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Intervenir pour favoriser l'agir ensemble

Revue Nouvelles pratiques sociales

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Publié le mercredi 09 décembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

La revue Nouvelles pratiques sociales vous invite à contribuer au dossier « Intervenir pour favoriser l'agir ensemble ». Coordonné par Mme Michelle Duval, Mme Esther Filion et M. Pierre Fournier, ce dossier s'intéresse aux articulations entre action collective et interventions sociales. Au nombre des questions qui seront abordées, mentionnons : 1) l'impasse actuelle dans laquelle se trouve un principe premier qui veut que l’intervention auprès des communautés repose sur la participation des « premiers concernés » aux décisions et aux actions menées pour changer leurs conditions de vie ; 2) les réflexions théoriques sur le sens de cette intervention ; 3) les finalités de l ’action collective ; 4) auprès de qui et avec qui intervient-on ? ; 5) le rôle de l’intervenant et sa position à l’intérieur du collectif qui mène l’action.

Annonce

Revue Nouvelles pratiques sociales, vol. 23, numéro 2 (printemps 2011)

Responsables : Michelle Duval, Esther Filion et Pierre Fournier

Les travaux de recherche et de réflexion sur l’action collective menés au cours des dernières années et qui portent sur la nature et les visées de l’action collective ainsi que sur les formes que prend la mobilisation (voir les différentes théories des mouvements sociaux) s’attardent peu aux façons d’intervenir pour favoriser l’agir ensemble. C’est du moins le constat fait lors du colloque Action collective et exclusion sociale en Europe tenu en janvier 2008 à Lyon, où une seule présentation sur une trentaine abordait la question de l’intervention. Or les praticiens de l’action collective (les organisateurs communautaires) ont grandement besoin d’avoir accès à de telles connaissances pour développer et raffiner leur intervention et surtout, pour donner du sens à cette intervention..

Appelée tantôt organisation communautaire ou encore action communautaire , intervention sociale collective , intervention collective en travail social ou même animation sociale à l’époque de son apparition , la pratique de l’intervention auprès des communautés (c’est la dénomination retenue par l’École de travail social de l’UQAM) s’inscrit dans un contexte en profonde mutation. Transformation du réseau public de santé et de services sociaux où les organisateurs communautaires deviennent, dans certains établissements, des agents de planification. Transformation du réseau communautaire où les membres-participants deviennent, dans certains organismes, des clients et impuissance des groupes à développer des pratiques favorisant la participation. Apparition de nouvelles problématiques appelant le développement de nouveaux champs d’intervention : environnement, mondialisation, faillite du modèle économique, sans parler du « désenchantement démocratique », selon l’expression de Hansotte , et dont témoignent la faible participation aux élections et la crise de confiance envers la classe politique.

Cette mutation du contexte de la pratique interpelle directement l’équipe de formation pratique rattachée à la concentration « intervention auprès des communautés » à l’École de travail social de l’UQAM, à cause des difficultés qu’elle entraîne. Difficulté certes à recruter des lieux de stage offrant la possibilité d’apprendre à mener des actions collectives en travaillant d’abord avec les « premiers concernése »; mais difficulté d’abord à définir qui sont ces premiers concernés et aussi quelles activités peuvent être considérées comme des actions collectives; et surtout, difficulté enfin à cerner le sens des interventions et leur finalité. Un état de situation s’impose.
Afin de nous aider à résoudre ces difficultés, nous

Nous faisons cet appel à tous et à toutes en vous invitant à réfléchir aux questions suivantes :

1. La participation des « premiers concernés » aux décisions et aux actions menées pour changer leurs conditions de vie est le principe premier sur lequel repose l’intervention auprès des communautés et relève d’une conception horizontale plutôt que verticale du pouvoir. Doré est formel : le « principe de la participation de la communauté concernée [...] représente la marque distinctive de l’organisation communautaire comme pratique sociale . » Or ce principe semble rencontrer de nombreuses difficultés à s’actualiser; les constats en ce sens sont nombreux . Comment sortir de l’impasses’actualise ce principe? ? Les obstacles relèvent-ils uniquement de la conjoncture ou sont-ils à chercher également du côté des intervenants : impuissance, ignorance, manque de conviction? Comment fait-on participer les personnes concernées à la définition du problème, à l’analyse de la situation, à la recherche de solutions et à leur mise en œuvre? La promotion de la participation est-elle compatible avec la logique de programme qui prévaut autant dans les ministères que chez les bâilleurs de fonds privés?

2. Des réflexions théoriques sur le sens de cette intervention sont également sollicitées : pourquoi intervient-on? Pour « atténuer les effets les plus dévastateurs de la pauvreté [...] en visant le développement de la capacité d’agir des personnes et des communautés aidées [empowerment] »? Pour favoriser « l’élargissement de l’espace démocratique »? Cet espace est-il restreint à l’univers des personnes concernées ou peut-il déborder sur « la vie de la Cité au sens d’espace commun d’engagement pour l’intérêt général », s’articulant alors autour d’un projet de société et marquant un déplacement vers le politique?

3. Intervient-on pour que les personnes « s’améliorent » et développent des habiletés, tendance observée à travers notre expérience liée à la formation pratique? Quelle place doit alors être réservée aux pratiques éducatives et aux activités de sensibilisation? L’action collective peut-elle avoir comme finalité la modification de comportements ou le développement d’habiletés? N’y a-t-il pas là risque de dérive? La frontière entre la transformation des conditions de vie en fonction des intérêts des premiers concernés d’une part et la modification des comportements, d’autre part, est souvent brouillée. Cette frontière distingue pourtant l’objet et la visée du changement, à savoir la transformation du comportement de l’individu ou bien la transformation de ses conditions de vie. Quelles particularités de l’éducation populaire, de la défense de droits et et de la conscientisation seraient à réaffirmer pour que les « premiers concernés » soient au centre de l’action?

4. Auprès de qui et avec qui intervient-on? L’essentiel n’est-il pas de favoriser l’agir ensemble et d’investir dans le processus, quelles que soient ces personnes dont on supporte l’action collective, du moment que cette action est orientée vers le bien commun plutôt que de servir des lobbies partisans? N’a-t-on pas plutôt comme intervenant professionnel un parti pris pour les personnes exclues des lieux de pouvoir et n’ayant pas accès à l’exercice du politique? La question de l’oppression et des conditions de vie (aussi larges soient-elles : logement, alimentation, revenus, accès aux services – écoles, garderies, transport, santé) n’est-elle pas centrale lorsqu’on détermine le cadre dans lequel s’inscrira l’agir ensemble, d’un point de vue d’intervention sociale?

5. Le rôle de l’intervenant et sa position à l’intérieur du collectif qui mène l’action sont également à examiner. L’intervenant salariéprofessionnel fait-il partie du collectif ou doit-il rester à l’extérieur, dans une position de neutralité? Comment alors privilégier le « faire avec » plutôt que le « faire pour », au sens où l’entend Ninacs ? L’intervenant salariéprofessionnel ne porte-t-il pas, lui aussi, un projet de société qui repose sur des valeurs? Et qu’en est-il du militant, intervenant lui aussi pour favoriser l’agir ensemble, mais dont l’intérêt déborde le processus pour se porter sur l’atteinte de résultats? Peut-il adopter une posture d’intervenant? À quelles conditions? Que penser du pouvoir détenu par l’intervenant, qu’il soit salarié ou militant?

Voilà quelques -unes des questions auxquelles nous vous invitons à réfléchir en accordant une attention particulière aux enjeux éthiques soulevés. Cette réflexion devra, si possible, prendre assise sur des expériences d’intervention, vous référant à différentes expériences de mobilisation et d’action collective ou vous attardant à une expérience particulière. Les aller-retour entre la théorie et la pratique sont souhaités. La contribution des théoriciens de l’action collective est sollicitée au même titre que celle des praticiens, pourvu que la perspective d’intervention soit centrale dans la réflexion. Afin de favoriser la participation des intervenantes et des intervenants à la production d’articles à caractère scientifique, différentes formules peuvent être envisagées, dont le jumelage chercheur/intervenant.

Les manuscrits doivent être soumis avant le 15 avril 2010 par courrier électronique à Nouvelles pratiques sociales (nps@uqam.ca).

Pour toute question relative à ce numéro thématique, les auteures et auteurs sont invités à communiquer avec les responsables :

  • Michelle Duval, professeure et responsable du séminaire d’intégration pour les stagiaires à l'École de travail social – Université du Québec à Montréal (UQÀM) : Téléphone : (514) 987-3000 (poste 6867); duval.michelle@uqam.ca
  • Esther Filion, intervenante en alphabétisation populaire au comité d’éducation aux adultes (CÉDA), superviseure de stage à l'École de travail social – UQÀM : Téléphone : (514) 596-4428; esther@internet.uqam.ca
  • Pierre Fournier, organisateur communautaire au CLSC Saint Léonard (Québec, Canada), coordonnateur de stages à l'École de travail social – UQÀM) : Téléphone : (514) 328-3460 (poste 5679); pierre.fournier@ssss.gouv.qc.ca

Rappel : Vous trouverez le guide pour la présentation des articles dans la revue et vous pouvez le consulter sur notre site Web (http://www.nps.uqam.ca/appel/guide.php); toutefois, nous précisons déjà qu’aucun article ne devra dépasser 35 000 caractères (espaces compris), notes, bibliographie et tableaux inclus.

Lieux

  • Montréal, Canada

Dates

  • jeudi 15 avril 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • action, collectif, intervention, social, pratique, revue, appel, travail

Contacts

  • Etienne Legault (secrétaire de rédaction) ~
    courriel : nps [at] uqam [dot] ca

Source de l'information

  • Etienne Legault
    courriel : nps [at] uqam [dot] ca

Pour citer cette annonce

« Intervenir pour favoriser l'agir ensemble », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 09 décembre 2009, http://calenda.org/199760

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