AccueilLa maison d'édition Mame : une littérature mineure ?

*  *  *

Publié le jeudi 17 décembre 2009 par Karim Hammou

Résumé

Il est de bon ton de suivre les réquisitoires que prononce l’éditeur parisien Pierre-Jules Hetzel à la fin du XIXe siècle, lorsqu’il vante les mérites des textes qu’il publie en les comparant à la « tisane littéraire » éditée par ses prédécesseurs catholiques provinciaux favorisés par les lois scolaires des années 1830-1850. Mais qu’en est-il exactement, sous l’angle littéraire, des textes et des auteurs publiés par la maison Mame au cours du XIXe siècle, et dans la première moitié du XXe siècle ? Cette journée d'études est l'une des étapes du programme ANR « La maison Mame à Tours (1796-1975) : deux siècles d’édition pour la jeunesse ». Elle fait immédiatement suite à la journée organisée le 14 janvier (même lieu, mêmes horaires) par le CeRMAHVA : « Les élites tourangelles à l’époque des Mame (XIXe siècle – début du XXe siècle) ».

Annonce

Vendredi 15 janvier 2010, De 9h30 à 16h30

Matthieu LETOURNEUX (Université Paris X Ouest)

L’éditeur comme figure auctoriale

En littérature pour la jeunesse, comme en littérature populaire, l’éditeur apparaît comme un maillon fondamental de la production du sens. Il peut agir en amont comme en aval de l’écrivain, et imposer, à travers son interprétation du texte, un nouveau pacte de lecture avec celui à qui il destine l’œuvre. Dès lors, on peut se demander si cette figure d’auctorialité ne pourrait pas laisser une place à une analyse littéraire qui ne se développerait plus au niveau de l’auteur, mais à celui de l’éditeur et des effets de sens sériels qu’il engendre. C’est cette question que nous voudrions nous poser à partir de la production de Mame et, en étendant nos réflexions, par-delà ce cas particulier, à l’édition pour la jeunesse.

Marie-Pierre LITAUDON (Université Rennes 2/ université François-Rabelais)

Dominique Dufêtre et la cause des bons livres. Quelques pistes d’approche d’un ‘évêque missionnaire’ hors norme

Le prêtre Dominique Dufêtre, vicaire général de l’évêché de Tours de 1824 à 1842, puis évêque de Nevers de 1843 à sa mort, a joué un rôle majeur dans la réussite commerciale de l’éditeur tourangeau Alfred Mame, en favorisant ses débuts et en contribuant à lui assurer jusqu’en 1860 un marché du livre d’éducation en rapide expansion.
Mgr Dufêtre est un homme d’une exceptionnelle envergure dont l’action se veut celle d’un « soldat de Dieu ». Son arme à l’endroit de la jeunesse réside dans l’éducation et le livre. Dans cette croisade, il se montre très tôt visionnaire. Son ambition, sa poigne de fer, ses qualités remarquables d’organisateur tout autant que de prédicateur, le hissent parmi les acteurs incontournables de la propagation de la foi. Mais il n’est pas seul à s’atteler à cette tâche. La Chartreuse de Lyon, au sein de laquelle il a suivi une formation de missionnaire, lui a permis de tisser un réseau de relations que réunit un même engagement religieux - proche parfois d’une forme de franc-maçonnerie - que la promotion hiérarchique permet plus tard de mettre en œuvre.
Nous proposerons ici quelques pistes d’approche de ce réseau pour cerner comment l’entreprise ‘missionnaire’ de Mgr Dufêtre a pu servir le destin de la maison Mame.

Olivia VOISIN (Doctorante Université Paris IV)

Mame et l’illustration (1830-1850) : des ambitions romantiques ?

Depuis les années 1815-1820, les éditeurs parisiens ont progressivement fait du livre un support mixte où l’illustration, en hors-texte ou en in-texte, développe des enjeux à la fois esthétiques et théoriques, avant d’apparaître à partir des années 1830 comme un atout commercial. Il s’agira d’étudier les choix iconographiques faits dans des éditions Mame des années 1830 à 1850 afin de définir tant le rôle donné à l’image au sein des ouvrages que la position que souhaite acquérir Mame dans le champ de l’édition.

Mathilde LÉVÊQUE    (Université Paris 13 Nord)

Mame en quête d’un genre nouveau? fiction, histoire et religion au temps de l’Algérie coloniale

Dès les années 1830, l’Algérie fait son apparition dans le champ de la littérature pour la jeunesse. Coïncidence heureuse ou judicieuse intuition, c’est en 1836 que l’Algérie apparaît dans un récit pour la jeunesse édité par Mame, au moment même où commence à se mettre en place la Bibliothèque de la jeunesse chrétienne. Comment Mame fait-il entrer ce nouvel objet littéraire et culturel dans ses collections pour la jeunesse? Entre livres d’histoire, souvenirs réels ou inventés, récits de fiction très fortement marqués par le catholicisme, l’Algérie coloniale cherche sa place chez un éditeur qui semble comprendre la nécessité d’investir ce territoire tout en cherchant les modalités d’une écriture en train de s’inventer, l’écriture coloniale pour la jeunesse.

Clémence LEFAY (Etudiante en master. Université de Tours)

Hippolyte de Chavannes de la Giraudière : un auteur Mame

Membre de la société d’agriculture d’Indre-et-Loire et lié à l’activité de sériculture qui se relance au XIXe siècle dans la région, Hippolyte Chavannes de la Giraudière écrit également pour l’éditeur Alfred Mame: vers 1840-1845, Chavannes commence à apporter sa contribution à la Bibliothèque de la Jeunesse Chrétienne.
Aux ouvrages de vulgarisation, notamment agricole, s’ajoutent de nombreux textes de fiction destinés à la jeunesse qui s’inscrivent dans le projet éducatif de la maison Mame. Dès lors, s’intégrant à ce projet d’ensemble, son oeuvre permet-elle néanmoins de distinguer une figure auctoriale sous-jacente?

Cécile BOULAIRE (Université de Tours)

Just-Jean-Etienne Roy: un modèle de polygraphe voué aux éditions Mame

Né pendant la Révolution, professeur au collège de Pontlevoy dans les années 1830, Just-Jean-Etienne Roy est l’auteur de centaines de livres publiés chez Mame, mais aussi chez ses concurrents directs Lefort (Lille) et Ardant (Paris et Limoges). Il écrit par ailleurs sous une dizaine de pseudonymes, changeant d’identité lorsqu’il passe de la vulgarisation historique à la berquinade. Auteur et adaptateur prolifique, dissimulant son identité pour mieux laisser fonctionner la logique sérielle des collections et titres génériques, Roy est le prototype du polygraphe voué aux livres d’éducation d’obédience catholique, pendant le tiers central du XIXe siècle. Il s’agira ici d’étudier en détail la stratégie d’un auteur qui, sans se lier à un éditeur, Alfred Mame, épouse cependant la trajectoire ascendante de la maison tourangelle. A quoi ressemble la littérature lorsqu’on écrit dans ce contexte contraint de la librairie d’éducation, de l’institution catholique et d’un milieu local érudit et vigilant ?

Stéphane TASSI (Collège de Monts – Association des Amis des Livres)

Les « séries » Mame de 1914 à 1940 : ébauche historique,typologique et littéraire.

A partir de 1914, Mame renouvelle la dénomination de ses anciennes séries. En quoi les numéros qui s’affichent désormais en parallèle de la mention classique des différents formats se veulent-ils signes de modernité éditoriale? Comment reconstituer le catalogue Mame 1914-1940 à partir des données partielles qui subsistent de ces nouvelles séries numérotées? Quels choix de cartonnage et de brochage pour cette période? Comment caractériser les quelque 330 écrivains Mame  qui constituent ce catalogue de l’entre-deux guerres? Peut-on dégager de nouvelles thématiques dans ces séries qui perdureront jusqu’en 1940?

Lieux

  • Université François-Rabelais. 3, rue des Tanneurs. 5e étage de la Bibliothèque Universitaire
    Tours, France

Dates

  • vendredi 15 janvier 2010

Fichiers attachés

Mots-clés

  • littérature industrielle, littérature pour enfants, Mame

Contacts

  • Cécile Boulaire
    courriel : cecile [dot] boulaire [at] univ-tours [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Cécile Boulaire
    courriel : cecile [dot] boulaire [at] univ-tours [dot] fr

Pour citer cette annonce

« La maison d'édition Mame : une littérature mineure ? », Journée d'étude, Calenda, Publié le jeudi 17 décembre 2009, http://calenda.org/199826