AccueilLes jeunes au début du XXIe siècle, entre motifs d'inquiétude et raisons d'espérer

Les jeunes au début du XXIe siècle, entre motifs d'inquiétude et raisons d'espérer

Young people at the beginning of the 21st century: From reasons for concern to reasons for hope

Appel à communications pour les cinquièmes rencontres « Jeunes et sociétés »

Young people & Societies n°5 – Montpellier (France), October 2010, 28th, 29th and 30th

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Publié le lundi 11 janvier 2010 par Karim Hammou

Résumé

Les cinquièmes rencontres « Jeunes et sociétés » proposent dans leur prochaine édition de décrire davantage les situations que connaissent les jeunesses malmenées en ce début de XXIe siècle mais, aussi, d’évaluer en quoi les interprétations en termes de groupe d’âge finissent par s’épuiser lorsque la conjoncture économique met davantage en lumière la fragilisation de parcours ou la précarisation de trajectoires d’autres groupes sociaux, les âges biographiques de leurs membres rendant bien mal compte des variations observées.

Annonce

La crise économique génère de nombreuses inquiétudes sur l’évolution de nos sociétés et leur capacité à se penser en tant que sociétés. Quelle place offrent-t-elles aux jeunes ? Qu’en est-il réellement de leurs points de vue ?

La diversité des situations prend sans doute le pas sur ce qui est décrit comme une classe d'âge et l'hétérogénéité des jeunes ne peut être ignorée. Mais, outre les situations difficiles qu’elle engendre, la crise n’apparaît-elle pas surtout comme un amplificateur des inégalités existantes ? Quels impacts la crise a-t-elle sur les jeunes tant du point de vue objectif que subjectif ? Le fossé s'approfondit-il entre les jeunes qui s'en sortent et les autres, dans ces périodes de tensions économiques ? Quelles fractions de la jeunesse sont-elles plus exposées aux mécanismes générés par la crise et aux réponses qui leurs sont apportées ? Quelles conceptions de l'égalité sont ici mobilisées ?

L’importance des chiffres confirme la gravité de la situation, dans certains registres au moins : si cette période de crise économique s’est rapidement traduite par une augmentation du taux de chômage moyen en Europe, la catégorie d’âge la plus touchée est celle des 15-24 ans. L’effet n’est cependant pas seulement conjoncturel puisque, pour les jeunes sortant de formation initiale, l’emploi atypique (contrats à durée déterminée, contrats d’intérim, stages et autres emplois aidés) tend à devenir la norme professionnelle de recrutement. Dans le même temps, l’emploi des jeunes dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient connaît avec la crise un retournement de conjoncture au moment où la pression démographique y atteint son pic.

Cependant, la fragilité d’une jeunesse de plus en plus « exposée » a tendance à masquer de grandes disparités en fonction du niveau et des filières d’études et de fortes variations en fonction du sexe, de l’origine ethnique, du capital culturel et/ou économique de la famille... Tout se passe comme si la crise, loin d’exercer un nivellement par le bas, aggravait plutôt les disparités qu'un renouvellement des analyses des inégalités et des discriminations devrait permettre de mieux éclairer.

La crise, par l’amplification des contextes d’incertitude dans lequel elle plonge les individus, exacerbe à la fois les inégalités effectives, en touchant les plus fragiles essentiellement, mais renforce aussi les sentiments d’inégalités en altérant la représentation que les jeunes se font de leur avenir, ce de manière beaucoup plus diffuse et globale. Mais il faut interroger le rôle que jouent les politiques publiques face à ces inégalités quand on sait que, paradoxalement, les législations les plus protectrices - en matière d’emploi notamment - ont tendance à exacerber les polarisations sociales. L’intérêt des comparaisons internationales, selon que les réponses à la crise sont à tendance protectrices ou libérales, prennent ici encore tout leur sens.

Les 5e rencontres Jeunes et Sociétés proposent donc dans leur prochaine édition de décrire davantage les situations que connaissent les jeunesses malmenées en ce début de XXIe siècle mais, aussi, d’évaluer en quoi les interprétations en termes de groupe d’âge finissent par s’épuiser lorsque la conjoncture économique met davantage en lumière la fragilisation de parcours ou la précarisation de trajectoires d’autres groupes sociaux, les âges biographiques de leurs membres rendant bien mal compte des variations observées.

Par ailleurs, les conjonctures de crise apparaissent régulièrement comme des occasions d’expérimenter et de pousser les initiatives : la jeunesse est souvent perçue comme l’un des principaux acteurs des mutations des sociétés contemporaines. Plus précisément, quelles innovations sociales et culturelles ces groupes d’âge portent-ils ? De quelles pratiques et de quels discours participent-elles et comment nourrissent-elles les avant-gardes et les réflexions critiques actuelles sur les recompositions du capitalisme ? Que nous apprennent les comparaisons internationales sur les jeunesses de sociétés désormais mondialisées ?

Différents champs disciplinaires des sciences sociales (sociologie, économie, histoire, démographie…) sont ici sollicités pour explorer une série d’axes non limitatifs :

Trajectoires scolaires et inégalités :

  • décrochage : habits neufs de l’échec scolaire ?
  • la formation professionnelle, une voie de relégation ?
  • faut-il professionnaliser l’enseignement supérieur ?
  • la discrimination positive : une solution ?
  • les mobilités étudiantes : une nouvelle source d’inégalité ?
  • ...

De l’insertion aux situations de travail :

  • Les jeunes et le chômage
  • l’emploi atypique : des emplois jeunes ?
  • les jeunes et la précarité...
  • jeunes salariés, salariés différents ?
  • les jeunes et la carrière
  • ...

Disparités, inégalités parmi les jeunes :

  • inégalités objectives et inégalités ressenties ? 
  • clivages de genre : ou en sommes-nous ?
  • inégalités et égalité des chances ?
  • discriminations : quoi de neuf ? Rien de neuf ?
  • l’accès à l’autonomie : tous égaux ?
  •  ... 

Les jeunes face au(x) politique(s) en temps de crise :

  • ...

Les 5èmes rencontres auront lieu à Montpellier, les 28, 29 et 30 octobre 2010.

Pour soumettre une proposition de communication, aller sur le site internet des rencontres à l’adresse : http://jeunes-et-societes.cereq.fr/index.htm ; dans la rubrique Actualités, cliquer sur « Soumission d'une proposition de communication » ; remplir le formulaire et l’expédier. 

Date limite pour soumettre une proposition : 15 février 2010.

La réception de votre soumission vous sera confirmée par courriel.

Lieux

  • Montpellier, France

Dates

  • lundi 15 février 2010

Mots-clés

  • jeunesses, crise, éducation, emploi juvénile, action publique, représentations

Contacts

  • Hélène Buisson-Fenet
    courriel : helene [dot] buisson [at] univmed [dot] fr
  • Yves Doizan
    courriel : doazan [at] univmed [dot] fr
  • Henri Eckert
    courriel : henri [dot] eckert [at] univ-poitiers [dot] fr

Source de l'information

  • Hélène Buisson-Fenet
    courriel : helene [dot] buisson [at] univmed [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Les jeunes au début du XXIe siècle, entre motifs d'inquiétude et raisons d'espérer », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 11 janvier 2010, http://calenda.org/199935