AccueilMarges et extrémisme religieux : discours, pratiques et stigmatisations

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Publié le mercredi 06 janvier 2010 par Marie Pellen

Résumé

Ce cycle propose de réunir au cours de matinées scientifiques, trois à six chercheurs de disciplines complémentaires - histoire, histoire de la philosophie, histoire de l'art, linguistique. Ceci afin de partager, autour de six projets de réflexions, liées aux thèmes de la foi, de la violence et du zèle religieux, de l'offense, de l'ironie et des errances spirituelles, les interrogations et les fruits de recherches actuelles (en cours d'achèvement ou récemment achevées). Conçu dans une perspective comparative, ce cycle entend favoriser une confrontation des approches méthodologiques issues de traditions épistémologiques variées. Il privilégiera un temps de discussion autour des questions et des difficultés interprétatives qui se posent au chercheur au cours de son enquête et de la construction de son objet d'étude.

Annonce

Les mercredis 27 janvier, 10 février, 24 mars, 14 avril, 12 mai et 9 juin 2010 de 9h à 12h

École Pratique des Hautes Études

(45-47, rue des Écoles – 75005 Paris)

Escalier E, salle Dumézil

27 janvier 2010 : Exalter Dieu. Foi, fanatisme et zèle religieux.

La séance entend interroger la notion de zèle en matière de foi (définition, manifestations), l’argument de fidélité à Dieu et de défense de la religion qu’elle sous-tend, ainsi que la diversité des tonalités et des engagements que recouvrent le redoublement de ferveur et la revendication d’exclusivité d’un dogme – exaltation, intolérance, violence. Comment, par quels procédés et à quels titres, est justifiée une cause, une croyance en une doctrine et une vérité unique ? Que dénonce-t-on dans les récriminations du zèle et du fanatisme religieux ?

Participants :        

  • Luc Renaut (EPHE) : « Zèle et marquage religieux : signation et sphragis spirituelle » (sous réserve) ;
  • Jérémy Delmulle (ENS) : « Duzèle à l'intolérance. L'augustinisme, seule forme possible d'orthodoxie dans la pensée de Prosper d'Aquitaine » ;
  • Wissam Ayach (Université de Saint-Étienne) : « Zèle et milieux réguliers féminins aux XVIIe et XVIIIe siècles » ;
  • Céline Borello (Université de Haute Alsace) : « Zèle(s) en concurrence : Dieu et le Roi dans les sermons protestants du XVIIIe siècle » ;
  • Chrystel Bernat (EPHE) : « Fidèles zélés : ardeur, accès, excès de Dieu au XVIIIe siècle »

10 février 2010 : L’offense. Manquer à Dieu, outrager Dieu. Séance organisée en collaboration avec Fr. Gabriel.

Le thème interroge ce qui, hors du dogme, continue parmi les chrétiens à faire offense à Dieu. À travers quelques exemples – iconoclasme, falsification des textes de la loi, prophétisme et déviance spirituelle, tiédeur de la foi, violence et détournement de la parole de Dieu –, il s’agit d’analyser ce qui constitue, dans les systèmes de pensée des fidèles, effraction et insulte au divin, en interrogeant les voies de réparation, repentance et fonction du pardon.

Participants :        

  • Andrea Martignoni (Université de Paris IV) : « Langues fourchues et gestes iconoclastes. Les outrages et leur répression en Italie à la fin du Moyen Age » ;
  • Asma Hilali (Université de Halle) : « La falsification des textes religieux en islam : exemples du Coran et de la tradition prophétique (hadith) » ;
  • Frédéric Gabriel (CNRS) : « L’offense de la Lettre : Écriture, philologie et controverse dans l’Anacrise de Jacques Severt » ;
  • Chrystel Bernat (EPHE) : « Tièdes, nicodémites et apostats protestants sous la férule des prophètes, 1686-1705 » ;
  • Claire Reggio (EPHE) : « Adrien VI (1522-1523), pape du pardon et de la réconciliation »
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24 mars 2010 : Archéologie de la violence religieuse. Sources, définitions, justifications.

Par archéologie de la violence religieuse, la réflexion propose d’analyser sources et approches méthodologiques de l’étude de la violence exercée au nom d’une croyance. La violence exercée au nom de Dieu se borne-t-elle à une agression physique ? Le débat s’axe autour d’une redéfinition de la violence au profit d’une acception large ouverte aux manifestations de violences idéelles, langagières et diffuses, placées au service d’une idéologie spirituelle. L’échange prévoit la présentation de corpus archivistiques et une analyse des justifications – ou de l’absence de justification – requises dans les pratiques de violence.

Participants :         

  • Luc Trabichet (Tours) : « La violence omniprésente et masquée. Une approche philosophique de la notion de violence » ;
  • Frédéric Gabriel (CNRS) : « Unité, unicité, exclusivité monothéiste : remarques à partir de Jan Assmann » ;
  • Chrystel Bernat (EPHE) : «  Violenter sans effusion de sang. Jalons pour une étude de la violence disséminée » 

14 avril 2010 : Foi et ironie. Figures de dérision.

Quels buts s’assigne ou atteint la dérision de l’adversaire confessionnel ? Par le biais de figures raillées – figure du démiurge chez les anti-gnostiques, du catholique idolâtre dans les représentations calvinistes, des monstres chez le jésuite Garasse – et l’approche de la satire classique, il s’agit d’analyser l’usage et la fonction de l’ironie, et les questions identitaires que suggèrent la déconsidération de l’autre, du déviant, de l’égaré, de l’hérétique, à partir duquel se distingue et se définit aussi l’auteur.

Participants :         

  • Mariano Troiano (EPHE) : « La dérision de la figure du créateur chez les gnostiques et les réactions anti-gnostiques » ;
  • Renaud Alexandre (Université de Paris IV) : « Objets et fonctions de la dérision dans l’œuvre de Prudence, polémiste et poète satirique » ;
  • Pierre Descotes (ENS) : « L’ironie dans la Cité de Dieu de saint Augustin » ;
  • Frédéric Gabriel (CNRS) : « Le jésuite Garasse et la figure des monstres » ;
  • Chrystel Bernat (EPHE) : « Papiste, Antéchrist et Grande prostituée dans la rhétorique calviniste : dénoncer l’erreur, railler la perversion, affirmer son dogme » ;
  • Sébastien Drouin (EPHE) : « Figures de l’antitrinitarisme chez les “Philosophes”. Être ou ne pas être socinien ? »

12 mai 2010 : Violences et discours. Revendiquer, témoigner, s’indigner.

La réflexion porte ici sur les paroles et les mots qui animent, accompagnent, consignent ou dénoncent la violence. Une attention particulière sera accordée aux paroles de violence et à la violence déployée en paroles – jalonnée ou exercée aux chants des psaumes, entrecoupée d’imprécations bibliques, lardée de propos blasphématoires ou soutenue par l’évocation de Dieu. Ceci afin d’interroger ce qui est sollicité, référé dans la Bible. Quelles paroles et quels usages de la Parole de Dieu – et, à défaut, quels contournements – opèrent les acteurs de violences ?

Participants :        

  • Michaël Ribreau (Université Paris IV) : « Quand la Bible devient une arme : utilisation polémique du texte sacré dans le Contre Julien de saint Augustin » ;
  • Luc Daireaux (chercheur associé au CERHIO, Rennes) : « Ni foi, ni loi, ni roi ? Regards sur la violence anti-réformée : les dragonnades en Normandie, 1685-1686 » ;
  • Chrystel Bernat (EPHE) : « La hache, le psaume et le Pater. Sanctifier la violence, tuer à couvert de Dieu au XVIIIe siècle » ;
  • Laetitia Gonon (Université de Grenoble) : « Cadavres et blessures dans le fait divers au XIXe siècle. Du mélange des discours médicaux et journalistiques » ;
  • Michel Chaumont (EHESS) : « Corps et esprits entre conviction, violence et douleur » (sous réserve)

9 juin 2010 : Croyance en errance. Séance organisée en collaboration avec Frédéric Gabriel.

Le thème de l’errance sert ici à aborder les manifestations de foi vagabondes, itinérantes ou clandestines qui, parfois sans attache – volontaire ou imposée – à un bâtiment ou à une ecclésiologie instituée, portent la Parole et servent une croyance (moines errants de l’Égypte copte, béguines, fidèles sans pasteurs, prophètes, prédicants et ministres du Désert). Partant, il s’agira d’interroger la définition de l’Église, celle de la dévotion, de l’autorité et de la fidélité revendiquées, ainsi que les processus d’appropriation et les efforts de maintien ou de reconstitution d’une communauté de croyants.

Participants :        

  • Marc Malevez (Université de Louvain) : « les moines errants de l’Égypte copte : l’idiorythmie pour règle »  ;
  • Camille de Villeneuve (EPHE) : « Les béguines au XIIIe siècle : errances à travers l’Écriture » ;
  • Xavier Papaïs (ENS) : « Errance et croyance selon Hume » ;
  • Chrystel Bernat (EPHE) : « Errer pour Dieu, errer avec Dieu : témoignages calvinistes au tournant du Grand Siècle » ;
  • Amélie Lecoq (Université de Paris VII) : « Sortir de l’errance, entrer au Désert (1730-1787) »

Lieux

  • Ecole Pratique des Hautes Etudes - Sorbonne Escalier E, salle Dumézil
    Paris, France

Dates

  • mercredi 27 janvier 2010
  • mercredi 10 février 2010
  • mercredi 24 mars 2010
  • mercredi 14 avril 2010
  • mercredi 12 mai 2010
  • mercredi 09 juin 2010

Mots-clés

  • religion, violences, croyances, déviances

Contacts

  • Bernat Chrystel
    courriel : chrystel [dot] bernat [at] ephe [dot] sorbonne [dot] fr
  • Gabriel Frédéric
    courriel : frederic [dot] gabriel [at] gmail [dot] com

Source de l'information

  • Chrystel Bernat
    courriel : chrystel [dot] bernat [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Marges et extrémisme religieux : discours, pratiques et stigmatisations », Séminaire, Calenda, Publié le mercredi 06 janvier 2010, http://calenda.org/199904