AccueilLe lien intergénérationnel : entre transmissions et tensions

Le lien intergénérationnel : entre transmissions et tensions

From génération to generation: between transmissions and tensions

Appel à contributions pour la revue Recherches familiales

Call for Papers for Recherches familiales (Family Research).

*  *  *

Publié le lundi 30 novembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Que ce soit en démographie, en économie, en sociologie, en psychologie, en anthropologie, en droit, etc. la question des liens intergénérationnels est l’un des sujets les plus fréquemment abordés dans les débats scientifiques actuels. Le plus souvent toutefois, le traitement de cette question reste cantonné dans le champ d’une seule discipline. Rares sont les colloques ou les revues qui l’abordent clairement sous l’angle interdisciplinaire. C’est pourquoi le Comité de rédaction de Recherches familiales place la transversalité disciplinaire au cœur du prochain numéro de la revue, dont le dossier thématique est intitulé « Le lien intergénérationnel : entre transmissions et tensions ».

Annonce

« Le lien intergénérationnel : entre transmissions et tensions »
Recherches Familiales, n° 8, janvier 2011.

Que ce soit en démographie, en économie, en sociologie, en psychologie, en anthropologie, en droit, etc. la question des liens intergénérationnels est l’un des sujets les plus fréquemment abordés dans les débats scientifiques actuels. Le plus souvent toutefois, le traitement de cette question reste cantonné dans le champ d’une seule discipline. Rares sont les colloques ou les revues qui l’abordent clairement sous l’angle interdisciplinaire. C’est pourquoi le Comité de rédaction de Recherches Familiales place la transversalité disciplinaire au cœur du prochain numéro de la revue, dont le dossier thématique est intitulé « Le lien intergénérationnel : entre transmissions et tensions ».

De la génération familiale à la génération sociale

En préalable, notons que l’analyse du lien intergénérationnel peut s’aborder sous deux aspects, fortement imbriqués : il est possible de considérer les générations familiales (les générations dans une même lignée, au sein d’une relation de parenté) et les générations sociales (les générations par âges : les jeunes, les personnes âgées… ; les générations historiques : les personnes ayant connu la Seconde guerre mondiale, celles ayant vécu Mai 68… ; les générations statutaires : les parents, les grands parents…).

Construire un lien dans un contexte économique et social

Les interrogations portent tout d’abord sur le processus de construction du lien, ses contours et ses configurations. De quelles façons se nouent les liens entre les générations ? Ces liens mobilisent des positions et des relations de parenté (c’est-à-dire des positions généalogiques, inscrites dans des obligations juridiques et morales et des pratiques relationnelles) et s’inscrivent, en même temps, dans des contextes et des dynamiques socio-historiques.

Les parcours de vie des individus qui participent à ces rapports de parenté sont traversés d’évolutions sociales, économiques et politiques. Les caractéristiques démographiques des populations (conjugalité et filiation), la co-longévité accrûe entre générations familiales, les mobilités résidentielles choisies ou imposées tout au long des parcours de vie, les migrations professionnelles, les changements conjugaux… complexifient la nature des relations entre générations. En quoi les changements de conditions de vie (sociales, économiques, mobilité…) des hommes et des femmes au cours des générations ou au fil de leur cycle de vie transforment la nature et l’intensité des relations intergénérationnelles ? Les relations parents-enfants évoluent-elles en fonction de l’âge des enfants, de leur entrée dans la vie professionnelle, de leur entrée dans une vie de couple, du moment où ils procréent à leur tour ?

« Contextualiser » les configurations de ces liens selon l’environnement familial des individus et selon les moments de leur parcours de vie peut, notamment, permettre de situer les types de ménage, en analysant leurs demandes d’externalisation de services à autrui (adultes engagés dans une activité professionnelle, jeunes enfants, personnes du grand âge) ainsi que leur capacité à répondre directement aux besoins de leurs membres.

De la transmission

Les interrogations portent également sur la question de la transmission. Que transmet-on ? Que reçoit-on ? Quels sont les mécanismes et les modalités de transmission (valeurs, attitudes, normes, mémoires, choix politiques, comportements, savoirs, libéralités, solidarités…) des ascendants vers les descendants (et vice-versa) ou au sein de la famille collatérale (en particulier entre frères et sœurs ayant de grandes différences d’âge, éventuellement issues de familles recomposées) ? Quelles sont les conditions de ces transmissions ? De façon générale, par le biais de cette transmission, observe-t-on une reproduction des statuts ?

Construire un lien dans un contexte juridique et moral

L’attention portée aux formes d’échange et d’entraide entre membres des générations, sociales et familiales, aux différents moments de leur parcours de vie individuel et familial et aux différents âges du cours de la vie pose la question des normes. Quels sont les fondements de ces pratiques : entre responsabilité et électivité, entre normes, règles et obligations ? En quoi sont-elles associées à des formes de transmissions, sociales, culturelles ou politiques ?

Du lien au conflit

Enfin, certaines des transmissions observées ne rencontrent pas l’approbation des destinataires et donnent lieu à tensions, conflits, voire ruptures. Dans quelles circonstances, ces phénomènes s’observent-ils ? Sont-ils en lien avec des distances socio-économiques au sein des lignées ou au sein de l’alliance ? Comment les relations des ascendants vers les descendants (et vice-versa) sont-elles affectées par les incertitudes socio-économiques et la réduction des mobilités structurelles pour les générations adultes les plus jeunes ? De façon plus générale, en termes de générations sociales, peut-on évoquer des intérêts contraires, des tensions, voire des conflits, sur les plans de la répartition de la richesse, par exemple, ou alors du vote, donc des majorités politiques qui gouvernent ?  Est-ce que nous pouvons aussi opposer frontalement des types de « cultures », la « culture jeune » vs « la culture classique ou des anciens », la première étant caractérisée par exemple par une pratique confirmée des médias électroniques ? Ou alors, au contraire, le recours aux modes modernes de communication a-t-il simplifié et apaisé des relations ?

Le genre et le lien

Plus précisément, sur toutes ces questions, est-il possible d’analyser plus spécifiquement les différences entre les hommes et les femmes dans ces transformations ? Est-ce que les types et l’intensité des soins à la personne, pour les ascendants et les descendants, y compris sur les questions liées à la petite enfance ou à la jeunesse, sont différents selon le genre de la personne les exerçant ?

Sachant que les relations de genre sont également fortement imbriquées avec celles de la conjugalité, pouvons-nous établir un lien entre les formes de conjugalité (types d’union ou de désunion…) et les relations intergénérationnelles au sein d’une même famille ? Les liens sont-ils les mêmes dans les deux branches familiales ou note-t-on une plus grande fragilisation dans l’une, en particulier lors de conflits de couples ?

Les liens intergénérationnels qui modifient le contexte

Après avoir analysé les influences du contexte sur les liens intergénérationnels, il est possible d’envisager un regard inverse et d’étudier les transformations politiques et sociales induites par l’évolution de ces liens intergénérationnels. Par le biais de la transmission, à travers l’art, le langage ou le rituel, le lien intergénérationnel est l'une des composantes essentielles de la culture. Il pose les balises qui permettent à l’Homme de se situer au sein de la société. Des modifications de ce lien pourraient avoir des conséquences à long-terme sur ce contexte social général, par le biais des transmissions (à travers le langage, l'art et le rituel), qui permettent à l'homme de se situer dans sa société. Les articles proposés pourront alors analyser les conséquences de tel ou tel changement de comportement, d’attitude ou de système de valeur, de génération en génération sur le contexte politique, social, juridique, voire culturel.

Le lien intergénérationnel au cœur de multiples disciplines

Certes, les analyses peuvent s’appuyer en priorité sur une seule discipline, telle que la sociologie, la démographie ou l’économie. Toutefois, la question du lien intergénérationnel suscite une analyse qui dépasse largement le cadre strict de la discipline priorisée pour aborder d’autres aspects. Elle est, en soi, interdisciplinaire. Prenons l’exemple des sciences politiques et du droit pour illustrer notre propos.

L’exemple des sciences politiques : de la solidarité intergénérationnelle familiale à la solidarité intergénérationnelle publique

Les relations entre générations articulent diverses incitations, régulées par le droit et des pratiques sociales, entre familialisme et individualisation. Les différents membres des générations engagent des activités de soutien pour leur parenté, selon leurs différentes ressources. Celles-ci peuvent être des acquis dont ces membres disposent via la solidarité socialisée (la protection sociale). Solidarité socialisée, collective et engagement en apparence « privé » au sein des générations familiales sont largement imbriqués.

Ainsi, les relations intergénérationnelles sont au cœur des politiques publiques. Soit parce qu’elles s’appuient sur ces liens, soit parce qu’elles les transforment de par leurs effets directs ou indirects. Dans quelle mesure les politiques publiques favorisent-elles la création ou le maintien des liens ? Dans quel domaine ? Selon quels objectifs ? Quand les liens intergénérationnels disparaissent, s’étiolent ou menacent l’exercice de responsabilités à assurer à l’égard de soi-même, quels sont les « palliatifs » ou les accompagnements collectifs existants ou à imaginer ?

Inversement, dans quelle mesure ce lien est-il pris en compte dans les politiques publiques ? Quels sont les partages des responsabilités, des normes, des droits et des coûts respectifs, entre individu, famille et Etat, ce dernier étant entendu au sens du garant de la citoyenneté sociale et de la protection socialisée de ses membres ? De ce point de vue, les axes d’analyse suivants peuvent être privilégiés. En quoi les règles de droit civil imposent ou soutiennent l’évolution des liens de parenté entre générations ? Comment s’imbriquent-elles avec les règles de la protection sociale ? Au-delà des principes juridiques, les pratiques sociales de recours aux droits et l’effectivité des règles de droit permettront de rendre compte des liens sociaux au sein des générations.

L’exemple du droit : renforcer, par incitation et non par imposition, la solidarité intrafamiliale

En effet, à l’interface des références culturelles et des politiques publiques, on peut inclure la question du droit. Par exemple, il est possible de considérer que des réformes législatives récentes visent à agir sur les solidarités familiales et à les renforcer. De nouveaux mécanismes favorisent une transmission des ressources, en sautant une ou plusieurs générations. C'est le cas par exemple des grands parents qui peuvent plus facilement transmettre des biens aux petits enfants, effectuer des donations-partages, etc. Les réformes législatives sont accompagnées d’incitations fiscales. En droit, ce lien intergénérationnel n'est pas seulement activé en droit patrimonial de la famille : la place des ascendants est repensée, ce dont témoignent les nouvelles réformes concernant le droit de visite, le droit de l'enfant de maintenir des liens avec ses grands parents, le recours à la médiation... Les questions juridiques sont ainsi directement liées (elles en découlent et ont des conséquences sur ces domaines) aux questions de politiques publiques, sociologiques ou même économiques.

Proposer un article à Recherches Familiales

La diversité est le cœur de ce dossier thématique. Les articles proposés peuvent reposer aussi bien sur une étude qualitative que quantitative ou sur une comparaison d’études ; porter sur la situation française ou sur un autre pays européen, voire un autre continent ; concerner deux générations, trois voire davantage ; se concentrer sur des liens interpersonnels ou sur des liens entre des populations distinguées selon les classes d’âges ou le statut familial.

Les observations et analyses peuvent être très contrastées selon le contexte étudié. La nature des liens intergénérationnels, leurs manifestations, varient fortement selon les catégories de population mais aussi selon les espaces politiques ou culturels. Ainsi, les articles proposés peuvent être des études de cas ou s’appuyer sur des comparaisons. Toutefois, dans toutes les hypothèses, il s’agit d’expliciter le contexte économique, culturel, social et politique qui explique l’originalité, ou les circonstances qui conduisent à ces contrastes.

Bien que les articles proposés puissent s’insérer dans le champ d’une seule discipline, le Comité de rédaction appréciera également des propositions qui se fonderont sur la transdisciplinarité. Dans tous les cas, la méthode utilisée devra être détaillée en annexe « Méthode ».

Les articles entièrement rédigés sont à proposer au Comité de lecture de Recherches Familiales avant le 15 mai 2010.

La revue paraîtra en janvier 2011.

Indications techniques

1- Article :

30 000 caractères, notes de bas de page et espaces compris. L’article doit être accompagné d’un résumé de 700 à 900 caractères, espaces compris.

2- Références :

Ne pas utiliser le système américain (nom de l’auteur et page entre parenthèses) mais le système « français » de référence intégrale en note de bas de page.

3- Notes de bas de page :

Utiliser ce système de renvoi de note de bas de page (Tout article ne respectant pas ces indications devra être modifié par l’auteur) :

Jacques COMMAILLE, François de SINGLY (dir.), The European Family. The Family Question in the European Community, Londres, Springer, 1997.Pierre COURTIOUX, Olivier THEVENON, « Les politiques familiales dans l’Union européenne et la Stratégie de Lisbonne : quelques enseignements de l’expérience française », Horizons stratégiques, n° 4, pp. 176-195, 2007, p. 180.
Gösta ESPING-ANDERSEN (dir.), Why we Need a New Welfare State, Oxford, Oxford University Press, 2002.

Les articles sont soumis au comité de lecture.

Nous vous rappelons également que vous pouvez nous proposer des articles « hors thème » (30 00 signes) pour la partie « Travaux », ainsi que des notes de lecture « Vient de paraître » ou des notes de lecture croisées, portant sur un même ouvrage, dans la partie « Discussion » (8 000 signes). Pour ces notes de lecture publiées dans cette dernière partie, nous demanderons une réponse à l’auteur de l’ouvrage.

Envoyer votre article (fichier en format word ou rtf) par courrier électronique conjointement à : gseraphin@unaf.fr et recherches.familiales@unaf.fr.

Date limite d’envoi : 15 mai 2010.

Un accusé de réception vous sera envoyé.

Dates

  • dimanche 30 mai 2010

Mots-clés

  • famille

Contacts

  • Gilles Séraphin
    courriel : gilles [dot] seraphin [dot] 1970 [at] gmail [dot] com

URLS de référence

Source de l'information

  • Gilles Séraphin
    courriel : gilles [dot] seraphin [dot] 1970 [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Le lien intergénérationnel : entre transmissions et tensions », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 30 novembre 2009, http://calenda.org/199670