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La « ville durable » : discours, pratiques et réalités

Appel à contribution pour la revue Espaces et sociétés

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Publié le mardi 15 décembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Depuis quelques années, avec la prise de conscience des menaces qui pèsent sur la planète, se développe un discours sur les nouveaux rapports de la ville à la nature et à l’environnement : la « ville durable », traduction dans l’espace des prescriptions du développement durable. Ses objectifs sont complexes et contradictoires : résoudre à la fois des problèmes sociaux, économiques, et environnementaux, à l’échelle locale et à l’échelle globale, une croissance sans carbone, un développement sans atteinte à la nature, sans hypothéquer l’avenir des générations futures, changer de vie en changeant d’espace... La « ville durable » serait-elle une nouvelle utopie urbaine ? Sommes nous face à un nouveau modèle de ville idéale ? Un nouveau grand récit sur l’urbanisme est-il en train de naître ?

Annonce

Appel à articles

La « ville durable » : discours, pratiques et réalités

On assiste, depuis quelques années, à une prolifération de termes autour de l’écologie (éco-quartier, éco-transport, éco-mobilité, éco-polis, éco-construction, architecture HQE, architecture bioclimatique…), et à l’extension d’un discours sur les nouveaux rapports de l’architecture, et de la ville, à la nature et à l’environnement : les menaces (réchauffement climatique) et les catastrophes qui pèsent sur la planète, le risque d’épuisement des ressources naturelles, la biodiversité en péril, ont donné naissance à une réflexion inquiète sur le développement durable qui appelle une autre approche de l’architecture, une autre conception de la ville : la « ville durable », traduction dans l’espace des prescriptions du développement durable. Depuis le rapport Brundtland (1987), le texte inaugural, Kyoto (1992), Rio (1994), Aalborg (1994)…, la reconnaissance de ces périls, de ces risques, et de la problématique de la « durabilité », semble maintenant largement acquise. Si la charte sur la « ville durable », dite charte d’Aalborg (1994) – définie comme une anti-charte d’Athènes – concerne d’abord l’Europe, le discours et ses préoccupations sont devenus mondiaux. Les objectifs assignés à cette « ville durable » sont complexes et contradictoires : résoudre à la fois des problèmes sociaux, économiques, et environnementaux, à l’échelle locale et à l’échelle globale, une croissance mais sans carbone, un développement mais sans atteinte à la nature et sans hypothéquer l’avenir des générations futures... La « ville durable » serait-elle une nouvelle utopie urbaine ? Sommes nous face à un nouveau modèle de ville idéale ?  Un nouveau grand récit sur l’urbanisme est-il en train de naître ?

Les préconisations de la « ville durable », dite aussi ville post-Kyoto, qui se traduisent de plus en plus dans les politiques urbaines, sont diverses : réduire les gaz à effet de serre et lutter contre l’étalement urbain par une plus forte densité, limiter la mobilité motorisée en renforçant les transports en commun et les modes de déplacement doux (on parle de ville compacte ou ville des courtes distances, à propos de ces modèles de formes urbaines durables) ; diminuer l’empreinte écologique en contrôlant le métabolisme urbain, c’est-à-dire les flux de matières, les entrées et sorties de matériaux, d’énergies…, en recyclant les rejets et les déchets (on parle de ville propre, ville des cycles courts, pour qualifier ce nouveau fonctionnement écologique urbain) ; baisser la consommation d’énergie fossile pour freiner les émissions de gaz carbonique et ses conséquences (on parle de ville zéro carbone pour définir cette écopolis).

En Europe, nous disposons de quelques modèles d’écoquartiers (Bedzet à Londres, Vauban à Freiburg, Kronsberg à Hanovre, Ammersfort aux Pays-Pas, Vesterbro à Copenhague, Bo01 à Malmö, Hammerby Sjöstad à Stockholm…) qui se réclament de ces principes, et quelques villes qui, par leurs politiques, s’en rapprochent (Manchester, Barcelone, Hanovre…). En France, en région parisienne, Seine-Arche à Nanterre est une expérience intéressante à suivre, et les grandes villes commencent, plus ou moins, à intégrer, chacune à leur manière, les impératifs du développement durable dans les domaines de la pollution, des transports, du cadre de vie, et multiplient leurs instruments d’action à travers les Programmes locaux d’urbanisme, Plans de déplacements urbains et les outils plus spécifiques comme les agendas 21, les chartes... Le « Grenelle de l’environnement » a été la consécration politique de ce discours, et de nombreux programmes de recherche ont été lancés depuis : « Vers des villes viables et acceptables », « Futur des villes à l’impératif du développement durable »... par le ministère de l’Écologie; « Éco-système et développement durable », « Énergie durable et environnement » par l’Agence nationale de la recherche etc… Conférences et colloques internationaux se multiplient sur ce problème devenu la grande priorité des agendas politiques et scientifiques. Tout reste encore à faire sur cette question de la « ville durable ».

Ce numéro voudrait discuter cette problématique de la « ville durable » sur deux grands points :

  • sa généalogie : questionner l’émergence de cette doctrine, ses postulats, ses présupposés, ses objectifs, ses acteurs (dont certains préfèrent dire « soutenable » plutôt que « durable »), ses enjeux ; interroger ce discours, sa naissance, sa construction, sa diffusion ; discuter son contenu variable et son champ, les modèles proposés, ses rapports à la science, situer sa place dans l’histoire de l’urbanisme (trouve-t-on des précurseurs chez les premiers urbanistes, comme Patrick Geddes,  par exemple ?) ;
  • son application : examiner et vérifier la traduction de ce discours et son utilisation dans/par les politiques urbaines, ses enjeux stratégiques, sa concrétisation réelle dans les diverses expérimentations, son actualisation dans la réglementation et les instruments d’urbanisme, avec quels résultats, quelle transformation des pratiques professionnelles et des pratiques politiques (démocratie locale), quelle mutation du paysage urbain, quelle évolution des usages sociaux de l’espace ? Des approches comparatives et internationales de la question seront appréciées.

COORDINATION DU DOSSIER

Albert Levy et Cyria Emelianoff

CALENDRIER

15 avril 2010 : date limite de remise des articles

30 juin 2010 : informations aux auteurs

ADRESSE POUR LA CORRESPONDANCE

de préférence en version électronique par courriel
alblevy@club-internet.fr
emelianoff@wanadoo.fr

ou par voie postale en quatre exemplaires :

Albert Levy
2 rue Émile-Faguet
750014 Paris

Attention, dorénavant la revue ne demande plus de propositions d’articles mais directement les articles.

Les articles ne dépasseront pas 42 000 signes (espaces compris) en incluant : texte, notes, références bibliographiques, annexes, mais hors résumés.

Les conseils aux auteurs figurent dans chaque numéro.

Les normes de présentation et les conseils aux auteurs sont disponibles sur le site de la revue
http://www.espacesetsocietes.msh-paris.fr

Dates

  • jeudi 15 avril 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • développement durable, ville durable, doctrine d'urbanisme, histoire de l'urbanisme, urbanisme durable

Contacts

  • Joëlle Jacquin (secrétaire de rédaction d'Espaces et Sociétés) ~
    courriel : espacesetsocietes [at] msh-paris [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Joëlle Jacquin
    courriel : Espacesetsocietes [at] msh-paris [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La « ville durable » : discours, pratiques et réalités », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 15 décembre 2009, http://calenda.org/199810