AccueilLes fluides corporels dans l’art contemporain

*  *  *

Publié le lundi 18 janvier 2010 par Karim Hammou

Résumé

Appel à contribution pour une journée d'études consacrée aux fluides corporels dans l'art contemporain le 29 juin 2010 à l'INHA, Paris.

Annonce

Marcel Duchamp écrivait dans ses notes qu’il aurait souhaité créer un appareil à collectionner ce qu’il appelait les « petites manifestations extérieures d’énergie », parmi lesquelles « la chute de l’urine et de la merde, [...] la chute des larmes, [...] le crachement ordinaire ou de sang, les vomissements, l’éjaculation, l’éternuement ».

Les fluides corporels, ces liquides qui se déplacent dans notre corps et que seule l’excrétion rend visible, sont depuis longtemps des motifs récurrents dans l’art : à des fins médicales, dans des schémas à but instructif où le corps était virtuellement ouvert afin d’y montrer les fluides, mais surtout depuis l’ère chrétienne dans des représentations destinées au recueillement et à la dévotion. Ainsi, certains fluides ont pu être révérés (sang et salive du Christ, larmes et lait de la Vierge) tandis que d’autres constamment liés au péché (urine, sperme).

Suite à la sécularisation de la société et par suite, de l’art, le régime de représentation des fluides corporels a naturellement évolué vers une sphère non plus religieuse mais profane. Pour autant, le changement majeur qui s’opère à propos de ces derniers dans le champ artistique ne se situe pas sur le plan unique de la représentation : au XXe siècle, les fluides corporels vont changer de régime de monstration. De simples motifs, ils deviennent les matériaux mêmes de l’œuvre d’art. On connaît le mot célèbre (et peut-être faux) de Cézanne, à qui Manet demandait ce qu’il présenterait au Salon : « Un pot de merde. » Dans les années 1880, certains Incohérents présentent dans leur Salon des aquarelles à la salive. Cependant, c’est surtout à partir de la seconde moitié du XXe siècle que l’utilisation des fluides corporels dépasse le stade des provocations potaches pour s’inscrire dans un champ plus large. La performance des années 1960 leur donne ainsi droit de cité : urine et excréments pour les actionnistes viennois, sang pour les tenants de l’art corporel en France, sang menstruel chez les féministes américaines, etc. Des Merdes d’artiste de Piero Manzoni ou des Piss Paintings d’Andy Warhol au masque de sang de Mark Quinn, suaires de sang et de lymphe d’Orlan ou mètre cube de sperme de Philippe Meste, leur utilisation semble désormais ne plus connaître d’interdit.

Pour cette journée d’étude, nous souhaiterions étudier cet intérêt tout particulier que les artistes contemporains ont manifesté et manifestent pour les fluides corporels, depuis le début du XXe siècle à nos jours. Pourquoi les artistes ont-ils choisi, provoquant généralement répulsion et dégoût, d’utiliser ces médiums si chargés de symbolique et pourtant si constitutifs de notre humanité ? Les contributeurs évoqueront des œuvres réalisées à partir de fluides corporels, et non les représentant.

Les appels à contribution (1500 signes format word, titre provisoire ainsi qu'une brève présentation de l'auteur)

doivent être envoyés avant le 31 mars 2010

à Marion Alluchon et Camille Paulhan : marion.alluchon@malix.univ-paris1.fr et camille.paulhan@malix.univ-paris1.fr (doctorantes en histoire de l'art contemporain, université Paris I - Sorbonne, CIRHAC)

La journée d’étude aura lieu le 29 juin 2010 à l’INHA, Paris. 

Catégories

Dates

  • mercredi 31 mars 2010

Mots-clés

  • fluides corporels, art contemporain

Contacts

  • Camille Paulhan
    courriel : journeematta [at] gmail [dot] com
  • Marion Alluchon
    courriel : marion [dot] alluchon [at] malix [dot] univ-paris1 [dot] fr

URLS de référence

Source de l'information

  • Camille Paulhan
    courriel : journeematta [at] gmail [dot] com

Pour citer cette annonce

« Les fluides corporels dans l’art contemporain », Appel à contribution, Calenda, Publié le lundi 18 janvier 2010, http://calenda.org/199991