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La mondialisation enrayée ?

Micro-politiques et pratiques locales de l'art

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Publié le mercredi 16 décembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Alors que la mondialisation est devenue la clef de compréhension et de modulation de l’espace artistique international (l’inflation des « biennales d’art contemporain  » à travers le monde, la mobilité spectaculaire de ses acteurs les plus en vue en sont des signes éclatants), le colloque portera sur la notion de contre-publics : la place qu’occupent ces derniers, leur(s) rôle(s) et l’importance qu’il convient (ou non) de leur accorder - dans la reprise d’initiative des scènes locales.

Annonce

La mondialisation n’a pas fait table rase des scènes artistiques locales. Dans l’univers de l’art comme ailleurs, on ne peut plus parler d’une sphère publique unique et englobante. Cette dernière (si tant est qu’elle ait jamais existe) a été remplacée par une multitude de sphères publiques à caractère partiel, dont certaines se recoupent ou se chevauchent et d’autres s’avèrent radicalement disparates. Il est aussi, dans ce contexte, des « publics secrets  » dont on ne peut sous-estimer l’importance. Il s’agit là d’une vaste gamme d’entités, qui vont de la  structure participative autogérée à la communauté  clandestine qui vient contrarier les attendus de la mondialisation conçue comme une théorie innovante de la culture.

A travers une série de cas, le colloque se focalisera sur la nature, les  points de mire  et la diversité de contre -publics, voire de publics partiels, que l’on  identifie trop souvent comme  « minoritaires  » ou « réactionnaires  » car - volontairement ou par nécessité - ils tendent à échapper aux regards normatifs posés à travers le prisme de la mondialisation.

Dans le cadre des ateliers « Artistes et sciences humaines  », un programme initié par Patricia Falguières du Centre de sociologie du travail et des arts de l’EHESS et Zahia Rahmani du programme « Art et mondialisation  » de l’INHA, avec la participation de Elisabeth Lebovici et Nataša Petrešin-Bachelez, séminaire « Something You Should Know  : artistes et producteurs aujourd’hui  » .

LA MONDIALISATION ENRAYÉE  ? MICRO-POLITIQUES ET PRATIQUES LOCALES DE L’ART

Matin

9h30

Patricia Falguières, EHESS et Zahia Rahmani, INHA. Artistes et sciences humaines  - Etat d’une collaboration

10h

Cédric Vincent, EHESS, Paris. Introduction à la mondialisation enrayée

10h30

Philippe Rekacewiecz, Le Monde Diplomatique, Paris. Cartographie et nouvelles représentations de la mondialisation

11h15 pause

11h30

Jonathan Friedman, EHESS, Paris. Crise, transformation mondial et ses expressions culturelles.

12h15

Marion Von Osten, Academy of Fine Arts Vienna. « In the Desert of Modernity. Colonial Planning and After  », one exhibition

Après-midi

14h30

Joaquin Barriendos, New York University et Global Visual Cultures, Mexico. Le révisionisme géopolitique du musée d’art global

15h15

Shveta Sarda, Cybermohalla Labs New Delhi. A few propositions for micro-structures of cultural and intellectual life

16h pause

16h15

Peter Pal Pelbart, Université Catholique de São Paulo. Poétique de l’altérité - La compagnie théâtrale Ueinzz

17h Table ronde avec tous les participants

Joaquín Barriendos - Historien de l’art et commissaire d’expositions. Il est actuellement chercheur invité à l’université de New York (Program in Museum Studies).En 2007, il crée la plateforme www.culturasvisualesglobales.net, un forum pour la recherche théorique et interdisciplinaire dans les domaines des études visuelles, de la mondialisation culturelle et de l’art contemporain. Il est l’auteur de Geo-Aesthetics and Transculturality. Global Cultural Diversity, Politics of Representation, and the New Internationalism in Contemporary Art (2007) et il est co-éditeur scientifique des revues internet Transversal (http://eipcp.net/transversal) et Transform (http://transform.eipcp.net), et de Brumaria (revue espagnole d’esthétique, de pratiques culturelles et de théories politiques contemporaines).

Jonathan Friedman - Anthropologue, directeur d’études à l’EHESS (Paris) et professeur à l’université de Lund (Suède). Depuis les années 1970, il a développé une anthropologie des systèmes mondiaux qui fait de lui l’un des spécialistes des questions de mondialisation. Récemment, ses recherches se sont polarisées sur le thème « Migration, multiculturalisme et l’avenir de l’Etat-nation  » qui aborde la question de la transformation de l’Etat-nation contemporain en situation de déclin. En parallèle, il a, depuis quelques années, entrepris une recherche sur les sociétés du Pacifique. Il est l’auteur notamment de Cultural Identity and Global Process (1994) et, avec Kajsa Ekholm Friedman, Historical Transformations: The Anthropology of Global Systems (2007). Il a dirigé les volumes Globalization, the State and Violence (2003), avec Shalini Randeria, The World on the Move: Globalization, Migration, and Cultural Security (2004) et avec Christopher Chas-Dunn, Hegemonic Decline: Past and Present (2005).

Peter Pal Pelbart - Philosophe, essayiste, metteur en scène et théoricien des pratiques artistiques. Il est professeur à l’Université Catholique de São Paulo, au département de Philosophie, Programme de psychologie clinique. Il coordonne, un projet de théâtre avec des patients en hôpital psychiatrique au sein de la Compagnie Ueinzz. Le groupe a fait un travail de recherche en collaboration avec l’artiste Alejandra Riera (Enquête sur le/notre Dehors), qui a été présenté à la Documenta 12. Il a publié plusieurs livres et a collaboré à différents recueils : Gilles Deleuze, une vie philosophique (dir. E. Alliez), Un hommage à Gilles Deleuze (dir. Kuniichi Uno, Japon), Rhizomatics, Genealogy, Deconstruction (dir. C. Boundas), Denken des Raums in Zeiten der Globalisierung (dir. Michaela Ott), Deleuze et les écrivains: littérature et philosophie (dirs. Gelas et Micolet).

Marion von Osten - Artiste, chercheur et commissaire d’expositions. Elle est actuellement Professeur à l’Académie des Beaux Arts de Vienne. Elle est membre fondateur de Labor k3000 (www.k3000.ch), kpD-kleines post-fordistisches Drama et du Center for Post-Colonial Knowledge and Culture à Berlin, à partir desquels elle développe des projets artistiques et théoriques. De 2003 à 2005, elle dirige « Projekt Migration  » (avec Kathrin Rhomberg) et « Transit Migration  » (www.transitmigration.org). De 2006 à 2009, elle aborde un autre versant de l’univers transnational avec In the Desert of Modernity. Colonial Planning and After. L’exposition associée à ces recherches est montée à la Maison des Cultures du Monde à Berlin, puis aux anciens Abattoirs de Casablanca. Elle fera aussi l’objet d’une publication  : The Colonial Modern (dirigée avec Tom Avermaete et Serhat Karakayali).

Philippe Rekacewicz - Cartographe et journaliste au Monde Diplomatique, il a participé de 1996 à 2006 au développement d’une unité du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le GRID-Arendal, en Norvège. Depuis quelques années, il participe à divers projets politico-artistiques en Europe, parmi lesquels Colonialism without Colonies? Relations between Tourism, Neo-Colonialism and Migration  (2005) au Shedhalle de Zurich. En 2008, il a organisé l’exposition cartographique Frontières, Migrants et Réfugiés.

Shveta Sarda - Coordinatrice du programme de recherche Cybermohalla Labs associé à SARAI et à Ankur Society for Alternatives in Education, à New Delhi. Ce programme a été créé en 2001, en même temps que SARAI, un centre de recherche interdisciplinaire et de savoirs alternatifs. En plus de son implication dans les bidonvilles et les quartiers populaires de la ville, ce programme a participé à nombreuses manifestations culturelles et artistiques. En 2008,Shveta Sarda conçoit en collaboration avec les architectes Nikolaus Hirsch et Michel Müller The Cybermohalla Hub, une structure visant à recueillir de la documentation et à partager des savoirs, montée pour Manifesta 7 puis déménagée à Delhi. Jusqu’au 7 février 2010, Cybermohalla participe à l’exposition, Insiders - pratiques, usages et savoir-faire au CAPC à Bordeaux.

Lieux

  • INHA, 2 rue Vivienne
    Paris, France

Dates

  • mercredi 16 décembre 2009

Mots-clés

  • mondialisation, géopolitique, musée, art, micro-politique, local, global

Contacts

  • Lucie Champagnac
    courriel : lucie [dot] champagnac [at] inha [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Lucie Champagnac
    courriel : lucie [dot] champagnac [at] inha [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La mondialisation enrayée ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le mercredi 16 décembre 2009, http://calenda.org/199801