Accueil« Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan ! » Protestations médiatiques et « bagnes d'enfants » en Europe et en Amérique

« Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan ! » Protestations médiatiques et « bagnes d'enfants » en Europe et en Amérique

"Rascals, hoodlums, thieves and rogues!" Media protest and child prisons in Europe and America

XIXe et XXe siècles

19th and 20th centuries

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Publié le vendredi 29 janvier 2010 par Karim Hammou

Résumé

De la critique de la Petite roquette durant le congrès pénitentiaire de Bruxelles en 1847 à l'affaire « Cheval pour tous », qui défraie la chronique en 1999, les institutions éducatives destinées à l'enfance « irrégulière » ont suscité de nombreux débats et des polémiques acharnées. Ce numéro de la Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière » veut analyser les modalités et les significations de ces campagnes de protestation, menées aux XIXe et XXe siècles en France mais aussi en Europe et en Amérique du Nord. En dépit de leurs différences, ces campagnes constituent un objet d’étude cohérent au croisement du social, du politique et du culturel. Il s’agit donc, dans ce numéro, d’interroger ces prises de parole dans toute leur complexité à travers leurs conditions d’émergence, leurs caractéristiques discursives et les réactions qu’elles ont suscitées.

Annonce

La Revue d'histoire de l'enfance "irrégulière" est spécialisée dans le champ de l'enfance et de la jeunesse marginales ou marginalisées. Elle s'intéresse à l'enfant de justice (délinquant), mais aussi à l'enfant victime, à l'orphelin, au vagabond, ainsi qu'aux politiques législatives et institutionnelles et aux pratiques pédagogiques mises en œuvre pour prendre en charge cette jeunesse et cette enfance " irrégulières " en France et hors de France. Revue scientifique à comité de lecture, elle est le fruit d'une collaboration entre l'Ecole nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) et l'Association pour l'histoire de la protection judiciaire des mineurs (AHPJM). La Revue d'histoire de l'enfance "irrégulière" cherche à établir des liens entre la recherche historique et le milieu professionnel de l'éducation spécialisée.

De la critique de la Petite roquette durant le congrès pénitentiaire de Bruxelles en 1847 à l'affaire « Cheval pour tous », qui défraie la chronique en 1999, les institutions éducatives destinées à l'enfance « irrégulière » ont suscité de nombreux débats et des polémiques acharnées. Ce numéro de la Revue d’histoire de l’enfance « irrégulière » veut analyser les modalités et les significations de ces campagnes de protestation, menées aux XIXe et XXe siècles en France mais aussi en Europe et en Amérique du Nord. Chaque vague d’indignation a sa propre histoire : une causalité liée à des contextes variés (législatif, judiciaire, institutionnel…), un mode d’intervention privilégiant tel ou tel support médiatique (presse, édition, audiovisuel…), une durée plus ou moins longue (d’une semaine à plusieurs mois) et une efficacité variable, qui va de l’initiation de réformes importantes à l’échec total.

En dépit de leurs différences, ces campagnes constituent un objet d’étude cohérent au croisement du social, du politique et du culturel. Elles dessinent les contours d’un genre d’intervention spécifique sur la scène publique, fondé sur une rhétorique dénonciatrice et sur l’usage des vecteurs de la communication de masse. Il s’agit donc, dans ce numéro, d’interroger ces prises de parole dans toute leur complexité à travers leurs conditions d’émergence (influence du sexe des enfants ou des personnels concernés), leurs caractéristiques discursives et les réactions qu’elles ont suscitées (réception immédiate, contresens, réappropriation a posteriori). Retrouve-t-on des stéréotypes sur la longue durée ou repère-t-on au contraire des transformations selon les chronologies propres à chaque espace, à l’histoire de l’enfance irrégulière ou aux transformations du champ médiatique ? Dans une perspective internationale, cette livraison rassemblera des approches monographiques et des réflexions transversales autour de trois grands axes. 

I. Les acteurs

Le terme d'acteurs doit être entendu de manière extensive, il concerne aussi bien les individus emblématiques que les groupes (partis politiques, églises, associations professionnelles) qui prennent part à ces campagnes, en les lançant ou en y réagissant. On pourra notamment se demander selon quelles modalités ces acteurs accèdent au débat public et comment ils construisent la légitimité de leur intervention. Leurs prises de position s’inscrivent-elles dans la reprise ou dans le démarquage vis-à-vis de postures, de thématiques et d’un imaginaire convoqués antérieurement ? En quoi se rattachent-elles aux enjeux politiques, sociaux et culturels de leur époque ? 

II. Les institutions

Quels types d'institutions sont dénoncés ? Sur quelles pratiques particulières l’indignation se focalise-t-elle ? Les scandales qui secouent les institutions « totales», au sens de Goffman, et ceux qui concernent les structures ouvertes sur la société civile sont-ils de même nature ? Comment s’expriment les éventuelles critiques internes ? Entre déni, reconnaissance officielle des erreurs et réforme, quelles sont les stratégies développées par les établissements ou les administrations mis en cause ?  

III. Les médiatisations

La dimension médiatique joue un rôle central dans la mise en place des campagnes de protestation. Il faudra mettre en lumière l’importance des médiateurs (éditeurs, journaux…) et s’intéresser aux variations des argumentaires en fonction des spécificités (contraintes techniques, rôle de la censure, aires de diffusion) de leurs supports : presse, livre, caricature, affiche, cinéma, télévision… On pourra par exemple étudier le passage d’une dénonciation d’un support à un autre. Par quelles stratégies rhétoriques communique-t-on au public le scandale que l’on prétend dénoncer ? Quelle est la part du discours argumenté et de la mise en scène émotionnelle ? Sur ce point, il semble essentiel de réfléchir au poids particulier des images. De la simple illustration à l’administration de la preuve, en passant par le goût du sensationnel, elles offrent un répertoire d’usages variés aux dénonciateurs des bagnes d’enfants. Quelle place leur accorde-t-on dans ces campagnes ? 

Propositions

Les propositions d’article (3000 signes maximum) mentionneront avec précision les sources et le champ chronologique de l’étude.

Elles devront parvenir avant le 30 mars 2010.

Les articles pourront être soumis en français ou en anglais mais devront être traduit avant publication.

Dates

  • mardi 30 mars 2010

Contacts

  • Jean-Jacques Yvorel
    courriel : jean-jacques [dot] yvorel [at] justice [dot] fr
  • Céline Matuszak
    courriel : Celine [dot] Matuszak [at] justice [dot] fr

Source de l'information

  • Jean-Jacques Yvorel
    courriel : jean-jacques [dot] yvorel [at] justice [dot] fr

Pour citer cette annonce

« « Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan ! » Protestations médiatiques et « bagnes d'enfants » en Europe et en Amérique », Appel à contribution, Calenda, Publié le vendredi 29 janvier 2010, http://calenda.org/199978