AccueilRegards sur la Commune de 1871 en France. Nouvelles approches et perspectives

Regards sur la Commune de 1871 en France. Nouvelles approches et perspectives

Views on the Commune of 1871 in France. New approaches and prospects

Colloque international, Narbonne (Aude, France), Hôtel de Ville, 24-26 mars 2011

International Conference, Narbonne (Aude, France), City Hall, March 24-26, 2011

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Publié le lundi 30 novembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

A l’occasion du 140e anniversaire de la Commune de 1871, ce colloque international organisé, symboliquement, à Narbonne, entend privilégier les nouvelles approches de l’événement et ouvrir de nouvelles perspectives. Au-delà d’un questionnement sur l’apport des recherches sur les Communes de province, il s’agit d’aller traquer dans les marges de l’événement global des pistes de recherche permettant de renouveler la compréhension nationale du mouvement communaliste et de l’aborder dans un cadre géographique et temporel élargi.

Annonce

Abstract

For the 140th Anniversary of the 1871 Commune, this international symposium is organized, symbolically, in Narbonne. It intends to focus on new approaches to the event and to open new prospects. Beyond questioning the contribution of modern research on the Communes of the province, it's aim is to work at the margins of the global event so as to open new paths of research and to renew the national interpretation of the communalist movement inside an expanded geographical and temporal framework.

Argument (english version follows)

L’enjeu de ce colloque sera de faire le point sur les nouveaux regards portés sur l’événement et d’ouvrir de nouvelles perspectives pour sa compréhension. Plutôt que de reprendre les approches classiques et déjà connues sur « la Commune de Paris de 1871 », le colloque adoptera un cadre géographique et temporel élargi et essaiera de traquer dans les marges de l’événement global de nouvelles pistes de recherche.  

De part et d’autre de la Commune

On questionnera l’amont et l’aval de la Commune, en allant vers 1848 et l’Empire puis vers les années de la proscription et du retour et vers celles de la concurrence entre l’oubli et la construction des mémoires.

En amont, l’objectif est d’interroger les années 1848-1870 et la part d’héritage, en termes de personnes et d’idéaux, que l’on retrouve dans le mouvement de 1871. Où en est l’idéal de République démocratique et sociale, dans quelle mesure est-il à l’œuvre en 1871, par quels acteurs et par quels biais ? Dans la continuité des nouveaux regards sur les notions de démocratie directe, de souveraineté du peuple, d’utopie, il faut étudier ce qui se joue entre Commune(s) et République.

En aval, il faudra s’attarder sur les années de la déportation et de l’exil : déportation en Nouvelle-Calédonie, exil en Suisse, Belgique, Grande-Bretagne mais aussi en Espagne (Catalogne et Baléares) aux Etats-Unis, en Amérique latine, Russie, Hongrie… Dans la mesure où la proscription s’est inscrite dans la durée, en quoi a-t-elle marqué des vies, défini et produit des positions et des choix, au moins autant que la participation à l’événement lui-même ? Comment s’est passé le retour en France ? Plus spécifiquement, quelle a été l’attitude des populations locales, notamment celles du Languedoc-Roussillon quand les navires rapatriant les communards déportés accostaient à Port-Vendres ?

Par ailleurs, l’organisation de ce colloque du 140e anniversaire à Narbonne est l’occasion de revenir scientifiquement sur les rituels, les manifestations, les poursuites, les réappropriations auxquels 1871 a donné lieu, sur les mémoires de la (des) Commune(s) à Paris, en province, voire à l’étranger. 

Jeux d’échelles 

Le choix d’un cadre géographique élargi ainsi que celui d’une focalisation sur les marges de la Commune de Paris de 1871 conduisent aussi à analyser plus en profondeur les relations et les communications entre Paris et la province : quelles sont-elles, comment se font-elles et par qui ? On essaiera également dans cette optique de faire le point sur les ligues méridionales et de s’interroger sur le fédéralisme.

A une autre échelle, on souhaite ouvrir des pistes de recherche sur les relations entre les villes communalistes et leurs environs : marges de la ville, environs ruraux mais politisés et/ou mobilisés des villes soulevées.

Une autre perspective consiste à poser le problème de « l’opinion » : peut-on connaître une ou des « opinions » sur les événements en cours, à Paris, en province, quels sont les regards croisés Paris/province, et que dire de la vision de l’étranger sur la Commune de 1871 en France ?

Plus globalement, que connaît-on des relations entre la France et l’étranger à ce moment ?

Acteurs

Plutôt que de privilégier les figures les plus célèbres et les plus engagées dans un camp ou l’autre, on cherchera à faire place à la diversité des acteurs engagés en 1871.

On s’attardera sur les conciliateurs et le « Tiers-parti », et en particulier sur la position et les choix des radicaux et du radicalisme. Le radicalisme provincial, y compris dans sa dimension franc-maçonne, tiendra une place privilégiée dans cette réflexion sur la construction de l’idéologie radicale.

On s’intéressera aux parcours de communards moins connus ; la  piste est infinie et peut bien sûr être croisée avec d’autres thèmes, comme ceux des générations et des héritages, des relations Paris-province ou des proscriptions.

D’autres, dont on a réévalué l’importance, furent plus spectateurs qu’acteurs. Comment les appréhender ? Que nous disent les archives à ce sujet ? Peut-on distinguer plusieurs degrés, de l’indifférence à l’action ?

Il y a là de nouveaux questionnements, qui se prolongent dans l’interrogation de ce que furent les Communes au quotidien, pour tous ceux, si différents, qui étaient restés dans leur ville en insurrection. 

Les études récentes se sont attachées à la place particulière des femmes dans l’insurrection. Plusieurs points sont à prendre en compte : leur participation réelle dans le mouvement communaliste et leur type d’engagement, quand il existe, l’existence ou non de revendications spécifiques, les représentations dont elles furent l’objet. En cela, la lecture sexuée que firent les observateurs de leurs rôles offre un riche terrain d’investigation. La place des femmes dans l'exil fait aussi partie des domaines les moins étudiés.

Plus largement, l’analyse des représentations artistiques ou littéraires, satiriques en particulier, offrira une approche sensible des acteurs de 1871.

Enfin, ce colloque voudrait revenir sur la question des forces armées des deux côtés et, plus généralement, sur la question de l’ordre. En dehors de l’armée « de Versailles », déjà étudiée autour de Paris, et des travaux sur les gardes nationales, que connaît-on à ce sujet pour la province et que sait-on aussi sur l’ordre dans les villes, pendant et après le mouvement ?

L’objectif est donc de revenir sur la (les) Commune(s) de 1871, mais il est surtout de privilégier les approches suscitées par la réflexion autour de l’événement, afin d’essayer de mieux appréhender son sens au XIXe siècle, et les réactions qu’il suscita au XXe siècle et qu’il suscite encore. Comprendre ce que fut la Commune en cette fin de XIXe siècle restera certainement une question ouverte, mais il s’agira ici, par la recherche et le débat, de se confronter à cette interrogation centrale. Ce colloque, tout en essayant de dresser un état des lieux des recherches, voudrait aussi les enrichir et impulser de nouveaux travaux.

Organisation :

  • Centre de Recherche Espaces, Sociétés, Culture (CRESC), Université Paris 13
  • Commission Archéologique et Littéraire de Narbonne
  • Institut d’Histoire Sociale CGT de l’Aude

Comité de pilotage :

  • Marc César (CRESC, Université Paris 13)
  • Laure Godineau (CRESC, Université Paris 13)
  • Jacques Michaud (Président de la Commission Archéologique et Littéraire de Narbonne)
  • Xavier Verdejo (Président du conseil scientifique de l’Institut d’Histoire Sociale de l’Aude)

Comité scientifique :

  • Sylvie Aprile (Université de Lille 3)
  • Sylvie Caucanas (Archives départementales de l’Aude)
  • Laura Frader (Northeastern University – Boston, associée à Harvard University)
  • Jacques Girault (CRESC, Université Paris 13)
  • Christopher Guthrie (Tarleton State University)
  • Raymond Huard (Université Paul Valéry Montpellier 3)
  • Laurent Mc Falls (Université de Montréal)
  • Rémy Pech (Université de Toulouse  2 – Le Mirail)
  • Alceo Riosa (Université de Milan)
  • Jean-Louis Robert (Université Paris 1)
  • Jacques Rougerie (Université Paris 1)
  • Jean Sagnes (Université de Perpignan)
  • Benjamin Stora (CRESC, Université Paris 13)
  • Robert Tombs (St John’s College, University of Cambridge)
  • Paul-Henri Viala (Archives de Narbonne)  

Les propositions de communications devront faire l’objet d’un texte d’une vingtaine de lignes.

La date limite de dépôt est fixée au 26 avril 2010.

Les propositions devront être envoyées à : 

Adresse postale : CRESC, Université Paris 13 UFR LSHS, 99 av. Jean-Baptiste Clément, F93430 Villetaneuse 

Views on the Commune of 1871 in France. New approaches and prospects

The aim of this symposium is to sum up the new ways of looking at the event and to open up new horizons to better understand it. The conference will leave aside the traditional and well known approaches to "the Commune of Paris of 1871" and will work inside a broadened geographical framework and a wider time scope; it intends to dig out of the margins of the event as a whole new paths of research. 

The Decades before and after the Commune

We will question the events upstream of The Commune, from 1848 and the Empire down to the years of banishment, amnesty and at last the Communards’ return to France. We will finally look into the years following the Commune when oblivion settled and memories started building up.

Upstream the objective is to examine the years 1848-1870 and the inheritance passed on by people and ideals to the movement of 1871. What exactly is the ideal of a democratic and social Republic? To what extent is it at work in 1871? Which actors and which means? With the help of recent studies, we will also investigate what is at stake between The Commune(s) and the Republic – taking into account the notions of direct democracy, popular sovereignty, utopia in their more modern senses. 

Downstream from The Commune, we will consider the years of banishment and exile: banishment to New Caledonia, exile to Switzerland, Belgium, Great Britain but also to Spain (Catalonia and the Balearic Islands), to the United States and to Latin America, Russia, Hungary... Keeping in mind that banishment lasted for some time, how did it affect, define and generate status and choices, as did the participation itself in the event?  What was the return to France like ? More specifically, what was the attitude of the local populations, more particularly in Languedoc-Roussillon when the ships repatriating the banished “Communards” arrived in Port-Vendres? 

Furthermore, the organization of this symposium for the 140th anniversary in Narbonne gives the opportunity of reconsidering in an academic context the rituals, demonstrations, prosecutions, and reappropriations to which 1871 has given rise on the memories of the Commune(s) in Paris, provincial France, or even abroad. 

Changes of Scale 

Choosing a broadened geographical framework, as well as focusing on the margins of the Commune of Paris of 1871 also lead to investigating deep into the links and the communications between Paris and provincial France: what are they? How do they operate? Who operates them? We will also try in this perspective to take stock of the southern leagues and to question federalism.

On a different level, it will be necessary to open up new avenues of investigation on the relationships between the different “communes” and their surroundings, for instance on the fringe of the towns, or the rural but politicized and / or mobilized surroundings of rebel cities. 

The matter of “opinion” will have to be considered from a new standpoint: can we know one or more “public opinions” on the events taking place in Paris and in provincial France?  How did people in Paris see the others in provincial France and vice-versa? And what about the Commune of 1871 as seen from abroad? 

More generally, what do we know about the relationships in those times between France and foreign countries? 

The Actors.

Rather than focusing on the most famous and most committed figures in one camp or the other, we will try to take into account the diversity of the actors involved in 1871. 

We will concentrate on the conciliators and the "Third-Party", and in particular on the position and choice of the radicals and radicalism. Provincial radicalism, including its freemason dimension, will hold a special place in these considerations on the construction of the radical ideology. 

It will be interesting to look at the lives led by the lesser-known Communards; it is a boundless path which can of course cross other themes, such as the themes of the generations and their legacy, the relationships between Paris and provincial France or banishment. 

The role of other participants has been reassessed and they appear to have been more spectators than actors. How can we understand them? What do we learn from the archives about their role? Can we distinguish in their role several degrees ranging from indifference to action?

This brings up new questioning which leads to further examine what the Communes were daily for those utterly different people who remained in their towns in arms. 

Recent studies have focused on the special role played by women in the insurgency. Several points are to be taken into account: their actual participation in the uprising of the “Communes” and the nature of their commitment when it exists, the existence or not of specific claims, the representations to which they were subjected. The observers of the time made a gender-based reading of the women’s roles and it provides us with a rich field of investigation. The place of women in exile is also one of the least studied areas. 

More broadly, the analysis of the artistic or literary representations, in particular satirical, will provide a sensitive approach to the actors of the 1871 uprising. 

Finally, this symposium would like to revisit the issue of the armed forces on both sides and, more particularly, the question of order. The question of the army of “Versailles” has already been investigated around Paris and research on the national guards has already been carried out, but what do we know about these topics in provincial France? What do we know about how order was kept in the towns during and after the uprising? 

Our aim, therefore, is to go back over the Commune(s) of 1871, and more particularly to favour the works generated by all the thinking that has been done about the event, in order to try to better understand its meaning in the nineteenth century, together with the reactions it provoked in the twentieth century and still provokes today. Understanding what the Commune represented in the late nineteenth century will certainly remain an open question, but this symposium will give us the opportunity to confront this central question through research and debate. While trying to draw up an inventory of the different works already carried out it would like to improve them and promote new works.

Organization: 

  • Archaeological and Literary Commission of Narbonne
  • Institute for social history CGT of the Aude
  • Research Centre on Space, Societies and Culture (CRESC, Paris 13 University)

Steering Committee:

  • Marc César (CRESC, Paris 13 University)
  • Laure Godineau (CRESC, Paris 13 University)
  • Jacques Michaud (President of the Archaeological and Literary Commission of Narbonne)
  • Xavier Verdejo (President of the scientific council of the Institute for Social History of the Aude)

Scientific Committee

  • Sylvie Aprile (Lille 3 University)
  • Sylvie Caucanas (Departemental archives of the Aude)
  • Laura Frader (Northeastern University – Boston, associate at the CES, Harvard University)
  • Jacques Girault (CRESC, Paris 13 University)
  • Christopher Guthrie (Tarleton State University)
  • Raymond Huard (Paul Valéry University, Montpellier 3)
  • Laurent Mc Falls (Université de Montréal)
  • Rémy Pech (University of Toulouse 2 – Le Mirail)
  • Alceo Riosa (University of Milan)
  • Jean-Louis Robert (Paris 1 University)
  • Jacques Rougerie (Paris 1 University)
  • Jean Sagnes (University of Perpignan)
  • Benjamin Stora (CRESC, Paris 13 University)
  • Robert Tombs (St John’s College, University of Cambridge)
  • Paul-Henri Viala (Archives of Narbonne)

Proposals will be a twenty line text. 

The deadline to send your contributions is fixed on 26 April 2010.

They will be sent to: 

  • Marc César marc.cesar@univ-paris13.fr
  • Laure Godineau laure.godineau@univ-paris13.fr

Postal address : CRESC, Université Paris 13 UFR LSHS, 99 av. Jean-Baptiste Clément, F 93430 Villetaneuse

Dates

  • lundi 26 avril 2010

Mots-clés

  • France, 1871, XIXe siècle, Commune, communards, révolution, République, utopie, femmes, exil, mémoires, fédéralisme, socialisme, radicalisme

Contacts

  • Marc César
    courriel : marc [dot] cesar [at] univ-paris13 [dot] fr
  • Laure Godineau
    courriel : laure [dot] godineau [at] univ-paris13 [dot] fr

Source de l'information

  • Marc César
    courriel : marc [dot] cesar [at] univ-paris13 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Regards sur la Commune de 1871 en France. Nouvelles approches et perspectives », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 30 novembre 2009, http://calenda.org/199672