre 2009, http://calenda.org/199613