Accueil1914-1918 : les identités sociales et nationales en guerre

1914-1918 : les identités sociales et nationales en guerre

Colloque international de Laon et Craonne

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Publié le lundi 14 décembre 2009

Résumé

Le troisième colloque du CRID 14-18 sera international et comparatif comme les deux premiers. Il sera centré sur la Grande Guerre, mais les « discutants » seront pris parmi les spécialistes d’autres périodes et d’autres sciences sociales, par souci d’élargissement de la réflexion. Au début de chacune des quatre demi-journées, un rapporteur fera la synthèse des communications retenues, puis une large place sera laissée à la discussion entre les communicants et le public.

Annonce

Dans le titre, il faut comprendre « identités sociales » au sens de la place occupée dans la société ; et « identités nationales » dans toute la complexité tenant compte des situations de minorités et de la colonisation. La notion d’identité conjugue les facteurs donnés par différents cadres (économiques, sociaux, politiques) et par les engagements des acteurs. Les identités du temps de paix forment le contexte. La guerre, telle qu’elle se révèle en 1914-1918, est d’un impact considérable. A-t-elle modifié les identités ? Où se trouvent les continuités, les changements profonds, les ruptures ? Comment ceci est-il exprimé ?

1ère journée : les identités sociales en guerre

            Les armées de masse de la Grande Guerre conduisent au front des millions d’hommes vivant des expériences diverses. Intégrés à des unités disposant d’un certain esprit de corps, ils restent en partie des civils mobilisés attachés à leurs identités antérieures. Ils connaissent en même temps une professionnalisation, en particulier au sein des armes techniques et nouvelles (artillerie, génie, chars, aviation) ou des services (santé, bureaux) qui développent des pratiques identitaires originales. Y a-t-il une affectation « sociale » dans telle ou telle arme ? Cela a-t-il une influence sur leur spécificité ?

            Il faudra étudier les mélanges sociaux de la tranchée et leurs limites, le contact entre intellectuels et travailleurs manuels, les critères de la camaraderie. Les poilus ont-ils une identité sociale ? Certes les combattants se dotent de langages et de codes ou de normes assurant leur cohésion. Etre combattant, c’est connaître des décalages à la fois valorisants et frustrants par rapport au monde des civils, et, pour finir, devoir passer de la guerre à la paix en recouvrant son identité antérieure – avec quelles transformations ? Le cas des instituteurs, des médecins, des cheminots… sera examiné. « Les simples combattants ont-ils eu voix au chapitre ? », c’est aussi une question qui sera posée. Peut-on considérer carnets et correspondances comme « aspirations démocratiques » ?

            A l’arrière, on pourra présenter le dilemme des journalistes, pris entre le souci professionnel d’informer correctement, l’insuffisance de l’information accessible, et la nécessité de respecter les règles strictes de la défense nationale ; le dilemme des savants et des artistes entre universalité de la science et des arts, et engagement patriotique. La grille d’analyse des conflits sociaux en temps de paix aide à questionner les comportements des militants en temps de guerre. Les anciens militants, les nouveaux, sans oublier les militantes, sont accablés par le malheur ambiant qui peut pousser aussi bien au repli sur soi qu’à la révolte. Peut-on analyser la perturbation des identités syndicales ? les caractères spécifiques des grèves féminines ? Une étude sociale des journaux personnels de civils et de civiles est attendue.

2e journée : les identités nationales en guerre

            Le patriotisme et la défense de la nation sont des enjeux centraux pour les sociétés en guerre. Mais les identités nationales sont elles-mêmes construites et complexes. Elles revêtent des sens différents dans les Etats-nations et les empires multinationaux, pour les minorités nationales (Alsaciens, Polonais, Irlandais, Tchèques, Baltes…) et les soldats coloniaux. Elles s’articulent à des identités locales (la patrie et la « petite patrie ») et se construisent par des pratiques et des interactions multiples, à l’armée, à l’arrière, à l’école, dans la sphère culturelle. Qu’en est-il des identités lorsqu’il s’agit de citoyens d’une république ou d’une monarchie constitutionnelle, ou de sujets dans un système autoritaire traditionnel ? Où se situent les points de rupture dans les deux cas ? Un tel questionnement sera mené à travers la comparaison entre France, Italie, Russie, par exemple. De même la dimension coloniale pourrait comparer l’impact de la guerre sur les identités de troupes australiennes (dominion de race blanche de l’Empire britannique) et d’Afrique noire, ou d’Algérie où coexistaient colons et « indigènes ». Leur présence sur le Chemin des Dames fournira un exemple significatif. D’un autre côté, la prégnance du national et du nationalisme fait ressortir les identités alternatives : que signifie en 1914-1918 être neutre, internationaliste, européaniste ?

            Les propositions d’intervention sont déjà nombreuses sur les Siciliens, les Irlandais, les Croates  et les minorités de l’Empire austro-hongrois ; les neutres (par exemple : « Etre finlandais. S’engager d’un côté ou de l’autre, et pourquoi ? Rester neutre ? Préparer l’Indépendance ? la Révolution ? »). Il sera également question des « tirailleurs sénégalais », des troupes afro-américaines, des Amérindiens…

 

Envoyez vos propositions de communications (titre, résumé d’une page maximum) à Rémy Cazals (rm.cazals@wanadoo.fr). Date limite : 1er février 2010.

            Le Comité scientifique fera un choix en fonction des problématiques du colloque et donnera ses réponses avant le 1er mars 2010.

            Les textes feront 30 mille signes maximum. La limite d’envoi des textes pour les rapporteurs et discutants est fixée au 15 septembre. Les communications arrivant après cette date ne pourront pas être prises en compte.

            Un livre sera composé en reprenant la plupart des communications, toutes si possible, et publié dans le courant de 2011.

Le Comité scientifique est composé de :

  • Alain Boscus, maître de conférences, Université de Toulouse
  • François Bouloc, docteur en histoire
  • Rémy Cazals, professeur, Université de Toulouse, président du CRID 14-18
  • Thierry Hardier, docteur en histoire
  • John Horne, professeur, Trinity College, Université de Dublin, Irlande
  • André Loez, professeur agrégé, docteur en histoire
  • Nicolas Mariot, CNRS
  • Frédéric Rousseau, professeur, Université de Montpellier

Le colloque se déroulera les 12 et 13 novembre 2010.

Lieux

  • Laon, France (02)
  • Craonne, France (02)

Dates

  • lundi 01 février 2010

Mots-clés

  • Grande Guerre, identités nationales, identités sociales, sociétés, guerre, patriotisme, armées

Contacts

  • Rémy Cazals
    courriel : rm [dot] cazals [at] wanadoo [dot] fr

Source de l'information

  • Frédéric Danesin
    courriel : danesin [at] univ-tlse2 [dot] fr

Pour citer cette annonce

« 1914-1918 : les identités sociales et nationales en guerre », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 14 décembre 2009, http://calenda.org/199791