AccueilMonde(s) méditerranéen(s) : échanges, rivalités et représentations d’une rive à l’autre, de la fin du XVIIIe siècle à nos jours

*  *  *

Publié le lundi 07 décembre 2009 par Marie Pellen

Résumé

Le Lycée Louis-Barthou organise pour la première année une journée d'étude autour du programme d'histoire du concours des ENS. Il s'agit de présenter à un public composé essentiellement d'étudiants de khâgne et de prépa HEC des mises au points synthétiques sur les derniers acquis de la recherche pluridisciplinaire autour de la Méditerranée de 1798 à nos jours. Cette journée d'étude est organisée par le lycée en partenariat avec l'EA 3002 ITEM de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour.

Annonce

La Méditerranée est souvent représentée de manière tranchée, voire manichéenne, dans l’imagerie collective : elle apparaît soit comme le territoire de toutes les confrontations, soit comme un ensemble uni et rêvé où tous les peuples seraient appelés à se retrouver dans un avenir commun. Ainsi, alors qu’André Siegfried estime que la  Méditerranée est un « pays de l’articulation », Samuel Huntington en fait une des frontières les plus dangereuses du « conflit des civilisations ». En vérité, la Méditerranée est tout à la fois un espace disputé, traversé de frontières, cette « ligne sismique» dont parle Edgar Morin, et un espace d’échanges socio-économiques intenses, de vigoureux brassage des populations et de métissage des cultures. Les géographes aiment à parler d’une interface, une zone de contacts et de ruptures, qui met aux prises Occident et Orient, Nord et Sud, islam et christianisme, laïcité et religion, fondamentalisme et modernisme, richesse et pauvreté… De la fin du XVIIIe siècle jusqu’à aujourd’hui, la Méditerranée, « exceptionnelle » selon Braudel, est un enjeu pour les impérialismes de toutes sortes. Enjeu géopolitique, enjeu géo-économique, cet espace est aussi puissamment désiré que divisé et c’est dans la longue durée que l’on doit chercher les fondations, les continuités et les inflexions des relations – fondamentalement inégales – entre les deux rives.

 

Le Lycée Louis-Barthou de Pau se propose d’organiser une journée de réflexion sur l’entrelacs de ces relations et sur la construction de l’espace méditerranéen. Cette journée d’étude est avant tout destinée aux étudiants de classes préparatoires aux grandes écoles des filières économiques et littéraires, dont les programmes s’intéressent tout particulièrement, cette année, à l’espace méditerranéen. Ainsi les étudiants de Première Supérieure doivent-ils réfléchir à la « Méditerranée de 1798 à 1956 » en Histoire, ainsi qu’à la « Turquie, aux Turcs et aux turcophones » en Géographie. Les étudiants qui se destinent aux grandes écoles de commerce, quant à eux, voient une partie de leur programme consacrée à la « géopolitique de l’espace méditerranéen », à l’heure où l’on s’intéresse avec acuité à un partenariat euro-méditerranéen.

Plusieurs axes de réflexion pluridisciplinaire pourraient être retenus :

1er axe : les échanges et les transferts économiques, technologiques et culturels.

Depuis 1798, dans un contexte de révolution des moyens de transport et de communication et d'une intensification des échanges autour de la Méditerranée, il est proposé d'étudier la teneur et les modalités des échanges et des transferts dans les domaines les plus divers (y compris le tourisme). Les influences réciproques, volontaires ou subies, ont à la fois rapproché les sociétés et provoqué des phénomènes de rejet ou d'affirmation identitaire. Les migrations et les communautés religieuses constituent à coup sûr une caractéristique du pourtour méditerranéen, où les manifestations des « nations » et la formation des Etats-nations ont été problématiques. Pour autant, les crispations identitaires n'ont pas empêché des manifestations de cosmopolitisme voire l'adoption du principe français de laïcité dans différents pays du bassin méditerranéen.

2ème axe : d’une rive à l’autre : regards croisés.

Les représentations ont joué un rôle essentiel dans les rapports entre Orient et Occident. Il s'agira d'étudier tant, chez les élites que dans le reste des populations, les différentes manifestations de ces regards posés sur l'autre et leurs conséquences les plus diverses. Ces représentations ont abouti à des projets et des actions qui, à leur tour, ont pu modifier sensiblement les perceptions. On discutera en particulier de la pertinence des analyses de E. Saïd sur l' « orientalisme », se manifestant d'abord par une appropriation scientifique de la culture de l'Orient par l'Occident, puis par des entreprises de domination économique et politique. Ces regards réciproques seront aussi étudiés dans le cadre de la cohabitation entre les diverses communautés, y compris celles des populations coloniales européennes.

3ème axe : les confrontations géopolitiques.

Autour de la Méditerranée, se sont affirmées les ambitions de puissances riveraines ou étrangères à l'espace méditerranéen. La France, la Russie, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont manifesté dans le cadre de la « question d'Orient » des ambitions rivales, spéculant sur le sort de l'Empire Ottoman. Empires coloniaux, domination thalassocratique, empires informels ont abouti à faire de la Méditerranée un espace maritime dominé par la rive nord dans le cadre d'une compétition acharnée. Espace de conflits tout au long du XIXe siècle, la Méditerranée a été aussi un lieu d'affrontement important lors des deux guerres mondiales et de la guerre froide. La décolonisation, la question palestinienne et la montée des tensions entre le Nord et le Sud font de la Méditerranée l'un des théâtres où se manifeste et s'élabore, parfois dans la douleur, le nouvel ordre mondial. En contrepoint, on étudiera toutes les tentatives des intellectuels ou des politiques pour pacifier le bassin méditerranéen.

 

Des propositions de communication sont attendues de la part de chercheurs de différentes disciplines des Sciences Humaines (histoire, géographie, droit, économie, sociologie, science politique, histoire de l'art et de la littérature….et la liste n’est pas close). Les communications ne devront pas excéder 25 mn et aborderont dans un esprit de synthèse de larges thématiques, en faisant une mise au point sur les apports et les nouvelles problématiques de la recherche récente.

 

Le public étant prioritairement des étudiants de classes préparatoires littéraires et commerciales préparant les épreuves d'histoire et géographie de leurs concours respectifs, cette journée d'étude est moins conçue comme un échange entre spécialistes, que comme une opportunité pour des chercheurs de faire une présentation pédagogique de haut niveau des questionnements, des méthodes et des résultats récents de la recherche dans leur discipline.

 

Il est envisagé de publier des actes aux Presses Universitaires de Pau, dans la collection « Universitaria »..

Les propositions de communication d'une page ainsi qu'un court CV scientifique de l'auteur sont attendus avant le 10 janvier 2010 dernier délai.

Organisation/contact :

Thierry Issartel, historien, professeur de classes préparatoires

thierry.issartel@wanadoo.fr

 

Julien Vasquez, historien, professeur de classes préparatoires

julienvasquez@wanadoo.fr

Lieu

Pau (64000) Lycée Louis Barthou

Rue L. Barthou

Date limite

10 janvier 2010

Catégories

Lieux

  • Lycée Louis Barthou, rue L. Barthou
    Pau, France

Dates

  • dimanche 10 janvier 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • Méditerranée, sociétés méditerranéennes, orientalisme, Turquie, modernité, colonisation, décolonisation, communautés, commerce maritime, ports

Contacts

  • Thierry Issartel
    courriel : thierry [dot] issartel [at] gmail [dot] com
  • Julien Vasquez
    courriel : julienvasquez [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Thierry Issartel
    courriel : thierry [dot] issartel [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Monde(s) méditerranéen(s) : échanges, rivalités et représentations d’une rive à l’autre, de la fin du XVIIIe siècle à nos jours », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 07 décembre 2009, http://calenda.org/199737