Accueil« Jeune recherche » de l'Institut Émilie du Châtelet

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Publié le mardi 24 novembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Cette journée permettra aux allocataires de l'Institut Émilie du Châtelet qui mènent des travaux sur les femmes, le sexe et le genre d’exposer leur recherche et d’échanger avec le public. Elle mettra en valeur la variété et la vitalité de ce domaine d’étude, lorsqu’il appréhende de nouveaux objets comme la voix des actrices ou pointe certains paradoxes du genre. Cette journée sera également l’occasion d’un débat entre l’IEC et la communauté scientifique, notamment les enseignant-e-s et les étudiant-e-s engagé-e-s dans ce domaine ou désirant s’y engager. Les lauréat-e-s 2009 se verront remettre solennellement leur allocation et pourront ainsi présenter leur projet. La journée se terminera par une conférence de l’historienne Françoise Thébaud sur l’histoire et l’état des études genre en France.

Annonce

Mardi 8 décembre 2009

EHESS

105 Boulevard Raspail, Paris
Amphithéâtre  

Présentation et programme

Inscriptions : iec@mnhn.fr

Depuis 2004, le Conseil régional d’Île-de-France soutient les recherches sur les femmes, le sexe et le genre, notamment en attribuant des allocations doctorales et post-doctorales. Il entend ainsi aider de jeunes chercheuses et chercheurs à faire leur thèse et à poursuivre leurs travaux dans ces domaines en pleine expansion, mais encore mal reconnus par les institutions, notamment académiques, de notre pays. L’Institut Émilie du Châtelet, Fédération de recherche spécialement consacrée au développement et à la diffusion de ces recherches, inauguré en novembre 2006, examine les candidatures et attribue les allocations, par l’intermédiaire du jury de son Comité scientifique. Ce sont ainsi 30 doctorant-e-s et 26 post-doctorant-e-s qui ont été soutenus par l’IEC et le Conseil régional depuis 2004. L’IEC s’est également donné la mission d’aider les allocataires, dans leur parcours de recherche, à valoriser leurs travaux. Cette troisième « Journée Jeune Recherche » en est l’illustration.

Elle permettra aux allocataires sélectionné-e-s en 2006 (doctorant-e-s) et 2007 ou 2008 (post-doctorant-e-s) et dont les travaux sont donc maintenant bien avancés, d’exposer leur recherche et d’échanger avec le public. Elle mettra en valeur la variété et la vitalité de ce domaine d’étude, lorsqu’il appréhende de nouveaux objets comme la voix des actrices ou pointe certains paradoxes du genre. Cette journée sera également l’occasion d’un débat entre l’IEC et la communauté scientifique, notamment les enseignant-e-s et les étudiant-e-s engagé-e-s dans ce domaine ou désirant s’y engager. Les lauréat-e-s 2009 se verront remettre solennellement leur allocation et pourront ainsi présenter leur projet, en présence de Marc Lipinski, Vice-Président en charge de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'Innovation Scientifique et Technique au Conseil régional d’Île-de-France. La journée se terminera par une conférence de l’historienne Françoise Thébaud sur l’histoire et l’état des études genre en France. 

Organisation scientifique : Marc Bessin, Michèle Ferrand, Genevieve Fraisse & Nicole Mosconi

Programme

Matinée

9h30 : Accueil et présentation, Marc Bessin (CNRS/EHESS), Membre du comité de direction de l’IEC.

9h45-12h : Table ronde 1 : ACTRICES

Discutante Geneviève Fraisse, Directrice de recherche au CNRS, Philosophie

  • Gwénaëlle Le Gras, Allocataire post-doctorante 2008, Université Paris X Nanterre, Cinéma. L'émergence des enquêtrices dans le cinéma français: entre légitimité et résistance. L'exemple d'Annie Girardot 
  • Mathieu Trachman, Allocataire doctorant 2006, EHESS, Sociologie. Les victimes de la pornographie et la voix des actrices 

11h-11h15 : pause-café

Suite de la table ronde

  • Maria-Piera Nappi, Allocataire post-doctorante 2007, EHESS, Littérature. La parole virile de Clytemnestre dans la tragédie grecque

12h-12h30 : Les allocations doctorales et post-doctorales de l’IEC

Présentation par le Comité de direction de l’IEC ; discussion avec la salle.

12h30-13h45 : pause-repas

Après-Midi

13h45-14h45 : Remise des allocations doctorales et post-doctorales aux allocataires 2009, par Geneviève Fraisse, Présidente du jury d’attribution des allocations et Marc Lipinski, Vice-Président en charge de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation Scientifique et Technique au Conseil régional d’Île-de-France. 

Présentation des projets des lauréat-e-s

14h45-16h45 : Table ronde 2 :      PARADOXES

Discutante Armelle Andro, Maîtresse de Conférences à l’Université Paris 1, Démographie

  • Philippe Descamps, Allocataire post-doctorant 2008, Université Paris V, Philosophie. Genre et bioéthique, la construction de la différence en droit français
  • Omou Touré, Allocataire doctorante 2006, Université Paris VIII Saint-Denis, Sociologie. L’immigration ne serait-elle pas un couteau à double tranchant pour les rapports sociaux de sexe ?
  • Anne-Claire Emo, Allocataire doctorante 2006, CNAM, Psychologie sociale. Penser le discrédit du féminisme : éléments de psychologie sociale

16h45-17h : Pause

17h-18h : Conférence de Françoise Thébaud

Professeure à l’Université d’Avignon, Histoire

Les études genre en France : quelle histoire ? quel paysage actuel ?

La journée se conclura autour d’un cocktail

Résumés des communications

9h45-12h : Table ronde 1, ACTRICES

Gwénaëlle Le Gras, Allocataire post-doctorante 2008, Université Paris X Nanterre, Cinéma. L'émergence des enquêtrices dans le cinéma français: entre légitimité et résistance. L'exemple d'Annie Girardot 

En 1970, sous les traits de Marlène Jobert apparaît la première femme-flic du cinéma policier/criminel français dans Dernier domicile connu de José Giovanni. Dès l’Occupation, apparaissent des rôles d’enquêtrices qui s’écartent des stéréotypes de la garce ou de la victime présents habituellement dans ce genre. Ces enquêtrices ressurgissent dans les années 70 où de nouvelles héroïnes, jouées par des vedettes, incarnent la loi et s’approprient des prérogatives traditionnellement masculines. L’incursion de cette figure nouvelle dans le genre criminel français, traditionnellement peu perméable à l’évolution de la condition féminine, va servir de pierre de touche à une image de femme moderne. Annie Girardot, archétype de l’héroïne moderne et active de cette époque, s’affirme comme la figure de proue de cette tendance, par la quantité et la diversité de ses rôles. Nous analyserons pourquoi et comment Annie Girardot exprime au mieux les enjeux d’émancipation liés à ces enquêtrices. 

Mathieu Trachman, Allocataire doctorant 2006, EHESS, Sociologie. Les victimes de la pornographie et la voix des actrices

Les récits d’expérience des actrices pornographiques sont multiples et parfois contradictoires. Alors qu’elles sont souvent perçues et se présentent parfois comme des victimes, une partie des actrices présentent leur travail comme une expérience positive et enrichissante. Plutôt que de déterminer quel discours est le vrai, on peut se demander pourquoi croire tel récit plutôt qu’un autre, quelles sont les modalités du crédit accordé aux actrices pornographiques et quelles images ces dernières veulent et doivent donner d’elles-mêmes. Distinguer les différentes situations d’énonciation dans lesquelles les actrices prennent la parole (travail de promotion, témoignages biographiques, entretiens ethnographiques) et insérer leur parcours dans leurs trajectoires professionnelles et sexuelles permet de saisir comment, pour une partie d’entre elles, être actrice pornographique apparaît comme une possibilité sur le marché du travail actuel et peut être un travail où elles prennent du plaisir, y compris sexuel. La constitution d’une figure univoque de l’actrice victime de la pornographie doit être alors comprise comme une résistance à entendre ces actrices qui revendiquent leur plaisir, et comme un statut ne permet pas de rendre compte de la situation de vulnérabilité dans laquelle elles se trouvent : ce qui est en jeu ici, c’est le statut sexuel des femmes et les limites du tolérable et de l’intolérable qui circonscrivent la sexualité féminine et les manières d’en parler.

Maria-Piera Nappi, Allocataire post-doctorante 2007, EHESS, Littérature. La parole virile de Clytemnestre dans la tragédie grecque

L'étude de la mise en scène de la parole féminine dans la tragédie grecque classique (Eschyle, Sophocle, Euripide) est envisagée sous trois aspects: 1) les remarques portant sur la parole des femmes (idées reçues et stéréotypes ne manquent pas à ce propos) ; 2) les manifestations discursives associées aux femmes ; 3) le système de signes marquant un discours comme féminin. Le langage de Clytemnestre dans l’Orestie d’Eschyle, seule trilogie de tout le corpus de la tragédie grecque classique qui nous soit parvenue, est exemplaire à cet égard. Dans l’Orestie, nous trouvons de nombreuses affirmations concernant le langage féminin, considéré par les autres personnages comme infondé, effronté et insensé. Lorsque Clytemnestre prononce des discours sensés, son langage est à l'inverse qualifié de « masculin ». En effet Clytemnestre, qui est présentée tout au long de la trilogie comme une habile manipulatrice de la parole, peut parler également comme un homme. Elle combine alors une habile rhétorique publique avec des mensonges délibérés et manie avec aisance deux niveaux différents de communication : le niveau logique et le niveau métaphorique. L’analyse montre que dans la personnalité de Clytemnestre cohabitent des aspects féminins et des aspects masculins, et que cette ambivalence est parfaitement rendue par le langage du personnage, à la fois rationnel et métaphorique, propre à une femme sans honte ni respect, mais qui reste traditionnelle, soumise et fidèle.

14h45-16h45 : Table ronde 2, PARADOXES

Philippe Descamps, Allocataire post-doctorant 2008, Université Paris V, Philosophie. Genre et bioéthique, la construction de la différence en droit français

La juridicisation de la notion d’espèce humaine contribue à asseoir l’idée que la différence des sexes est d’ordre ontologique et que le sujet féminin est, par nature, soumis aux règles naturelles de la reproduction. La présente recherche vise à évaluer l’effectivité, la pertinence et les enjeux politiques du renforcement réciproque de deux théorisations de la différence des sexes, celle que produit le droit de la bioéthique et qui est fortement teinté de biologisme et celle qu’ont construite les positions différentialiste et essentialiste.

Omou Touré, Allocataire doctorante 2006, Université Paris VIII Saint-Denis, Sociologie. L’immigration ne serait-elle pas un couteau à double tranchant pour les rapports sociaux de sexe ?

L’immigration, surtout féminine, joue un rôle majeur dans la transformation des identités sociales de sexe et influencent les rapports de genre. Se pose alors la question suivante: comment les migrations agissent-elles sur la construction du genre chez les migrantes sénégalaises installées en France?

Quand elles partent de leur pays d’origine pour la France, les migrantes sénégalaises retrouvent un univers autre que celui qu’elles ont connu jusque-là. En effet, comparées à leurs compatriotes restées au Sénégal, elles ont un plus grand accès à l’éducation, à la formation et à l’emploi, parce que vivant dans un pays économique plus stable et socialement plus évolué sur les questions relatives aux identités sociales de sexe. Elles sont alors moins exposées à la précarité financière et à la dépendance économique et sociale vis-à-vis des hommes. Ceci dit, les migrations n’influencent pas toujours les rapports sociaux de sexe dans le sens de leur remise en cause. Car, il y a une accentuation de la subordination féminine induite par la migration. Les migrantes cumulent plusieurs désavantages; en plus des inégalités sociales de sexe qu’elles ont toujours connues et imputables au fait qu’elles appartiennent au «deuxième sexe», elles sont parfois confrontées à des difficultés inhérentes à leur statut d’immigrée et renforcées par leur appartenance sexuelle.

Censée jouer un rôle majeur dans le réajustement des rapports de genre, l’immigration peut présenter le paradoxe d’enfermer les femmes dans les rôles secondaires qui leur ont été traditionnellement attribués.

Anne-Claire Emo, Allocataire doctorante 2006, CNAM, Psychologie sociale. Penser le discrédit du féminisme : éléments de psychologie sociale

Cette communication s'attache à rendre compte de la réflexion que nous élaborons sur le discrédit du féminisme dans le cadre d'une thèse (en cours) de psychologie sociale . On présentera des résultats expérimentaux qui nous permettent de penser que "féminisme" ne signifie pas "égalité des sexes" et que "l'identité féministe" intègre des éléments dépréciatifs éventuellement imputables à la stigmatisation de cette revendication.

Ces résultats sont alors rattachés aux réflexions menées dans d'autres disciplines sur le militantisme et le féminisme, et la discussion qui s'élabore ainsi permet de dégager les pistes qui guideront nos recherches.

17h-18h : Conférence de Françoise Thébaud

Professeure à l’Université d’Avignon, Histoire. Les études genre en France : quelle histoire ? quel paysage actuel ? 

Les études genre constituent un ensemble de savoirs développés, sous diverses appellations, depuis une quarantaine d’années. Sans prétendre à une impossible exhaustivité et en privilégiant l’exemple de la discipline historique, il s’agira d’inscrire ces savoirs dans leur historicité, de les situer dans un espace international, de poser la question de leur légitimité et de leur transmission aujourd’hui.

Lieux

  • 105 Bd Raspail
    Paris, France

Dates

  • mardi 08 décembre 2009

Mots-clés

  • genre

Contacts

  • marc bessin
    courriel : marc [dot] bessin [at] ehess [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • marc bessin
    courriel : marc [dot] bessin [at] ehess [dot] fr

Pour citer cette annonce

« « Jeune recherche » de l'Institut Émilie du Châtelet », Journée d'étude, Calenda, Publié le mardi 24 novembre 2009, http://calenda.org/199636