AccueilLa valeur de la science. Pourquoi évaluer la recherche ?

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Publié le mercredi 09 décembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Adoptées depuis plusieurs années dans le secteur privé, les pratiques évaluatives s’imposent actuellement au monde universitaire, sous les dehors de l’évidence ou de la « culture de l’évaluation » : la recherche, comme toute autre activité qui repose sur un investissement, doit prouver son excellence sur le marché des valeurs scientifiques. À cette fin, une série d’outils sont mis au point pour la mesurer et la situer, à tous les niveaux où elle se pratique : l’individu, le laboratoire, la revue, le département, la faculté, l’université, la région, le pays, le monde.

Annonce

Adoptées depuis plusieurs années dans le secteur privé, les pratiques évaluatives s’imposent actuellement au monde universitaire, sous les dehors de l’évidence ou de la « culture de l’évaluation » : la recherche, comme toute autre activité qui repose sur un investissement, doit prouver son excellence sur le marché des valeurs scientifiques. À cette fin, une série d’outils sont mis au point pour la mesurer et la situer, à tous les niveaux où elle se pratique : l’individu, le laboratoire, la revue, le département, la faculté, l’université, la région, le pays, le monde. Ces outils, principalement quantitatifs, sont supposés mettre en évidence ce qu’est une « bonne recherche » et cibler ainsi les zones d’investissement prioritaire. Au final, tout le monde aurait à y gagner : les décideurs, qui rentabilisent au maximum leurs financements, et les « bons chercheurs », dont les travaux sont d’autant plus visibles qu’ils sont encouragés — et réciproquement.

Ces nouvelles pratiques ne manquent pas de susciter une vive polémique auprès de chercheurs de toutes disciplines, tous « rankings » confondus, qui y voient non seulement des déformations outrancières de leur travail, mais aussi, plus généralement, un danger pour la qualité, la diversité et le renouvellement de la recherche scientifique.

Sans se rallier a priori à ces récusations frontales, le comité organisateur du colloque entend ouvrir un véritable débat à ce sujet. Il souhaite interroger plus globalement ces nouveaux impératifs évaluateurs à l’université, afin de dégager quelques propositions pour un dialogue institutionnel à l’Université de Liège autour de la « valeur de la science » — qui trouverait donc ses raisons d’être par d’autres biais que la seule « culture de l’évaluation ». L’ancrage de cette réflexion et les modes de sa formulation sont ceux de la recherche en lettres et en sciences humaines ; les questions soulevées concernent cependant toute pratique de recherche. L’ambition de ce colloque est dès lors d’impliquer au même titre les chercheurs en sciences humaines et les chercheurs en sciences dites « dures », pour couvrir l’éventail complet des pratiques soumises au même modèle normatif de l’évaluation.

La première journée se composera d’interventions centrées sur les aspects socio-historiques, techniques, politiques et institutionnels de l’évaluation du travail scientifique. La matinée du vendredi proposera quant à elle une table ronde rassemblant différents acteurs concernés par la problématique. Le débat sera animé par un modérateur ; l’assistance pourra également adresser des questions aux participants.

Programme

JEUDI 10 DÉCEMBRE 2009, 9H-17H

09H00

Jean-Pierre BERTRAND (Doyen PHL, ULg), Allocution d’ouverture

09H30

Michel BLAY (CNRS), Science, connaissance, évaluation et enjeux politiques

10H15

Cédric LOMBA et Sophie POCHIC (CNRS), Évaluer le travail ou évaluer les travailleurs ? Regard rétrospectif sur des pratiques d’entreprise

Pause

11H15

Jean SURDEJ (ULg), Évolution des pratiques d’évaluation : le cas des sciences
(astro)physiques

12H00

Jean-Pierre JASPART (ULg), Inscrire sa recherche dans un cadre européen

Repas

14H30

Claire LEMERCIER (CNRS / Revues.org), Évaluer des revues : pourquoi ? comment ?

15H15

Guillaume SIBERTIN-BLANC (Université de Toulouse – Le Mirail), Scission OU articulation
de l’enseignement et de la recherche : quelles conséquences pour l’évaluation ?

Pause

16H15

Philippe BÜTTGEN (CNRS), « D’ailleurs toute activité sans évaluation, cela pose un
problème »

VENDREDI 11 DÉCEMBRE 2009, 10H-13H

Table ronde.

Modérateur Frédéric HESELMANS, directeur du CLEO

Participants

  • Jean-François BACHELET (CASU [Cellule d’analyse stratégique des universités], ULg)
  • Jean-Pierre BERTRAND (Doyen PHL, ULg)
  • Freddy COIGNOUL (vice-recteur à la Gestion de la qualité, ULg)
  • Vincent GEENEN (directeur de recherches F.R.S.- FNRS, Immunologie, ULg)
  • Isabelle HALLEUX (ARD, ULg)
  • Véronique HALLOIN (secrétaire générale du F.R.S.-FNRS)
  • Dimitri LABOURY (maître de recherches F.R.S.- FNRS, Égyptologie, ULg)
  • Pascal PERRIN (F.R.S.-FNRS)
  • Bernard RENTIER (Recteur ULg)
  • Stijn VERLEYEN (FWO)
  • Pierre WOLPER (vice-recteur à la Recherche, ULg)

VENDREDI 11 DÉCEMBRE 2009, 14H30-17H

Intervention de Florence Caeymaex (L’efficacité dans les sciences : gérer et évaluer la production des savoirs ?) dans le cadre du Séminaire de philosophie du droit et de l’État (dir. Thomas BERNS) sur le thème « Efficacité : normes et savoirs ».

Programme complet du séminaire à l’adresse : http://www.philopol.ulg.ac.be/2_1_agenda.html

Lieux

  • Université de Liège, Place du XX-Août, 7 ; Bât. A1, Salle des Professeurs
    Liège, Belgique

Dates

  • jeudi 10 décembre 2009
  • vendredi 11 décembre 2009

Mots-clés

  • évaluation, recherche

Contacts

  • Florence Caeymaex
    courriel : F [dot] Caeymaex [at] ulg [dot] ac [dot] be

Source de l'information

  • Björn-Olav Dozo
    courriel : bo [dot] dozo [at] ulg [dot] ac [dot] be

Pour citer cette annonce

« La valeur de la science. Pourquoi évaluer la recherche ? », Colloque, Calenda, Publié le mercredi 09 décembre 2009, http://calenda.org/199756