AccueilViolences juvéniles sous expertise(s), XIXe-XXIe siècle

Violences juvéniles sous expertise(s), XIXe-XXIe siècle

Expertise and juvenile violence, 19th-21st century

Ouvrage collectif

Collective work

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Publié le mercredi 13 janvier 2010 par Karim Hammou

Résumé

Dans la construction historique du problème social que constitue la violence juvénile, que celle-ci soit exercée ou subie, le rôle de l’expertise est primordial. La violence, phénomène intime et social, étroitement associé avec l’état de jeunesse, oscille entre l’objectivité de ses manifestations et la subjectivité de sa perception. Elle se mesure à l’aune de son énoncé dans la sphère publique. L’expert, agissant au cœur ou à la lisière du système institutionnel de protection de la jeunesse, peut être celui qui recueille cette expression et celui qui la met en forme. Ainsi, l’expérience de la violence chez les jeunes est médiatisée par les formes de discours savants que produisent les experts.

Annonce

(see below for the English version of this text)

Dans la construction historique du problème social que constitue la violence juvénile, que celle-ci soit exercée ou subie, le rôle de l’expertise est primordial. La violence, phénomène intime et social, étroitement associé avec l’état de jeunesse, oscille entre l’objectivité de ses manifestations et la subjectivité de sa perception. Elle se mesure à l’aune de son énoncé dans la sphère publique. L’expert, agissant au cœur ou à la lisière du système institutionnel de protection de la jeunesse, peut être celui qui recueille cette expression et celui qui la met en forme. Ainsi, l’expérience de la violence chez les jeunes est médiatisée par les formes de discours savants que produisent les experts. 

Les experts ont très tôt investi cette question de la violence. Dès le XIXe siècle, la médecine légale épaule la justice en cherchant à en identifier les traces corporelles. Puis, au XXe siècle, une expertise diversifiée contribue largement à l’extension de la définition de la violence, passant du visible à l’invisible, de la violence physique à la violence psychique, voire même à la violence symbolique. Les experts dépassent alors la posture du simple diagnostic pour investir le champ du traitement de la violence, s’inscrivant dès lors dans une démarche de soin et de réhabilitation sociale. 

Cette expertise, avatar de la modernité rationnalisatrice, s’est progressivement organisée dans le champ social au XIXe siècle, auprès de la justice en particulier, au point d’occuper, au XXe siècle, une position dominante dans le champ de la protection de la jeunesse. Médecins, psychiatres, puis psychologues, pédagogues, sociologues et anthropologues ont investi la question de la jeunesse irrégulière, contribuant ainsi à la définition d’une population-cible pour les politiques publiques. 

L’expertise se présente comme une pratique sociale et professionnelle issue d’un savoir scientifique. Son intervention relève d’abord de l’identification, de la reconnaissance de phénomènes singuliers, se poursuit par une volonté classificatoire et étiologique et se prolonge par une proposition thérapeutique, prophylactique, orientant la décision de l’institution commanditaire. Mais cette autorité tirée d’une supposée objectivité scientifique produit en retour, sur les objets et les populations qu’elle veut étudier, des formes de singularisation, d’assignation, dont peuvent résulter des processus de stigmatisation individuelle ou de construction de problèmes sociaux. En outre, l’historiographie de l’expertise a montré comment les discours savants procédaient de manière paradoxale pour asseoir leur légitimité : complexifiant à l’envi les objets étudiés, à travers une nosographie parfois absconse, ils s’enracinent aussi dans la vulgate du sens commun, reproduisant sous d’autres formes des figures stéréotypées, agençant subtilement science et doxa, autorité technocratique et légitimation via l’opinion publique. 

Ce savoir expert ainsi constitué en instrument de pouvoir, même s’il reste soumis à d’autres formes d’autorité (la justice notamment), fonctionne, comme l’a montré Michel Foucault, en prélevant de l’information sur une population donnée, puis en restituant ce savoir sous la forme d’un pouvoir qui s’impose à ces populations. Ian Hacking indique que cette pratique analytique et classificatoire est la conséquence d’une volonté de contrôle agissant à couvert, où l’action sur le corps social apparaît finalement être une conséquence de la classification, alors même qu’elle en est la cause. On peut donc suggérer, à la suite de Pierre Bourdieu, que cette opération expertale relève de la violence symbolique, processus dont la performance tient au fait que les acteurs n’ont pas conscience de la contrainte qui pèse sur eux, ayant incorporé le discours de l’expertise à leur propre identité. Ainsi, nous devons considérer à la fois la violence réifiée par l’expertise et la violence exercée par l’action de l’expertise. Cependant, l’historiographie de ces vingt dernières années a montré comment ces processus de classement rencontraient les résistances des acteurs, suscitaient des tentatives de subversion, de contournement, et constituaient toujours, malgré l’inégale répartition du capital symbolique, des sites de négociation dans l’élaboration des normes. 

Sur le plan théorique, plusieurs questions transversales méritent d’être soulevées : 

  • L’expertise fonctionne comme compétence liée à une spécialisation, relevant de la technocratisation de l’action publique notamment. Mais elle tire également sa légitimité de son extériorité : en important un savoir exogène à un champ donné, elle entend conférer distance et objectivité. Entre compétence et extériorité, existe-t-il des tensions, et peut-on tenter une écologie de l’expertise ?

 

  • L’expert est-il un entrepreneur de morale ? Si morale et vérité ont longtemps été synonymes, la laïcisation du savoir a théoriquement scindé ces deux concepts. La morale ne persiste-t-elle pas cependant à irriguer les savoirs experts, notamment dans le domaine de la protection de la jeunesse ? 

 

  • L’expertise a contribué à forger un nouveau discours sur le risque et sa gestion par des procédés de gouvernement, rendant la figure de l’expert d’autant plus ambiguë. L’expert est-il un savant, travaillant sur des faits objectifs, ou un oracle, dont la fonction prédictive, et par là même spéculative, est devenue primordiale ? 

 

  • L’expertise, largement entrée sur la scène du droit et de la justice, présente des traits apparemment contradictoires avec un droit conçu comme constitutif de  l’espace public, à travers lequel s’exerce la citoyenneté, puisqu’elle fonctionne sur un mode technocratique et se présente comme une autorité non délibérative. Dès lors, l’expertise est-elle compatible avec le droit libéral ?

Sur le plan thématique, plusieurs propositions peuvent être suggérées, sans exclusive : 

  • Quelle est l’histoire de la circulation des modèles de l’expertise, à l’échelle nationale et internationale ? Si les premiers experts entrent en scène au sein des réseaux philanthropiques du XIXe siècle, la professionnalisation des organisations est rapide, avec la tenue de congrès internationaux dès la fin du siècle, et la consécration de l’expertise au XXe siècle par les organisations internationales en genèse (BIT d’abord, puis SDN, et ONU principalement). Quel rôle ont joué ces différentes structures dans la reconnaissance et le fonctionnement de l’expertise ? Quels transferts culturels ont-elles permis, ou quelles résistances nationales ont-elles suscité ? Peut-on affirmer que le langage expertal est devenu l’idiome hégémonique de ces organisations transnationales ?

 

  • L’ouvrage consacrera un volet aux professions de l’expertise auprès de la jeunesse en difficulté. Qui sont ces experts ? Quelle est leur formation ? Quels facteurs ont permis d’élever la maîtrise d’une discipline au rang de savoir expertal, légitimant l’intervention de ses représentants dans le processus décisionnel ? Existe-t-il une déontologie codifiée spécifique à chaque domaine d’intervention ?

 

  •  Les institutions de l’expertise seront, elles aussi, l’objet d’une attention particulière. Quel est le rôle des institutions de prise en charge (maisons de correction, orphelinats, institutions médico-pédagogiques, etc.) dans l’épanouissement des savoirs experts ? Dans quelle mesure ont-elles favorisé ces pratiques expertales, notamment en se spécialisant ? L’expertise a-t-elle été mobilisée comme argument de légitimation, ou comme outil de captation de populations sur le marché de la rééducation ?

 

  •  Que sait-on aujourd’hui de ces populations soumises à l’expertise ou qui la sollicitent ? Existe-t-il des profils récurrents, en fonction des classes d’âge, du genre, de l’origine ethnique, de la classe sociale, etc. ? Comment décrire leur posture face au discours expertal, entre acceptation et rejet, instrumentalisation et soumission, méfiance et crédulité ?

 

  •  Une grande part de l’expertise autour de la jeunesse en difficulté est mobilisée par la justice des mineurs. Comment fonctionnent expertise et justice, lors des différentes étapes de l’intervention judiciaire : rôle de l’expertise dans l’élaboration de la preuve, dans le diagnostic, dans le pronostic, dans la recommandation de traitement judiciaire ?  Comment les différents experts intervenant au sein du tribunal pour enfants concilient-ils leurs intérêts ; fonctionnent-ils en symbiose, dans le conflit, selon des formes d’instrumentalisation réciproques ? Enfin, quelle est l’incidence de l’expertise sur l’aire d’intervention de la justice ? L’enfance, comme paradigme générique du comportement humain, comme âge de la vie à protéger, n’a-t-elle pas permis à la justice d’étendre ses prérogatives ?

 

  • Qu’en est-il des savoirs de l’expertise ? Si la légitimité de l’expert repose sur les savoirs sur lesquels il s’appuie, une bonne part de son activité reste empreinte d’empirisme. Ces savoirs se nourrissant de leur terrain d’action ne présentent-ils pas des biais tautologiques, les populations observées étant déjà stigmatisées ? La complexité nosographique de l’expertise ne donne-t-elle pas souvent lieu à une standardisation des étiologies et des préconisations de traitement ? Existe-t-il des concurrences entre les savoirs experts ? Quelle est la compatibilité des différents savoirs mobilisés, par exemple, entre socio-genèse des violences juvéniles et psychologisation des approches ?

 

  • Que dire, enfin, de l’expertise dans l’espace public? Comment expertise et discours médiatique se croisent-ils ? Les experts participent-ils à la fabrique de l’opinion ? Existe-t-il un rôle politique de l’expertise, qui abandonne dès lors sa posture de retrait scientifique au profit de l’intervention publique ?

Cet ouvrage, coordonné par Aurore François, Veerle Massin et David Niget, sera publié en novembre 2010 aux Presses universitaires de Louvain.

Le comité scientifique de cette publication est composé de chercheurs issus de différents horizons disciplinaires et géographiques : 

  • Ludivine Bantigny, historienne, Maître de conférence à l’Université de Rouen
  • Louise Bienvenue, historienne, Professeur à l’Université de Sherbrooke
  • Frédéric Chauvaud, historien, Professeur à l’Université de Poitiers
  • Michel Chauvière, sociologue, Directeur de recherche au CNRS
  • Jenneke Christiaens, criminologue, Professeur à la Vrije Universiteit Brussel
  • Marie-Sylvie Dupont-Bouchat, historienne, Professeur émérite à l’Université de Louvain
  • Tamara Myers, historienne, Professeur à l’University of British Columbia
  • Martine Ruchat, historienne, Professeur à l’Université de Genève

Les textes pourront être remis en français ou en anglais et seront publiés dans leur langue d’origine.

Le format des textes respectera la limite haute de 40.000 signes, espaces et notes incluses.

Voici les étapes de cette publication :

Les propositions de texte, rédigées en français ou en anglais, comprenant 1 page de résumé (incluant une problématique, une présentation des sources exploitées, ainsi qu’une bibliographie sommaire) et un bref CV, sont attendues

pour le 15 février 2010, à l’adresse suivante : expertises@uclouvain.be

  • Le choix des propositions retenues sera signifié dès le 18 février 2010.
  • Les textes sont attendus pour le 3 mai 2010. Ils seront évalués selon la procédure courante : double lecture à l’aveugle.
  • Le comité scientifique remettra un avis sur les textes pour le 1er juillet 2010. Nous tenons à préciser que la soumission d’un texte ne garantit pas sa publication.
  • Le retour définitif des textes amendés est fixé au 1er septembre 2010.

Adresse de contact : expertises@uclouvain.be

Call for contributions

Expertise and juvenile violence, 19th-21st century  

Expertise has played an essential role in the historical construction of juvenile violence as a social problem. Violence as an intimate and social phenomenon often associated with youth is understood in both objective and subjective terms. Its importance can be measured by its multiple expressions in the public sphere. The expert, who is situated at the centre and periphery of the child protection system, gathers this expression and gives it form. Thus youth violence is often filtered, interpreted, and circulated by expert discourses. 

Experts have long been involved in the question of youth violence. In the 19th century, forensics supported the judicial system by trying to identify the bodily traces of violent acts. During the 20th century, expertise expanded and diversified, contributing to a more complex definition of violence, ranging from the visible to the invisible: from physical to psychic violence, and even to symbolic violence. Experts moved beyond making simple diagnoses and entered the field of treatment of violence, joining others in the practice of care and rehabilitation.  

This expertise on violence – an avatar of rationalizing modernity – gradually organized the realm of ‘the social’ in the 19th century, especially the judicial system, which led it to a dominant position in the child protection field. Physicians, psychiatrists, psychologists, pedagogues, sociologists and anthropologists have addressed the question of youth at risk, helping to define a target population for public policies. 

Expertise presents itself as a social and professional practice resulting from scientific knowledge. Its intervention is threefold: the identification and recognition of a singular phenomenon, a classificatory and etiological will and a therapeutic and prophylactic proposal guiding the decision of the institution that called upon it. But this authority gained thanks to a supposedly scientific objectivity produces in return, on the objects and the populations it means to study, forms of individual stigmatisation or construction of social problems. Besides, the historiography of the expertise has shown how scientific discourses proceeded in a paradoxical way to establish their legitimacy. Indeed, while they exaggeratedly complexify the studied objects through a sometimes abstruse nosography, they also take root in the vulgate of common sense, reproducing stereotyped figures under other forms, subtly organising science and doxa, technocratic authority and legitimisation through public opinion.

This expert knowledge is thus constituted as an instrument of power, even though it remains subject to other forms of authority (notably the judicial system), and functions, as shown by Michel Foucault, by gathering information on a given population and then by restoring this knowledge under the form of a power that is imposed on these populations. Ian Hacking indicates that this analytical and classificatory practice is the consequence of a will of control acting undercover, where the action on the social body finally seems to be a consequence of the classification, whereas it is its cause. One may therefore suggest, according to Pierre Bourdieu, that this expertise process has to do with symbolic violence, a process whose performance is due to the fact that the actors do not realise the constraint weighing on them, since they have incorporated the discourse of the experts to their own identity. Therefore, we have to contemplate both the violence reified by the expertise and the violence exerted by the action of the expertise. However, the historiography of the last twenty years has shown how these classification processes met the resistance of the actors, fostering subversion and workaround attempts, and always constituted, in spite of the unequal distribution of the symbolic capital, sites of negotiation in the establishment of the norms.

On the theoretical point of view, several questions deserve to be addressed:

  • The expertise works as a competence linked to a specialisation, as a consequence of the technocratisation of the public action. But its legitimacy is also supported by its exteriority: by importing an exogenous expertise in a given field, its objective is to make for distance and objectivity. Do tensions exist between competence and exteriority, and can we attempt to make an ecology of the expertise?

 

  • Is the expert a moral entrepreneur? Though moral and truth have long been synonyms, the secularisation of knowledge has theoretically divided these two concepts. However, isn’t expertise still deeply influenced by morals, notably in the field of youth protection?

 

  • The expertise has contributed to forge a new discourse on risk and its management by government processes, thereby making the figure of the expert all the more ambiguous. Is the expert a scientist working on objective facts, or an oracle whose predictive – and also speculative – function has become essential?

 

  • The expertise, which has widely entered the scene of law and the judicial system, apparently presents contradictory aspects with law, which is conceived as a constituent of the public sphere through which citizenship is exerted. Indeed, expertise works in a technocratic way and presents itself as a non-deliberative authority. Therefore, is the expertise compatible with liberal law?

 

On the thematic point of view, several proposals can be suggested. The following list is not comprehensive:

 

  • What is the history of the circulation of expert models on national and international scale? Even if the first experts appear within the philanthropic networks of the 19th century, the professionalisation of the organisations was quick. International congresses were held as of the end of the century, and expert knowledge was crowned during the 20th century by the emerging international organisations (the ILO first, then the League of Nations, and mainly the UN). What was the role played by these different structures in the recognition and the way of working of the expertise system? What kind of cultural transfers have they allowed, or what kind of national resistances have they given rise to? Can we claim that the expert language has become the hegemonic idiom of these transnational organisations?

 

  • One aspect of the book will deal with the expert professions working with the disadvantaged youth. Who are these experts? What kind of training have they followed? What were the factors that granted the mastering of a discipline the status of expert knowledges, thereby legitimising the interventions of the people representing it within the decision-making process? Does a specific codified deontology exist for each field of intervention?

 

  • There will also be a particular attention for the institutions involving expertise. What is the role of institutions taking care of disadvantaged youth (correctional institutions, orphanages, child guidance institutions, etc.) in the development of the expertise? To what extent have they favoured these expertal practices, notably by specialising themselves? Was the expert skill used as an argument for legitimisation or as a tool for client recruitment on the rehabilitation market.

 

  • What do we know about these populations subject to expertise or calling upon it? Do recurrent profiles exist according to age, gender, ethnical origin, social class, etc.? How can we describe their position towards expert discourses, between acceptation and rejection, instrumentalisation and submission, mistrust and credulity?

 

  • A major part of the expert reports related to youth at risk is requested by the juvenile justice system. What is the way of working of expertise and the judicial system at the different stages of the judicial intervention: role of the expertise in the establishment of the evidence, in the diagnosis, in the prognosis, in the recommendation for judicial treatment? How do the different experts intervening in the juvenile court conciliate their interests? Do they work in symbiosis, in conflict, according to mutual forms of instrumentalisation? Lastly, what is the influence of the experts on the intervention area of the judicial system? Has childhood allowed the judicial system to extend its prerogatives, as a generic paradigm of human behaviour, as an age of life to be protected?

 

  • What of the knowledge related to the expertise? If the legitimacy of the expert lies on the knowledge on which he leans, a good deal of his activity remains filled with empiricism. Doesn’t this expertise, feeding on its field of action, present tautological biases, as the observed populations are already stigmatised? Doesn’t the nosographical complexity of the appraisals often give way to a standardisation of the aetiologies and the recommendations for treatment? Are there any competitions between the different types of expert knowledge? What is the compatibility of the different gathered knowledge, for instance, between the sociogenesis of juvenile violence and the “psychologisation” of approaches?

 

  • Lastly, what of the experts within the public sphere? How do discourses of expertise and the media discourses cross each other? Do the experts take part in the making of the opinion? Does expertise has a political role, thereby abandoning its position of scientific distance in favour of public intervention?
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This book, coordinated by Aurore François, Veerle Massin and David Niget, will be published in November 2010 by the Presses universitaires de Louvain. 

The editorial board for this publication is composed of researchers coming from different disciplinary and geographical horizons: 

  • Ludivine Bantigny, historian, Professor at the University of Rouen
  • Louise Bienvenue, historian, Professor at the University of Sherbrooke
  • Frédéric Chauvaud, historian, Professor at the University of Poitiers
  • Michel Chauvière, sociologist, Research Director at the CNRS
  • Jenneke Christiaens, criminologist, Professor at the Vrije Universiteit Brussel
  • Marie-Sylvie Dupont-Bouchat, historian, Professor emeritus at the University of Louvain
  • Tamara Myers, historian, Professor at the University of British Columbia
  • Martine Ruchat, historian, Professor at the University of Geneva

Texts should be submitted in French or English and will be published in the original language.

The text format will have to respect the upper limit of 40,000 signs, spaces and footnotes included.

Please find below the different steps of the publication:

The text proposals, written in French or in English, including 1 page for a summary (including a problematic, a presentation of exploited sources as well as a basic bibliography) and a short CV will be expected

by February 15th, 2010 at expertises@uclouvain.be

  • The list of selected proposals will be notified on February, 18th 2010.
  • The texts will be expected by May, 3rd 2010. They will be assessed according to the usual procedure: double blind reviewing.
  • The scientific committee will communicate its opinion on the texts by July, 1st 2010. We would like to specify that submitting a text does not guarantee its publication.
  • The definitive submission of amended texts is set on September, 1st 2010.

Contact address: expertises@uclouvain.be

Dates

  • lundi 15 février 2010

Mots-clés

  • expertise, violence, jeunesse, justice, histoire, sociologie, criminologie

Contacts

  • David Niget
    courriel : david [dot] niget [at] univ-angers [dot] fr
  • aurore françois
    courriel : expertises [at] uclouvain [dot] be

Source de l'information

  • David Niget
    courriel : david [dot] niget [at] univ-angers [dot] fr

Pour citer cette annonce

« Violences juvéniles sous expertise(s), XIXe-XXIe siècle », Appel à contribution, Calenda, Publié le mercredi 13 janvier 2010, http://calenda.org/199948