AccueilL'histoire orale : regards croisés et décalés – France, Brésil, Europe

L'histoire orale : regards croisés et décalés – France, Brésil, Europe

Oral history: shared and shifted perspectives - France, Brazil, Europe

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Publié le mardi 05 janvier 2010 par Marie Pellen

Résumé

Malgré un certain foisonnement de travaux à la fin des années 1970, l’histoire orale est restée en France sur les marges de la discipline et la parole des témoins a conservé un statut secondaire par rapport aux sources écrites et même iconographiques considérées comme plus légitimes. La question du statut de ces sources, de leur conservation, de leur mise à disposition comme de leur exploitation et in fine de leur légitimité reste d’actualité. Prendre les témoignages comme de simples sources de connaissance factuelle est la démarche la plus couramment utilisée. C’est pourtant loin d’être la plus féconde s’agissant de ce matériau particulier.

Annonce

A la différence de beaucoup d’autres pays, l’histoire orale est restée en France sur les marges de la discipline malgré un certain foisonnement de travaux à la fin des années 1970. Les années 1990 l’ont reléguée au rang de sources orales, celles qui distillent la parole des témoins, avec un statut secondaire par rapport aux sources écrites et même iconographiques. Si le recours aux témoins est fréquent dans les autres sciences humaines, pour l’histoire, les archives orales comme l’histoire orale restent considérées dans la discipline historique comme des sources de substitution en l’absence et, en quelque sorte, faute d’autres sources considérées comme plus légitimes.

La question du statut de ces sources, de leur conservation, de leur mise à disposition comme de leur exploitation et in fine de leur légitimité reste d’actualité. Prendre les témoignages comme de simples sources de connaissance factuelle est la démarche la plus couramment utilisée. C’est pourtant loin d’être la plus féconde s’agissant de ce matériau particulier. Les témoignages construisent en effet un récit qui doit être pris dans sa globalité, dans ce qu’il dit ou occulte, dans ses déformations et ses mythifications, dans ce qu’il révèle de représentations du passé et du présent au plan collectif comme individuel. Un récit essentiel qui façonne mais aussi déconstruit le récit historique et historien.

Dans cette démarche et cette manière de questionner le passé, le présent et les sociétés, d’autres pays ont initié et développé depuis plusieurs décennies des travaux collectifs et individuels extrêmement intéressants. Aussi, revenir à la notion d’histoire orale telle qu’elle est utilisée dans ces pays soulève des questionnements qui vont très au-delà d’un simple choix de terme. Le modèle original que propose le CPDOC (Centre de recherche et de documentation en histoire) de la Fondation Getúlio Vargas (Rio de Janeiro) sera le fil conducteur du colloque. D’autres collègues viendront présenter des enquêtes collectives qui, dans la mesure où elles ont réuni un ensemble de pays ayant une expertise différente en histoire orale, proposent des pistes sur le plan méthodologique et sur les apports des ces recherches croisées et complémentaires : programme de la Fondation pour la Mémoire de Berlin et programme autour de la déportation européenne à Mauthausen-Université de Vienne.

Ce colloque s’assigne des buts autant méthodologiques et épistémologiques que thématiques. Quels choix le recours ou le refus de recourir aux sources orales traduisent-ils? Comment traiter par exemple de la biographie individuelle et des biographies collectives ? Comment aborder la question de la culpabilité ou, dans un autre champ, celle des migrations, de l’exclusion (exclusion-inclusion sociale) ou encore plus classiquement celles de la mémoire et de l’identité ? Il comporte deux volets : un premier consacré aux aspects méthodologiques (conservation et collectes) ; un second consacré à l’examen de plusieurs thématiques mises en œuvre sur des champs différents. Alterneront des présentations suivies d’échanges et des tables-rondes autour d’objets ou d’expériences partagés.

Mercredi 27 janvier 2010

 09h15   Ouverture

René FAVIER, vice-président recherche de l’UPMF

Dominique RIGAUX, directeur de la MSH-Alpes

 

L’histoire orale en France « Plus qu’une source et moins qu’une discipline »

Discutant: Anne-Marie Granet-Abisset (UPMF, UMR LARHRA)

09h30 - Retour sur un parcours pionnier

Philippe JOUTARD, EHESS, Université de Provence

10h15 - L’histoire orale au Brésil

Marieta de MORAES, Centre de Recherche et documentation du Brésil contemporain (CPDOC), Rio de Janeiro

11h15- Histoire orale et statistiques : une confrontation fructueuse ?

Mercedes VILANOVA, Universitat da Barcelona

12h00-12h30 – Discussion

La fabrication des récits

Discutant: Marie-Claire LAVABRE (CNRS, Sciences Po Paris)

14h30 - Témoignages et témoins : les résistants et les déportés

Jean-Marie GUILLON, UMR TELEMME, Université de Provence

15h15 - Les collectes européennes : les difficultés d’une opération multinationale

Alexander PRENNINGER, Ludwig Boltzmann Institute for Historical Social Science, Vienne (Autriche)

16h15 -Ethnotexte : une notion toujours d’actualité ?

Tania GANDON, Universidade da Bahia/Feira de Santana

Jean-Noël PELEN, CNRS, UMR TELEMME, MMSH

17h10-17h30- Discussion

Jeudi 28 janvier 2010

Des chantiers et des méthodes

Discutant: Philippe JOUTARD (EHESS)

09h15 - Biographie et récit de vie

Laurent DOUZOU, IEP de Lyon, UMR LARHRA

10h00- Enquête auprès des exclus : les favelas de Rio

Mario GRYNZPAN, CPDOC, Rio

11h00- L’histoire orale, révélateur d’un vécu : l’exemple de la migration corse

Marie-Françoise ATTARD-MARANINCHI, Université de Provence, UMR TELEMME, MMSH

11h45- Enquêtes sur la sécurité sociale (France, Vénézuéla) : retour sur des chantiers passés et en cours

Maria UZCATEGUI MONCADA, Universidad da Mérida, Vénézuela

14h00-16h15- Table-ronde : Comment traiter de la culpabilité en histoire ?

animée par Laurent DOUZOU (IEP Lyon, LARHRA) et Johann CHAPOUTOT (UPMF, LARHRA

avec

  • Gerhard BOTZ (Ludwig Boltzmann Institute, Université de Vienne),
  • Pierre LABORIE (EHESS, Paris),
  • Anne-Marie GRANET-ABISSET (UPMF, LARHRA)

16h30-18h00- La fabrique des documentaires

Michel SZEMPRUCH, Repérages, Grenoble

Vendredi 29 janvier 2010

Construire un lieu de conservation

Discutant : Marieta de MORAES (CPDOC)

09h15 - L’expérience du CPDOC (Fondation Gétúlio Vargas)

Luciana HEYMANN, Centre de Recherche et documentation du Brésil contemporain, Rio

10h00 - La Fondation pour la mémoire (Berlin) et l’Institut pour l’Histoire et la Biographie

Alexander VON PLATO, FernUniversität in Hagen, Lüdenscheid (Allemagne)

11h00 - La phonothèque de la MMSH (Maison Méditérranéenne des Sciences de l’Homme)

Véronique GINOUVES (sous réserve), CNRS MMSH Aix-en-Provence

11h45 -Une phonothèque : pour quoi faire ?

Jean-Claude DUCLOS, Eloïse Antzamidakis, Musée Dauphinois, Grenoble

14h00-17h00 ● Séminaire restreint autour de la constitution d’une phonothèque régionale

Lieux

  • MSH-Alpes, 1221 avenue centrale, domaine universitaire, BP 47
    Grenoble, France

Dates

  • mercredi 27 janvier 2010
  • jeudi 28 janvier 2010
  • vendredi 29 janvier 2010

Mots-clés

  • histoire orale, témoignage, mémoire, culpabilité, biographie, sources, récit narratif, conservation, phonothèque, enquêtes collectives

Contacts

  • Anne-marie Granet-abisset
    courriel : anne-marie [dot] granet [at] wanadoo [dot] fr
  • Mélissa Pelisson
    courriel : melissa [dot] pelisson [at] upmf-grenoble [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Anne-marie Granet-abisset
    courriel : anne-marie [dot] granet [at] wanadoo [dot] fr

Pour citer cette annonce

« L'histoire orale : regards croisés et décalés – France, Brésil, Europe », Colloque, Calenda, Publié le mardi 05 janvier 2010, http://calenda.org/199886