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Réformes agraires et gestions des ressources naturelles en Afrique et Amérique latine

Land reforms and management of natural resources in Africa and Latin America

Congrès

Conference

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Publié le mardi 01 décembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Le congrès mise sur l’établissement de cette comparaison entre l’Amérique latine et l’Afrique. L’utilisation du drapeau de la réforme agraire, tellement typique de l’Amérique latine, s’est étendue à des zones où il était jusqu’alors pratiquement absent, en particulier en Afrique subsaharienne. Cette extension surprend étant donné les différences historiques, sociales et culturelles entre les deux continents. C’est la comparaison de ces différences qui peut mettre en lumière l’analyse des stratégies, aussi bien institutionnelles que communautaires. Le Congrès veut ainsi contribuer à surmonter la distanciation actuelle entre l’élaboration de modèles de développement et la recherche sur leur déploiement au niveau de scènes concrètes de gestion des ressources naturelles.

Annonce

CONGRÈS RÉFORMES AGRAIRES ET GESTION RESSOURCES NATURELLES EN AFRIQUE ET AMÉRIQUE LATINE.

Lleida, Espagne, 24-25-26 novembre 2010

Ces dernières années, le terme de réforme agraire, après une éclipse qui semblait irréversible, se trouve de nouveau au premier plan des politiques de développement. Ce retour, par-delà la mode terminologique, mérite l’attention de chercheurs de domaines très variés, et rend possible une nouvelle compréhension des avatars du développement et de son avenir.

Aujourd’hui, la revendication de la réforme agraire est mise en rapport avec les stratégies les plus innovatrices du développement (appropriation de pouvoirs, politiques participatives, capital social, durabilité…) qui cherchent à rendre les acteurs immédiats du développement responsables de la gestion des ressources.

Les points coïncidant avec les politiques appliquées pendant la première étape du développementisme, en particulier pendant les années 60 et le début des années 70, sont illustres, et tout laisse à penser qu’ils sont significatifs. La réapparition de la réforme agraire serait la pointe de l’iceberg qui permettrait une comparaison diachronique pouvant aider à prédire les trajectoires actuelles en ce qui concerne la possession de la terre et la gestion des ressources. Ce rapprochement permettrait d’évaluer les nouveaux mécanismes de développement et de lutte contre la pauvreté.

Appel à communications et panels

INTSTRUCTIONS POUR LA SOUMISSION DES COMMUNICATIONS ET DES PANELS

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Organisation des sessions du Congrès

Le Congrès s’organise en panels répartis thématiquement en trois journées et regroupés dans le programme correspondant. Chaque panel aura un coordinateur.

Proposition de panels

L’organisation du Congrès propose une liste de panels, chacun avec son propre coordinateur. De plus, un appel à panels est ouvert. Le comité scientifique du Congrès sélectionnera les panels à partir des propositions reçues, en fonction des critères de sélection spécifiés plus loin.

Chaque panel disposera de 2 h 30.

Proposition de communications individuelles

Toutes les communications individuelles doivent être affectées à l’un ou l’autre des panels.

Les propositions de communications peuvent être faites en même temps que la proposition des panels ou de façon indépendante.

Les propositions de communications indépendantes seront approuvées par le comité scientifique qui les assignera aux panels les plus adéquats, tout en gardant la possibilité de créer de nouveaux panels pour regrouper les communications. Dans ce cas, le comité scientifique mettra en contact les panélistes et demandera à ce que dans un délai déterminé ils indiquent qui est le coordinateur du panel.

L’organisation recommande que chaque intervention ait une durée maximale de 20 minutes et de réserver au moins une demi-heure pour le débat.

Données pour la présentation de propositions de panels et de communications individuelles

Date limite présentation panels : 29 janvier 2010

Date limite présentation sommaire communications individuelles : 19 mars 2010

Date limite présentation communicacions individuelles: 24 septembre 2009

CRITÈRES DE SÉLECTION DES PANELS

  • Leur pertinence par rapport au thème du Congrès.
  • Une présentation claire et succincte du thème ou débat.
  • Leur adéquation conceptuelle et théorique.
  • Le respect des instructions d’envoi.
  • Leur attractivité pour les académiciens des spécialités concernées et leur capacité à intéresser le public du Congrès.

INSTRUCTIONS GÉNÉRALES POUR LES PROPOSITIONS DE PANELS

  • Les panels doivent être proposés par leurs coordinateurs et spécifier qui sera le rapporteur, à moins que le coordinateur n’assume ce rôle, ce qui devra être précisé.
  • La proposition de panel peut inclure le nombre d’intervenants ou rester ouverte, dans l’attente d’une réponse à l’appel à communications individuelles. Le nombre d’intervenants est au maximum de 5 et au minimum de 3 ; si un panel n’atteint pas le nombre minimum d’intervenants, la commission scientifique proposera la réassignation d’intervenants, ou, le cas échéant, la fusion de panels. Si un panel dépasse le nombre maximum d’intervenants, le comité scientifique examinera la possibilité de réassigner une partie des interventions, d’attribuer des sessions extraordinaires au panel ou de proposer de nouveaux panels. Si les intervenants sont spécifiés, indiquer leur ordre d’intervention.
  • Les interventions et présentations peuvent être écrites en anglais, espagnol, catalan, portugais ou français.
  • Les propositions de panels et d’interventions doivent être effectuées au moyen du formulaire apparaissant sur cette page web. Les dossiers incomplets ou hors-délai ne seront pas acceptés (à moins que la commission scientifique n’assume la demande). Toutes les adresses doivent être actuelles et complètes.
  • L’acceptation finale dépend du paiement de la totalité des frais d’inscription au Congrès.
  • Tout changement ayant lieu dans les panels et communications devra être transmis au secrétariat du Congrès, ceci dans les délais indiqués.

RESPONSABILITÉS DES COORDINATEURS DE PANELS

  • Obtenir l’approbation des personnes qui se proposent en tant que participants.
  • Organiser le fonctionnement du panel.
  • Sélectionner les propositions de communications qui leur seront présentées directement et collaborer avec le comité scientifique pour la réassignation des communications et la restructuration des panels.
  • Une fois que les panels seront approuvés, le notifier à tous les participants et s’assurer que leur participation sera effective (ce qu’implique leur inscription au Congrès).
  • S’assurer que tous les participants sont inscrits au Congrès.
  • Informer le secrétariat du Congrès de tout changement qui aurait lieu dans leur session avant le : 10 novembre 2010

PANELS PROPOSÉS PAR LE COMITÉ SCIENTIFIQUE

La convocation pour la présentation des communications des panels suivants est ouverte :

1. Développement économique, possession de la terre et pauvreté

Coordinateurs : Nuria Duperier, Gonzalo Ramírez de Haro

Le panel sur le développement économique, la possession de la terre et la pauvreté sera orienté sur :

  • l’analyse de la mesure dans laquelle les processus de réforme agraire ont ou non contribué à la réduction de la pauvreté (et de l’exclusion) rurale ;
  • l’identification des facteurs expliquant les divers résultats obtenus suite aux initiatives de réforme agraire ; on peut donner une attention particulière au type de mesures complémentaires (formation, accès au crédit…) qui les accompagnent ;
  • l’analyse des initiatives de réforme agraire adoptées récemment (dans certains pays, elles vont contre les avancées qui se sont produites dans le passé en matière de redistribution des terres) qui donnent lieu dans la pratique à une hausse du phénomène de concentration de la propriété de la terre ;
  • l’étude de la façon dont les processus de déruralisation qui ont lieu dans certaines sociétés africaines et latino-américaines ont une incidence sur la possession et la distribution de la terre.

2. Réforme agraire et mouvements sociaux

Coordinateur : Víctor Bretón

La relation entre la réforme agraire et l’articulation de plateformes d’organisation d’action collective de la population rurale est un thème d’importance qui n’a pas toujours reçu l’attention qu’il mérite de la part des chercheurs et analystes. Cette analyse devra être envisagée dans le panel depuis deux perspectives :

  • l’une à caractère historique, avec l’analyse de l’importance que les demandes de répartition agraire ont eu dans la formation des mouvements paysans des décennies correspondant au développementisme classique (années soixante et soixante-dix).
  • l’autre à caractère présentiste, ou contemporain, dans le but d’approfondir les relations constatables entre, d’une part, l’articulation de nouvelles formes d’organisation (beaucoup d’entre elles agrégées autour des identités ethniques et non explicitement sur un discours de style classiste), et d’autre part la persistance de problèmes dérivant du problème non résolu du (re)concentration de la terre et d’autres ressources sous l’égide du néolibéralisme.

3. Révision de la tragédie des communaux : viabilité de la gestion communautaire

Coordinateurs : Albert Roca, Marina Padrão Temudo

En 1968, Garret Hardin écrivit le célèbre article La Tragédie des communaux, qui malgré les efforts ultérieurs de l’auteur pour éviter des interprétations simplistes de son travail, devint un texte sacré pour les efforts de conservation néomalthusienne et pour les interventions néolibérales concernant la possession de terres. L’hypothèse principale maintient que la gestion des ressources de propriété commune peut être soutenable pour les densités de population faibles, mais que l’accès ouvert aux populations croissantes et la demande sans restriction pour une ressource finie par des individus en concurrence donnera lieu à la surexploitation et à la dégradation de la terre.

En conséquence, seule la privatisation pourrait assurer une utilisation soutenable et des investissements pour augmenter la productivité.

Le cours des événements chez de nombreux groupes et sociétés a contredit ou nuancé l’approche de Hardin. La gestion des ressources communales a souvent démontré être beaucoup plus résistante que ce à quoi on pouvait s’attendre — non pas dans le sens atavique, mais dans le sens utilitaire qu’elles sont la solution aux besoins quotidiens de la population locale — et extrêmement variée. Cette résistance, ainsi que la diversité, peuvent soulager les perspectives générales sur la réforme agraire et sur les connaissances locales ou indigènes dans la gestion des ressources, étant entendu que ces connaissances et cette possession de la terre sont liées aux structures sociales locales et aux relations de pouvoir. Le groupe propose une approche comparative et diachronique de la question.

4. Réforme agraire et souveraineté alimentaire : les nouveaux booms et leur impact sur l’agriculture du Sud

Coordinateur : Andreu Viola

Diverses études ont informé au cours de l’année dernière d’une recrudescence du phénomène de la faim dans le monde. Le problème de la terre est historiquement et structurellement lié à la faim ; réforme agraire et souveraineté alimentaire sont donc deux objectifs inséparables.

Au cours de la dernière décennie, plusieurs nouvelles variables ont surgi qui génèrent une considérable controverse. Quelques exemples que nous nous proposons d’analyser dans ce panel sont :

  • La vente ou la location d’énormes surfaces de terre agricole à des investisseurs étrangers par divers gouvernements africains et latino-américains.
  • Le boom des cultures de soja transgénique. Leur commercialisation a engendré une augmentation frénétique de la déforestation, la dégradation du sol et la pollution par des produits agrochimiques ; il convient de souligner également les conflits sociaux provoqués par une concentration croissante de la terre agricole et l’invasion massive de territoires indigènes et de propriétés paysannes par des intérêts agroindustriels.
  • L’augmentation accélérée de la production mondiale d’agro-combustibles qui fait naître de nouvelles menaces sur la souveraineté alimentaire et la population paysanne.

Ces situations délimitent un intéressant domaine de réflexion et de discussion, qui nous permet d’analyser l’impact de ces booms commerciaux sur la possession et la gestion de la terre, les relations agraires et l’alimentation de la population locale, ainsi que l’incidence croissante sur l’agriculture du Sud des intérêts et capitaux extérieurs, coupés du territoire et étrangers à ses besoins.

5. Droit international et territoires indigènes

Coordinatrice : Mònica Martínez Mauri

En 1989, l’OIT a approuvé la Convention 169 sur les Peuples Indigènes et Tribaux des Pays Indépendants ; plus récemment, en 2007, l’Assemblée Générale des Nations Unies a approuvé la Déclaration Universelle concernant les Droits des Peuples Indigènes. L’approbation de ces deux mécanismes juridiques dans le domaine international a marqué un avant et un après dans l’agenda des peuples indigènes et des collectifs et communautés autochtones, un agenda centré sur la reconnaissance de l’accès à leurs terres, leurs territoires et leurs ressources naturelles. Aussi bien sur le continent américain que sur l’africain, malgré les différences dans la conception de l’indigène et de l’autochtone, on a eu recours à des procédures judiciaires dont les résultats ont été très divers afin de créer des précédents normatifs sur les droits indigènes et de réclamer que soient restitués des territoires à divers groupes.

Dans ce panel, nous nous intéresserons à ces procédures et à leurs effets sur la gestion locale des ressources naturelles, ainsi qu’aux alternatives à la voie juridique.

6. Réformes agraires orientées sur le marché versus réformes non-orientées sur le marché

Coordinateurs : Carlos Oya et Saturnino “Jun” Borras

La diversité des politiques et des actions qu’englobe la rubrique réformes agraires est très vaste et, dans des contextes culturels et historiques distincts, suscitent diverses réactions et adaptations. Un des facteurs-clé est le rôle que joue le marché (dans ce cas le marché des terres dans la distribution d’actifs) dans chacune des politiques mentionnées. On peut distinguer des orientations en général ouvertement productivistes dans lesquelles la réforme agraire est essentiellement un mécanisme d’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de la terre ; dans d’autres cas, l’objectif fondamental de la réforme est plutôt social et politique, centré sur l’équité, c’est pour quoi le marché en tant qu’assignation de ressources est problématique, voire contradictoire. L’accès à la terre de la part de l’agribusiness transnational peut également adopter des mécanismes alternatifs, qui n’interfèrent pas avec la propriété de la terre, comme c’est le cas de l’agriculture sous contrat, par exemple). Le panel abordera ces débats, et d’autres qui y sont liés ; on portera toutefois une attention particulière à l’évidence concernant les processus de réformes agraires (fondamentalement de redistribution des terres), qui ont pris la voie de la politique de marché (achat-vente volontaire).

7. Femmes rurales et paysannes du sud

Coordinatrices : Juana Moreno et Asli Ocal

Depuis plusieurs dizaines d’années, les processus de libéralisation du commerce international, la privatisation de la production agricole et la promotion des monocultures pour l’exportation démantèlent les productions agricoles familiales, ce qui augmente la dépendance et la vulnérabilité des paysans et paysannes qui se voient appauvris et, souvent, contraints d’abandonner l’agriculture.

Ces processus macro-structurels ne sont pas neutres vis-à-vis du genre. Les structures patriarcales sont toujours en vigueur et font que, selon la FAO, les femmes constituent 70 % des personnes considérées dans la pauvreté absolue au sein du monde rural.

L’objectif de ce panel est de connaître les nouvelles problématiques des femmes paysannes en mettant en relation les diverses sphères qui affectent leurs réalités, depuis le point de vue du genre. Cet objectif général fait poser les questions spécifiques suivantes :

  • Comment les transformations dans les modes de production agricole touchent-elles les femmes paysannes ? Quelles sont les stratégies, aussi bien au niveau individuel que collectif, que déploient les femmes paysannes dans ce contexte ?
  • Dans quelle mesure s’agit-il d’un contexte qui offre de nouvelles possibilités, ou bien s’agit-il, au contraire, d’une dynamique qui renforce les inégalités entre les sexes ?
  • Comment s’organise l’action collective concernant la situation des femmes à la campagne ?

Lieux

  • Universitat de Lleida, Plaça Víctor Siurana, 125003 Lleida
    Lérida, Espagne

Dates

  • vendredi 29 janvier 2010
  • vendredi 19 mars 2010

Mots-clés

  • développement rurale, réforme agraire, Développement économique, gestions des ressources naturelles, coopération et politiques de développement, mouvements sociaux, souveraineté alimentaire, femmes rurales

Contacts

  • Gemma Casal Fité
    courriel : infocra [at] ccdr [dot] cat

Source de l'information

  • Gemma Casal
    courriel : infocra [at] ccdr [dot] cat

Pour citer cette annonce

« Réformes agraires et gestions des ressources naturelles en Afrique et Amérique latine », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 01 décembre 2009, http://calenda.org/199690