AccueilHistoire et littérature, regards croisés : enseignement et épistémologie

Histoire et littérature, regards croisés : enseignement et épistémologie

History and literature at a cross glance: teaching and epistemology

Colloque international

International and interdisciplinary symposium

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Publié le jeudi 17 décembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Appel à contribution échu au 31 mars 2010, réponse du comité scientifique le 30 juin 2010. Il s'agira de préciser toutes les complémentarités susceptibles d’être mises en œuvre mais aussi toutes les difficultés de l'interdisciplinarité histoire/littérature. L’inventaire des problèmes et des malentendus possibles visera à résoudre les uns et de dissiper les autres pour le plus grand bénéfice des enseignants et des élèves. Call for contribution Deadline: March 1, 2010. The symposium will bear on the presentation of pedagogical experiments and the modelization of classroom works insofar as they illustrate questions or answers relative to the topic of the symposium. Theoretical issues concerning the epistemology of disciplines and interdisciplinarity will also be addressed.

Annonce

Argument et thématiques


Ce colloque international cherchera à interroger plus précisément les relations entre histoire et littérature(s) telles qu’elles se forgent au sein du système éducatif. En effet, les passerelles entre ces deux disciplines ne datent pas d’hier et elles sont très nombreuses. La bi-disciplinarité (Français-histoire) courante au Collège jusqu’au début des années 80 subsiste encore aujourd’hui en Lycée Professionnel. Les enseignants de français sollicitent fréquemment la documentation historique pour faciliter la lecture des œuvres et de leur côté, les manuels et les enseignants d’histoire trouvent dans l’approche sensible offerte par l’image ou le fragment littéraire le moyen pédagogique de faire appréhender un événement ou une problématique historiques.


Cependant ces deux disciplines poursuivent des buts spécifiques et renvoient à des didactiques propres.  Si « la recherche permanente du sens », « l'exercice du raisonnement et de l'esprit critique »  ou « la connaissance de l'héritage culturel » (Programmes du lycée général et technologique  – 2002) sont des finalités partagées, l’enseignement de l’histoire et de la littérature interrogent les documents écrits avec des objectifs différents. Le statut du texte littéraire n’est certainement pas le même d’un cours à l’autre : les « œuvres majeures » du cours de littérature ne sont-elles qu’un document parmi d’autres pour le cours d’histoire ? Inversement quelle valeur attribue-t-on, en cours de littérature, aux documents précieux pour l’historien que sont les mémoires, les chansons, ou les pamphlets ? Les méthodes d’analyse, les interprétations attendues peuvent, elles aussi, se montrer divergentes dans la mesure où les savoirs en construction ne sont pas identiques. Selon le niveau considéré (primaire, collège, lycée ou université) l’analyse suppose des plans d’exigence et des orientations didactiques variables entre repérage (ou confirmation) de savoirs préconstruits, construction de connaissances nouvelles, et mise en perspective critique des discours.


Les communications, qui s'inscriront dans les trois axes suivants, pourront :



  • poser des questions théoriques concernant l’épistémologie des disciplines et de l’interdisciplinarité,

  • s’appuyer sur une description des pratiques ou du matériel pédagogique, selon une ouverture chronologique et générique très large, 

  • présenter des expériences pédagogiques et modéliser des travaux de classe dans la mesure où ils illustrent des interrogations ou des réponses accordées à la problématique du colloque.


AXE 1.  Littérature et histoire, continuités de l’interdisciplinarité.


Les échanges entre littérature et histoire appartiennent à une histoire déjà longue de partages de savoirs et de techniques entre les écrivains et les chercheurs, mais aussi dans l’enseignement de ces deux disciplines scolaires.


Les communications proposées sur cet axe s’efforceront de baliser l’histoire et les limites d’une interdisciplinarité en interrogeant les programmes, les manuels, les revues pédagogiques, les initiatives « militantes » ou innovantes, les collaborations avec d’autres disciplines (artistiques ou scientifiques).


Le recours à l’interdisciplinarité dans les programmes français actuels se situe dans un contexte particulier qui nécessite des analyses attentives : pour l’enseignement de la littérature comme pour celui de l’histoire, les questions d’identité et de mémoire sont à l’arrière-plan de thématiques nouvelles, clairement formulées en termes d’interdisciplinarité comme l’enseignement du fait religieux ou de l’histoire des arts.


On s’interrogera enfin sur l’incidence de recherches actuelles aussi ouvertement pluridisciplinaires que l’histoire littéraire ou l’histoire culturelle, sur l’enseignement dans le premier et le second degré. Quelle place accorde-t-on, par exemple, à l’histoire des techniques et des modes de production de l’imprimé, ou à l’histoire des modes de lecture, ou  à l’histoire des imaginaires ?


AXE 2. Les corpus : du cours de littérature au cours d’histoire et retour…


Quels sont les textes, les auteurs, les fragments voire les périodes ou les événements qui servent de monnaie d’échange entre les deux disciplines ? Quels soutiens et quels apports l’image et l’illustration fournissent-elles à chacun de ces enseignements ?


Les communications proposées sur cet axe proposeront un inventaire des situations, des contextes et des supports qui permettent de solliciter l’histoire en cours de français et la littérature en cours d’histoire. On se demandera par exemple si on s’intéresse plutôt au témoignage direct des écrivains sur l’événement, à la mise en scène de la vie quotidienne dans la fiction, ou aux œuvres littéraires comme révélatrices de la sensibilité ou des croyances d’un moment de l’histoire des mentalités. Dans la cadre de la réhabilitation du récit en histoire, on s’interrogera sur l’intérêt et les limites pour l’enseignant de la reconstitution littéraire d’un événement, d’une époque ou d’une vie (romans et biographies historiques). On montrera comment l’enseignement de la littérature mobilise aujourd’hui les connaissances historiques : quelle est par exemple l’approche la plus fréquente de  Tartuffe, à l’école ? Une approche actualisée et anachronique peut-elle se substituer à une lecture contextualisée insérée dans l’histoire ? Quels rappels, quels documents, quels projets interdisciplinaires permettent de lire La Fontaine ou les Surréalistes à travers leur époque et à travers la nôtre ? Quelles relations entre histoire littéraire et histoire politique ou sociale ?


AXE 3. Entre histoire et fiction : la fabrique du réel.


Quel est régime de réalité fabriqué par l’Histoire, la Littérature et les études littéraires?  Ce troisième axe vise à problématiser le statut de l’œuvre littéraire comme document et à spécifier la singularité des œuvres d’art comme documents historiques. 


L’utilisation de textes littéraires en classe, pour l’élaboration de savoirs historiques, pose des problèmes multiples : le document permet-il de construire des connaissances, de les retrouver, ou de se les approprier ? Quel partage établir entre l’émotion ou l’empathie recherchées par le texte littéraire et le recul nécessaire au travail historique ? Quelle distance juste établir entre la réalité historique et la relativité de sa représentation par une énonciation subjective ? Comment jouer entre la construction d’une représentation par la fiction et les représentations obstacles que génèrent les fictions ?


Mais les œuvres littéraires ne proposent pas seulement des reflets d’une réalité qu’elles contribuent à construire. Comment prendre en compte l’originalité du travail de l’écrivain ? Qu’est-ce qui distingue le « témoignage » de Barbusse ou de Martin du Gard sur la guerre de 14 et les lettres de Poilus aujourd’hui si fréquemment utilisées ? Qu’est ce qui distingue un récit de vie d’une autobiographie d’écrivain comme Histoire de ma vie de George Sand ? Quel sort accorder à ces distinctions dans des pratiques de classe qui visent à la formation d’une culture portée par la singularité des œuvres d’une part et à la constitution de grands repères d’autre part ? Comment peut-on articuler approche sensible et approche documentée ? Quel degré de vérité accorder à des textes qui représentent ou qui traduisent les fragments d’une réalité datée ?


Propositions de communication : Les résumés de communication (3000 signes environ) seront adressés


avant le 31 mars 2010 à Martine Watrelot (martine.watrelot@inrp.fr). 


Comité d’organisation :


Équipes EF2L et ECEHG de l’INRP Université de  Lyon 2, UMR LIRE-CNRS Lyon 2


Université Lyon1 (IUFM),Université de Grenoble 3, Université de Savoie.


Comité scientifique :



  • Paule PETITIER, professeure des universités à l’Université de Paris 7

  • Catherine NESCI, professeure des universités à l’Université de Santa Barbara (USA)

  • Grégory BROWN, professeur des universités à l’Université de Las Vegas (USA)

  • Jean-Louis DUFAYS, professeur des universités à l’Université de Louvain (BELGIQUE)

  • Brigitte LOUICHON, professeure des universités à l’Université de Bordeaux 4

  • Jean-François  MASSOL, professeur des universités à l’Université de Grenoble 3

  • Yves CITTON, professeur des universités à l’Université de Grenoble 3 et Institut d’Études Politiques de Paris,  directeur du pôle de Grenoble de l’UMR 5611 LIRE CNRS-Lyon 2

  • Chantal THOMAS, co-responsable de l’équipe 18e siècle de l’UMR 5611 LIRE CNRS-Lyon 2

  • Guillaume PINSON, professeur des universités à l’Université de Laval (CANADA)

  • Violaine HOUDART-MÉROT, professeure des universités à l’Université de  Cergy-Pontoise

  • Michaël KOHLHAUER, professeur des universités à l’Université de Savoie

  • Randa SABRY, professeure des universités à l’Université du Caire (ÉGYPTE)

  • Anne ARMAND, Inspectrice Générale du Groupe lettres

  • Annie RENONCIAT, professeure des universités à l’Université de Paris 7

  • Jean-Pierre DUTEIL professeur des universités à l’Université de Paris 8

  • Jesús M. USUNÁRIZ, professeur des universités à l’Universidad de Navarra 31080 Pamplona  – (ESPAÑA)

  • Jean-François CHANET, professeur des universités à l’Université de Lille 3

  • Frédéric GUGELOT,  maître de conférences à l’Université de Reims et à l’École des hautes études en sciences sociales de Paris

  • Paolo CAMMAROSANO, professeur des universités à l’Université de Trieste (ITALIA)

  • François AUDIGIER, professeur des universités à l’Université de Genève (SUISSE)

Lieux

  • INRP 19 allée de Fontenay
    Lyon, France

Dates

  • mercredi 31 mars 2010

Mots-clés

  • enseignement, interdisciplinarité, histoire, littérature, épistémologie des disciplines

Contacts

  • Martine Watrelot
    courriel : martine [dot] watrelo [at] inrp [dot] fr

Source de l'information

  • Martine Watrelot
    courriel : martine [dot] watrelo [at] inrp [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Histoire et littérature, regards croisés : enseignement et épistémologie », Appel à contribution, Calenda, Publié le jeudi 17 décembre 2009, http://calenda.org/199823